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 [Event] Du rififi à Merodoc

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Aélis de Morobh Kay

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Mer 30 Juil 2014 - 16:23

Elle aurait du rentrer. Elle aurait du revenir là où elle avait passé les dernières années de sa vie, même si elle aurait du le faire seule. Elle aurait du retourner auprès de son peuple pour leur annoncer la funeste nouvelle. Au lieu de ça, elle était restée à Mérodoc, en compagnie de son frère. Elle n'avait pas pu se résoudre à le quitter, pas une seconde fois. Et comme si elle avait voulu effacer toute raison de culpabiliser, elle avait fait amener Yselda, sous prétexte qu'elle devrait bien rencontrer sa famille un jour. Alors que la raison était tout autre, elle le savait pertinemment. Cela faisait à peine deux jours que sa fille était arrivée qu'on décida de donner un banquet. Si elle n'avait pas vraiment la tête à cela, elle s'y attela cependant sans rechigner. Elle fit défiler les cuisiniers et les servants, choisissant avec soin ceux qui seraient présents le soir même. Elle fit de son mieux, et lorsque l'heure vint, tout était si délicieusement arrangé que les convives le remarquèrent haut et fort, chacun leur tour.

La soirée passa tantôt lentement, tantôt rapidement, selon son niveau d'implication dans les différentes conversations qui naissaient autour de sa table. Quand quelqu'un évoquait Haubrum, soit par courtoisie, soit par réel intérêt, ses yeux se mettaient à briller d'une lueur tout à fait étrange, produit d'un mélange entre fierté et gêne. L'événement qui, deux semaines plutôt, avait failli faire scandale à l'enterrement de Père n'avait heureusement pas été ébruité. Et si elle ne fut absolument pas ennuyée par un intarissable flot de condoléances et de questions, elle savait en son fort intérieur qu'elle n'avait pas vraiment sa place ici. Qu'elle aurait du être à Haubrum, en compagnie de la dépouille de son mari, entrain de préparer les funérailles. Mais au lieu de cela, elle avait chargé quelqu'un de donner le mot à son intendant pour qu'il se charge de tous les détails. Elle lui avait d'ailleurs fait préciser qu'elle ne saurait tarder à rentrer. Et de cela, le banquet l'en avait presque rendu certaine, tant elle culpabiliser de mentir ainsi par omission.

Elle avait essayé de ne plus y penser, de se dire qu'il était seulement parti en campagne pour un temps indéterminé, qu'il reviendrait quand il en aurait le temps ou l'envie, mais vint un moment où elle ne put plus faire semblant. Prétextant un malaise, elle quitta la table peu avant la fin du repas et alla se réfugier dans ce qui était autrefois sa chambre. Elle fut d'ailleurs ravie d'y retrouver Sara, et lorsqu'elle eut fermé la porte correctement, elle se posta à sa fenêtre et finit par rompre le silence qu'elle venait d'instaurer :


- Je crois qu'il est temps pour moi de repartir. Je ne peux décemment rester ici plus longtemps.

Aldéric n'était pas présent, et cela rendait la décision tellement plus facile, tellement plus raisonnable. C'était lâche, de s'en aller ainsi, pendant son absence. Elle se refusait à l'affronter encore une fois avant de prendre réellement une décision. Parce qu'elle savait qu'elle ne prendrait pas celle que son mari aurait voulu qu'elle prenne. Son mari. Elle n'avait plus de mari.

- Il est mort, chuchota-t-elle, comme pour elle même.

- Je peux préparer vos bagages, je n'en aurai pas pour longtemps. Mais... si je peux me permettre, Ma Damoiselle, vous faites là le bon choix. Votre place est parmi votre peuple, vous avez le devoir de l'épauler dans un moment si triste et si macabre, lui répondit-on.

- Merci Sara. Tu peux disposer. Nous partons dans deux jours, peu avant le milieu de la journée.

***

Le jour qui suivit fut interminable. Et la nuit fut pire encore. Quand elle vit enfin le soleil se lever, derrière ses lourds rideaux, elle poussa un soupir de soulagement. Le supplice ne serait pas plus long. Enfin elle allait faire son devoir d'épouse, ou plutôt, de veuve désormais, et de souveraine de sa ville. Elle devait tenir sa ville, comme elle l'avait toujours fait. Ce n'était pas un événement, si important qu'il soit, qui allait l'en empêcher. Mais quand elle fut enfin présentable et qu'elle sortit de ses appartements pour aller chercher sa fille, un domestique la héla et lui apprit que Gregor de Hauteville était décédé. Machinalement, elle demanda comment cela avait pu arriver, mais elle s'attendait à tout sauf à la réponse qui lui fut fournie. Il était tombé malade à son banquet, celui-là même qu'elle avait organisé. En son fort intérieur, elle se décomposa. Elle ne pouvait plus partir, pas après avoir appris cette nouvelle, pas après avoir été indirectement à la source de la mort de Gregor. Elle posa encore quelques questions pour connaître la situation nouvelle de la ville, et apprit avec surprise que les deux fils se disputaient la place.

Nathan et Joahs ne s'étaient jamais réellement considérés comme des frères, elle le savait pertinemment. Et si Catherine n'avait jamais caché ses ambitions pour son fils, Aélis avait été loin de se douter que ce dernier constituerait un jour une véritable menace pour l'héritier. Enfin, elle ne les avait jamais réellement porté dans son cœur, et de les voir ainsi se quereller à peine la dépouille de leur père refroidie ne l'attristait pas plus que cela. Au contraire. Là était une bonne raison de pas retourner à Haubrum maintenant, et là était quelque chose d'assez prenant pour qu'elle en oublie même toute idée relative. Après un entretien avec l'intendant de feu son père, elle décida qu'il était grandement temps de redonner à sa famille la gloire passée. Les De Hauteville étaient, pour le moment, beaucoup trop occupés à se mettre des bâtons dans les roues pour estimer le danger qui les guetterait d'ici peu. Et ce fut ainsi qu'Aélis commença à établir sa stratégie, en vue de reconquérir le trône. Trône que sa famille avait perdu il y avait quelques décennies de cela.
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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Ven 1 Aoû 2014 - 20:49

[Dans la grande salle d’honneur du château]

Après avoir présenté mes lettres de créance aux gardes de faction à l’entrée du château, et laissé Livyalën ainsi que mes gardes nains dans une antichambre, j’avais été amené devant Nathan de Hauteville, qui siégeait sur le trône de son père dans la plus salle d’honneur. J’avais été quelque peu surpris par la petitesse de la cour qui l’entourait, signe que bien des nobles hésitaient à trop s’afficher auprès de Nathan tant que durait la rébellion encore larvée de son demi-frère.

…et ainsi donc, Les Triumvirs du Dharshim vous présentent toutes leurs condoléances pour la terrible perte qui vous afflige et vous souhaitent un règne long et heureux. Il ne fait nul doute dans leur esprit que sous votre férule éclairée, Merodoc est vouée à un brillant et lumineux avenir.
Je vous remercie de vos vœux, messire ambassadeur. Portez toutes mes considérations d’amitiés à vos maîtres, dont je respecte la grandeur et la puissance.
Je n’y manquerais pas, sire. Sachez d’ailleurs que les Triumvirs seraient heureux d’établir avec vous des relations commerciales, et qu’ils m’ont laissé toute latitude pour établir avec vous un partenariat qui, dans le respect et l’amitié mutuel, sera profitable pour nos deux peuples. Vous trouverez en nous, j’en suis sur, des partenaires d’une grande fiabilité.
J’y songerai et je vous ferai savoir mes intentions à cet égard dans les prochains jours.

Bon, au fond, cette première audience ne s’était pas trop mal passée. Nathan semblait un homme raisonnable et j’avais bon espoir d’établir avec lui un traité d’entente commerciale qui ouvrirait au Dharshim un nouveau marché. Mais alors que je m’apprêtais à me retirer, une voix pleine de colère éclata dans le fond de la salle.

L’Empire d’abord, maintenant des Sombres. Jamais mon père n’aurait accepté un tel asservissement de Merodoc, Nathan.

Pivotant sur moi-même, je vis entrer un jeune homme d’une rare beauté. Trop beau, presque, on aurait dit qu’il venait de passer des heures à se peigner et se tailler la barbe. Il émanait de lui, et j’en connaissais un rayon en la matière, une aura de charisme et d’assurance assez rare. Ainsi donc, je venais de rencontrer le jeune frère, le dénommé Joahs, et je comprenais maintenant que ce beau jeune homme étincelant devait faire si forte impression auprès du peuple. Plus inquiétant, le nombre de nobles qui se trouvaient avec lui ne le cédait que de peu en taille à ceux qui entouraient Nathan. J’avais entendu dire que Joahs s’appuyait sur les châtelains des environs, il fallait croire que plusieurs d’entre eux se trouvaient désormais en ville pour soutenir la cause de leur champion. La tension était palpable entre les deux groupes, et la moindre étincelle pourrait mettre le feu aux poudres. Nathan s’était levé et jetait un regard glacial sur le nouveau venu.

« Notre » père, mon frère.
C’est toi qui le dis. Chacun ici sait que ta catin de mère couchait avec la moitié des serviteurs du château et qu’elle…
Suffit ! Je n’écouterai pas plus longtemps tes bravades de jeune coq !

Peu désireux apparemment de déclencher une bagarre en ces lieux, le seigneur légitime de Merodoc quitta la pièce, plusieurs de ses soutiens avec lui. Ainsi donc, jusqu’au cœur même du château, l’autorité de Nathan se voyait contrariée. Cela ne laissa pas de m’inquiéter, car en allant en premier saluer l’héritier légitime, je risquais fort de déclencher l’ire des partisans de Joahs qui niaient son statut de simple second dans l’ordre de succession. Je n’allais pas tarder à me rendre compte que mes craintes se trouvaient pleinement fondées.

Un sourire fielleux aux lèvres, une dame plus toute jeune mais encore fort belle, en qui je reconnus Catherine de Hauteville, m’intercepta avant que je ne puisse quitter la salle.


Noble ambassadeur, ces gardes vont vous conduire à vos appartements
Je vous en suis infiniment reconnaissant, ma dame, mais je me suis logé dans une auberge proche et je ne…
J’insiste. Vraiment. Nous avons tant de choses à nous dire.

Comme pour appuyer les dires de sa maitresse, les gardes qui l’accompagnaient posèrent la main sur la poignée de leur épée, un petit sourire narquois flottant sur leurs lèvres. Sans me départir de mon calme extérieur, je bouillais intérieurement et promis à Menhyt de ne pas les laisser s’en tirer à si bon compte. J’avais cru à tort que mon statut d’ambassadeur me permettrait une certaine neutralité entre les camps, mais la tension devait être telle que les partisans de Joahs ne s’embarrassaient plus de telles considérations. J’hésitais un instant à refuser fermement l’offre et à me diriger vers la sortie, mais comment Catherine réagirait-elle ? Me laisserait-elle partir ou un de ses gardes allait-il me plonger sa lame dans le dos ? Je me refusais à jouer ma vie sur un tel coup de dé, tout du moins dans l’immédiat.

Ce sera un plaisir d’être votre hôte, madame.

Fallait-il que la veuve du seigneur de Merodoc soit sure de sa force pour retenir, même sous les apparences de la politesse, l’ambassadeur d’une nation étrangère. Alors que les gardes me guidaient vers le quartier des invités, je commençais à m’inquiéter de ses raisons. Il y avait vraisemblablement déjà eu un assassinat dans ce château. Catherine de Hauteville avait-elle dans l’idée de se débarrasser de moi pour en faire porter la responsabilité à Nathan ? Lorsque la porte des luxueux appartements où je me retrouvais en villégiature forcée se referma, je me demandais si j’étais ici comme un invité, un prisonnier ou comme une future victime.
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Livyalën

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Sam 2 Aoû 2014 - 23:57

Comme le lui avait demandé son maître, et sans qu'elle ne soit vraiment en accord avec son idée, Livyalën était restée avec les gardes nains dans une antichambre, au sein du château. Comme toujours elle était restée dans un coin tranquille, ne se mêlant pas aux autres, ne discutant pas sauf si l'un d'entre eux venait à lui adresser une parole qui valait la peine d'avoir une réponse. Enfin, du moins, c'était le cas au début. Il ne fallut pas vraiment longtemps pour que la jeune haute-elfe se décide à sortir pour des raisons qui ne la regardaient qu'elle seule. Mais soyez rassurés, l'adolescente ne se laissa aucunement aller à du vol ou autre, la nécessité de le faire ne se présentant aucunement. Discrète, elle essaya de ne pas trop se faire remarquer - mais vu certains regards, ce n'était pas vraiment ce qui était le mieux réussi - jusqu'à revenir à l'antichambre où se trouvaient encore les nains. Mais le flair de chasseur ne l'ayant pas quittée malgré ses quelques années de strict esclavage, Livyalën s'arrêta avant même de prendre le dernier tournant (de couloirs) menant à la salle. Immobile, être fin aux oreilles pointues, à la longue cape brune et aux armes toujours accrochées à la ceinture, elle écouta. Au départ rien d'alarmant, jusqu'à ce qu'elle entende le bruit caractéristique des gens marchant habillés en armure de plaque. En regardant discrètement dans le couloir donnant sur l'antichambre, il ne fut pas malaisé pour l'esclave de remarquer que des gardes humains sortaient de la salle où se trouvaient les nains... Elle se demanda bien ce que ces humains pouvaient faire là mais n'ayant jamais vu pareille situation, surtout sans la présence de son maître. Elle écouta alors ce que pouvaient bien se dire les gardes et ne tarda pas à comprendre que son sentiment que quelque chose n'allait allait de concert avec la réalité. Elle fit donc demi-tour, espérant passer à des endroits où ces mêmes humains n'étaient pas.

