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 Où le regard porte (Theodred)

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Oyoyel Lonàn

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MessageSujet: Où le regard porte (Theodred)   Ven 28 Mar 2014 - 14:34

L'homme regarde attentivement la petite chose qu'il tient avec son index et son pouce. Il a un léger sourire, de celui qui sait. Ses sourcils broussailleux se haussent tandis qu'il bouge sa main – la chose – vers moi. Ses yeux, d'un bleu que j'ai rarement vu, pétillent. Est-ce de la malice, du contentement ? De la fierté peut-être ? Je ne bouge pas. Seuls mes yeux quittent les siens pour observer la chose si fine qu'il tient. Voyant que je ne me décide pas à la prendre, il bouge sa main vers moi, comme pour m'inviter à m'en saisir. Je retiens un soupir et tends finalement les doigts vers ça. Un petit coup d’œil à son visage, mais rien n'a changé. Il y a toujours ce sourire, ces sourcils haussés, ces yeux qui pétillent.
Alors, je prends la petite chose. J'ai l'impression que je pourrais la casser en la serrant un petit peu trop fort. Est-ce que ça vit ? Lorsqu'il sent que je l'ai bien saisi, il la lâche, et attend encore. Je reste là, toujours sans rien faire, et il s'impatiente. De nouveau, il me fait signe, de ses deux mains cette fois-ci. Il veut que j'observe la chose, que je la regarde mieux. Je monte donc ma main – la chose – vers mes yeux. Doucement, lentement, je tourne un peu, pour en observer les différentes facettes. Il me semble en avoir déjà vu, mais mon maître ne m'a jamais parlé de ça. Peut-être n'y en avait-il pas, là-bas ?


-Qu'est-ce que c'est ?

Ma curiosité est attisée. La flamme dans ses yeux brillent plus fort. Son sourire perce sa joue d'une petite ridule, d'une petite virgule. D'étranges, fins, mais jolis sillons partent de ses yeux, dans la peau. Tout son visage s'anime, se déploie sous le contentement. Avec rapidité, il se lève, va chercher dans les livres qui jonchent les étagères. Je n'ose pas bouger du tabouret sur lequel il m'a fait signe de m'asseoir, un peu plus tôt. Je me contente d'attendre, et bientôt il trouve ce qu'il cherche. Un petit livre apparaît, se pose sur le comptoir, sur les plantes en vrac, les babioles. Fait tomber quelques feuilles qui, doucement, tout en légèreté, volettent vers le sol. De nouveau, il me fait signe de venir. Son index se pose sur un mot, posé sur le papier. Mes yeux se plissent tandis que j'essaie de déchiffrer l'écriture. La sienne ?

-Cet... Cetra... Cetraria ?

Je relève les yeux vers lui, alors qu'il applaudit, me signifiant que j'ai bien lu. Je regarde alors la chose, et répète son nom. Cetraria. Il pose alors sa main sur sa gorge, ouvre la bouche.

-C'est pour la gorge ?

Il acquiesce, répète son geste.

-Pour le mal de gorge ? - Il hoche de nouveau la tête, fait mine de tousser. Et pour la toux ?

Son sourire à virgule me signifie que j'ai raison. Il semble ravi. Mon sourire lui répond.

-Et où en trouve-t-on ?

De nouveau, il part dans ses affaires. Il en a tant, et si mal rangées ! Comment arrive-t-il seulement à s'y retrouver ? Le voilà qui revient avec un caillou dans la main. Je ne comprends pas, et me mets à réfléchir, tout en regardant la chose. La Cetraria.

-Elle pousse sur les cailloux ?

Avec ses mains, il mime quelque chose de plus gros. Puis il met ses mains comme pour former un pic.

-Ah, dans la montagne ? Sur la roche ?

Nouveau sourire, nouvelle bonne réponse. Puis il pose la pierre, prend ma sacoche, ma cape, et me met le tout dans les mains, avant de me pousser vers la porte. Ses mains bougent, me font signe de sortir. Je brandis la Cetraria, il hoche la tête. Un même sourire pousse sur notre visage tandis que je me vêts de ma cape, pose ma sacoche sur mon épaule. Il farfouille une nouvelle fois dans ses affaires, en sort un espèce de tissus tout froissé qui ressemble à un chapeau. Puis, sans me prévenir, il me l'enfonce sur la tête, au ras des yeux ; il prend mes cheveux, les mets sous la cape, cape dont il prend les bords, les rabats au mieux. Pour cacher ma poitrine je suppose. Un doigt sur ses lèvres. Silence. Discrétion. Nouveau signe de la main, à plus tard.
Je sors de la boutique par derrière, comme toujours, tête baissée, épaule rentrée. Je marche vite. Je sais par où passer pour croiser le moins de gens possible, quelle rue prendre, pour éviter un traquenard. Heureusement, sa boutique n'est pas très loin de l'une des sorties d'Eroda, et je sors rapidement de la cité.

