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 Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)

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Enoriel Therendrion

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MessageSujet: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Dim 15 Juin 2014 - 23:57

Cela faisait déjà quelques jours, pour ne pas dire quelques semaines, que le travail au sein du conseil princier était plus que prenant. Enfin, du moins, me prenait bien plus que le seul poste de Gardienne n'aurait pu le faire en tant de guerre. Généralement ma vie se résumait à ceci : me lever, travailler, manger, lire, travailler, faire des recherches magiques, manger, lire, retravailler et dormir. Rien de très spécial, je vous l'accorde, mais cela me permettait d'être dans le meilleur de ma forme. Mais là, depuis la mort de mon cousin le prince Enenvar et le fait que je me sois placée en tant que régente du conseil princier en attendant l'élection du futur prince, mes journées s'étaient alourdies. Si bien que je ne prenais plus toujours le temps de lire des poèmes ou des écrits qui n'étaient pas en lien avec ma profession. Mes recherches magiques, cependant, ne s'étaient pas arrêtées pour autant ; j'avais besoin de me concentrer sur autre chose que la principauté de temps à autres et puis, l'air était un domaine qui me passionnait plus que tout autre.

Enfin... tout cela pour vous expliquer un peu la situation avant que vous ne voyiez dans quel état j'étais ce matin. Pour tout vous dire, je m'étais penchée sur de vieux manuscrits hier soir pour retrouver des chiffres et indications sur certaines parties de la principauté comme les mines, informations que j'avais d'ailleurs commencé à recopier sur une feuille de papier. Un verre de vin (avec un petit pichet à côté) m'aidant à passer toutes ces données dans ma mémoire et à faire passer le temps, j'avais veillé jusqu'à tard dans la nuit... pour me retrouver complètement endormie dans ma belle robe beige de jour, la tête reposée sur mon bras replié, lui-même reposant sur le livre que j'étais en train d'étudier... Encore une chance que j'étais dans un coin tranquille de la bibliothèque princière ! Et là, je rêvais, récupérant quelques heures de sommeil dont mon corps avait besoin. Mon esprit se trouvait à l'instant-même à Noldoa, il y a de cela près de cent ans, dans la tente où j'avais la chance de pouvoir dormir lorsque je n'aidai pas les mages. J'étais très fatiguée, j'avais passé une partie de ma nuit à courir partout ou encore à devoir rester éveillée auprès de mon oncle (qui était le prince à l'époque). Et ce matin-là je devais assister à une réunion, malgré le fait que je n'en avais pas envie. Aussi Fin' - je n'ai jamais connu son vrai prénom, on me l'a présenté ainsi, à savoir pourquoi - était venu me chercher, ne s'embêtant pas pour me réveiller. Enfin, ça c'était dans mon rêve puisque je me rappelle que ce n'était pas arrivé dans la réalité. Aussi avec un petit geste du bras je dis, du ton le plus endormi qui soit...


"Fin', laisse-moi dormir, ce n'est pas encore l'heure du conseil...

Le problème voyez-vous, c'est que notre cher cerveau a tendance à faire un lien entre la réalité et le songe... et que Fin' était arrivé à ce moment précis dans mon rêve que parce que j'avais ressenti quelqu'un arriver non loin de moi. Et que cette personne était Fineldor Elwendrion, personne que je n'aurais jamais surnommé Fin', au passage. Mais ça, je ne pouvais pas encore m'en rendre compte. Il fallut qu'il me réveille par je ne sais quel moyen pour que je prenne connaissance de tout cela, de même que le verre de vin encore plein posé à côté du livre et du petit pichet plus qu'à moitié vide qui trônait à côté. Je me redressais aussitôt sur ma chaise, presque interdite de m'être assoupie de la sorte. Je frottais ma joue gauche sur laquelle un peu d'encre avait déteint avec ma main engourdie avant de regarder le noble qui était debout près de moi. Bizarrement, je n'eus aucun mal à retrouver mon panache habituel pour m'adresser à ce mage qui espérait bien devenir le prochain prince - comme tant d'autres.

-Fineldor Elwendrion... Que me vaut l'honneur de cette visite matinale ? Bien le bonjour, au fait !"

J'eus un petit sourire taquin en prononçant son nom, accentuant les syllabes exprès sans pour autant mettre de méchanceté derrière. Oh il était habitué à ce que je le taquine maintenant, même qu'il me rendait bien la pareille ! Je jetais un petit coup d’œil rapide vers la fenêtre encore ouverte de la veille, savoir où en était le soleil. Pas bien haut, fort heureusement. Je ne devais donc pas avoir loupé de conseil... enfin je l'espérais sincèrement.
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Fineldor Elwëndrion

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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Mer 18 Juin 2014 - 21:15

Un matin comme tant d'autres. Les dernières nuits avaient été réparatrices. Le succès de la libération de l'esclave avait apaisé l'esprit de l'aspirant princier. Même si Macabre ne se faisait pas encore totalement à son état, elle commençait à apprendre les manières dans la société haut-elfe. Son protecteur, bien différent de son ancien propriétaire, lui enseignait ce qu'il fallait avec une patience qu'il n'aurait lui-même jamais soupçonnée. Et cette nouvelle présence lui apportait un peu de quiétude dans cette période de troubles.

Car oui, ce succès était au final personnel et en quelque sorte mineure comparée à ce qui l'attendait désormais. Il n'oubliait pas que la principauté était toujours orpheline. Depuis la disparition "naturelle" du précédent prince, le conseil avait longuement réfléchi et tergiversé, sans pour autant parvenir à la moindre décision. Le roi avait fait part de son mécontentement, mais les choses n'avaient pas vraiment avancées. Parmi les membres du conseil, Enoriel Therendrion, celle qui aurait dû être héritière légitime du siège, mais l'avait pourtant refusé, observait les différents candidats à la succession de son cousin décédé. Elle jugeait, jaugeait, sans pour autant prendre la moindre décision pour le moment. Il avait eu plusieurs fois affaire à elle, et les taquineries ne cessaient jamais réellement entre eux deux. C'est que c'était là deux forts caractères: lui était un perfectionniste assidu, d'un humour parfois piquant et gardant son calme en presque toute circonstances; elle avait un tempérament enflammé, prompt à répondre aux attaques par des attaques aussi bien placées, rendant la joute verbale durable. Au final, il ne savait s'il devait l'admirer, l'apprécier ou la narguer.

En ce matin-là, Fineldor Elwëndrion avait quelque affaire personnelle à traiter. Le conseil princier devait se réunir plus tard dans la matinée, Macabre était dans sa propre demeure, occupée à s'acclimater à la cité, aussi avait-il décidé de venir dans la seule bibliothèque plus vaste que la sienne, celle du palais. Déambulant au gré des rayonnages, il cherchait à repérer les ouvrages intéressants pour sa recherche.

Ce fut au détour d'une allée qu'il remarqua un bureau isolé dans une alcôve. Un verre plein et un pichet à demi rempli, tous deux de vins, trônaient à côté de vieux et épais manuscrits. Et face à ce bureau, une certaine elfe était étalée, endormie, vêtue d'une belle robe blanche. Une certaine elfe qu'il aimait souvent taquiner. Lui-même vêtu dans une robe verte et argent, il s'approcha à pas lents et discrets du bureau. Elle semblait dans un profond sommeil, et il lui semblait malvenu de l'éveiller de la sorte. Pourtant, il ne fit probablement pas preuve d'assez de prudence, car après une phrase amusant, probablement due à un rêve, elle se redressa subitement, et essuya sa joue du revers de la main. Cherchant à garder sa noblesse et son panache, elle adressa quelques mots d'un ton amusé et taquin.

-Fineldor Elwendrion... Que me vaut l'honneur de cette visite matinale ? Bien le bonjour, au fait !"

Amusant, vraiment. Sans doute espérait-elle ne pas avoir été vue ainsi. Non qu'il y ait une honte quelconque mais elle savait que pareille situation était une occasion en or pour celui qui tant de fois l'avait cherchée. Hélas pour elle, il avait été témoin de la situation, et en avait suffisamment entendu. Reprenant lui-même d'un ton amusé et taquin, il entreprit de répondre.

« Bien le bonjour, dame Enoriel. Je déambulais dans les coursives de la bibliothèque à la recherche de quelques ouvrages nécessaires à certains de mes projets. Mais je ne m'attendais guère à une telle rencontre matinale. Du moins l'est-elle pour moi, car je crains n'avoir interrompu votre nuit et votre repos. Sans doute étiez-vous absorbée par quelque étude que j'ai eu la maladresse d'interrompre, je m'en excuse vraiment.»

Taquinerie, encore. Rien de bien méchant, bien sûr, à en juger par le sourire et le ton de la voix du haut-elfe. Mais la provocation était pourtant à peine dissimulée. Attendait-il de voir la demoiselle s'enflammer? Peut-être... En tous les cas, il n'y avait aucun mal à plaisanter un peu.
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Enoriel Therendrion

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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Jeu 19 Juin 2014 - 12:11

Après avoir écouté les dires du conseiller, j'eus un sourire que Fineldor put très bien voir comme étant plus habituel - et donc quelque peu hypocrite - que vraiment sincère. C'était ma façon première de répondre à ses taquineries, cela il avait pu le constater depuis le temps que nous étions au sein du même conseil. Et il devait certainement savoir que suite à ce sourire, j'allais lui répondre par une pique.

"Il semblerait en effet que mon esprit ait décidé de s'aventurer ailleurs que dans les confins de la politique. Voyez-vous, je n'ai malheureusement pas encore eu le temps de rentrer ne serait-ce que chez moi pour bénéficier de ce même repos que vous avez eu il y a peu... et encore moins de voyager jusque dans les terres neutres.