Elle marcha pendant un certain temps avant de tomber à tout grand hasard sur un noble suivi par d'autres provenant du même niveau social que lui, vu leurs vêtements. Tout d'abord ils ne la remarquèrent pas, continuant leur grande conversation qui dépassait somme toute les idées simples de l'elfe, jusqu'à ce que l'un prononce comme pour calmer le chef de la troupe "votre frère Joahs". Livyalën ayant eu connaissance de par son maître du problème qui existait en ces terres ainsi que des résultats de la mort du seigneur de Merodoc (du moins ce qu'il était possible de savoir avant d'arriver sur les lieux), elle fit directement la liaison entre le fils aîné et héritier de Mérodoc et le prénom de Joahs. Alors elle s'approcha du groupe dont certains finirent tout de même par se rendre compte de sa maigre présence. Alors qu'elle cherchait dans sa tête de quelle manière elle devait appeler celui que son maître était venu rencontrer, ces quelques humains arrêtèrent de parler pour la regarder d'un œil torve. Qu'est-ce qu'une haute-elfe pouvait bien faire ici ?


"Seigneur Nathan ?

Sa voix ayant suffisamment porté pour qu'il l'entende bien, le noble se tourna vers l'esclave. Il n'avait pas l'air d'être des plus calmes, mais cela ne dérangea aucunement la garde du corps qui lui exposa de son visage aussi froid et fermé que d'habitude son problème.

-Je suis à la recherche de l'ambassadeur sombre Haldren Baenfere, qui est allé vous voir il y a de cela moins d'une heure. S'il n'est pas avec vous, savez-vous où se trouve-t-il ?"
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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Dim 3 Aoû 2014 - 12:27

Dans le regard que Nathan jeta sur Livyalën se mêlait la surprise qu’une personne de condition sociale apparemment modeste ose d’adresser à lui et la méfiance de l’homme traqué qui ne sait plus à qui se fier. L’interruption de son frère dans la salle d’honneur et l’humiliation qu’il venait d’y ressentir face à l’idée d’avoir du abandonner le champ de la confrontation pour éviter un bain de sang n’avaient pas eu pour effet de lui améliorer le caractère.

Moins d’une heure plus tôt, lui, Nathan de Hauteville, recevait en audience officielle un ambassadeur d’un pays étranger, remplissant ses devoirs de seul et légitime seigneur de Merodoc. En son fort intérieur, Nathan devait admettre qu’il avait fort apprécié les flatteries du Sombre, jusqu’à ce que ce maudit bâtard de Joahs ne vienne tout gâcher. Sans doute cette blessure d’orgueil chez un homme aussi imbu de lui-même ne fut-elle pas pour rien dans la réponse sèche qu’il fit à la quémandeuse.


Une Elfe s’inquiéter du destin d’un Sombre ? Voilà bien la situation la plus grotesque que j’ai jamais vu. Hors de ma vue, gueusaille !

Alors que la troupe reprenait son chemin en bousculant sans ménagement la jeune elfe, un jeune chevalier, plus ému ou tout simplement sachant mieux jauger la sincérité des gens, s’approcha d’elle et lui murmura ces quelques mots :

L’ambassadeur a été emmené dans l’aile Ouest, officiellement comme « invité » de dame Catherine. Toute cette partie du château est entre les mains des partisans de Joahs, je ne m’y aventurerais pas si j’étais vous.

Puis, sans un mot de plus, le chevalier tourna à son tour les talons et rattrapa la troupe qui suivait Nathan.
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Livyalën

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Lun 4 Aoû 2014 - 15:27

Gueusaille ? Qu'est-ce que ce mot pouvait signifier ? Livyalën n'en savait rien, ce mot de vocabulaire n'ayant pas partie des nombreux mots qu'on lui avait apprit de la langue des Hommes. Mais elle pouvait se douter que ce n'était pas le plus beau des mots, surtout vu le reste de la diatribe de Nathan. En somme il l'envoyait paître, alors qu'elle s'était forcée à l'appeler par son titre ! En plus il ne répondait même pas à sa question... La haute-elfe foudroya l'héritier légitime du regard et alors qu'il repartait avec ses nobles, elle failli élever la voix à son encontre. Failli... un chevalier s'était approché d'elle pour lui donner une information sur le lieu où se trouvait son maître, information qui était malheureusement incomplète.

"L’ambassadeur a été emmené dans l’aile Ouest, officiellement comme « invité » de dame Catherine. Toute cette partie du château est entre les mains des partisans de Joahs, je ne m’y aventurerais pas si j’étais vous."

La première réaction de Livyalën, toute naturelle, fut de regarder le chevalier en transmettant sa question par les yeux : où exactement dans l'aile ouest ? Mais l'humain ne la regarda pas, il s'en alla. L'adolescente se retrouva seule dans le couloir, comprenant qu'elle ne pourrait pas avoir d'aide de la part de celui qu'Haldren était venu voir. Il lui faudrait donc agir seule, les nains se trouvant dans le château étant surveillés... et elle n'hésiterait pas à aller dans cette fameuse aile, quoi qu'en dise le chevalier !


Il se passa plusieurs heures pendant lesquelles Liv ne fit rien, du moins rien de spécial : éviter les soldats de Joahs (qui arboraient des couleurs différentes que ceux de Nathan), trouver un endroit où elle serait tranquille loin des nombreux passages, trouver à manger aussi... parce que le temps passait, et la faim aussi. Heureusement pour elle, les diverses tâches qu'elle avait dû effectuer dans la maisonnée de l'ambassadeur à Méridian lui avait permis de voir comment étaient construites les grandes demeures, aussi n'eut-elle pas trop de mal à trouver une porte menant aux couloirs des domestiques. De là, il lui fut simple d'arriver à trouver les cuisines, cuisines qui après avoir regorgé de monde pendant un certain temps, restaient relativement vides. En même temps nous étions arrivés au soir, après le repas. Une seule personne, qui lui tournait le dos tout en s’affairant à préparer un plateau avec vin et viennoiseries. Livyalën se demanda un instant s'il fallait qu'elle le fasse parler concernant la fameuse aile ouest, savoir dans quelle chambre était logée son maître, mais cela ne fut pas utile : alors que l'elfe commençait à s'approcher sans bruit, le serviteur leva la tête dans la direction d'une autre porte et envoya d'une voix forte


"Cidine ? Je vais à l'aile ouest ! N'oublie pas d'éteindre la cheminée quand tu partiras !"

Liv se cacha alors dans un coin et, le domestique sorti de la cuisine avec son plateau, elle entreprit alors de le suivre en silence, de sorte à ce qu'il ne remarque pas sa présence. Comme elle devait traverser la cuisine elle en profita pour piquer un bout de pain restant, et resta sur sa piste. La "traque" ne s'arrêta que lorsque l'humain entra dans un vaste couloir où se trouvaient quelques gardes et où, à une autre chambre que celle où se dirigeait le serviteur, entraient deux personnages qu'elle n'avait jamais vus jusque là, dont une dame richement vêtue et ne semblant pas spécialement aimable. Vu les gardes qui l'accompagnaient, il y avait de fortes chances que ce soit la fameuse "dame Catherine". Vu la disposition des couloirs, elle n'avait plus qu'à attendre à l'ombre de la vue des Hommes.
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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Lun 4 Aoû 2014 - 15:30

Les appartements que Catherine de Hauteville avaient mis à ma disposition devaient être parmi les plus luxueux du château. Draps de soie, tapisseries partout aux murs, salle d’eau, tout le confort que je pouvais désirer se trouvait à ma disposition, jusqu’à une accorte chambrière qui, tout en faisant mon lit, me décocha des œillades indiquant qu’elle serait tout à fait prête à le défaire également avec moi. Mais une cage dorée demeure une cage, et l’aurais-je oublié que la vue des gardes sous mes fenêtres ou devant ma porte m’aurait rappelé à la réalité. Catherine ne souhaitait pas que je puisse sortir ni communiquer avec quiconque et avait donc placé une véritable bulle de sécurité autour de moi.

Oh, certes, j’aurais surement pu l’enfuir. Apparemment elle ignorait mes petits « dons » magiques, me prenant pour un simple diplomate en tout point inoffensif. Toutefois je rechignais à jouer trop tôt cette carte, tant par crainte de mesures de précautions que je n’aurais pas identifié et qui auraient pu tout compromettre que par curiosité pour la suite des évènements. Me garder prisonnier ne pouvait à terme qu’attirer des ennuis à Catherine de Hauteville, les Triumvirs n’accepteraient jamais une telle offense. D’un autre côté, m’assassiner n’aurait eu aucun sens puisque les partisans de Joahs auraient été les premiers suspects. Je me creusais donc la tête en essayant de deviner le rôle qui m’était dévolu dans cette petite farce, jusque-là sans succès.

Un autre problème se posait à moi. Si j’étais abondamment pourvu en nourriture et boisson, je n’osais toucher à quoi que ce soit par crainte d’une quelconque drogue. N’ayant rien mangé ni bu depuis le matin, je commençais à sentir mon estomac me tenailler et la vue des mets appétissants sur la table devenait une véritable torture. Ce n’est qu’à la nuit tombée que je reçus de la visite, Catherine de Hauteville me rejoignant, accompagnée de deux gardes qui me tenaient en joue de leurs arbalètes. Décidément, la maitresse des lieux n’aimaient pas laisser le moindre détail au hasard. Plus inquiétant se trouvait être la quatrième personne, un homme d’un certain âge au regard glacial et sur la tunique duquel se trouvait brodées deux lames écarlates entrecroisées.


Messire ambassadeur, j’espère que vos appartements vous conviennent.
Assurément, madame, toutefois je ne peux m’empêcher de m’interroger sur les raisons de ma présence en ces lieux.

S’asseyant confortablement dans un fauteuil, la mère du second autoproclamé seigneur de Merodoc me regarda avec un sourire qu’il faut bien qualifier de fielleux. Une fois, juste une fois, j’aimerais que les conspirateurs maléfiques changent leurs habitudes… mais certains traits narratifs sont de véritables chaînes qu’il faut porter.

Voyez-vous, lorsque demain ce stupide bâtard de Nathan ira mener ses audiences sur le trône qui revient de droit à mon Joahs, il sera abattu d’une fléchette empoisonnée. Les gardes fouillent tous les demandeurs à l’entrée de la salle d’honneur, mais une sarbacane se cache bien plus aisément qu’une arbalète.
Il n’est pas aisé de trouver un assassin prêt à prendre de tels risques.
Exact, raison pour laquelle messire Lacnoir est ici présent. Il dirige une guilde de… disons de personne en marge de la société. Mon défunt époux souhaitait le faire pendre, mais je pense personnellement qu’il serait regrettable de se priver de ses talents. Il a fourni le poison et le tireur. Le pauvre diable croit qu’il pourra s’enfuir, ignorant que mes propres gardes seront présents et sauront très bien à quoi il ressemble et d’où il doit tirer. Il sera malencontreusement tué durant sa fuite, avant que quiconque ne puisse le capturer. La perte d’un de ses hommes est peu de choses pour messire Lacnoir.
Je vois cependant mal mon rôle dans cette histoire ?
Oh, très simple. Sur l’assassin nous trouverons un parchemin mentionnant votre nom, et dans vos appartements une fiole du poison qui aura tué Nathan. Je crains toutefois que vous ne résistiez à votre arrestation et que nous soyons obligés de vous tuer aussi. Comprenez qu’il faut éviter qu’une enquête approfondie soit menée, or vous pourriez nous y poser des problèmes, n’est-ce pas ?