Je me dirige vers les contreforts des Eolannes, suffisamment loin de la cité pour être tranquille, mais assez prêt pour ne pas avoir à marcher des heures. Lorsque j'estime que le danger est amoindri, j'enlève ce que j'ai sur la tête, ainsi que ma cape – la saison s'étant adoucit, elle ne m'est pas utile lorsque je marche. Finalement, les paroles d'Anathème ont été entendues, puisque j'ai laissé ma robe de côté. Mon nouveau maître ne me laisse jamais sortir habillée en femme, et je comprends pourquoi... Tout est si dangereux par ici, contrairement à ce que j'ai connu. S'il n'existait pas, je serais sans aucun doute partie d'ici depuis longtemps.
Je dois cependant avouer que ce genre d'habit est bien plus pratique pour mes recherches. Je ne sais pas encore sur quelle plante mon choix va se porter aujourd'hui. A la pensée de toutes celles qui se sont ajoutées à mon livre depuis que je suis arrivée ici, un sourire me monte aux lèvres.

Mon pas se fait léger tandis que j'avance. Je crois que j'ai dévié de ma route initiale, car les Eolannes ne sont plus face à moi, mais à ma droite. Peu importe cependant. Il me semble découvrir chaque jour de nouvelles choses en ces lieux qui ne ressemblent pas à ce que je connais. Il n'y a plus de forêt ; les cailloux semblent mieux pousser que les arbres. Les bosquets fourmillent d'une vie que je ne connais pas. Et mon nouveau maître qui ne s'aventure pas au delà des limites de la cité...
Alors, comme ces derniers temps, une fois mon choix fait, je m'assois à même le sol, sors mon livre et un crayon, puis je commence à dessiner la nouvelle plante.
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Theodred Justelame

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MessageSujet: Re: Où le regard porte (Theodred)   Sam 5 Avr 2014 - 17:32

Quatre semaines. Cela fait quatre semaines, à présent, que j'ai quitté les contreforts de Picvaux. Quatre semaines, et au vu de la situation je ne suis pas prêt de rentrer. Fouler les terres de Méridian, braver le danger, libérer cette princesse des eaux. Et tout cela pour quoi ?
" Pour les beaux yeux d'une tentatrice mystique ", m'aurait répondu me cher frère.

Songeur et amusé, je secoue légèrement la tête de droite à gauche. Je suis sorti de la ville ce matin, désireux de me retrouver un peu seul pour réfléchir. Mes compagnons sont restés à Eroda. Certains pour penser à leur décision, d'autres pour chercher le guide qui nous conduira dans le montagnes. La princesse, Elerinna, est allée dans la rivière qui coule un peu plus loin, sans doute pour évacuer sa frustration. Quant à moi je me retrouve, un peu par hasard, en haut de ce rocher. Assis en tailleur, mon épée posée à mon coté, je pense et j'observe.

J'observe ces vastes plaines qui s'étendent face à moi, que je vois pour la première fois et qui pourtant me fascinent : les Steppes d'Akulaha. Si vastes, si sauvages, si mystérieuses, et si dorées. C'est autre chose que nos plaines verdoyantes, parsemées de pâturages et de cultures. L'on dit que seuls des peuples nomades y vivent. Les Mãnchës, si mes souvenirs sont bons. Quelle vie trépidante ce doit être, que de voyager ici et là, au gré du vent, au gré de nos envies. Plus amusante en tout cas que de vivre dans un château.

Un vent léger me caresse le visage, fait voleter mes cheveux, frissonner mon bras. Q'il est agréable, le doux vent de fin Mereth. Je sors tranquillement de mes pensées, et soudain je la remarque. Cette personne assise à même le sol, au bas du rocher sur lequel je me trouve. C'est un homme qui, comme moi sans doute, cherchait un endroit tranquille. Mais plutôt que d'observer ce paysage magnifique, il lit. Que peut-il bien lire de si intéressant ? Je regarde tout autour, il n'y a personne. Il doit-être seul. Je plisse alors les yeux, à la fois curieux et intrigué, et fini par mieux voir. Il ne lit pas, mais il écrit. Ou il dessine, je ne vois pas très bien d'ici. Mais ce qui est étrange, c'est que… Non, c'est bien cela : c'est une femme, et pas un homme. Ses habits m'ont trompés au début, mais cette stature, cette posture. Ou c'est une femme, ou alors c'est un homme fort efféminé. Et tout comme pour la raison de sa présence ici, il n'y a qu'un moyen de le savoir.