Je haussais les sourcils suite à ma remarque, ponctuant ainsi mon sourire. Je n'avais aucunement prononcé ces mots avec méchanceté mais, suite à cette histoire de sommeil, je ne trouvais pas cela déplacé de lui rappeler qu'alors qu'il pouvait faire des nuits complètes pendant son voyage, moi je travaillais jusqu'à tard le soir. Chose qui avait fini par me faire dormir sur un bureau de la bibliothèque, ma joue servant de buvard à la dernière feuille sur laquelle j'avais mis de l'encre. Pas que cela me gênait plus que cela, non, et ma réaction de tout à l'heure n'avait aucunement été dans l'intention de faire croire à celui qui m'avait je ne sais pas comment réveillée que je ne m'étais pas assoupie. Ce qui me dérangeait vraiment, et c'était la raison pour laquelle j'avais tendance à garder un ton froid, c'était que n'importe quelle personne souhaitant me causer le moindre mal ou tout simplement me voir partir du Conseil princier pouvait prendre le moindre prétexte pour essayer de faire baisser l'estime que les gens avaient en moi. Et il manquerait plus qu'on vienne dire que j'étais incapable de tenir mon rôle, que cela me fatiguait beaucoup trop pour accélérer le vote qui amènera un nouveau prince ! Parce que je ne voulais pas, contrairement à ce que nous demandait le roi, faire l'élection maintenant. Même que je trouvais toujours un bon prétexte, bien subtile, pour repousser l'échéance. Et cela, je ne le faisais pas uniquement pour tester la patience des nobles se présentant à l'élection. Je le faisais pour le bien de toute la principauté.

Il y avait bien une chose que je détestait à l'heure actuelle : mes cheveux. Ils étaient en partie emmêlés, du côté où j'avais dormi bien sûr, si bien que ça me donnait un air de pas réveillée. Tout en reprenant la parole, je remis alors mes cheveux en ordre, les démêlant avec mes doigts, tout en douceur.


-J'ai entendu dire que vous étiez parti là-bas dans le but de délivrer une esclave provenant de notre peuple. Macabre, c'est cela ? Étant donné que vous êtes rentré avec elle, je suppose que vous ne vous êtes pas déplacé pour rien. Oh, mais asseyez-vous, vous n'allez quand même pas rester debout !

Je lui désignais une chaise se trouvant de l'autre côté du bureau ; j'avais de toute façon à discuter avec lui de ce sujet à un moment ou à un autre et comme je ne savais pas combien de temps cela prendrait, autant qu'il ne reste pas bêtement debout. Le ton que j'avais pris pour entamer la discussion avait été loin d'être des plus charmants ou amicaux, se voulant au contraire ferme. Je n'avais pas à apprécier Fineldor plus qu'un autre prétendant au trône princier, aussi je gardais facilement une certaine distance avec lui, ce qui ne m'empêchait pas de pouvoir de parler avec lui d'autres choses que du travail, et même de le taquiner - ou de lui envoyer des piques, comme on veut. Je me fis toutefois plus douce dans mes paroles suivantes, vu le sujet de conversation.

-Je n'ai pas encore eu le temps de m'enquérir de votre voyage. Qui est cette jeune Macabre ? Et comment va-t-elle ?"

Nous parlions là d'un membre de notre peuple, d'une adolescente en particulier. Il était normal que je m'intéresse à elle, autant sur son identité que sur son état.
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Fineldor Elwëndrion

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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Ven 20 Juin 2014 - 16:59

La réaction de la régente et protectrice de la principauté fut un sourire comme il avait l'habitude d'en voir suite à ses remarques. Taquin, un brin hypocrite mais sans aucune méchanceté. Le type de sourire laissant clairement entrevoir une nouvelle réplique provocatrice. Laquelle réplique porta sur le fait que pendant qu'elle veillait tard, lui avait d'après elle tout le luxe de se reposer, et de se promener jusqu'aux confis des terres neutres. S'il avait été un tantinet susceptible il aurait pu lui répondre immédiatement qu'il n'en était rien, mais étant d'un naturel calme, Fineldor écouta posément la remarque. Après un court instant de silence, elle sembla se rendre compte que sa coiffure laisser à désirer et entreprit de démêler calmement les mèches. Le conseiller n'avait pas répondu pour l'instant, se contentant d'un sourire en coin, comme s'il patientait, attendant... quoi? Qu'elle eut finit sans doute. Il présumait qu'elle allait en ajouter davantage.

Elle finit par venir au but dudit voyage. Si celui-ci avait été tenu secret jusqu'au départ, à son retour les rumeurs avaient rapidement commencé à se formuler quant à cette jeune elfe qu'il avait recueilli. Ses adversaires au conseil s'étaient empressés de dire que s'il se mettait à recueillir tous les vagabonds, le palais serait rapidement bondé. Il s'était contenté de répondre qu'il veillait sur les siens, tous les siens, et que celle qu'il avait protégée en avait grandement besoin, davantage que la plupart de ceux assis autour de la table. La discussion en était restée là, les uns comme les autres comprenant que cela ne mènerait qu'à une lutte de remarques acerbes ne menant nulle part. Toutefois, c'eut pour résultat la connaissance du but du voyage de la majorité du conseil, dont Enoriel Therendrion faisait bien évidemment partie.

Cette dernière l'invita d'ailleurs à s'asseoir. Si leur méfiance et leurs taquineries les empêchaient de se faire entièrement confiance en tous points, ils savaient qu'ils ne se voulaient pas véritablement de mal à l'autre. Ce n'était au final qu'une lutte de tempéraments forts, rien de plus. Aussi accepta-t-il le siège de bon gré et s'installa-t-il confortablement, non sans jeter un œil aux divers registres inondés de chiffres qui s'étalaient sur le bureau.

-Je n'ai pas encore eu le temps de m'enquérir de votre voyage. Qui est cette jeune Macabre ? Et comment va-t-elle ?"

Cette remarque ramena le haut-elfe à ses esprits. Son sourire toujours aux lèvres, il envisagea enfin de répondre aux diverses questions et remarques.

« Avant de vous répondre, je tiens à dissiper une fausse idée. Pendant que vous veillez, je ne me promène guère et ne bénéficie que de peu de nuits où mon repos est véritablement réparateur. Si vous imaginez que mon voyage en terres neutres était d'agrément, vous vous trompez lourdement. Et puis, dormir en pleine nature ou à dos de monture est certainement moins réparateur qu'à même un bureau, la tête sur les douces pages d'un registre, je pense. Qu'en dites-vous?»

Encore une fois, remarque peu méchante, mais qui suffisait à renvoyer la taquinerie. Il était toujours bon, de bon matin, de s'exercer un peu aux joutes verbales. Au fond, c'était comme un entrainement au conseil à venir. Car oui, Fineldor était du genre à dire franchement ce qu'il pensait aux autres conseillers, même si c'était sur un ton taquin. Et cela avait tendances à créer quelques gènes et dissensions, mais lui n'en avait cure.

« Ensuite, en effet, je me suis rendu là-bas pour porter assistance à une jeune elfe du nom de Macabre. Enfin, c'est ainsi que la nommait son maitre, car elle était esclave au service d'un sombre. Vous n'êtes pas sans savoir ma position quant à l'esclavage. Si certains conseillers sont pour, et même s'ils sont minoritaires, je suis formellement opposés à toutes ses formes. Hélas, il semble que les raids humains parviennent encore à faire des prisonniers qui finissent sur les étals des esclaves. Preuve en est que nous ne sommes pas assez fermes à leur encontre.»

C'était là un autre fait connu de la majorité des conseillers et de ceux qui le côtoyait. Ancien militaire ayant participé à Noldoa, Fineldor Elwëndrion n'était certes pas un grand ami des sombres, mais sa haine principal allait vers les humains, et plus particulièrement Méridian et ses incursions fréquentes en terres elfes. Il n'avait jamais hésité à détruire une vie humaine si celui-ci portait les armes, tant il les considérait avec dédain.

« Quoiqu'il en soit, j'ai en effet pu libérer la jeune elfe. C'est une maigre victoire, une libérée pour des centaines retenus mais enfin, chaque victoire compte. Elle se porte bien et semble s'acclimater très doucement à la vie parmi ceux de son peuple. je crains qu'il ne lui faille plusieurs années, mais cela viendra.»

Il marqua une courte pause, pensant à la jeune Macabre cherchant encore à s'habituer à ses nouveaux vêtements, sa nouvelle demeure, des repas chauds et complets, et surtout à suivre avec difficulté les enseignements de son protecteur, qui cherchait tant bien que mal à lui faire comprendre qu'elle n'avait plus de maitre.

« Mais et vous, dame Enoriel, vous semblait fort occupée, et à en juger par ces ouvrages, les registres ne vous font guère peur. Dois-je en déduire qu'il s'agit de faire l'état de la principauté au conseil à venir? Oh à moins que vous ne souhaitiez pas en parler avant le conseil, je comprendrais. Après tout, je n'ai rien de plus que les autres conseillers pour que vous m'en disiez davantage.»
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Enoriel Therendrion

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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Dim 22 Juin 2014 - 21:14

Fallait-il qu'il revienne sur mes mots avant de répondre à mes questions, celui-là ! Ah vraiment, un politicien ce Fineldor... mais avec un côté militaire qui rendait certains conseils plus amusants et surtout plus intéressants que d'autres. Beaucoup avaient en effet l'âme du politicien né, jouant toute leur vie sur les mots et cachant leurs messages dans de belles paroles pour ne pas trop mettre en avant leurs intentions, comme si personnes ne pourraient les deviner... hormis leur interlocuteur, quelle que soit la recommandation ou la menace. Mais ce stratagème était loin de tout le temps fonctionner et, en plus, tous ces gens en devenaient incapables d'être francs et de poser les problèmes tels qu'ils étaient. Aussi, quand ils avaient affaire à Elwëndrion... il m'arrivait de retenir un sourire voulant se dessiner sur le coin de mes lèvres. Quoi qu'il en soit, voilà que le jeune seigneur était à vouloir me faire comprendre que son voyage n'avait nullement été par curiosité touristique - comme si j'avais besoin qu'il me le dise ! - en terminant par "Qu'en dites-vous ?" qui n'attendait qu'une seule réponse de ma part.