Se relevant, Catherine me quitta dans un froufrou de sa robe. Fallait-il qu’elle soit sure d’elle pour venir ainsi tout me raconter ! Ou alors jouissait-elle du moment à ce point ? Placée dans l’ombre de son époux durant des années, elle devait ressentir un véritable orgasme de pouvoir qui pouvait expliquer ce manque de précaution. A sa place en tout cas, jamais je n’aurais ainsi expliqué mon plan à ma future victime avec une telle désinvolture. Mais il fallait croire que Catherine de Hauteville débutait dans le monde du crime organisé, et qu’elle n’écoutait pas encore suffisamment les conseils d’homme expérimentés tel ce Lacnoir, qui du début à la fin avait paru renfrogné en l’entendant ainsi déblatérer. Il y avait en lui une mentalité digne d’un Sombre, alors que sa patronne du moment faisait encore preuve de bien trop de naïveté et de certitude dans ses plans. En tout cas, maintenant, je savais qu’il me fallait filer, et vite de préférence !
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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Lun 4 Aoû 2014 - 20:39

Quelques minutes plus tard, la dame "bien habillée" sortit de la pièce, un sourire aux lèvres. Généralement, les gens avaient ce type de sourire lorsqu'ils étaient contents d'eux, que leur entreprise se révélait être un succès. Du moins, c'était ce qu'avait compris Livyalën au cours de sa vie. Mais ce n'était pas le plus important : en partant elle demanda à des gardes de surveiller la porte, ce qui laissait à supposer que ce devait bien être la chambre de l'ambassadeur. Alors elle attendit, dans le noir, qu'il soit le moment pour elle d'entrer dans cette pièce. Pendant toutes ces minutes elle se vida complètement la tête en vue de l'inévitable combat qu'il y aurait, ne se concentrant uniquement que sur ce qu'elle devait faire : aller vite. Elle ne pensa même pas au fait qu'il serait possible que ce soit un inconnu qui se trouve dans la chambre. Comme toujours, elle verrait bien sur place.

Au bout d'un moment, Liv sentit qu'il était l'heure pour elle d'entrer en action. Elle avait remarqué qu'il y avait une grosse faille au niveau du coup et qu'il lui serait possible, en visant bien, d'envoyer l'une de ses dagues dans la gorge de l'un des deux soldats. Le deuxième ? Soit elle courrait pour l'avoir avant qu'il ne crie, soit c'était celui qui allait se recevoir sa dague. La deuxième solution était la plus pratique, aussi commença-t-elle à faire quelques bruits dans le couloir, là où elle était : des bruits que les humains auraient pu donner à un animal relativement petit et qui étaient censés en rameuter un. Cela finit par arriver, celui qui était de son côté s'approcha, prudent. Il alla jusqu'au croisement où était Livyalën, n'eut pas d'assez bons yeux pour remarquer sa cache et, lorsqu'il se retourna, il peut sentir une main se plaquer contre sa bouche et son sang gicler de sa gorge, l'amenant en peu de temps à perdre la vie. Le sang tacha la tunique de la haute-elfe qui n'y fit pour l'instant aucunement attention, se concentrant d'abord à accompagner le corps de sa victime pour qu'il ne chute pas sur le sol en faisant tout un boucan. Une fois son premier forfait commis, l'adolescente se dépêcha de se diriger vers l'entrée du couloir, faisant maximum corps avec son couteau afin de le lancer du mieux possible. Le bougre eut le temps de la voir arriver et, que ce soit par intuition ou par bonne vision, il esquiva l'arme lancée qui vint se cogner dans le mur. Livyalën se mit alors à courir dans la direction du garde, épée dégainée, et entama un duel.

Inutile d'en venir aux détails. Tout ce que vous avez à savoir, c'est qu'après quelques bruits qu'Haldren put entendre au travers du mur de la chambre qui lui avait été attribuée, la porte d'entrée s'ouvrit à la volée et il put voir son esclave, tachée de sang sur le haut de sa tunique au point que le tissu collait contre sa peau ainsi que sur ses mains, toujours l'épée au clair.


"Maître, il faut partir d'ici."
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Aélis de Morobh Kay

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Lun 4 Aoû 2014 - 21:30

Elle connaissait Nathan et Joahs depuis qu'elle était petite. Son frère avait certainement partagé plus de moments avec eux, puisqu'ils étaient du même sexe, mais n'étant, petite, jamais loin de son frère, elle en avait profité par procuration. Et si elle avait toujours plus ou moins apprécié Nathan, elle n'avait jamais aimé son frère. Elle se souvenait de la première fois qu'elle l'avait vu, quand son père l'avait forcé à l'accompagner à la demeure des De Hauteville, pour souhaiter la bienvenue et la prospérité à leur second fils. Aélis avait de suite jugé que le nouveau né était bien trop bruyant et trop agité pour qu'il soit un jour quelqu'un qu'elle apprécierait. Enfin, elle n'avait que huit ans à l'époque, et elle s'était vite détourné de lui pour filer dans le jardin, rejoindre Nathan. Mais les années avaient passé. Et avec le temps, les caractères s'étaient façonnés. Elle n'avait plus réellement eu de contacte avec les fils des De Hauteville, et son mariage l'avait définitivement éloigné de Mérodoc. Son mari avait eu quelque échange avec Gregor pendant la première année, puis les liens s'étaient peu à peu distendus et finalement, elle ne sut plus rien de ce qui se tramait dans cette ville qu'elle ne voulait plus considérer comme chez elle.

- Faites venir Abran, j'ai à lui parler, ordonna-t-elle à un domestique qui traînait dans les parages.

Assise au bout de la table autour de laquelle feu son père avait l'habitude de recevoir ses invités les plus important, elle avait pris la décision d'aller présenter ses sincères condoléances à Nathan et à Catherine de Hauteville. Voilà pour quoi elle venait de faire mander le commandant de sa garde rapprochée. Elle n'avait jamais vraiment apprécié la seconde épouse de Gregor, mais elle n'avait jamais rien fait contre elle non plus. La veuve De Hauteville ne devait pas, à son avis, connaître ses ressentiments, et elle avait bon espoir de rentrer dans ses petits papiers. Ou, tout au moins, de se rapprocher assez d'elle pour qu'elle sache ce qu'il se tramait réellement entre elle et son beau fils. Parce qu'elle n'était pas dupe, Joahs n'était, dans ce conflit de succession, que le pion de sa mère. ''Comme toujours'', pensa-t-elle. Elle n'avait jamais réussi à avoir l'emprise désirée sur son mari, mais maintenant qu'il était mort, elle s'en donnait à cœur joie. A croire qu'elle avait attendu ce jour toute sa vie. Cela ne l'étonnerait guère qu'elle soit à l'origine de sa mort d'ailleurs. Ne disait-on pas que le poison était l'arme des femmes par excellence ? Elle fut interrompu dans ses pensées par Abran, qui s'était présenté devant elle, au garde à vous, après avoir franchit la porte rapidement.

- Ma Dame, que puis-je faire pour vous ?

- Je vais me rendre chez les De Hauteville. Il en va de mon devoir de leur adresser mes plus sincères condoléances, répondit-elle en se levant. Je veux bien évidemment que tu m'accompagnes, ainsi que Barral et Odo. Trouve les rapidement, nous partons tout de suite.

Le temps de rassembler sa garde, et elle partit en direction du château. Abran avait insisté pour qu'elle autorise trois autres de ses soldats à l'accompagner, au moins jusqu'à ce qu'elle arrive à destination, puisqu'elle avait insisté pour y aller à pied. Et que la ville était somme toute assez agitée, en ce moment. Elle n'avait pas mis longtemps à céder, sachant pertinemment que le commandant avait raison, mais avait ordonné aux trois autres de ne passer la porte sou aucun prétexte. Elle ne voulait pénétrer la demeure avec trop de gardes, elle aurait d'ailleurs bien demandé à Abran de venir seul avec elle, mais elle savait que c'était là de l'inconscience. Si elle ne voulait donner l'impression de se sentir menacée, elle ne voulait pas non plus qu'elle soit prise pour une proie facile. Elle n'était pas une proie. Loin de là. Les rues n'étaient plus aussi grandes, plus aussi merveilleuses que dans son enfance, mais elles réussir tout de même à lui arracher une lueur de plaisir dans son regard. Elle n'était pas dans les quartiers les plus sombres, mais elle entrapercevait tout de même, de temps à autre, la misère. Et le fait d'avoir ainsi déchiré la cité en deux n'allait certainement pas arranger les choses.

Mais peu importait au fond. Pour le moment, ce qui avait de l'importance était l'entrevue qu'elle se préparait à avoir. Pénétrant sans peine dans l'enceinte du château, elle se dirigeait vers les portes de la salle du trône quand elle entendit des éclats de voix. Nathan et Joahs, à n'en pas douter. Elle chuchota dans l'oreille d'Abran qu'ils ne devraient certainement pas rester là, et après l’approbation de ce dernier, elle changea subitement de direction. Bientôt, elle se retrouva dans le jardin. Ce jardin même où elle avait rejoint le fils héritier quand elle avait rencontré le second pour la première fois. Elle flâna un moment entre les arbres, huma avec délice le parfum de certaine fleurs, puis finit par s’asseoir sur un banc en pierre qu'elle jugea plus ou moins neuf. En tout cas, elle ne s'en souvenait pas. Quand enfin, l'objet de son désir se fit entendre, elle se releva et marcha jusqu'à lui. Un sourire étira ses lèvres quand leurs regards se croisèrent, et le saluant comme il se devait, elle ouvrit le dialogue :


- Nathan, ou plutôt devrais-je dire, Mon Seigneur. Je vous présente les plus sincères condoléances de la part des Flanndàil . Nous sommes profondément désolé pour la perte que vous venez de subir. Sachez que nous soutenons l'héritier légitime, quoi qu'il advienne. dit-elle doucement.

Elle pouvait deviner sans peine qu'il était excédé, certainement à cause de ces fameux éclats de voix qu'elle avait entendu un peu plus tôt, à son arrivée. Mais elle ne se laissa pas démonter par un peu de ressentiment à l'égard d'une tierce personne, et si elle voyait bien que sa fureur ne demandait qu'à sortir au grand jour, elle savait aussi qu'il venait ici pour y trouver le calme. Tout du moins était-ce le cas quand il était enfant. Elle se souvenait très bien de lui lui confiant, avec la plus grande précaution, que cet endroit était celui qu'il préférait dans ce château. Et qu'il n'en connaissait aucun autre ayant de telles vertus sur son âme et sur son cœur. Enfin, peut-être que tout cela avait changé, mais elle était prête à parier qu'il n'en était rien. Ne lui laissant pas vraiment le temps de répondre, elle enchaîna :


- Je serais donc extrêmement honorée si vous vouliez bien m'accorder un instant. Nous pourrions aller nous assoeir à l'ombre de cet arbre, ou bien déambuler entre ces parterres de fleurs. A votre guise, je n'aurais pas l'audace d'exiger quoique ce soit.

Cet arbre. Elle n'avait aucunement précisé lequel, mais il saurait certainement. Celui sous lequel ils avait l'habitude de jouer, quand elle et son frère venaient au château. Et celui sous lequel ils avaient arrêté de jouer quand Joahs avait été en âge de les rejoindre. Peut-être était-ce là un moyen de lui dire, plus explicitement, plus intimement, qu'elle n'avait jamais été proche de Joahs, et qu'elle ne le serait jamais. Elle espérait sincèrement qu'il accepte de lui accorder cette entrevue. Autrement, elle devrait réfléchir à une toute autre approche, qu'elle n'avait absolument pas envie de mettre à l'oeuvre.


Dernière édition par Aélis de Morobh Kay le Mer 17 Sep 2014 - 10:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Mar 5 Aoû 2014 - 10:51

Je commençais à passer en revue les différents plans d’évasion dont je disposais, mais aucun ne me satisfaisait entièrement. Dans l’idéal, il aurait fallu que je puisse fuir discrètement, sans violence ni utiliser ma magie de manière perceptible, autant dire que l’équation commençait à avoir trop de paramètres pour être résolue. J’hésitais encore lorsque j’entendis des ferraillements d’épée dans le couloir, un gargouillis signifiant qu’une lame venait de trouver sa cible, puis la porte s’ouvrit sur une Livyalën tachée de sang. Point besoin d’être grand clerc pour deviner que ma garde du corps venait de prendre les choses en main et d’éliminer les gardes en faction à la porte. Malheureusement, les bruits de combats avaient pu être entendus et nous n’avions que quelques minutes avant que Catherine ne soit alertée de ce qui se passait ici.