Je descends donc de mon poste d'observation, me retrouvant de l'autre coté du rocher, et le contourne pour avoir à nouveau cette autre personne dans mon champ de vision. J'approche alors à pas légers, sans me presser. Plus je m'approche et plus les détails de l'inconnu se font plus clairs, et bien vite je n'ai plus de doute : c'est une femme. Une femme seule, dans un lieu pareil, et vêtue en homme qui plus est. Ce doit être une aventurière, ou une vagabonde.
Herm ! Fais-je, pour lui faire remarquer ma présence.
Je me suis arrêté à quelques mètres derrière elle, assez proche pour être entendu sans avoir à parler fort, et trop loin pour représenter une menace immédiate pour elle.
- Belle journée, n'est-ce pas ? Dis-je d'un ton détaché. Je pensais être le seul à admirer ce paysage. Il vous inspire ?
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Oyoyel Lonàn

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MessageSujet: Re: Où le regard porte (Theodred)   Sam 5 Avr 2014 - 19:27

Plusieurs croquis de la plante commencent à noircirent les pages de mon livre. Je n'ose pas encore toucher la plante, la cueillir. Il faut d'abord que je la découvre, que je la comprenne. Que je me l'approprie. La lenteur du processus a toujours étonné mon maître et, quoi qu'elle ait tenté pour changer ça, rien n'y a fait. Seul Arf'aan a compris le pourquoi de ce temps que je prends. Lui aussi qui m'a appris le dessin, me donnant ainsi un autre moyen de m'approprier ces plantes qui me plaisent tant.
Et les oiseaux aussi... Il avait d'ailleurs trouvé une idée toute simple qui me donnait envie d'apprendre cette magie qu'il pratiquait : essayer d'appeler moi-même les oiseaux pour les faire se poser non loin de moi, et faire en sorte qu'ils restent là, près de moi, afin que je les dessine.

Un léger sourire attendri monte à mon visage tandis que je me rappelle tous les petits tours qu'il avait dû inventer afin de m'intéresser à l'art de la zoomancie. J'avais été une apprentie des plus compliquée, et seul son grand âge avait réussi à lui faire garder une calme patience. Une vague de nostalgie traverse mon cœur à son souvenir.
Il est bien plus difficile d'être forte seule, de ne pas ressentir de tristesse à l'idée de ce que j'ai laissé. Et ces moments de faiblesse sont encouragés par les souvenirs que j'ai de cette nuit avec Anathème. Comme si je faisais exprès de m'en souvenir, pour me paralyser toute seule. Mes pensées dérivent toutes seules alors que je dessine, comme attirées par cette nuit, près de Moilinfier.
A chaque fois que je m'en rends compte, mon crayon reste en suspension et mon regard, qui jusque-là était fixe, se ferme. Je prends quelques secondes, pour me détendre, respirer calmement, fermer mes pensées au mage, qui ne serait que trop heureux de constater que ses actes restent ancrés en moi.

Dure entrée dans le monde que cette rencontre. Ce devait être à ce genre d'actes que mes parents pensaient, lorsque je leur ai dit que je souhaitais partir seule au grès des plantes. Mais il est trop tard à présent pour me reprocher ma naïveté, et j'ai au moins un peu appris de cette expérience.
Pas assez cependant pour rester attentive au monde qui m'entoure. Le nombre de choses qu'il me reste à apprendre me semble immense, bien trop pour ma courte vie.

D'un mouvement vif mais délicat, je me redresse, posant contre ma poitrine mon livre ouvert. Mon cœur se met à battre plus vite dans ma poitrine tandis que la panique me saisit. Il se tient cependant à une distance suffisamment grande pour que je ne me sente pas acculée. Il ne semble pas vouloir bouger pour le moment, et a l'air de...
Badiner ?

J'ai envie de me méfier.
Je dois me méfier. Oui, il faut que je me méfie. Même s'il garde une distance convenable, qu'il parle aimablement.
Un regard autour de nous, afin de vérifier qu'il n'y a personne d'autre, ne me rassure guère, même si cela prouve qu'il ne ment pas. Enfin... Je ne l'avais jusque-là pas remarquer, il se peut donc qu'il y ait d'autres personnes dans le coin.
Cette méfiance nouvelle qui grandit en moi me dérange, d'autant plus qu'elle vient de plus en plus souvent, depuis que je suis arrivée ici. Non, ce n'est pas vrai. Depuis que le mage m'a fait... Ce qu'il m'a fait. Comment peut-il avoir autant d'influence sur moi, alors même qu'il n'est pas là ? Mais que faire alors ?
Commencer par lui répondre peut-être. Apaiser aussi ma poitrine qui se soulève trop vite, bien que cachée par mon livre.

Mais je ne sais pas comment répondre en fait, et le silence s'installe entre nous. Je me contente de le regarder, observant attentivement son visage. Étrangement, il y a quelque chose chez lui qui me fait me détendre légèrement. Ou alors, ça vient de moi. Peut-être que je n'arrive vraiment pas à être méfiante longtemps, et qu'un rien me fait me détendre. Ses yeux, peut-être, ou son intonation, que sais-je...


-Ce sont les plantes qui m'inspirent, dis-je d'une voix basse, rendue douce par mon intérêt pour elles.
Mais le paysage est très beau aussi.

Oui, très beau. Un peu étrange, car si différent de ce que je connais jusque-là.
Sans vraiment le quitter des yeux, je me baisse lentement, et cherche en tâtonnant mon crayon, tombé dans mon empressement à me redresser. Obligée de le lâcher du regard pour le retrouver, mon souffle se fait de nouveau plus rapide. Je panique vraiment pour si peu de chose à présent...
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