"J'en dis que vous devez bien mal me connaître, Fineldor...

Je lui accordais alors un sourire des plus énigmatiques, lui laissant ainsi imaginer ce que je voulais sous-entendre par là : qu'il s'était tout simplement trompé sur ce que je pensais ou... que j'en savais plus que les autres conseillers ? Ou encore que je bluffais parce qu'il avait raison sur mon compte... Tout était possible. Et pourtant, si je devais donner une bonne réponse, je dirais que la deuxième solution était la plus exacte. Le hasard (et pas que) avait fait que j'avais été mise au courant de son voyage plus tôt que mes congénères.

Terminant de remettre mes cheveux en ordre, j'écoutais attentivement mon collègue se mettre en rogne contre l'esclavage, rejetant la faute sur les Humains. Me souvenant très bien de plusieurs confrontations auxquelles j'ai pu assister entre les gardes de la principauté et des humains, je décidais de le laisser aller jusqu'au fond de ses pensées avant de remettre quelques unes de ses idées en place. Ainsi, lorsqu'il parla de fermeté, je lui répondis sans ménagement.


-Et que voudriez-vous faire ? Tuer tout être non haut-elfe à portée de vue, sans même savoir ce qui l'amène près de la forêt ? Nous ne sommes pas des asociaux, Fineldor, même si l'idée de savoir des Humains non loin de la lisière ne m'enchante guère plus que vous. Nous les massacrons en bonne et due forme lorsqu'ils osent s'en prendre aux nôtres ou à l’œuvre de Lyrr et malgré la grande surveillance de nos frontières, il arrive que certains vendeurs d'esclaves arrivent à passer, qu'ils soient humains, sombres ou autre, aussi nous ne pouvons pas protéger tous les nôtres... ce qui est bien moins appréciable que réaliste. Quoique nous pourrions toujours construire un mur immense et infranchissable, pour être sûrs que plus jamais l'un des nôtres ne devienne esclave, et empêcher tout navire de quitter la terre ferme, mais je ne pense pas que nous-mêmes supporterions d'être ainsi cloîtrés chez nous.

Nous pourrions encore tergiverser sur le sujet pendant des heures, mais le ton que j'avais utilisé avait été assez clair pour signifier que ma question première ne demandait pas forcément de réponse. J'avais mon point de vue concernant l'esclavage et sur nos frontières donnant ailleurs que sur la forêt. Les incursions étaient d'ailleurs un problème que j'avais plus qu'envie de résoudre mais qui, à mon grand damne, ne pouvait que rester un problème si on souhaitait être réaliste. Éloignant ces mauvaises pensées de ma tête, j'écoutais la réponse à ma deuxième question. Visiblement elle allait bien, ce qui était une bonne chose, même si elle devait s'acclimater à la vie elfique... ce qui me laissait à penser que la pauvre avait dû être capturée bien jeune. Mais là, je ne pouvais pas me douter à quel point la réalité était pire concernant cette jeune enfant - réalité qui aurait très certainement créé une intense colère en moi.

-Mais et vous, dame Enoriel, vous semblait fort occupée, et à en juger par ces ouvrages, les registres ne vous font guère peur. Dois-je en déduire qu'il s'agit de faire l'état de la principauté au conseil à venir? Oh à moins que vous ne souhaitiez pas en parler avant le conseil, je comprendrais. Après tout, je n'ai rien de plus que les autres conseillers pour que vous m'en disiez davantage.

Je regardais mes feuilles chargées de mots tracés à l'encre et à la plume, puis l'ouvrage encore grand ouvert, avec limite un air fatigué. Tout en prenant la feuille sur laquelle je devais être en train d'écrire hier et en lisant en diagonal la page où j'étais ainsi que la suivante, je lui répondis d'un ton peut-être un peu trop sec.

-Vous verrez en temps voulu quel sera le sujet du conseil de ce matin. Mais rassurez-vous, ces feuilles n'ont aucun lien avec. Elles sont d'ordre, pour l'instant, personnel.

Remarquant que je m'étais endormie une fois mon travail terminé seulement - quel apaisement pour ma conscience ! - je refermais le livre avec délicatesse. Il fallait dire que je n'aimais pas spécialement qu'on vienne se mêler de mes affaires mais je n'aimais pas non plus délivrer mon mécontentement sur des livres ou autres choses ou êtres ne pouvant se défendre - et surtant n'étant pas coupable de ma fermeté ou de ma mauvaise humeur.

-Qui était le propriétaire de votre jeune Macabre ? Savez-vous qui était-elle avant de devenir esclave ? Je suppose qu'elle doit avoir quelques souvenirs concernant son enfance..."
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Fineldor Elwëndrion

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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Ven 27 Juin 2014 - 17:01

Apparemment, la question teintée d'ironie et de provocation de Fineldor avait quelque peu amusé mais aussi piqué la gardienne. Sa réponse fut des plus vagues, accompagnée d'un sourire qui se voulait énigmatique. Mais il ne se tortura point l'esprit à chercher à comprendre ce qu'il cachait. C'était probablement ce qu'elle attendait et il ne rentrerait pas dans son jeu. Du moins pas véritablement.

« Me connaissez-vous davantage pour pouvoir supposer de ce qu'il en a été pour moi ces dernières semaines?»

Question sans agressivité mais ô combien provocatrice. Le simple constat que ce qui était vrai dans un sens l'était dans l'autre. Si lui ignorait beaucoup d'elle, mais certes moins qu'elle pensait qu'il savait, elle-même pensait en savoir davantage qu'elle ne le savait vraiment, et il avait conscience de cette partielle ignorance. Au final, aucun des deux n'en savait autant qu'il ne le pensait sur l'autre, mais chacun avait conscience que l'autre en savait moins qu'il ne le croyait. En bref, ils se trompaient tous les deux.

Alors qu'il exprimait son opinion sur l'esclavage, la régente se chargeait de remettre sa chevelure emmêlée en place, tout en écoutant ce qui était dit. Sa réponse, quoiqu'allant dans le sens de l'ancien militaire, ne le satisfaisait pas. Elle était contre l'esclavage, contre le fait que des humains pénètrent dans leur forêt, mais prétendait qu'il était impossible de les laisser entrer, à moins de s'isoler totalement. Il ne partageait vraiment pas cette opinion: pour lui ces incursions relevaient de négligence, du fait que plus personne ne dirigeait réellement la principauté pour le moment, et qu'au final les humains ayant probablement eut vent de cela, en profitaient. Certes, ces incursions ont toujours existé, peut être le résultat d'une politique trop peu sévère. Mais elles s’étaient accrue depuis le décès des princes et princesses. Nul doute que l'information avait filtré. Malgré tout, une bonne organisation pouvait amplement prévenir ce genre de problèmes.

« Vous savez très bien, dame Enoriel, que j'ai conscience de l'importance du commerce, et que jamais je ne préconiserai la fermeture complète des frontières. D'une part parce que cela nous nuirait fortement, mais aussi parce que nous ne sommes pas seuls. Dryades, Naïades et fées ont besoin d'aller et venir librement. Elles ne sont pas de notre peuple, mais doivent avoir pleine liberté d'aller et venir dans les forêts. De même, il serait immoral d'éliminer tout être extérieur des forêts à vue. Comment savoir si nous n'abattons pas des innocents? Je pourrais aisément répondre qu'il n'y a guère d'innocent parmi les humains qui s'aventurent chez nous, mais quelques-uns existent malgré tout. A mes yeux, le problème est autre. »

Il se replaça sur son siège. Le sujet lui tenait fortement à cœur, et s'il était d'un tempérament calme, il n'hésitait pas à hausser un peu de la voix, sans s'énerver, pour exprimer ses opinions. Cette fois ci, il se retint, se sachant dans la bibliothèque princière, mais son ton ne laissait guère de doute quant à son engagement sur le sujet.

« La solution à court terme serait pour moi de rallier tous les hauts-elfes susceptibles de garder les frontières, quelle que soit leur institution, leur caste, leur grade, ou tout autre détail. Je pense notamment à ces errants sur lesquels nous n'avons nul contrôle. Je doute qu'ils se laissent diriger, c'est leur droit, mais si nous leur proposons d'œuvrer ensembles dans l'intérêt de nos forêts ils ne diront pas non. Si nous nous allions et nous synchronisons, nous pourrions surveiller étroitement la frontière, et lorsqu'un étranger armé approcherait, nous pourrions le stopper avant même qu'il ne passe la lisère de nos forêts. »

Son laïus déversé, il se laissa un peu retomber sur son siège.

« Enfin ce n'est là que ma vision, celle d'un ancien militaire, qui doit d'ailleurs vous paraitre un peu rude. »

Si la gardienne avait souhaité éviter toute réponse, c'était belle et bien raté. Toutefois, la dernière phrase laissait bien sous-entendre qu'il n'en dirait pas davantage, à moins qu'elle ne reparte sur le sujet. Elle n'en fit d'ailleurs rien, préférant fermer délicatement le livre qui était devant elle, tout en affirmant qu'ils n'avaient rien à voir avec le prochain conseil, mais davantage sur un sujet personnel. Etonnant, au fond, que des registres comme ceux-ci puissent traiter de sujet personnels. Mais enfin, ce n'était au fond pas son affaire. Elle avait bien droit de se documenter sur ce qu'elle désirait.