Oui, filons. Je dois trouver Nathan et le prévenir de ce qui se trame ici.

Sortant de la pièce avec Livyalën, je vis un groupe de gardes tourner à l’angle du couloir, épée brandie. Je soupçonnais le dénommé Lacnoir d’avoir conseillé à ma geôlière ces mesures de précautions supplémentaires.

Et merde !

Tant pis pour la discrétion, l’heure n’était plus aux demi-mesures. Incantant rapidement, je fis apparaître au creux de ma main un os apparemment inoffensif que je projetais en direction des gardes avant de filer en compagnie de Livyalën dans la direction opposée. Jetant un coup d’œil par-dessus mon épaule, je vis l’os exploser en de multiples fragments au beau milieu de la troupe qui nous poursuivait. « Éclats mortels », vous connaissez ? Un sort de nécromancie très pratique dans ce genre de situations, les éclats de l’os étant aussi tranchants que des lames de rasoir. Pas besoin de vous faire un dessin de la scène, je présume ? Les gardes ne portaient de cottes de mailles qu’au niveau du torse, aussi mon sort déchiqueta avec allégresse leurs jambes non protégées. Il est difficile de continuer une poursuite avec des plaies partout le long des tibias et des cuisses, ce qui nous permis de dévaler un escalier sans être rattrapés.

Passant par les cuisines sans ralentir, bousculant au passage un marmiton qui transportait une grande soupière, nous débouchâmes dans les jardins du château. Coup de chance, cette partie des lieux se trouvaient encore sous le contrôle de Nathan, au vu des gardes en faction qui nous regardèrent passer avec des yeux ronds. Un tel relâchement coupable face à deux fuyards dont un taché de sang m’inquiétait sur la rigueur avec laquelle Nathan gérait ses troupes, mais mieux valait cela que retomber dans les mains de Catherine. En longeant une haie, la voix du seigneur de Mérodoc arriva jusqu’à nous.


Je vous en prie, Aélis, nous nous connaissons depuis longtemps. Asseyez-vous et dites-moi en quoi je peux vous aider.

Il est très malpoli de s’inviter de force dans une discussion, mais le temps pressait. Tournant l’angle du buisson, j’interrompis les deux jeunes gens qui écarquillèrent grands leurs yeux en nous voyant arriver. Livyalën, en particulier, attirait l’attention puisqu’il était évident qu’elle sortait tout juste d’un combat particulièrement violent.

Dame Aélis, mes hommages. Seigneur Nathan, je m’excuse de vous importuner de nouveau, mais je me dois de vous mettre au courant d’une tentative d’assassinat contre votre personne.

En quelques mots, je leur expliquais le plan de Catherine : l’assassinat qui devait avoir lieu le lendemain, le recours aux services de Lacnoir et des siens, les preuves falsifiées pour m’accuser du meurtre, notre fuite des appartements où j’étais retenu prisonnier. Au fur et à mesure de mon récit, je voyais les yeux de Nathan s’agrandirent encore sous le coup de la surprise. S’il savait que son pouvoir se voyait contesté, apparemment l’envergure du complot et ses ramifications allaient bien plus loin qu’il ne le croyait jusque-là.

Jamais je n’aurais cru que Joahs soit prêt à aller jusque-là. Un meurtre ? Un fratricide ? S’attirer les foudres du Dharshim ? C’est de la folie… de la folie… de la folie…

Il continua à murmurer « de la folie » encore quelques fois à voix basse, comme s’il n’y croyait pas. A titre personnel, je pensais que Joahs n’était rien de plus qu’une marionnette entre les mains de sa mère, mais je gardais mes opinions pour moi.

Qu’allez-vous faire désormais, messire ambassadeur ?
M’éloigner du château. Il faut que je trouve un endroit sûr pour moi et ma suite, à l’abri des gens de votre belle-mère.

[HRP] Aélis > En prononçant cette dernière phrase, Haldren te regarde. A toi de voir si ton personnage en tient compte.
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Aélis de Morobh Kay

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Mar 5 Aoû 2014 - 18:56

Leur garde respective s'étant quelque peu éloignées pour leur laisser une certaine intimité, elle alla s’asseoir sur le banc, bientôt imitée par Nathan. En quoi pouvait-il l'aider. Voilà sa question. En lui cédant son trône, telle était la réponse. La seule, et l'unique. Tout ce qu'il pouvait faire pour lui venir en aide était de donner à sa famille cette place qu'elle avait autrefois occupée. Seulement, elle ne pouvait lui répondre cela, et elle n'était absolument pas venu quérir son aide, non. Elle n'avait jamais eu besoin de l'aide de quelqu'un, ou tout du moins, ne l'avait-elle jamais quémandée. Et elle était assez fière de cela d'ailleurs, d'être capable d'arriver à ses fins sans avoir besoin de se faire aider par un tierce. Même si, en réalité, Aldéric et feu son mari l'avaient épaulée plus qu'elle ne voudrait jamais l'admettre.


- Je ne suis pas ici pour demander votre aide, Nathan. De quoi aurais-je besoin que je ne puisse avoir par moi-même ? Non, je suis ici pour vous offrir mon aide. Officiellement, les Flanndàil n'ont pas pris position dans ce conflit. Officieusement, il en va tout autrement, comme vous le savez, répondit-elle gentiment. Mais vous devez vous en douter, je ne suis pas venu uniquement pour ça, je suis aussi venu pour présenter mes condoléances à Catherine. Et par là même, essayer de savoir ce qu'elle complote.

Parce qu'il était évident qu'elle préparait quelque chose, quelque chose qui devait être assez dangereux pour que Nathan ne se doute de rien, sans aucun doute. Et pour l'instant, il était bien plus facile pour elle de faire échouer la veuve de Gregor que de faire tomber l'héritier légitime. Et comme pour apporter du poids à ce qu'elle venait tout juste de dire, un sombre arriva, hors d'haleine, suivit d'une elfe semblait-il, pour annoncer une tentative d'assassinat. Le fait de débarquer ainsi, de déroger au protocole, provoqua deux choses. Abran sortit brusquement son épée, Odo et Barral s'étant rapprochés d'elle dans un même temps, et elle s'était levée comme pour donner un ordre sommaire. Mais elle se rappela bien vite qu'elle n'était pas chez elle, et qu'elle n'avait donc pas le droit de faire exécuter quelqu'un. Au fil de son histoire, elle comprit cependant un peu mieux pourquoi il était ici. Cependant, cela n'expliquait en rien la présence de l'elfe, derrière lui, couverte de sang. A en croire la couleur, il était presque encore chaud, elle venait donc de tuer. Et à en croire ses yeux, elle n'en avait cure. Si seulement elle avait été chez elle, elle n'aurait jamais permis qu'elle reparte vivante d'ici, pas après avoir tué sans vergogne sous son propre toit. Mais Nathan était indulgent, il était moins autoritaire, moins fort. Et c'était sans aucun doute une bénédiction pour ces deux là.

- Nathan, si je peux me permettre, vous ne devriez pas vous laisser submerger ainsi par vos émotions. Joahs n'est qu'un pion de Catherine. Il est jeune, et facilement manipulable. Je ne crois pas que l'idée vienne de lui, ne vous méprenez pas sur votre frère. Vous avez raison, il est incapable d'aller jusque là, tout simplement parce qu'il n'est pas assez intelligent, murmura-t-elle à son oreille.

Sur ces mots, elle s'apprêtait à quitter Nathan dans les règles de l'art pour trouver Catherine, mais le sombre sembla lui demander de l'aide. Etait-ce bien cela, ce regard insistant, presque convenu, qu'il lui avait lancé lorsqu'il avait dit vouloir trouver un endroit sûr ? Sur l'instant, elle ne trouva aucune réponse à lui fournir. Puisque, si elle avait eu le droit de décider, il ne serait pas entrain de lui demander l'asile, mais plutôt entrain de de visiter les geôles de son manoir. Seulement, elle n'était pas maîtresse de la situation, et elle se devait de faire avec. Elle pensa un moment le renvoyer vers Nathan, ou ne pas lui répondre du tout, mais cela aurait mis en danger la position qu'elle venait de prendre. Elle se décida donc à lui répondre, le plus poliment du monde :


- Je me doute que l'enceinte de ces murs n'est absolument pas un endroit ''sûr'' et que l'invitation qu'a du vous faire Nathan, en hôte digne de ce nom, n'est donc plus tellement d'actualité. Je pense que je peux palier à ce petit problème, ma demeure est loin d'être pleine, en ce moment.

L'offre qu'elle venait de fait de faire ne l'emplissait pas de joie, mais elle le cacha derrière un sourire poli, comme à son habitude. Sans véritablement attendre de réponse, elle salua Nathan et rejoignit le dédale de couloir pour sortir du château avant d'être aperçu par Catherine.

- J'espère qu'un peu de marche ne vous ennuie pas, je suis venue à pied. Ce n'est pas très loin d'ici, mais je sais que certains ne supportent pas le contact du peuple, lança-t-elle quand ils furent enfin dehors. Vous connaissez mon nom, mais je ne connais pas le votre. Puis-je savoir le nom de l'ambassadeur que je m'apprête à recevoir chez moi ?

Elle prenait un risque en l'emmenant au sein de la maison familiale. Elle ne savait rien de lui et ne pouvait connaître toutes ses intentions seulement en le scrutant du regard. Après tout, c'était un sombre, et les sombres n'avaient pas pour réputation d'être des enfants de cœur. Il était donc tout à fait naturel qu'elle se méfie. Et le sang qui maculait les vêtement de l'elfe qui l'accompagnait rendait sa méfiance presque obligatoire. Mais si on put sentir chez elle une certaine froideur, on ne put pas, en revanche, déceler la moindre méfiance. Aélis était ainsi après tout, elle n'était pas chaleureuse pour un sous. Cela se fit d'ailleurs sentir quand ils arrivèrent enfin, elle ordonna à un de ses domestiques de montrer leurs quartiers à ses invités, et leurs dit que le repas serait prêt d'un instant à l'autre. Autrement dit, ils n'avaient pas tout leur temps pour prendre possession des chambres qu'elle mettait à leur disposition. Quand vint l'heure du repas, le regard de l'hôte se posa un peu trop longtemps sur l'elfe pour faire légèrement tiquer le sombre.

- Bien, que diriez-vous de vous présenter ? Après tout, je connais l'identité de celui qui vous a amené ici, mais je ne sais rien de vous. J'avoue que vos vêtements maculés de sang m'ont quelque peu intrigués. Et vous comprendrez certainement que je veuille savoir qui j'héberge.

Autrement dit, elle voulait savoir si elle avait à craindre d'elle ou non. Elle voulait être certaine qu'elle ne serait pas victime d'une quelconque tentative d'assassinat, ou d'autres réjouissances dans le même goût. Auquel cas, elle se verrait contrainte de faire poster des gardes là où elle n'avait pas l'habitude d'en placer.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Jeu 7 Aoû 2014 - 11:03

Un peu glaciale, la dame de Haubrum, non ? Si ses paroles demeuraient polies, son regard ne rayonnait pas l’enthousiasme à l’idée de m’accueillir chez elle. Pour être honnête, cela pouvait se comprendre, elle ne me connaissait pas et le sang sur la tunique de Livyalën ne plaidait pas en faveur de notre innocuité. Certes, j’avais expliqué les raisons pour lesquelles nous avions dû recourir à la manière forte, mais Aélis pouvait à juste titre se demander si je n’allais pas recommencer ce genre de carnage chez elle. Au fond, peu importait, je ne pouvais quitter la région sans admettre mon échec et le château devenait un endroit trop dangereux pour moi. La demeure des Flanndàil ferait un refuge parfait le temps de planifier mon prochain mouvement. Une fois dans les rues, Aélis me demanda mon nom. Ainsi donc elle n’avait pas assisté à mon audience préliminaire auprès de Nathan. Cherchait-elle pour l’instant à ne pas choisir ouvertement son camp ? Voilà un point que je me promis d’éclaircir par la suite.

Excusez-moi gente dame, la tentative de meurtre sur ma personne m’a fait oublier mes bonnes manières. Mon nom est Haldren Baenfere, ambassadeur du Dharshim auprès de la cour de Méridian. Mes maîtres, les Triumvirs, m’ont demandé de passer quelques jours à Merodoc en observateur, car ils craignent que la mort de Gregor ne puisse être un facteur de déstabilisation de la région.

Lorsque nous arrivâmes dans la demeure des Flanndàil, je demandais à notre hôtesse si je pouvais lui emprunter un domestique pour faire passer un message au reste de ma suite toujours à l’auberge. Ayant eu son accord, j’écrivis rapidement quelques lignes dans lesquelles j’ordonnais au capitaine de ma garde naine d’emmener ses nains et le reste de ma suite en dehors de Merodoc et de trouver un endroit dans les villages avoisinants où attendre que les choses se tassent. J’aurais bien aimé les garder sous la main, mais proposer d’accueillir une dizaine de nains barbus et lourdement armés sous son toit aurait probablement excédé les capacités d’Aélis en termes de bonnes manières. Je ne pouvais dans l’immédiat que les mettre à l’abri des visées de Catherine de Hauteville.

Lorsque vint l’heure du diner, je retrouvais Aélis et Livyalën dans la salle à manger du domaine. Les bonnes odeurs en provenance de la cuisine me chatouillaient agréablement les narines, car j’étais toujours à jeun et je comptais bien faire bombance pour me remettre, toutefois une question que posa la maitresse des lieux à mon esclave attira mon attention. L’elfe me regarda, signe qu’elle ne répondrait pas sans mon accord. De toute façon, Livyalën ne se sentait jamais très à l’aise pour faire la discussion avec des inconnus, et sa retenue pouvait alors passer pour de la froideur insultante. Je répondis donc à sa place.


Livyalën est mon esclave et ma garde du corps, le sang sur ses vêtements est celui des gardes de Catherine de Hauteville qui me retenaient prisonnier. Vous n’avez aucune inquiétude à avoir, Livyalën n’est dangereuse que pour ceux qui tentent de s’en prendre à moi.

Je n’avais pas caché la nature d’esclave de Livyalën, curieux de voir la façon dont Aélis réagirait à cela. Elle ne pouvait ignorer que le Dharshim tolérait et même encourageait cette pratique, mais l’esclavage n’était pas aussi répandu dans les Terres Neutres. Allait-elle juger négativement cet état ? Se dire que Livyalën pourrait être utilisée contre moi ? Tandis que nous nous installions à la table préalablement dressée par des serviteurs, je revins sur le sujet politique du moment.

Ce malheureux Nathan semble avoir du mal à croire que son demi-frère puisse tramer son assassinat. Je crains hélas qu’une réconciliation entre les deux partis soit désormais utopique et que le sang ne coule très bientôt dans les rues de Merodoc. Ne craignez-vous, dame Aélis, en m’accueillant, de devenir une cible pour les partisans de Joahs ? Ils sont probablement prêt à tout puisqu’ils ne respectent même plus l’immunité dont jouissent normalement les diplomates.

Oui, décidément, la soirée s’annonçait fort intéressante.


Dernière édition par Haldren Baenfere le Jeu 7 Aoû 2014 - 20:36, édité 1 fois
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Hugo Desforges

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Jeu 7 Aoû 2014 - 13:51

Hugo se tenait dans ses appartement de Geldorim lorsqu'on lui apporta la nouvelle de la mort de Gregor de Hauteville, le seigneur de Merodoc. La nouvelle était importante car ce "fief" était très proche du marquisat, amenant un œil critique sur ce que le seigneur faisait. Les terres neutres l'étaient toujours resté, chose aberrante alors qu'elles n'étaient pas unies et en vivant juste à coté d'un aussi grand royaume. Un accord tacite entre les différents chefs des châteaux faisaient qu'ils s'épaulaient en cas de danger. Archiadia n'ayant plus les moyens d'envahir une terre après sa "victoire" sur l'empire, c'était donc resté ainsi. Aujourd'hui, un des seigneurs étaient donc tombé et qui plus est, il s'agissait de Merodoc, terre qui intéressait le marquis au plus haut point donc en raison de sa proximité comme déjà énoncé. Un rapport moins officiel que celui de l'émissaire qui avait porté la nouvelle, émit par l'un des espions déployé de par et d'autre, indiqua qu'un différant semblait être de mise entre les deux fils. apparemment, alors que le second semblait vouloir rester neutre, l’aînée ferait de l’œil à l'empire, chose impensable pour Hugo. Il était inconcevable que son ennemi se fasse un allié qui pourrait le fortifier, surtout un voisin. Hugo fit donc préparer une escorte qui était bien fournit mais pas uniquement composée de gardes. En effet, il avait prit avec lui quelques personnes plus...discrètes...Celles-ci avaient leurs missions et devaient se noyer dans l'escorte. Quelques bourgeois, commerçant les plus aisé du marquisat, étaient aussi de la partie pour faire bonne impression et un certain nombre de nobles de l'entourage du marquis.

Ce fut donc une suite de carrosses qui prit la route de Merodoc, faisant un détour pour éviter la montagne. Tout était prêt, les commerçants feraient le nécessaire pour appâter l'envie de gain pendant que les gardes feraient leur travail de protection de tout ce beau monde. Quelques espions ou bons négociateurs se trouvaient dissimulés dans tous ces groupes ainsi qu'au sein des serviteurs du marquis. La route se passa sans soucis, peu de personnes osant s'attaquer à un convoi de cette envergure et aussi bien protégée. On ne badinait pas avec la vie du marquis en personne et encore moins avec le beau linge qui l'accompagnait. Les consignes avaient été donné comme il se devait et chacun connaissait le rôle qui était le sien. La partie qui allait se jouer serait palpitante en plus d'être serrée mais l'enjeu en valait la chandelle. Hugo apprécierait de faire basculer Merodoc dans le royaume, voir même dans son marquisat mais au pire, qu'il reste neutre car s'il se liait à l'empire, cela annonçait des heurts qui ne manqueraient pas d'arriver et plutôt tôt que tard. Il se pouvait même qu'il prenne le partie du second et aller contre l’aîné s'il le fallait pour s'assurer que l'empire ne pose pas la main sur Merodoc

Lorsque l'on annonça enfin que la ville était en vue, beaucoup de monde soupira de soulagement, les voyages n'étant pas de tout repos, ni des plus confortable avec tous les cahots de la route. Les auberges occupées n'avaient pas été toute à la hauteur et la mangeaille pas toujours des plus raffinée. Enfin, l'on allait pouvoir bien manger et se reposer. Mais encore fallait il que le marquis et la suite soient accueillit, sait on jamais, même sous couvert de bonnes intentions, il se pouvait qu'ils ne soient pas reçu et poliment éconduit. Cela serait étonnant tout de même mais on ne savait jamais, surtout qu'ils arrivaient un peu tardivement, Hugo espérait que le successeur de Grégor n'avait pas déjà fait l'irréparable. Et s'il basculait, qu'en serait il des autres territoires neutres ? l'abandonneraient ils à son sort ou verraient ils un mouvement à suivre ? les enjeux pouvaient être ridicules ou colossaux. Des éclaireurs étaient parti en avant afin d'annoncer l'arriver du marquis qui avait d'ailleurs déjà envoyé encore avant un émissaire pour dire qu'il porterait ses condoléances en bon voisin.

Ils arrivèrent donc à la porte de la ville et bien que dévisagé de façon non dissimulée par les gardes qui voyaient un important convoi pénétrer en ville, ils furent conduit au château. Une garde restreinte fut accueillit alors que le reste de la troupe de protection était conduite dans une garnison avec l'ordre de rester alerte. Le château était de taille mais comparé à celui du marquis, il était bien celui d'un campagnard. Hugo ne s'en formalisait pas pour autant, ayant des châteaux au sein de son marquisat bien moins imposant ou protégé. Celui de Merodoc donnait le change tout de même et justifiait également le fait que la ville n'ait pas été prise. Le marquis fut emmené voir l'héritier, escorté par cinq gardes d'élite et en compagnie d'une poignée de nobles. Les bourgeois avaient été laissé en arrière pour cette première rencontre, il serait temps plus tard qu'ils entrent en jeu. C'était l'heure du repas et c'est donc dans la salle ou Nathan prenait ses repas qu'ils furent introduit, chose peu commune. Un serviteur avait prévenu l'héritier dès l'arrivée du marquis dans son château et c'est bien entendu lui qui avait fait mander son "invité" dans cet endroit. Hugo entra avec sa suite alors que des tables étaient rajoutées afin de les accueillir. Le héraut de Merodoc annonça l'entrée d'Hugo

"Le marquis de Geldorim et protecteur des marches du royaume d'Archiadia, Hugo Desforges"

Hugo s'avança vers Nathan sans donner un regard à quelqu'un d'autre, ses yeux fixant celui qui déciderait sans doute du destin de Merodoc. Le marquis était fort bien vêtu comme son titre le voulait, un pantalon et une tunique vert sombre ainsi que des bottes de voyage. Une chemise blanche froufroutante sertie à son cou d'une pierre d'émeraude rehaussant la couleur des vêtements. Une rapière ceignait son côté ainsi que des gants qu'il retira en entrant dans la pièce. Lorsqu'il fut assez proche, il inclina légèrement sa tête pour saluer le nouveau seigneur

"Sire Nathan de Hauteville, je vous renouvelle toutes mes condoléances pour la perte de votre père"

En effet, l'émissaire qui avait annoncé la venu du marquis était déjà porteur d'un courrier qui énoncer les condoléances avant qu'elles ne puissent être faite de vive voie. Alors que le marquis indiquait clairement son statut, ne se préoccupant uniquement que de Nathan, ce ne fut pas le cas de toute sa suite. Certains observaient discrètement tout ce qu'ils pouvait. Joahs, le cadet dont la description avait été faite afin de le repérer au sein de tout ce beau monde qui emplissait la salle, n'était pas présent.
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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Jeu 7 Aoû 2014 - 16:02

Inutile de préciser que l’ambiance à table ce soir-là avoisinait le zéro absolu, bien que cette notion n’ait en réalité aucun sens pour les habitants de Merodoc peu adeptes de physique moléculaire. Le clan de Nathan bruissait en effet de rumeurs relatives à une tentative d’assassinat déjouée plus tôt dans la journée, ce qui avec le brusque départ de l’ambassadeur Sombre confirmait que le château ne présentait plus guère de garanties de sécurité. Un marin aurait parlé de calme avant la tempête, et l’image ne manquait pas de justesse.

L’arrivée du Marquis ne déchaina donc pas les passions, les mangeurs se contentant de l’observer d’un regard neutre, voire hostile pour certains. Nathan avait depuis des mois indiqué son intérêt pour un rapprochement avec l’Empire, aussi la présence de l’un des plus puissants féodaux d’Archidia ne pouvait donner lieu à de grands sourires. Toutefois, le nouveau seigneur de Merodoc fit preuve de la courtoisie protocolaire attendue et proposa au Marquis de se joindre au repas. Un observateur attentif aurait cependant noté le tic nerveux à sa paupière droite, signe que les évènements de la journée pesaient lourdement sur sa capacité à rester stoïque.


Je vous remercie de vos condoléances, Marquis, et je gage que nous saurons avoir des relations de bons voisinages vous et moi. Je vous en prie, prenez place à ma table et savourez ces plats, le voyage a du vous ouvrir l’appétit.

Le repas continua dans le calme, Nathan chipotant avec sa nourriture mais buvant beaucoup tandis que ses lieutenants faisaient la conversation au Marquis afin de palier à la morosité de leur maître. De Joahs ou de Catherine, nulle trace, mais l’heure se prêtait mal aux réunions de famille.
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Aélis de Morobh Kay

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Sam 9 Aoû 2014 - 15:43

Une esclave. Et qui plus est, garde du corps. La chose fit doucement sourire Aélis. Elle ne pensait pas que l'ambassadeur était stupide au point de confier sa vie à un esclave, donc elle jugea que, s'il l'avait acheté en tant qu'esclave, elle ne l'était plus depuis un moment. On ne confiait pas sa vie à un larbin, non. C'était de la pure folie, faire confiance à quelqu'un qu'on exploitait, c'était du suicide. Enfin, elle n'était pas là pour juger. Après tout, s'il pensait que l'elfe était la mieux placée pour le défendre, alors elle n'avait pas à faire de remarque. Elle voyait bien qu'il attendait sa réaction, et elle ne put lui servir qu'une moue de désapprobation. Cela du lui suffire puisqu'il n'insista pas et changea radicalement de sujet. On en venait à la politique, à ce qui les avait réunis. Elle n'avait pas eu intérêt à faire mauvaise figure devant Nathan, et elle avait donc offert son hospitalité à contre cœur. Parce qu'en effet, elle n'avait aucune envie de Catherine prenne cela pour une prise de position. N'ayant pas pu lui rendre visite aujourd'hui, elle espérait pouvoir le faire demain, et sans que les rumeurs n'aient été bon train d'ici là.