-Qui était le propriétaire de votre jeune Macabre ? Savez-vous qui était-elle avant de devenir esclave ? Je suppose qu'elle doit avoir quelques souvenirs concernant son enfance..."

Question qui changea de sujet, mais qui en plus était des plus pertinentes. Le regard de Fineldor fit rapidement comprendre à celle qui lui faisait face qu'il n'en savait pas grand-chose. Il n'avait que de très maigres éléments, et il semblait presque improbable que cela suffise. La jeune elfe ayant été enlevée il y a de nombreuses années, il était aussi peu probable que ses parents la reconnaisse. Mais il en fallait davantage pour le décourager.

« Son propriétaire était un sombre du nom de Don'dar. Avant, j'ignore qui l'a capturée, et je n'ai pas eu l'occasion d'interroger ce sombre, car lui même a eut fort à faire avec son supérieur, lequel s'est chargé de s'occuper de la vente de la petite elfe. Je n'ai donc presque aucun élément. Et elle même affirme ne rien se souvenir d'avant son esclavage. Peut être les souvenirs reviendront avec le temps. Mais j'avoue que pour le moment j'ai à mes yeux plus urgent. Je veux la réintégrer parmi son peuple, notre peuple. Elle a tout oublié, de la manière d'être parmi les siens. Elle ne sait ni lire, ni écrire, ni compter. Elle se réhabitue tout juste aux repas chauds et aux vêtements autres que les haillons. Vous comprendrez donc que j'envisagerai de rechercher ses parents une fois ces tâches accomplies.»

Il eut un petit sourire amusé en repensant aux cours ô combien difficile. Macabre semblait ne pas vraiment apprécier tout cela, mais pourtant elle ne s'en plaignait jamais.

« J'avoue que je me sens davantage qu'un protecteur pour elle. Lorsque je l'ai vue dans ses loques... Je ne sais ce qui m'a conduit à faire tout cela pour elle, mais je me sens le devoir de lui offrir une véritable existence.»
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Enoriel Therendrion

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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Mar 15 Juil 2014 - 21:19

N'y avais-je pas déjà pensé, à son laïus ? N'avais-je pas déjà laissé traverser en mon esprit cette solution qui consistait à demander à tous ceux capables de vraiment défendre la forêt et son peuple de s'unir, ne s'arrêtant pas qu'à l'armée ? Je savais très bien de qui parlait Fineldor : non pas des artisans ou des gens de lettre, mais surtout de ceux qui se faisaient appeler les "chasseurs" ainsi que les druides. Des gens vivant pour la grande majorité en marge de la société mais qui connaissaient mieux que personne l’œuvre de Lyrr et, concernant les chasseurs, étaient réputés pour être d'excellents combattants. Alors oui, j'y avais déjà pensé... mais aller jusqu'à eux pour leur demander leur aide alors que nous n'étions pas en guerre ouverte et que seule une faible augmentation de non-hauts-elfes arrivait à passer nos frontières était tout simplement hors de question. Tous savaient qu'il ne pouvait y avoir que de fortes raisons à ce que cette démarche se fasse et déroger à cette norme serait une montrer une faiblesse qui nous conduirait au suicide, tout simplement. Donc certes, l'ancien militaire qu'était mon collègue n'avait pas là une si mauvaise idée (sinon jamais elle ne m'aurait traversé l'esprit), mais je m'empêchais de lui jeter à la figure toutes les implications qu'elle causerait et auxquelles il n'avait peut-être pas pensé, ne voulant pas continuer à débattre sur ce sujet. Je lui en retoucherai un mot plus tard pour qu'il comprenne bien mes pensées là-dessus, mais ce ne sera que plus tard.

Me mordant la joue pour que le conseiller ne voit rien de ma colère, je lui demandais calmement ce qu'il en était de sa jeune protégée tout en refermant l'épais volume sur lequel je m'étais assoupie. Oui, j'étais en colère ; et pas pour rien : qu'il l'ait fait consciemment ou non, Fineldor avait sous-entendu en se bloquant sur nos frontières que je faisais mal mon travail. Je détestais cela, plus que tout. Pas seulement parce que j'essayais toujours de tendre vers la perfection que chaque haut-elfe tente d'atteindre, mais surtout parce que toutes ces vies ne m'étaient pas indifférentes. J'étais prête à laisser perdre une vie pour en sauver des dizaines voire même des centaines mais cela me coûtait. A chaque fois que j'apprenais qu'un marchand d'esclaves ou qu'un groupe d'humains mal intentionné avait réussi à pénétrer dans cette principauté à laquelle je tenais - je puis vous assurer que cela est très loin d'être facile - et qu'en plus des vies avaient été volées par cette personne ou ce groupe, c'était comme si c'était de ma faute, comme si j'aurais pu empêcher cela. Malheureusement je sais très bien qu'à part user de la dernière solution (celle proposée par Fineldor), il y aura toujours ces horreurs. Raison pour laquelle je pouvais parfois passer pour une femme restant fermement sur ses positions et ne s'occupant "que" de la majorité. Étrangement je me doutais que Fineldor, s'il ne le disait pas d'une façon ou d'une autre, penserait au moins quelque chose s'en approchant. Après tout, on utilisait la méthode draconienne ou pas.

J'écoutais sa réponse concernant Macabre avec attention, réponse qui me choqua : comment pouvait-elle ne pas se souvenir de son passé ? Avant de poser une quelconque question montrant mon indignation, je réfléchis à tout ce que j'avais pu apprendre sur l'esclavagisme. Mais la solution la plus probable me vint du souvenir d'une conversation avec mon oncle lors de la bataille de Noldoa : il m'avait parlé de certaines méthodes de torture qui consistaient, au final, à garder la personne en vie et dans une assez bonne santé physique... mais touchant le mental au point qu'il arrivait que la personne en vienne à ne même plus se souvenir de quoi que ce soit, de ne plus même plus savoir quelle est son identité. Un esprit anéanti, en somme... Cela me révulsait d'imaginer une pauvre enfant de mon peuple dans ce cas de figure ! Quelle horreur devait être ce Don'dar !?


"Et son supérieur, avec qui vous avez négocié sa libération ?

Tout en rangeant mes papiers je regardais Fineldor dans les yeux, de sorte à ce qu'il comprenne où je voulais en venir avec cette question : qui était-il ? comment s'était passée la discussion ? Des choses qui dans le fond ne me regardaient pas vraiment mais, vu que c'était un seigneur de Fildor qui s'était entretenu avec un autre des Sombres - à ce que j'avais pu comprendre - je préférais savoir de qui il s'agissait. Toute action avait des effets et elle n'avait aucune envie de voir un jour un grand du peuple noir venir avec audace jusqu'ici au nom d'une quelconque affaire passée. Autant savoir, donc.

Alors qu'il me donnait l'identité du supérieur du fameux Don'dar je me levais, remettant en ordre ma robe après avoir fini avec mes fins cheveux soyeux. J'attendis qu'il ait terminé de parler en roulant ma sympathique paperasse "d'ordre personnel" et en reprenant mon matériel d'écriture, le tout bien rangé de sorte à ce que cela tienne dans mes mains. Ce fut lorsqu'il eut terminé que je pris le vieux livre avec mon bras droit et me retourna vers lui.


-Si cela ne vous dérange pas que nous continuions cette conversation ailleurs, nous irons jusqu'à mes appartements. J'ai quelques affaires à prendre pour le conseil, sans compter que j'avalerais bien quelque chose au passage.

J'eus un doux sourire pour montrer au conseiller qu'aucune facétie ne se dissimulait derrière mes paroles et qu'il ne servait à rien de s'excuser, il ne m'embêtait aucunement. Du moins le sujet de conversation était à mon avis suffisamment intéressant pour que je n'envoie pas balader Fineldor sous prétexte de devoir me préparer pour tout à l'heure. Me dirigeant vers la sortie de la bibliothèque (enfin l'une des sorties vu la taille de ce musée aux livres), je déposais au passage le livre puisque je ne désirais pas l'emprunter. Ce n'est qu'une fois sortis de la bibliothèque que je repris notre sujet de conversation.

-Concernant votre protégée, Macabre. Est-elle prise en charge par quelqu'un concernant son apprentissage ? Je suppose que vous devez y mettre du vôtre..."