- Il a du mal à le croire parce que Joahs ne tramerait jamais son assassinat, répondit-elle. Voyez-vous, je connais les De Hauteville depuis qu'ils sont petits, et je sais que, malgré la rivalité qu'il existe entre eux, aucun n'irait jusqu'à souhaiter la mort de l'autre. Alors que je ne doute pas une seconde que Catherine, elle, en soit tout à fait capable. Je commence même à me demander si ce n'est pas ce qu'elle voulait depuis le début. Je ne crois pas qu'elle ait un jour considéré Nathan comme un fils.

Après tout, s'il était du côté de Nathan, autant qu'il sache à quoi s'en tenir. Penser que le conflit n'était qu'entre les deux frères était assez loin de la réalité. Certes ils ne s'étaient jamais réellement aimés, mais Catherine avait veillé à entretenir cette hostilité entre eux. Il avait du cependant le comprendre un peu plus tôt, à en juger par le sang qui avait coulé. Si affrontement il y avait eu, c'était certainement à cause de la veuve de Gregor, qui avait encore du faire des siennes. Certainement en faisant démonstration de son tout nouveau pouvoir, par un tour de force. Mais peu importait, tout ce qu'elle voulait faire comprendre à l'ambassadeur, c'était que Joahs n'avait qu'un rôle mineur là-dedans, qu'il n'était qu'un pion de Catherine, et rien d'autre.

- Sachez, messire, que je ne suis pas une cible, et que je ne crains absolument pas de le devenir. Vous êtes venu frapper à ma porte pour me demander l'hospitalité, et je vous l'ai accordé. Mais cela ne veut en aucun cas dire que je suis de votre côté, seulement que je suis assez humaine pour ne pas vous laisser errer dans les rues à des heures indécentes, reprit-elle. Et je ne crois pas qu'ils s'en prendront à moi, Catherine n'est pas assez idiote pour se mettre les Flanndàil à dos. Vous pourrez donc dormir sur vos deux oreilles cette nuit, si c'est ce que vous vous demandiez.

Elle savait bien que ce n'était absolument pas la question, mais elle avait décidé d'y répondre quand même. Non, elle était presque certaine que la véritable question était de savoir de quel côté elle se trouvait, et si elle était prête à affronter les partisans de Joahs pour défendre Nathan. Ce fut pourquoi elle enchaîna sur sa réponse après avoir finit son plat :

- Messire Baenfere, notre famille n'a, pour le moment, pris aucune position. Nous ne soutenons officiellement ni Nathan, ni Joahs. Et j'aimerais assez que cet état demeure, même après le geste que j'ai fait pour vous. Parce que, comme je vous l'ai dit, il ne s'agit pas d'un choix que nous faisons aujourd'hui entre les frères De Hauteville, seulement d'une action purement humaine. Aussi, je vous serai gré de ne pas mentionner mon nom à la légère, pour éviter tout malentendu. Les gens ont tendance à vite faire enfler les rumeurs, et vous pensez bien que ce n'est absolument pas ce dont j'ai besoin en ce moment.

Elle n'avait pas vraiment envie de continuer plus avant la discussion, à vrai dire, elle n'avait même pas envie que cette discussion ait lieu. Mais elle était leur hôte, et c'était son devoir d'être un minimum chaleureuse, ou tout du moins, ce qui pouvait s'en rapprocher, si elle voulait continuer à pouvoir dire qu'elle avait seulement fait là un geste humain, qui n'avait rien de politique. Ce fut pourquoi elle continua tout de même à répondre, le plus gentiment possible. Même si elle savait bien qu'elle ne trompait personne, au ton assez froid qu'elle ne pouvait s'empêcher d'utiliser.

***


Un peu plus tard dans la soirée, quand le repas fut fini et que ses hôtes allaient quitter la salle pour aller se reposer dans leurs quartiers, elle interpella la jeune elfe :


- Livyalën, c'est cela ? Puis-je vous emprunter à votre euh, maître, je suppose, pour un court instant ? Comme je vous l'ai dit, vous m'intriguez, et j'aurais aimé en savoir un peu plus sur vous. Si, bien évidemment, vous me le permettez.

En s'adressant ainsi à une esclave, elle eut l'impression d'avoir chuté dangereusement dans l'échelle sociale. Mais en réalité, c'était plus à l'ambassadeur qu'elle s'adressait, puisqu'il avait répondu pour elle la première fois. Et qu'en tant que maître, ou autre, elle ne savait pas très bien, il était sûrement celui qui prenait toutes les décisions la concernant. Elle avait posé sa question sur un ton un peu plus doux que celui qu'elle avait utilisé jusqu'alors, certainement pour lui signifier qu'elle ne leur voulait aucun mal. Elle n'aurait sans doute pas pris cette peine si elle n'avait pas voulu les séparer, mais le fait de vouloir s'entretenir un moment avec son garde du corps, en privé, pouvait le rendre légèrement suspicieux, pensa-t-elle. Aussi ce fut sans aucune impatience qu'elle attendit sa réponse.
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Livyalën

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Dim 10 Aoû 2014 - 22:50

Après la chambre de son maître, la suite avait tout d'abord été une course poursuite entre les gardes pro-Joahs et les deux paires d'oreilles pointues qu'étaient Haldren et Livyalën. Que le sombre utilise de sa magie, n'importe laquelle, l'elfe commençait à y être habituée, aussi se contenta-t-elle de diriger son maître vers les couloirs réservés aux serviteurs avant de l'amener jusqu'aux cuisines, sans vraiment faire attention à être discrète. Ce fut sans trop de heurts mais essoufflés qu'ils arrivèrent dans les jardins, jardins qui se trouvaient visiblement être dans le territoire de Nathan. C'était tout aussi simple que compliqué pour Livyalën : deux frères se battaient suite à la mort de leur père, aussi ils s'étaient réparti le château en deux. Une façon comme une autre de faire, mais qui ne lui semblait pas des plus utiles. Quoi qu'il en soit, ils se retrouvèrent devant le même Nathan qu'en début d'après-midi, celui qui n'aimait pas qu'on l'appelle "seigneur" et qui utilisait des mots lui étant inconnus. Il y avait une femme avec lui, du même âge selon les apparences. S'enchaîna à la poursuite une discussion entre l'ambassadeur et les deux humains, ces derniers semblant visiblement interloqués par l'accoutrement de la haute-elfe. Ben quoi ? Elle s'était juste battue !

Au final, elle vint à suivre son maître qui lui-même suivait l'humaine inconnue (à moins qu'elle ne se soit présentée, mais dans ce cas Livyalën n'avait pas assez écouté, concentrée sur les gardes qui pourraient potentiellement bientôt arriver). Ils allèrent jusqu'à une autre maisonnée dans la même cité, quittant forcément le château de Joahs et Nathan. De là ils purent tout d'abord prendre possession de nouvelles chambres le temps de se débarbouiller ou, pour les plus rapides, de se laver avant de passer à table. Vu qu'elle n'avait pas ses quelques autres affaires sur elle, il fallut que l'on prête à la jeune haute-elfe une tunique (un peu trop large) pour qu'elle ne vienne pas à table avec une chemise trempée de sang sur le haut. Avant même que le repas ne débute vraiment, l'hôte observa longuement la haute-elfe avant de lui poser une question.


"Bien, que diriez-vous de vous présenter ? Après tout, je connais l'identité de celui qui vous a amené ici, mais je ne sais rien de vous. J'avoue que vos vêtements maculés de sang m'ont quelque peu intrigués. Et vous comprendrez certainement que je veuille savoir qui j'héberge."

La réaction de Liv fut toute simple : elle regarda dans les yeux son maître pour savoir si elle devait répondre à la question ou pas. Et au final, ce fut lui qui répondit à sa place. Il expliqua qu'elle était son esclave ainsi que sa garde du corps et que l'hôte n'avait rien à craindre d'elle tant qu'elle ne le mettait pas en danger, ce qui fit sourire la jeune femme. Alors Livyalën put rester tranquille pendant tout le repas, écoutant juste les dires des deux autres personnes présentes à cette table tout en mangeant ce qui se présentait dans son assiette - sans pour autant manger de grandes quantités, loin de là. Une fois qu'ils eurent terminé de discuter et de manger et qu'ils se furent lever de table, l'humaine posa une nouvelle question à Livyalën - qui y répondit en posant une question silencieuse à l'ambassadeur. Haldren acceptant la demande de la noble d'un signe de tête, Liv hocha alors la tête en direction de son hôte et s'avança vers elle, jusqu'à n'être plus qu'à quelques dizaines de centimètres d'elle. Puis elle planta son regard dans le sien, n'affichant - comme toujours - aucune expression de par son visage.
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Aélis de Morobh Kay

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Dim 24 Aoû 2014 - 18:35

Aélis sourit quand l'elfe demanda l'autorisation au sombre. Non pas parce qu'elle ne s'y attendait pas, mais plutôt parce que cette demande silencieuse ressemblait moins à la nécessité d'une autorisation pour agir, qu'à la nécessité d'être rassurée. Finalement, ce n'était peut-être pas si idiot de la part de l'ambassadeur de lui confier sa vie. Ils avaient l'air d'avoir une relation autre que celle de maître à esclave. Elle avait certainement été acheté, mais elle ne devait plus être considéré comme de la marchandise depuis un moment déjà. Ce qui était bien dommage, à son avis. S'attacher à un objet était une pure perte de temps. Mais si son invité pensait le contraire, alors elle se devait certainement de découvrir pourquoi. Elle douta un instant de cela quand l'elfe vint se planter à dix centimètres de son visage tout au plus. Elle savait bien qu'elle manquait cruellement de bonnes manières, mais tout de même. Enfin, elle balaya rapidement ce doute et passa une main dans le dos de l'elfe pour la conduire dans une pièce un peu plus propice à la conversation.

- Allons nous asseoir, ce sera certainement plus confortable et pour vous, et pour moi, dit-elle gentiment à l'intention de son invitée.

Une fois assises confortablement, dans une pièce qui était faisait penser à un mélange entre un boudoir et un bureau, elles purent entamer la conversation. Enfin, Aélis put entamer la conversation. Parce que c'était elle qui avait demandé à avoir cette discussion, et parce que l'elfe n'était pas très bavarde. Mais cela ne la découragea pas pour un sous. Elle aimait user des mots, et ne serait certainement pas frustré par les réponses courte que devait lui réserver son invitée. Chassant un domestique qui venait voir si elles avaient besoin de quelque chose, elle prit la parole :

- Sans vouloir te manquer de respect, Livyalën, si tu me permets de t'appeler par ton prénom, je suis curieuse de savoir ce que tu viens faire par ici. Je veux dire, ne devrais-tu pas être avec le reste de la garde de ton maître ?

Elle avait appuyé le dernier mot de sa phrase, comme pour lui rappeler qu'elle n'était qu'une esclave, rien de plus. Par là, elle espérait que l'elfe soit assez contrariée pour lui dire quelques choses essentielles à propos d'elle et du sombre qui l'avait amené ici. Elle n'avait pas pour habitude d'accueillir au sein de sa maison un elfe et un sombre simultanément. Mais peut-être était-ce parce qu'elle n'avait jamais été maîtresse de ces lieux, parce qu'à Haubrum, aucune de ces deux races n'avait d'intérêts. Sa curiosité était certainement malsaine, mais elle avait l'habitude d'essayer de satisfaire la plupart de ses désirs. Et là, elle désirait, entre autres, savoir ce qu'il y avait exactement entre ses deux hôtes.

***

Tôt dans la matinée, alors que le soleil n'était pas encore levé, et que ses hôtes dormaient encore à poings fermés, tout du moins l'imaginait-elle, Aélis se faufila dehors avec son escorte et se rendit au château. Hier soir, elle n'avait pas eu le temps de voir Catherine et cela l'avait profondément ennuyé. Elle était allé là-bas pour rencontrer Nathan et Joahs, et non pas uniquement Nathan. Seulement, elle avait du se positionner plus rapidement qu'elle l'aurait souhaité en faisant de l'ambassadeur des sombres son invité. Elle comptait donc régler cela avant que Joahs n'apprenne qu'elle ait hébergé un de ses opposants. Ou tout du moins, s'il était trop tard, qu'elle puisse l'expliquer. Quand elle passa la grande porte, elle remarqua que les gardes étaient largement moins nombreux, et elle était bien en peine de dire à qui ils avaient prêté allégeance. Quand elle demanda une audience avec Catherine, elle fut immédiatement conduise dans ses quartiers. Ainsi, elle avait pris possession de l'aile ouest. Certainement là où elle s'était établie quand elle avait emménagé au château, d'ailleurs. Enfin, peu importait, l'important était qu'elle puisse la voir si tôt le matin.