Un sourie, à nouveau. Mais plutôt taquin celui-là : je connaissais suffisamment Fineldor pour deviner qu'il devait s'occuper lui-même de l'éducation de la petite Macabre.
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Fineldor Elwëndrion

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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Dim 20 Juil 2014 - 21:57

Manifestement, les différentes critiques et sous-entendu quant à la perméabilité relative de la frontière de la principauté avaient eu pour effet d'énerver quelque peu la gardienne. Elle essaya de le cacher du mieux possible. Si Fineldor n'avait été que le militaire d'autrefois, il n'aurait certainement rien remarqué d'anormal. Seulement voilà, depuis, il avait pris place au conseil princier. Conseil où les différents membres présents jouaient avec les mots et les phrases, et dont une bonne partie cachait au mieux leur intention derrière des faciès plus faux les uns que les autres. Si au début, il s'était fait avoir, l'expérience lui avait appris à décrypter le moindre petit détail. Et s'il usait de la même méthode dans certains cas, notamment lorsqu'il avait affaire aux peuples qu'il n'appréciait guère et qu'il devait malgré tout garder son calme, ce n'était pas du tout le cas la plupart du temps. Que les autres conseillers se cachent derrière leurs masques de neutralité qu'ils croient impénétrables. Lui restait calme quand il l'était vraiment... et s'emportait quand il s'énervait vraiment. Une attitude que beaucoup de ses "confrères" jugeaient inadaptée, qui plus est pour son jeune âge. Mais lui n'en avait cure: il était comme ça, et si quelqu'un trouvait à y redire, qu'il vienne le lui dire en face.[/size]

Malgré donc cette colère mal dissimulée, elle ne s'emporta pas. Pas pour se cacher. Plus parce que cette colère aurait été aussi brève qu'inutile. S'emporter sur ce sujet ne rimait à rien, puisque ni l'un ni l'autre n'envisageait d'agir. Ce n'avait été là qu'une expression d'opinion entre deux personnes dans le cadre d'une discussion tout sauf officielle. S'emporter dans un tel cadre était parfaitement inutile, autant que de vouloir arrêter un incendie de forêt avec une tasse d'eau. Le sujet fut donc clos.

Ce fut donc la libération de Macabre qui occupa la suite de la conversation. Il expliqua au final qu'il en savait assez peu sur elle, simplement parce qu'elle même en savait peu. Retrouver ses parents allait s'avérer très compliqué, sans aucun indice d'aucune sorte. Mais il l'avait bien fait comprendre, la priorité n'était pas là pour le moment. Cela viendrait plus tard. Manifestement intéressée par ce qui s'était passé lors de la négociation, dame Enoriel chercha à s'enquérir de celui avec qui la négociation avait été menée. Sans doute pour savoir qui pouvait bien être ce sombre, ce supérieur qui lui avait cédé cette ancienne esclave. Etait-il important? Plus qu'elle ne le croyait. Dangereux? Tous les sombres le sont. Mais lui...

« Il se nomme Haldren Baenfre. C'est un ancien Triumvir, qui comme vous le savez sont les dirigeants du peuple sombre. Un individu puissant, mais capable de réflexion, contrairement à ce Don'dar qui ne m'a donné qu'une impression de brutalité. Toutefois, ce Haldren sait ce qu'il veut. Il sait user du langage presque comme une arme, faire valoir ses atouts et sa puissance, et possèdent de nombreuses informations sur bien des choses. Je ne serais pas étonné qu'il ait des espions au sein même de nos principautés, à vrai dire. Mais pour le moment, il ne représente pas, à priori, de danger. Notre affaire a été conclue d'individu à individu, et nos statuts respectifs ne sont intervenus à aucun moment. Rien à craindre donc, mais il serait bon de se renseigner et de se méfier.»

Constat sans équivoque. Tout en écoutant, la dame haut-elfe entreprit de réunir ses notes et parchemins, son matériel d'écriture, de lisser sa robe et sa chevelure. Si bien qu'à la fin de l'explication, elle acquiesça, puis se leva avec toutes ses affaires, et proposa au conseiller de poursuivre cette conversation dans ses appartements, pendant qu'elle se préparerait pour le conseil et se restaurerait. Aidant Enoriel en prenant une partie de ses affaires, il acquiesça silencieusement de la tête. Après tout, une discussion posée avant les longs débats parfois houleux du conseil pouvaient n'être que bonne chose. Et a en juger par le ton et le sourire qu'elle lui adressait, il n'y avait guère de malice, simplement l'envie partagée d'échanger sur le sujet déjà en cours. Prenant l'une des sorties de la vaste bibliothèque princière, ils cheminèrent parmi les longs couloirs du palais. Merveille d'architecture, l'édifice avait de quoi surprendre et attirer le regard. Mais lorsqu'on y devenait habitué, on n’y faisait plus guère attention. Non que l'on dédaigne la beauté de l'ouvrage, mais il semblait presque futile de s'en émerveiller encore et encore. Marchant tranquillement, les deux hauts-elfes poursuivirent donc leur conversation.

-Concernant votre protégée, Macabre. Est-elle prise en charge par quelqu'un concernant son apprentissage ? Je suppose que vous devez y mettre du vôtre..."

Si elle ignorait bien des choses sur lui, elle avait cette fois-ci bien cerné son tempérament. Fineldor Elwëndrion n'était pas du genre à déléguer les tâches qu'il jugeait importantes et qu'il était en mesure de réaliser. En l'occurrence, depuis sa "libération", la jeune Macabre avait suivi un enseignement presque exclusivement dispensé par son nouveau protecteur. Les rares cas où ce n'était pas lui étaient dû à des absences indéplacables ou imprévisibles, auquel cas l'un de ses proches conseillers, souvent Nandélion ou Feraliwë.

« Vous avez vu juste, dame Enoriel. J'ai pris en charge d'éduquer la jeune Macabre du mieux possible, et j'assume presque entièrement ladite tâche. Je dois avouer que ça ne me déplait pas. Même si elle n'est pas toujours facile à convaincre. Il semble notamment que l'écriture ne soit pas son fort, elle ne rechigne pas mais me fait comprendre qu'elle n'apprécie pas vraiment ça. Hélas je ne peux pas négliger cet aspect. »

Ils poursuivirent leur marche sans s'exprimer pendant un court instant, avant que le haut-elfe ne rompt le silence de nouveau.

« Malheureusement, je crains ne pas pouvoir réaliser toute son éducation seule. Si les bases du savoir sont dans mes cordes, il est certains points et sujets où je ne sais rien ou presque. Je n'ai pas encore réfléchi à comment pallier à ce problème. Une chose à la fois. »
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Enoriel Therendrion

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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Lun 21 Juil 2014 - 22:50

Haldren Baenfere, ancien Triumvir... Mais avec qui cet énergumène était aller discuter cette fois-ci ?! Que Lyrr me protège, j'avais donc raison de m'être renseignée sur l'identité de ce sombre. Je n'avais aucune envie qu'un ancien Triumvir vienne jusqu'ici pour discuter ou quelque chose de plus abominable au nom d'une ancienne tractation avec l'un des nôtres. D'autant plus si le conseil - pour ne pas dire "je" - n'avait toujours pas choisi son prince, ce serait alors à moi de me le coltiner. Autant donc que je me prépare au pire, ne pas être surprise par une quelconque prise de contact. Sinon j'étais bien en accord avec Fineldor, ce que je lui fis comprendre d'un signe de tête, il nous faudrait nous renseigner au mieux sur cet individu et nous méfier au plus haut point de lui.

Puis j'enchainai sur la petite Macabre, demandant de ses nouvelles et me doutant ouvertement que mon collègue devait facilement s'occuper d'elle. Alors que nous parcourions les couloirs jusqu'à mes appartements qui n'étaient pas très loin (comparé à certaines ailes du palais), Fineldor me répondit qu'en effet il s'occupait presque seul de la formation de la jeune haute-elfe, ce qui lui plaisait. Il se basait déjà sur l'apprentissage de l'écriture, ce qu'elle ne semblait pas trop apprécier, et manquait de connaissances sur certains points et donc ne pouvait pas l'enseigner lui-même à Macabre. Si je pouvais déjà me douter d'un certain point, je ne pu m'empêcher d'attraper la perche tendue pour le taquiner.


"Et quelles seraient donc ces choses que le si savant Fineldor Elwëndrion ne connaîtrait pas ?

Oh, il pouvait y en avoir tant... Mais déjà je pouvais être sûre et certaine qu'il ne devait pas y connaître beaucoup en femmes, malgré le fait qu'il soit plutôt bel elfe. Enfin, en femmes... hum... je voulais plutôt dire qu'il ne devait pas savoir reproduire tout ce que les femmes savaient faire, comme le maquillage et bien se tenir avec une robe, non ? Ou peut-être pas que... C'est que je ne l'avais jamais vu ou entendu être avec une femme, pour tout dire, et vu son caractère qui m'horripilait parfois j'en étais à me poser des questions... Mais bon, ça c'est mon côté mauvaise langue, peut-être aurais-je une sacrée surprise le concernant un de ces jours !

Enfin bref ! J'envoyais valser dans les airs ces idées qui pourraient se révéler être fausses et je pris la clef de mes appartements dans ma petite besace pour pouvoir ouvrir la porte. Fort heureusement pour moins, j'étais loin d'être désorganisée. Au contraire même, tout avait sa place préconçue et y restait à moins de ne servir à ce moment-là, comme des livres savamment rangés dans une bibliothèque. J'invitai Fineldor à entrer avant de refermer la porte derrière nous et de poser mes affaires sur la table qui trônait dans la grande pièce où débouchait la porte. Cette pièce rectangulaire comportait de nombreux meubles : étagères où reposaient livres, dossiers, objets plus ou moins utiles et plus ou moins de décoration... Y étaient aussi une table ronde pouvant accueillir entre quatre et six personnes, ceinte des chaises s'accordant avec elle et servant de support à une carafe de vin pleine ainsi qu'un panier contenant fruits et petits pains faits ce matin-même. Quelques tableaux ornaient les murs, de même que des tapis réchauffaient le sol de leur présence lumineuse. Dans le fond de la pièce se trouvaient trois fauteuils ainsi qu'une table basse auprès d'une cheminée, lieu où j'invitai Fineldor à aller. Autant s'asseoir sur des fauteuils que sur des chaises, malgré le fait qu'elles soient assez confortables, non ? Notre discussion avait beau être sérieuse, ce n'en était pas une des plus officielles. J'apportai la corbeille de nourriture ainsi que la carafe de vin sur la table basse, en y rajoutant deux coupes, avant de lui faire signe de s'installer.


-Un verre de vin, un fruit, une viennoiserie ?

Sachant recevoir des invités, je m'occupai d'abord de Fineldor avant de faire une dernière mise au point dans la pièce : les fenêtres étaient fermées. Une fois qu'il fut servi, j'allai ouvrir deux fenêtres opposées pour créer un courant d'air, toujours aux aguets de ce que le vent pourrait apporter avec lui. Le travail, encore et encore ! Chose faite, j'allai alors m'installer dans un fauteuil en fasse du conseiller, me prenant une coupe pas beaucoup remplie ainsi qu'une viennoiserie. Cela faisait quand même du bien de manger...

-J'y pense, si vous avez besoin de quelqu'un pour aider Macabre à apprendre l'écriture, pour le jour où vous n'aurez pas le temps, vous pourrez toujours demander à mon grand-père, Geldor Goveindel. Il a très longtemps travaillé dans les livres et est passionné par tout ce qui touche à ce domaine, y compris l'apprentissage. Il a toujours eut l'art de donner goût à son art.

Je soupirai doucement, appréciant le doux vin que je but à petite gorgée ainsi que la pâtisserie. Et dire que j'avais longtemps fait sans, à vivre dans les bois de la principauté, loin de la chaleur des habitations des nobles. Une expérience qu'il me plairait de revivre, dans le fond, mais une fois que je serais déchargée de la responsabilité de régente du conseil seulement.

-Mais cela ne fait pas partie de ce dont vous avez besoin, si je ne me trompe ?"
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Fineldor Elwëndrion

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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Ven 25 Juil 2014 - 18:36

Apparemment, le fait que la petite esclave ait été négociée auprès d'un puissant sombre, ancien parmi les plus puissants de son peuple, ne retint pas plus que nécessaire l'attention de la gardienne de Fildor. Certes, il y avait fort à parier qu'elle gardait cette information de côté, pour pouvoir méditer dessus et veiller à mettre en application les conseils de Fineldor. Un tel individu, si puissant, pouvait causer de nombreux troubles, qui plus est maintenant qu'il avait pris contact avec l'une des plus importantes personnes de la principauté. Mais le destin avait ainsi fait les choses, et il s'agissait maintenant de ne pas se laisser surprendre. Toutefois, il avait confiance en Enoriel Therendrion. Elle pouvait avoir ses défauts, mais la négligence n'en était pas, et elle savait faire montre de rigueur quand c'était nécessaire. Nul doute que c'était le cas.

Elle s'enquit ensuite de la jeune Macabre et de son éducation. Il lui expliqua qu'il en était chargé et faisait au mieux pour reprendre les bases. Toutefois, lorsqu'il avoua que certains sujets étaient problématiques du fait de sa propre ignorance, elle ne rata guère l'occasion de le taquiner d'une phrase bien placée.

"Et quelles seraient donc ces choses que le si savant Fineldor Elwëndrion ne connaîtrait pas ?

Si ça, ce n'était pas de la provocation! Mais enfin, cela restait de la taquinerie, sans mal penser. Il préféra ne pas répondre pour l'instant, se contentant d'un regard faussement offusqué, agrémenté d'un petit sourire. En réalité, il n'aurait guère de peine à avouer que lesdits sujets étaient du genre délicat... Et qu'à vrai dire, elle pourrait l'aider sur certains.

Ils finirent par arriver aux appartements de dame Enoriel. La première remarque qu'il put se faire fut le constat d'un ordre ambiant irréfutable. Chaque chose semblait posée en un lieu précis, parce qu'il était censé y être. La grande pièce dans laquelle ils débouchèrent comportait plusieurs meubles: étagères sur lesquelles reposaient livres et décorations, une vaste table avec quelques chaises, et plus loin, une table basses et plusieurs fauteuils. Ce fut là-bas qu'Enoriel, après avoir déposé ses affaires sur la table, invita Fineldor à s'asseoir. Il accepta bien volontiers et avec toute la courtoisie possible. Après tout, mieux vallait se mettre à l'aise. Lui-même était partisan de ce genre de pensée. Alors qu'elle amenait la carafe de vin qui trônait quelques instants plus tôt sur l'une des chaises, il s'installa dans l'un des fauteuils. Elle lui proposa un verre ou de quoi se nourrir. Il refusa poliment la nourriture, mais accepta d'un signe de tête le verre de vin.

La protectrice elfique servit la coupe, avant d'aller ouvrir en grand les deux fenêtres principales de la pièce, créant ainsi un courant d'air rafraichissant et agréable. Mais plus que le confort, il y avait fort à parier que ce geste avait quelque rapport avec ses dons. Le conseiller s'était maintes fois renseigné sur la famille princière, et il n'était pas sans savoir que leur donc en matière de magie liée au vent sont sans égal dans la principauté. Sans doute utilisait-elle le vent pour transmettre des messages, ou par mesure de sécurité en cas de problème quelconque. Il doutait qu'elle n'ait la moindre crainte vis à vis de lui, il n'était pas du genre à menacer impunément. Mais depuis la mort de l'ancien prince, on ne se sentait plus en sécurité nulle part. Elle vint enfin s'installer en face de Fineldor, et saisit sa propre coupe peu remplie, ainsi qu'une viennoiserie. Elle avait en effet avancée qu'elle ne s'était pas encore restaurée, aussi respecta-t-il un moment pour lui en laisser le temps.

-J'y pense, si vous avez besoin de quelqu'un pour aider Macabre à apprendre l'écriture, pour le jour où vous n'aurez pas le temps, vous pourrez toujours demander à mon grand-père, Geldor Goveindel. Il a très longtemps travaillé dans les livres et est passionné par tout ce qui touche à ce domaine, y compris l'apprentissage. Il a toujours eut l'art de donner goût à son art.

Voilà bien une des preuves qu'elle n'avait pas encore vu la dénommée Macabre. Il fallait bien davantage qu'un maitre dans le domaine. Elle n'avait plus dur lire ou écrire depuis des décennies. Et Fineldor n'était pas du genre à manquer de patience, ce qui, probablement, n'était pas le cas du grand père de la gardienne. Si du moins celui-ci faisait preuve du même tempérament qu'elle. Non qu'elle fut facilement irritable, mais elle savait également montrer sa colère quand c'était nécessaire. Il avait pu le constater plus d'une fois lors de certains conseils. Mais le problème était autre. Car à vrai dire, ce n'était pas en matière de lecture ou d’écriture qu'il avait besoin d'aide. Ce qu'elle fit remarquer par une nouvelle fausse question.

-Mais cela ne fait pas partie de ce dont vous avez besoin, si je ne me

Marquant un instant de silence, le noble haut-elfe prit sa coupe, et bu une petite gorgée à son tour, avant de lui esquisser un sourire plutôt amusé.

« Vous êtes plutôt perspicace, dame Enoriel. Ce n'est pas en effet ces sujets ci sur lesquels mon savoir que vous semblez tant estimer me fait défaut. Il s'agirait plutôt de sujets concernant les... manières, et le comportement de la jeune Macabre. J'ai bien essayé de lui faire comprendre la manière d'être dans une société comme la nôtre. Mais elle reste une jeune fille. Et vous n'êtes pas sans savoir qu'une partie de l'éducation d'une jeune fille de son âge se doit d'être réalisée par sa mère. Or, étant sans le moindre indice de ses origines, je vais donc devoir trouver quelque personne capable de lui apprendre les manières d'une dame. »

Le sous-entendu était on ne peut plus évident. Maintenant, restait à savoir ce que serait la réaction de son interlocutrice.

« Ce ne sera bien évidemment pas pour immédiatement, car le temps lui manque, et me manque. Mais enfin, j'entends résoudre ce petit problème avant qu'il ne se présente réellement, si vous voyez ce que je veux dire. Il va sans dire que je ne tiens pas à la présenter à certaines personnes de la cité sans avoir veiller à sa manière d'être. Je pense que vous comprendrez le jour où vous la verrait pour la première fois.»

Il entreprit de relancer la discussion dans un autre sens, afin de voir ce que serait la réaction de dame Enoriel.

« Enfin, j'ai déjà pu constater qu'elle guérissait doucement des sévices de son ancien maitre, et qu'elle parlait davantage que la première fois où je l'ai rencontrée. Même si le nombre de personnes auquel elle se confie reste réduit, elle commence à accepter certains comme étant digne de confiance. Cela me rassure, car j'avoue avoir pris un peu à cœur tout cette histoire.»
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Enoriel Therendrion

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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Ven 25 Juil 2014 - 22:13

Perspicace ? Non, pas tellement. C'était tellement évident à mon sens que Fineldor n'avait pas de problèmes quant à l'écriture, que s'il devait avoir besoin d'aide ce serait sur un tout autre sujet. Et comme j'avais pu le pressentir, il ne tarda pas à parler de l'éducation de Macabre en tant que femme au sein de notre société. Ah ça... cela ne m'étonnait vraiment pas ! Qu'il y avait il de mieux placé pour comprendre une femme qu'une femme, et de même pour lui fournir une éducation appropriée ? Une femme, tout simplement. Pas un homme, en tout cas, et ce pour de nombreuses raisons : la différence de comportements instinctifs et la différence des corps. Les femmes ont des soucis que les hommes n'ont pas et inversement.

"[...] Et vous n'êtes pas sans savoir qu'une partie de l'éducation d'une jeune fille de son âge se doit d'être réalisée par sa mère. Or, étant sans le moindre indice de ses origines, je vais donc devoir trouver quelque personne capable de lui apprendre les manières d'une dame.