Quand elle pénétra dans la pièce, elle ne fut pas surprise du décors qu'elle put y observer. Très pompeux, très chargé, très clinquant, cela collait plus que bien à la personnalité de la femme qui y vivait. D'ailleurs, elle fut surprise de la voir. Elle n'avait pas tellement changé depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu, elle avait seulement pris quelques rides et certaines appuyaient un peu plus les traits de sa personnalité. Mais en somme, elle était restée la même. Toujours aussi hautaine, avec cette expression mauvaise qu'elle n'arrivait pas à cacher totalement derrière un sourire. Elle put voir pétiller dans ses yeux une certaine excitation malsaine, comme si le fait de n'avoir pas dormi de la nuit, tout du moins était-ce ce qu'elle présumait, l'avait mise sur les nerfs. Aélis soupçonnait aussi une petite montée d'adrénaline causée par son arrivée, mais elle n'était certaine de rien. Elle ne savait absolument pas comment allait réagir Catherine face à cette demande d'audience, et elle espérait tout de même pouvoir en tirer quelque chose.

- Ma Dame, je viens vous présenter, de la part des Flanndàil, nos plus sincères condoléances. Nous sommes désolés de ce qui a pu arriver à feu votre époux, et si jamais nous pouvons faire quoique ce soit pour vous aider, n'hésitez pas à nous solliciter, nous sommes à votre entière disposition.

Ses paroles semblèrent avoir eu l'effet escompté. En en effet, Catherine la remercia dans un sourire et en vint à souhaiter la poursuite de l'alliance entre leur deux maisons, pour la future Mérodoc qui se dessinait aujourd'hui. Ce à quoi Aélis répondit avec la plus grande diligence qu'elle n'oserait jamais s'opposer à eux, et que, depuis le temps, elle pensait avoir construit un lien assez étroit entre eux pour qu'il ne se brise pas de si tôt. Seulement, ce sourire prit un léger goût amer quand elle lui demanda si elle avait vu Nathan récemment. Sur l'instant, elle ne sut si elle devait répondre franchement ou non. Mentir serait tellement plus facile et détendrait certainement l'atmosphère. En lui disant que non, elle n'avait pas vu l'héritier légitime, elle se positionnait clairement. Mais elle savait aussi qu'elle risquait d'être découverte si l'ambassadeur, les gardes, ou même Nathan lui même parlaient un peu trop. Ce fut pourquoi elle décida de jouer franc jeu.

- Bien sûr que je l'ai vu, Ma Dame. Hier je suis venue ici, pour vous rencontrer, et je suis tombée sur Nathan, dans les jardins. Je lui ai donc adressé mes condoléances, et nous avons échangé quelques doux souvenirs de notre enfance, mais rien de plus, je peux vous l'assurer. J'ai d'ailleurs été très mal à l'aise de ne pas pouvoir vous présenter ces condoléances en première, ni même dans l'heure d'après. Je ne voulais pas que vous puissiez penser que la maison des Flanndàil avait pris ouvertement partie pour Nathan, parce que ce n'est absolument pas le cas.

Au fond d'elle, elle n'était pas désolée pour un sous, et l'attitude presque suppliante qu'elle avait devant la veuve de Gregor était aussi sincère que la mise à disposition de son aide. Tout cela faisait partie d'un stratagème qu'elle avait mis en place pour en savoir le plus possible sur ce qui se tramait autour de la succession du trône de Mérodoc. Et encore une fois, elle sembla faire mouche. Ses excuses passèrent en douceur, et Catherine embraya sur un autre sujet :

- Serez vous demain à l'audience ? Vous me feriez une faveur en venant.

- Je comptais être présente oui, mais si cela peut vous faire plaisir, alors me voilà confortée dans mon idée, répondit-elle.

Aélis fit une courte pause avant de reprendre, sur le ton de la confidence :

- J'ai entendu dire que vous aviez préparé, quelque chose, pour cette audience, les rumeurs ont-elles raison ?

Pour seule réponse, elle eut un sourire suivi d'une sorte de promesse. Et cela lui confirma qu'elle prévoyait effectivement de tuer Nathan. L'ambassadeur avait donc raison. Et il devait avoir plus de choses à gagner en voyant Nathan sur le trône et non Joahs, s'il avait pris la peine de rapporter à la future victime ce qu'il savait. Commença donc à se mettre en place une stratégie pour tenter d'évincer ses deux adversaire et reprendre tout en finesse la trône qui leur avait appartenu il y avait de cela une vingtaine d'années. Quand elle fut de retour chez elle, ses hôtes venaient sans aucun doute de se lever et étaient attablés autour d'une collation qu'elle avait ordonné à ses domestiques de préparer. Elle les salua brièvement avant de venir s'assoeir avec eux.

- J'espère que vous avez passé une bonne nuit, et que vos appartements vous ont été agréables. J'ose espérer que mon accueille n'aura pas été trop froid, ni même que le bâtiment ne vous aura pas paru trop vide, mais il est vrai que je suis seule en ce moment, et qu'il est donc dur pour moi de gérer tout ceci à la fois. Comptez-vous rester encore longtemps à Mérodoc ?

Ce semblant d'excuse avait pour but de détendre un peu l'atmosphère, maintenant qu'elle avait assuré ses positions au château, et surtout de faire passer la question comme une question purement innocente. Alors qu'en réalité, il s'agissait plutôt d'une question dont elle nécessitait la réponse pour mettre en place la suite de ses opérations. Elle avait besoin de savoir ce qu'avait prévu de faire cette ambassadeur qui était clairement du côté de Nathan pour déterminer ses prochaines actions.

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Dim 31 Aoû 2014 - 20:19

[17ème jour du mois d’Aman, 770ème année du calendrier impérial, château de Merodoc]

L’orage vient, à défaut de l’hiver. Merodoc parait paisiblement endormie sous les étoiles, mais je sais que le conflit entre nos seigneurs s’apprête à éclater. J’ai trouvé refuge dans une partie du château encore à peu près calme, mais je tremble lorsque j’entends des bruits dans le couloir, tant il devient difficile désormais de différencier amis et ennemis. Un autre secrétaire avec qui je travaillais aujourd’hui a été emmené de force par les hommes de Nathan, et j’ignore ce qu’il est advenu de lui. Les partisans de Joahs agissent avec autant de brutalité, comme si chaque camp tentait d’expurger les lieux de toute personne n’étant pas fanatiquement acquise à sa cause. Je crains que les tenants d’une solution négociée ne soient désormais en grand danger.

Une rumeur court sur un possible tentative d’assassinat de Nathan, lors de l’audience publique de demain. J’ignore si elle est fondée, mais je sais de source sûre par un garde que notre seigneur est demeuré de longues minutes dans un jardin avec l’ambassadeur Sombre et la dame de Haubrum. Depuis, plus aucune trace d’eux, s’ils ont réussi à sortir d’ici je les envie !

J’ai envie de fuir, mais je n’ose le faire. Si je me fais prendre, on croira que je porte un message pour l’un des camps, et je n’ai nulle envie de dire bonjour aux rats des cachots. Mieux vaut que je reste caché et que j’essaye demain de me rendre à la salle d’audience. Nathan doit y tenir sa cour deux heures après l’aube, et Joahs ne pourra ignorer ce défi. Si l’un des deux frères ne parait pas, il perdra la partie. Nous avons bien des défauts à Merodoc, mais nous n’acceptons pas la lâcheté chez nos maîtres. Quoi qu’il doive se passer, cela se tiendra durant l’audience… j’en suis sur.
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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Lun 1 Sep 2014 - 21:41

La nuit avait été calme, et après la journée éprouvante que je venais de vivre, je dormis comme une souche, assuré que Livyalën veillait sur mon sommeil et saurait déceler toute intrusion. J’aurais bien aimé fouiller un peu dans les affaires de la maîtresse de maison afin d’en savoir plus sur elle et sur ses intentions, mais le risque de se faire prendre m’en dissuada. Catherine de Hauteville m’avait montré qu’à Merodoc, les diplomates gênants ou trop curieux ne se voyaient pas simplement reconduits à la frontière après une bonne réprimande, mais que des mesures plus définitives pouvaient se voir appliquer. Décidément, les habitants des Terres neutres manquaient d’éducation !

Je retrouvais au matin mon hôtesse, qui semblait n’avoir qu’assez peu dormi. Malgré sa maitrise d’elle-même, son teint légèrement pâle et ses yeux fatigués indiquaient que la nuit ne lui avait pas été aussi reposante que la mienne. Des activités nocturnes ? Intéressant, décidément la jolie Aélis semblait fort active dans cette période troublée. Sa famille pouvait paraître affaiblie par la mort du patriarche, mais la relève me semblait dorénavant assurée. Allant droit au but, la dame de Haubrum me demanda quelles étaient mes intentions pour la journée, apparemment curieuse et si j’allais soutenir Nathan ou rester neutre dans son conflit vis-à-vis de Joahs.


Ma chère, je suis un ambassadeur, et que je sache le Dharshim n’est pas en guerre avec Merodoc… bien que cette situation pourrait évoluer si Nathan perdait le pouvoir. Quoi qu’il en soit, je l’ai prévenu hier des intentions fratricides de Joahs, il ne m’est pas autorisé de m’engager plus avant. Je compte toutefois me rendre à l’audience de la journée afin d’entendre la réponse de Nathan au sujet d’une coopération commerciale entre mes maîtres et lui. Bien évidemment, au vu des évènements d’hier, Nathan ne s’étonnera pas de me voir arriver avec mes gardes nains.

Aélis disposait certes de gardes, mais je me refusais d’entrer de nouveau dans cette souricière qu’était le château de Merodoc sans une troupe armée dont la loyauté et la valeur martiale m’étaient connues. C’est donc entouré par mes mercenaires barbus que j’entrais ce matin là dans la salle d’audience au moment où Nathan ouvrait la session des doléances.
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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Mer 3 Sep 2014 - 20:30

L’audience publique venait de débuter, Nathan de Hauteville recevant les doléances d’un bourgmestre en provenance d’un des nombreux villages essaimés aux alentours de Merodoc. Le gaillard expliquait d’un ton geignard que les mauvaises récoltes rendraient malaisées de payer les taxes et qu’il leur faudrait un délai pour que la somme soit réunie. Nathan semblait préoccupé et assez peu attentif aux propos du bourgmestre. Un observateur attentif aurait pu paraître étonné de voir le seigneur de Merodoc porter une lourde cape de peau d’ours malgré une température assez douce, mais la normalité semblait avoir fuit la ville.

La grande porte de la salle s’ouvrit violemment, laissant le passage à Joahs suivi d’une troupe nombreuse dont les accoutrements indiquaient clairement qu’ils ne venaient pas faire éloge de bonnes manières. Le prétendant au trône lui-même était armé en guerre et la foule des courtisans s’ouvrit comme par magie à son passage alors qu’il avançait d’un pas décidé en direction de son demi-frère.


Descends de ce trône, bâtard, il est temps qu’un vrai seigneur s’y asseye.
Et comment comptes-tu m’en persuader, gamin ?
Avec ceci.

Joignant le geste à la parole, Joahs dégaina son épée, imité par ses partisans, meute hérissée d’armes et avide de verser le sang.

Comme c’est pratique, grommela Nathan en souriant d’un air sombre.

Se levant, il ouvrit sa cape, dévoilant sa cotte de maille jusque-là cachée et dégaina lui aussi sa lame. Répondant au signal de leur maître, des soldats jaillirent des encoignures où ils se tenaient dissimulés et se ruèrent sur les rebelles (nous admettrons pour l’instant que le camp de Joahs est celui des rebelles). En quelques secondes, la salle tout entière se mit à retentir du bruit des lames et des hurlements de douleur des blessés.


MJ a écrit:
La situation dégénère en une mêlée chaotique entre partisans de Joahs et de Nathan. Vous êtes libres d’entrer dans le combat ou de rester en retrait.
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Livyalën

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Dim 7 Sep 2014 - 15:31

Elle n'aimait pas cette dame. Qu'elle demande à lui parler en privé était une chose, qu'elle lui passe la main derrière le dos en était une autre - de plus qu'elle n'aimait pas savoir son maître seul en cette ville troublée. Livyalën ne réagit pas mal physiquement à l'invitation d'Aélis mais l'humaine put remarquer que l'esprit vif de la haute-elfe fusa si rapidement qu'heureusement pour elle que son corps ne suivit pas son instinct, sinon qui saurait dans quelle regrettable position se serait retrouvée Aélis. Parce que si Liv est respectueuse de la règle disant qu'elle doit être autorisée par son maître à parler (entre autre) avant de répondre à une tierce personne, elle n'en restait pas moins une personne potentiellement dangereuse même après que l'autorisation lui ait été donnée. Gardant son calme, elle s'assit sur l'un des fauteuils confortables que lui désigna Aélis avant de regarder la noble d'un regard froid et dépourvu d'émotions.