Chose rare, j'eus un sourire aux lèvres ; loin de ceux hypocrites que j'abordais souvent, mais un sincère. Un qui ne montrait aucune joie, plutôt le souvenir d'un fait établi. En effet, je savais tout à fait que l'éducation d'une jeune fille se faisait en grande partie par sa mère. Et cette mère, je n'avais pas eu la chance de la connaître assez longtemps pour bénéficier de cette éducation dont nous parlions actuellement. Bon, certes, il y avait eu Emeria, la femme de mon oncle. Mais il me peinait de reconnaître que sans quelques peintures comme celle de la famille princière du temps de mes grands-parents ou encore lors du mariage de mes parents, je serais à l'heure actuelle incapable de dire à quoi celle qui m'avait portée en son sein ressemblait. Même chose pour mon père, malheureusement. Et sans que je m'y attende, la mélancolie s'était accaparée le temps de quelques secondes mon cœur. Ne m'y étant pas attendue, Fineldor eut donc put se rendre compte à loisir que quelque chose dans ce qu'il avait dit m'avait touchée.

Me reprenant assez rapidement, je le laissais parler, me contant qu'il verrait bien à régler son problème ainsi que le soucis de non-éducation de Macabre avant qu'un véritable problème ne se présente. Et je comprenais tout à fait son point de vue, rien n'était plus désagréable de devoir présenter à des gens vous jugeant sans vergogne quelque chose de non fini... et ici ce serait l'éducation d'une enfant. Les hauts-elfes considérant plus la famille que l'être en tant que tel, remarquer qu'après un certain temps Fineldor n'arrivait qu'à garder une sauvageonne chez lui ne ferait aucunement du bien à sa notoriété. Quoi qu'il en soit, le sous-entendu comme quoi qu'il me demanderait ce "petit" service me fit intérieurement sourire. En fait, je me demandais quelle idée lui était passée par la tête d'oser me demander une telle chose. Ce n'était généralement pas quelque chose que l'on demandait à son supérieur, enfin si je pouvais correspondre à cela.


-Enfin, j'ai déjà pu constater qu'elle guérissait doucement des sévices de son ancien maitre, et qu'elle parlait davantage que la première fois où je l'ai rencontrée. Même si le nombre de personnes auquel elle se confie reste réduit, elle commence à accepter certains comme étant digne de confiance. Cela me rassure, car j'avoue avoir pris un peu à cœur tout cette histoire.
-Vous seriez-vous seulement déplacé pour parler affaire avec un sombre, Fineldor, si cela ne vous avait pas pris à cœur ?

Je le regardai de ces yeux scrutateurs que bon nombre de conseillers n'aiment aucunement. Oh ce regard fonctionnait bien moins avec l'ancien militaire qu'était Elwëndrion, ne le déstabilisant aucunement, mais en toute franchise, ce que je recherchai plus à l'instant présent était de lui faire comprendre que cette remarque n'était pas anodine. Elle ne venait pas seulement d'une noble à l'un de ses confrères mais bien d'une régente à un prétendant au trône princier. De ce que je savais Fineldor avait le sens du devoir - plus que certains idiots qui avaient réussi à se faire une place au sommet de la société - mais cela ne ne faisait pas tout de suite à mes yeux une personne idéale - ni un innocent vis-à-vis du meurtre de mon cousin. Alors, qu'il réponde ou non à ma question, je trouverai la véritable réponse dans cette personne qui se trouvait juste en face de moi. Me sachant pendant ces quelques secondes plus puissante que lui, comme il devait très bien se douter que mon opinion compterait plus que celle de n'importe quel autre conseiller, j'en profitai pour reprendre en toute tranquillité et sans le quitter des yeux une bonne viennoiserie aux raisins bien fondante sous la langue. Ben quoi, j'ai le droit de me faire plaisir de temps à autres, qu'est-ce que vous vous imaginiez ! D'ailleurs, un peu plus de vin ne me ferait pas de mal !

-En revoulez-vous ?

Je lui indiquai d'un geste gracieux de la main la carafe de vin. Une fois sa volonté exaucée, je me resservi une coupe pas trop remplie. Toujours y aller doucement en présence de gens, ne pas l'oublier. En fait, cette histoire me faisait oublier que j'étais en train de prendre mon premier repas de la journée et que ce n'était pas spécialement bon de boire en même temps... Tant pis, j'étais à une discussion sérieuse, je réagissais en tant que tel.

-Sincèrement, Fineldor, qu'est-ce qui vous ferait penser que j'accepterais de vous aider dans l'éducation de cette jeune fille ?"

Ou comment savoir quelles étaient les raisons pour lesquelles il me demandait à moi de faire ce travail, déjà que je n'avais même plus de temps pour moi à faire deux métiers à la fois... Et là, il avait intérêt à fournir une réponse claire et concise s'il ne voulait pas se voir obtenir un refus de ma part. Au moins, cette fois, il ne pouvait pas me reprocher d'être indirecte.
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Fineldor Elwëndrion

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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Lun 28 Juil 2014 - 16:57

Lorsque que le conseiller princier évoqua l’éducation d’une jeune fille, et le fait que celle-ci devait être dispensée majoritairement par sa mère, le visage d’Enoriel se drapa d’un étrange sourire. Non qu’il ne fut étrange lui-même, puisqu’il avait tout de sincère et ne présentait pourtant aucune joie, mais davantage un sourire pensif. Ce genre de sourire qu’il n’avait jamais vu jusqu’alors la concernant. Il masqua son étonnement, non sans le ressentir intérieurement. Avait-il touché un point sensible ? Il est vrai que la protectrice avait grandie sans ses parents. Les ayant perdu tous les deux lors d’un accident dû à une expérimentation magique, elle fut éduquée et prise en charge par le prince de l’époque, le père du dernier prince défunt, qui en fit sa pupille par la suite. Si la femme de son oncle avait sans nul doute dû lui donner l’éducation nécessaire à une jeune fille, elle n’avait sans doute pas pu lui offrir le même amour que celui d’une mère. Ces soupçons se confirmèrent lorsqu’elle sembla prise de mélancolie et de tristesse, comme quelqu’un regrettant le passé. C’était évident, et Fineldor se promis intérieurement de ne plus aborder le sujet lors de cette discussion.

Elle se ressaisit et continua à écouter son discours, le ponctuant par instants de signes affirmatifs de la tête. Lorsqu’il en vint à évoquer son implication dans toute cette histoire, et le fait qu’elle lui tienne à cœur, elle lança une petite interrogation qui n’avait guère besoin de réponse, mais faisait comprendre qu’elle savait déjà. En effet, qu’est ce qui aurait poussé le seigneur haut-elfe à se déplacer en personne jusqu’en terre neutre, si l’affaire ne lui tenait pas à cœur ? Le problème demeurant qu’il ignorait pourquoi cela lui tenait tant à cœur. Etait-ce le désir de protéger les siens, chacun des siens, autant que possible ? Ou y-avait-il quelque chose de particulier chez cette jeune enfant ? Il était incapable d’y répondre. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il avait tenu par-dessus tout à la libérer et la prendre sous son aile. Voilà tout.

Le regard que lança Enoriel suite à cette remarque avait tout de scrutateur. Comme si finalement, elle attendait une réponse… qui serait plus qu’une réponse. Comme si elle cherchait à le jauger. Bon nombres de conseillers courbaient l’échine devant ce regard. Ils savaient que l’héritière Therendrion serait la première à choisir le futur prince, et celle dont la voix serait probablement la plus importante. Il était donc malvenue de la contredire ou de la perturber, sous peine de perdre son appui et de ne plus être dans ses petits papiers. Pleutres ! C’était bien là la pensée de Fineldor. Si on n’était pas capable d’assumer ce que l’on pensait, on valait moins qu’un de ces imbéciles d’humains. Aussi ne se priva-t-il pas de soutenir son regard, sans méchanceté, mais afin de bien lui montrer et qu’il reconnaissait sa supériorité hiérarchique, chose qu’il connaissait bien de par son passage à l’armée, il ne courberait pas l’échine pour autant. Cela sembla quelque peu l’amuser, et elle se resservit d’une viennoiserie, puis lui proposa du vin. Il accepta volontiers avant de finalement lui répondre.

« Si cette affaire ne m’avait pas tant tenue à cœur… je dirais que je ne l’aurais pas délaissée pour autant. Mais les sacrifices auraient été certes moindres, et il y aurait eu de fortes chances que je ne me déplace pas moi-même, mais envoie l’un de mes proches conseillers. Si cette affaire était d’importance en effet, il en était d’autres qui l’étaient tout autant. J’ai fait un choix, celui de porter moi-même assistance à cette jeune enfant. Pourquoi ? Je l’ignore. Certaines choses ne s’expliquent pas. J’ai simplement pris sur moi de le faire, et j’en assumerai les conséquences, quelles qu’elles soient.»

Il laissait bien entendre qu’il assumerait jusqu’au bout. Qu’il n’avait pas délivré la petite Macabre pour ensuite la laisser dans la nature. A vrai dire, il était ainsi avec presque tout. Du genre obstiné, à finir tout ce qu’il entamait. Et son perfectionnisme poussé lui faisait finir du mieux possible ce qu’il commençait, sans quoi ce n’était pas achevé à ses yeux. Le moindre défaut laissait pour lui une sensation d’insatisfaction dans bien des domaines. Un défaut, plus qu’une qualité, aux yeux de beaucoup de gens. Il préférait ignorer.

Vint alors une question plutôt franche et directe de la protectrice. Bien des gens se seraient demandé si elle n’était pas devenue folle en ignorant ainsi les règles de bienséance d’une discussion. Fineldor n’en avait cure. Au contraire. La franchise, cela permettait de ne pas se perdre en vains discours, et de ne pas tourner autour du pot par des explications mielleuses dépourvues de sens. S’enfonçant dans son fauteuil, il observa son verre avant de tourner son regard et ses yeux dans ceux d’Enoriel.

« Ce qui me fait croire pareille chose ? Rien… enfin presque. Je me suis dit que votre envie de protéger les vôtre, votre curiosité, et quelques autres traits vous pousseraient vers l’acceptation. Mais honnêtement, j’ignore quelle sera votre décision. Et je l’accepterai quelle qu’elle soit. Pas parce que vous gouvernez notre principauté ou présidez le conseil. Mais bien parce que vous êtes libre de vos choix, dame Enoriel. Comme chacun de nous devrait l’être… y compris cette jeune Macabre.»

Voilà qui était dit. Restait désormais à attendre la réponse de la gardienne.
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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Dim 3 Aoû 2014 - 15:20

"Ce qui me fait croire pareille chose ? Rien… enfin presque. Je me suis dit que votre envie de protéger les vôtre, votre curiosité, et quelques autres traits vous pousseraient vers l’acceptation. Mais honnêtement, j’ignore quelle sera votre décision. Et je l’accepterai quelle qu’elle soit. Pas parce que vous gouvernez notre principauté ou présidez le conseil. Mais bien parce que vous êtes libre de vos choix, dame Enoriel. Comme chacun de nous devrait l’être… y compris cette jeune Macabre.

Bien enfoncée dans mon fauteuil, je regardai d'un air amusé Fineldor. Décidément, il ne se comportait pas comme la majorité des nobles du conseil princier celui-là... et c'était tout à son honneur. Mais bon, c'était sans compter cette drôle de raison qui le poussait à me demander de m'occuper de sa petite protégée : envie de protéger les miens, curiosité... Ah ça, bien sûr que j'avais envie de protéger mon peuple, mais il fallait faire une distinction entre protéger un peuple et s'occuper de l'éducation qu'une enfant aurait dû avoir. En effet, s'occuper de l'éducation était quelque chose de complètement autre que d'assurer la protection de la forêt. Enfin ! Et concernant la curiosité, je ne me savais pas être connue pour avoir une curiosité sans borne... même si j'en usais pour savoir certaines choses relatives à mon rang, à ma famille ou tout simplement à la sécurité de mon peuple. C'était une curiosité savamment maîtrisée, au contraire de bien des gens. A partir de là donc, je ne voyais pas vraiment ce qui pouvait avoir poussé Fineldor à me demander un tel service, autrement que par une confiance en moi ou pour essayer de m'avoir dans ses bons souliers. Mais à moins qu'il ne soit maître dans l'art de la manipulation, cette dernière supposition m'étonnerait de lui.

-Mais n'avez-vous pas femme en votre demeure, Fineldor, qui pourrait s'occuper d'au moins une partie de cette éducation féminine ?"
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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Sam 9 Aoû 2014 - 18:13

-Mais n'avez-vous pas femme en votre demeure, Fineldor, qui pourrait s'occuper d'au moins une partie de cette éducation féminine ?"

Une question certes judicieuse. Mais la réponse n'était pas aussi simple. Certes Fineldor avait bien des femmes présentes en sa demeure. Certaines étaient chargées de la cuisine, d'autre entretenaient les jardins, d'autres encore étaient gardes. Il avait même une proche conseillère qui était une femme. Alors pourquoi pas elles? Déjà, parce que l'éducation de Macabre devait être réalisée par une personne ayant suffisamment de culture de la principauté, des manières d'être de leur peuple et de bien d'autres détails. Il ne niait pas que la plupart des gens présents dans sa maisonnée avaient une certaine culture, c'était même un critère de sélection, même parmi les gardes! Mais il estimait que même ce niveau-là ne suffirait pas à enseigner les manières d'une dame à Macabre. Alors pourquoi pas Feraliwë? Déjà, parce que celle-ci avait fort à faire en ce moment, concernant la recherche et la classification des ouvrages de la vaste bibliothèque. En fait, presque tout le monde avait fort à faire dans cette maison. Et pourtant Fineldor tenait à ce que chacun puisse se consacrer à ses loisirs, un peu comme il le faisait... en s'occupant de Macabre. Une autre raison le poussait à chercher à l'extérieur de sa maison, c'est qu'il tenait à ce que ce soit justement quelqu'un capable d'enseigner toutes les manières d'être d'une femme en ayant une vue d'ensemble. Peut-être plus tard la jeune elfe volerait-elle de ses propres ailes et se détacherait-elle de Fineldor, auquel cas un précepteur extérieur était ce qu'il y avait de mieux. Et à dire vrai, Enoriel était la seule dame à qui il faisait confiance. Il aurait pu ajouter encore bien des raisons, mais la liste aurait été longue. Alors il répondit simplement.

« Personne qui ne soit assez instruit et qualifié à mon goût. A mes yeux vous êtes, pour le moment et de ce que j'en sais, la seule ayant toutes les qualités, les connaissances et autres requises pour une telle tâche.»

Ce n'était pas de la flatterie, même si cela y ressemblait très fortement. Il disait juste le fond de sa pensée. Au fond, il avait pensé à elle parce que c'était pour lui le choix le plus évident. Si ce choix s'avérait mauvais parce qu'elle refusait, il irait quérir ailleurs certes.

« Je comprends que ce que je demande puisse vous gêner. Déjà parce que vous ne connaissez pas la jeune elfe dont je vous parle, ensuite parce que ce n'est sans doute pas le genre de demande auxquelles vous avaient l'habitude. Et enfin, parce que vous n'avez peut-être, et je dirais même probablement, pas le temps de le faire. Toutefois, je ne vous demande pas une réponse immédiate et ferme. Je tenais juste à vous en parler, ce qui au fond ne coûte rien... Je me trompe?»

Non certes cela ne coûtait rien. Restait à savoir ce qu'elle en dirait. Les yeux verts du conseiller haut-elfe se posa donc sur son hôte, attendant de connaitre sa réaction.
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Enoriel Therendrion

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MessageSujet: Re: Deux conseillers pour un même devoir (Fineldor)   Dim 24 Aoû 2014 - 13:24

Si je comprenais dans les paroles de Fineldor qu'il avait une certaine estime pour ma personne, je ne me leurrai pas non plus : nos taquineries régulière, quoique non méchantes, montraient que nous étions surtout deux hauts-elfes à la forte personnalité qui se frottaient l'un à l'autre comme l'on pourrait frotter ensemble deux silex, afin de faire des étincelles. Aussi, outre le respect qu'il me devait de par mon poste et ma descendance, je ne pouvais être sûre que ça allait plus loin au niveau de la considération. De plus, j'étais encore en quête de l'assassin de mon cousin et rien ne m'affirmait pour l'instant que celui qui se trouvait en ce moment même juste devant moi n'était pas son meurtrier. Tout ce que je pouvais me dire était que j'imaginais mal Fineldor utiliser un poison ou encore payer quelqu'un pour faire le travail à sa place... ça n'allait pas avec son caractère.

Une fois qu'il eut terminé sa tirade, je pris une dernière gorgée de vin - finissant de ce fait mon verre - et me levai. Avec grâce je reposai ma coupe sur la table-basse et me redressai avant de répondre au conseiller.


"En effet Fineldor, il ne coûte rien de demander et, en effet, je manque de temps en ce moment pour accepter une telle proposition comme cela.

Je regardai un instant par l'une des nombreuses fenêtres de mes appartements, fenêtre donnant sur la magnifique cité de Karreliën. Le paysage était le même que tous les autres jours de nos longues vies mais ce n'était pas cela qui m'intéressait : le soleil commençait à se faire haut, me rappelant que j'avais encore un conseil qui s'annonçait intéressant en échanges divers et variés entre conseillers d'ici moins d'une heure. Moi qui aurait aimé avoir le temps de prendre le temps de me préparer et de me vider l'esprit avant d'avoir à nouveau à faire avec le conseil princier... J'empêchai un soupire de s'extirper de mes lèvres avant de me retourner vers Fineldor.

-Je ne sais quand, mais je vous aiderai Fineldor, concernant votre protégée. Il me faudra juste trouver le temps d'avoir le temps et il se pourrait que ce ne soit pas avant le prochain mois. En attendant... je crois que nous avons un conseil d'ici une petite heure, cela vous dérangerait-il si je prends le temps de me préparer ?

Sans faire mon impolie, je lui expliquai que j'avais besoin d'être seule avant d'aller au conseil tant attendu (c'est un brin ironique). Ne le pressant pas pour sortir, nous avons rapidement terminé notre discussion, allant sans trop nous attarder dessus sur des formalités telles que peuvent être le bonjour ou l'au-revoir. Alors qu'il sortait de la pièce, se trouvant sur le pas de la porte, je l'interpellait une dernière fois.

-Oh, je repense à cela... concernant à une idée que vous avez évoquée tout à l'heure dans la bibliothèque, sur la sécurité de nos frontières... Sachez que j'avais déjà pensé à demander l'aide des druides et des chasseurs afin de palier à notre problème, mais cette idée ne deviendra un fait réel que si je n'ai plus d'autre choix, uniquement si nous venions à bloquer une menace plus forte. Comme vous l'avez dit, ils ne se laisseront certainement pas commander... alors autant ne pas recourir à eux maintenant, de plus que cette initiative de notre part alerterait la population alors qu'il pourrait y avoir bien pire."

Ce fut dit d'un ton implacable et assuré, mes yeux se plantant dans ceux du conseiller, sans aucun sourire. Pour le coup j'avais un grand pouvoir de décision et Fineldor pouvait être assuré que je ne changerai pas de position du jour au lendemain sans raison valable.
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