"Sans vouloir te manquer de respect, Livyalën, si tu me permets de t'appeler par ton prénom, je suis curieuse de savoir ce que tu viens faire par ici. Je veux dire, ne devrais-tu pas être avec le reste de la garde de ton maître ?

Livyalën garda ses yeux braqués sur ceux d'Aélis, autant par habitude que pour essayer de connaître le pourquoi de la question sans avoir à utiliser ces mots si essentiels pour les autres. Il y eut un instant de silence avant que l'adolescente se décide à répondre.

-Je n'étais pas avec les nains, le maître n'est pas revenu, j'ai su où on l'avait emmené... Maintenant il est là."

Il aurait été plus simple pour n'importe quel être humain de répondre "si j'avais été avec les autres gardes mon maître ne serait pas là" mais Liv n'arrivant pas à voir cette dimension du "si", elle l'expliqua donc autrement. Sans marque d'affection aucune dans la tonalité de sa voix, juste un fait établi qui ne demandait aucun remord. Et pourtant, Aélis avait pu sans problèmes constater le sang maculant les habits de l'elfe, aussi pouvait-elle imaginer que son interlocutrice n'avait aucun état d'âme quant à achever la vie d'une personne.

La discussion, si on pouvait l'appeler ainsi, continua un petit temps avant que l'esclave ne puisse rejoindre le sombre. Elle n'avait strictement rien dit d'important, la seule grosse information étant qu'elle était la garde du corps de l'ambassadeur. Mais cela, Aélis le savait déjà. La nuit se passa ni rapidement ni lentement, Livyalën veillant sur son maître. Le lendemain matin fut plus perturbé que la nuit.

Ce n'est pas longtemps après le fait qu'ils arrivèrent dans la salle d'audience qu'une chamaillerie éclata entre les deux frères Nathan et Joahs concernant l'accessibilité au trône. Déjà qu'ils se partageaient le château, maintenant il leur fallait se partager un stupide siège ! Quoi qu'il en soit les deux gus dégainèrent leurs armes et tout fut le fintouin dans la grande salle, une bagarre sanglante éclatant. Sans chercher à réfléchir Livyalën dégaina son épée et se plaça auprès d'Haldren, le protégeant une nouvelle fois avec sa lame. Là était la ligne directrice de ses pensées.
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Aélis de Morobh Kay

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Lun 22 Sep 2014 - 15:24

Comme promis le matin même, Aélis allait se rendre à l'audience que donnait Nathan. Elle savait à peu près ce qui allait s'y passer, mais elle n'avait aucune idée de la raison de sa présence. Catherine lui avait demandé de venir, aurait même insisté si elle avait refusé, elle en était presque sûre, mais elle n'avait pas précisé pourquoi. Peut-être pour savoir si elle était vraiment dans son camp. Ou pour savoir si elle avait pris position, tout simplement. Enfin, elle verrait bien sur le coup. Elle est Haldren étaient arrivés ensembles, mais elle n'était pas entrée tout de suite dans la salle, elle avait d'abord glissé quelques mots à l'oreille d'Abran. Si les choses venaient à mal tourner, ce dont elle ne doutait que très peu, elle ne voulait pas prendre clairement partie. Seule sa défense devait compter à ses yeux, elle ne comptait pas se positionner en venant en aide à Nathan ou à Joahs. Elle savait que bientôt viendrait le moment où elle devrait se positionner. Mais il n'était pas encore venu, et elle ne voulait pas aller trop vite en besogne. Récupérer ce qui avait un jour appartenu à sa famille n'était pas une mince affaire. Surtout qu'elle avait été absente depuis longtemps, et qu'elle n'avait plus vraiment de gens autour d'elle. Son frère, lui, était bien trop cruel pour que les gens qui l'entourent lui vouent une véritable allégeance. Il les tenait plus par la peur que par autre chose. Et cela ne la servait pas réellement, puisqu'elle aurait eu besoin de personnes sur qui elle aurait pu compter un minimum, qu'elle aurait su fidèles et non soumises. Mais elle allait devoir faire sans.

L'audience avait commencé depuis peu quand Joahs pénétra violemment dans la salle, faisant sursauter l'assemblée. Ainsi, il comptait mettre à mort son frère dans un duel ? Tout du moins, elle espérait que ce soit là son intention. Cela rendrait les choses plus faciles pour elle, le choix de son camp s'imposerait de lui même, et elle n'aurait aucun mal à rallier une partie du peuple à sa cause. Si l'un des deux frères ne sortait pas vivant de cette cohue, et si de plus, c'était Nathan, alors la partie était presque jouée. Quand les lames sortirent de leurs fourreaux, sa garde dégaina les sienne. Non pas pour prendre part au combat, mais plutôt pour éloigner quelques paysans aveuglée par la soif de sang et portés par l'euphorie du moment. Ceux qui ne voulaient pas prendre part au combat, soit par lâcheté, soit par manque de conviction, prenaient tous la même direction. Soit la porte principale. Ce fut pourquoi Aélis se dirigea discrètement vers une sortie secondaire. Elle ne connaissait pas tous les recoins du château, mais elle ne s'en soucia guère. L'important pour l'instant était qu'elle croise Catherine. Qui devait, selon elle, ne pas être dans la pièce où se déroulait l'échauffourée, ou si elle y était, elle devait être à l'abri. ''En hauteur'', pensa-t-elle. Mais avant de partir à sa recherche pour lui tomber dessus par mégarde au cours de sa prétendue fuite, elle devait rendre crédible son scénario. Déchirant légèrement la manche de sa robe, près du col, elle demanda à Abran d'y rajouter un peu de sang qui poissait encore sur sa lame. Ainsi maquillée, elle reprit ses recherches.

- J'ai besoin que tu m'aides encore, dit-elle au chef de sa garde. Dis mois selon toi où devrait se trouver Catherine. Je n'ai pas eu le loisir d'observer en détail la salle de laquelle nous venons de sortir, mais je suppose que tu l'as fait. Je ne crois pas qu'elle se terre dans ses appartements, elle n'a pas mis tout ça en place seulement pour Joahs. Elle veut assister au spectacle. Elle veut jouir de sa victoire.

- Bien sûr Ma Dame, tout ce que vous voudrez. Le meilleur endroit pour observer ce qui se passe sans être en danger, doit être cette sorte de petit balcon qu'il y a au dessus de la porte et sur les côtés de la salle. Je ne pense pas qu'elle soit sur les côtés, elle doit, selon ce que vous dites, vouloir une vue d'ensemble. Ai-je répondu à votre question ?

- Parfaitement, je te remercie Abran.

A son avis, elle n'allait pas en descendre de sitôt, et la croiser devenait impossible. Aussi, elle décida de s'asseoir sur un des nombreux bancs qui se trouvaient dans les couloirs, et de tout simplement attendre. Elle n'avait aucune envie de savoir ce qui se passait en ce moment dans la salle où Nathan avait entamé son audience. Elle se doutait que rien n'allait comme prévu, elle se doutait que le sang devait couler et que peut-être, quelques partisans belliqueux avaient rendu l'âme, mais elle ne voulait avoir aucune certitude. Elle saurait bien vite comment avait tourné la rixe, de toutes manières. Alors pourquoi se mettre en danger ? Elle aurait pu tenter de monter là-haut, sur le balcon, faire croire à Catherine qu'elle était mi admirative et mi choquée de ce qu'il se tramait en bas, mais cela ne l'aurait pas servi. Et ç'aurait été plutôt de mauvais goût. Assise sur son banc, elle n'avait plus qu'à attendre.

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MessageSujet: Re: [Event] Du rififi à Merodoc   Sam 27 Sep 2014 - 18:27

Le grand hall ressemblait désormais plus à un champ de bataille qu’à une salle d’audience où accueillir des dignitaires étrangers. Les quelques courtisans qui n’avaient pas fuis vers d’autres endroits du château moins dangereux se tenaient peureusement retranchés dans un coin tandis que les deux camps réglaient leur querelle. D’autres, plus chanceux, se trouvaient accoudés aux balcons qui dominaient la salle, en sécurité à moins d’une flèche perdue. Fort heureusement, à part quelques petites arbalètes, la plupart des combattants avaient opté pour des armes de contacts afin de mieux s’en sortir dans des espaces exigües.

Les forces de chaque parti se trouvant à peu près égales, ce fut comme souvent un coup du sort qui décida de l’issue de l’affrontement. Dans sa rage d’atteindre son frère, Joahs ne garda pas suffisamment bien ses flancs, de sorte que l’un des hommes de Nathan réussit à lui planter profondément sa dague dans la cuisse, non protégée par la cuirasse. Le leader des rebelles poussa un hurlement de douleur et s’effondra tandis que retentissait en écho le cri de victoire des loyalistes :


Joahs est blessé !

Dès lors, la partie se trouvait jouée. Leur chef évanoui et perdant abondamment son sang, les partisans de Joahs ne cherchaient plus à remporter la victoire mais simplement à fuir le combat. Ne cédant pas à la panique, leurs capitaines réussirent à replier leurs forces jusqu’au portes, puis toujours en combattant à atteindre les écuries. Joahs jeté en travers d’une selle, Catherine prise en croupe, le carré des derniers fidèles, soit moins d’une vingtaine de guerriers, s’enfuirent au grand galop par la porte nord de Merodoc. Des gardes de Nathan tentèrent bien de les rattraper, mais revinrent bredouilles.

Au final, ce qui passa dans l’histoire de Merodoc comme « la bataille du grand hall », devait rester comme une victoire majeure mais non décisive de Nathan. Les morts se comptaient par dizaines dans les deux camps, et si les partisans de Joahs se trouvaient les plus affaiblis par leurs pertes, il fallut au seigneur de Merodoc renoncer à tirer vengeance des traîtres. Conscient qu’il ne pouvait décapiter la moitié des châtelains de la région sans affaiblir son propre pouvoir, Nathan se contenta d’exiger d’eux un serment de loyauté envers sa personne. Ce serment fut prêté dans l’heure, sauf par ceux qui avaient pu s’échapper avec Joahs. Un seul des nobles rebelles, Renaud de la Rochenoire, refusa de prêter serment et fut jeté dans un cul de basse-fosse en représailles.

Le seigneur de Merodoc aurait pu savourer sa victoire, mais la nouvelle de la fuite de Joahs et de Catherine le laissait amer. Dans les jours suivants, on le voyait régulièrement se rendre sur la terrasse du château et regarder vers le Nord, comme s’il savait que l’orage y grondait toujours et que son frère y regroupait ses forces dans l’attente de leur prochaine confrontation.


~~~~~~
HRP : fin de l’event
~~~~~~

A la fin de cet event, Nathan réussit à imposer son pouvoir à Merodoc. Suite à la bataille du grand hall, la majeure partie de la noblesse des environs se joint à lui, en dehors de quelques partisans acharnés de Joahs qui se replient sur leurs fiefs. Mais le pouvoir de Nathan, en apparence solide, repose sur des bases en réalité assez peu stables. La population de Merodoc reste majoritairement frondeuse, en particulier parmi les familles marchandes, et nombre de nobles qui se sont ralliés pourraient de nouveau tourner casaque si l’occasion leur en était donnée.

Joahs, blessé, s’est replié au château de Rochenoire, à une journée de cheval au nord-est de Merodoc. Ce fief appartenant à un de ses partisans (Gregor, le frère ainé de Renaud), il prévoit de s’y soigner et de tisser de nouvelles alliances pour prendre sa revanche sur son demi-frère honni. Rochenoire étant située sur un éperon rocheux dans une région où l’influence de Merodoc est faible, Joahs s’y sent en sécurité pour attendre son heure et revenir dans la partie au premier signe de faiblesse de Nathan. Désormais boiteux des suites de sa blessure, il lui faudra pour se mouvoir utiliser une canne mais cela n’a pas entamé sa détermination ni celle de Catherine.

La bataille du grand hall est terminée, la guerre de Merodoc vient juste de commencer.

[Note : vous pouvez faire un dernier post pour décrire ce que fait votre personnage dans la continuité immédiate de cet event. Et soyez patients, une suite est en préparation !]
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