AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Vivre sans décevoir [Aradenn]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Aradenn Sûl

avatar

Masculin Messages : 36
Expérience : 5
Age : 20

Feuille de personnage
Personnage:
Âge:
Inventaire:

MessageSujet: Vivre sans décevoir [Aradenn]   Dim 16 Mar 2014 - 16:09

Assis sur le dos de Nero il regardait droit devant lui, l’horizon. Tandis que le soleil se levait à l’est, lui se dirigeait là où il se coucherait, à l’ouest. Cela faisait à peine deux jours qu’il avait quitté Edora et avait prit la route pour une nouvelle vie, vers le royaume des haut-elfes. Il se disait, pour se consoler, que même s’il n’avait pas vécu le drame, le destin et sa soif de découverte l’auraient sûrement mené en ce lieu. Cependant cette pensée lui était en peu de temps devenu presque étrangère. Il ne prenait plus goût à galoper à vive allure à travers les plaines et les champs de fleurs, pour ensuite longer les montagnes. Gravir les hautes collines et balayer le monde du regard, et ne s’arrêtait non pas pour reprendre son souffle mais pour choisir une nouvelle direction.

Durant tout le voyage il avait toujours le regard perdu, dans le vide ou dans ses pensées, se remémorant le passé ou se projetant dans le futur, mais ne se souciant pas du présent. En effet, ses nuits ne lui permettaient pas de tourner la page, mainte et mainte cauchemars qui ne lui laissaient aucun répit depuis des soirs. Le ressentit qu’il avait par moment était tel qu’il vivait dans un perpétuel cauchemar, que ce soit dans son sommeil ou la journée. Il trouvait des allusions à ses parents dans tout ce qu’il voyait, ce qui lui brisait le cœur et le rongait de culpabilité. Ces sentiments nourrissaient la haine d’Aradenn envers les assassins, le commanditaire ou bien toute l’organisation, il ne savait pas vraiment. Tout n’était que peine et douleur depuis qu’il vit son père à terre et sa mère en sang, ce que d’ailleurs, il vit la veille dans son sommeil. La même scène se répétant sous ses yeux sans qu’il ne puisse rien faire, jusqu’à qu’il soit réveillé par son destrier lui tâtant le front perlé de sueur. Après cela il n’avait pas osé se rendormir et marcha un peu aux côtés de Nero.

En fin de matinée, en gravissant une colline il aperçut un maigre cours d’eau dans lequel s’abreuvait un daim. Le vent étant contraire, l’animal n’avait sûrement pas dû entendre ces derniers arriver. Par un étrange instinct, le demi-elfe décrocha doucement son arc, d’une sangle de la scelle, qu’il passa dans sa main gauche. Il tira une flèche de son maigre carquois puis encocha celle-ci, il banda ensuite son arc assez fort pour compenser le courant inverse. Il visa la bête et au moment où elle se redressa, il décocha la flèche dans un vrombissement sec, cette dernière alla se planter dans le large cou du daim qui, malgré ses efforts, tomba au sol, et resta là pris de violent spasme. Il accrocha son arc puis donna un léger coup de talon pour faire avancer Nero jusqu’au gibier, il mit pied à terre en projeta de retirer tout d’abord la flèche. C’était la première fois qu’il chassait quelque chose d’aussi gros, il ne savait donc pas vraiment comment s’y prendre. En effet lorsqu’il tira la flèche, l’animal fut prit d’un spasme violent, ce qui fit sursauter Aradenn, et dans l’élan de son sursaut il arracha le bâton surmonté d’une pointe de fer. Ce qui eut pour conséquence de faire gicler le sang de la plaie, qui éclaboussa le visage du jeune demi-elfe. Lorsqu’il rouvrit les yeux il vit le gibier baignant dans une flaque de sang, ainsi que la dite flèche poisseuse sur ses main ensanglantées. Cette vision lui donna des haut-le-cœur, de ce fait il se tourna en direction du cours d’eau et s’avança vers celui-ci à quatre pattes pour y vomir. Il considéra à nouveau ses mains, la précédente scène lui avait rappelé l’état dans lequel il avait retrouvé sa mère, une flèche dans l’aine baignant dans son sang. Il se lava les mains et le visage avec l’eau fraîche, puis regarda un long moment son reflet dans la rivière à se questionner intérieurement :

« Qui suis-je ? Que suis-je vraiment ? Je ne suis pas un elfe, je n’ai jamais mis les pieds dans leur royaume et la seule elfe que j’ai vu est ma mère. Ma mère que j’ai vu mourir, par la main des hommes, homme que je ne suis pas non plus et qui, de ce fait, me détestent. Est-ce le simple fait que j’existe qui leur fait éprouver autant de haine envers moi ? Ils me haïssent pourtant ils ne me connaissent pas et je ne leur ai causé aucun mal. Pourtant ils mon prit tous ce qui comptait le plus pour moi … »

À cette pensée, des rides se formèrent sur son front il fronça les sourcils, il serra les poings et se mordit les lèvres.

« Certes ils m’ont pris ce qui était le plus chère à mes yeux, alors je prendre ce qui compte le plus pour eux ! Pour leur faire endurer ce que j’ai ressentit puis je les tuerais dans d’atroce souffrance. Je mettrais tout ma haine dans cet acte, alors sûrement je pourrai soulager mon âme du poids de l’amertume. »

Il resta ainsi puis se calma progressivement, jusqu’à ce qu’une légère brise vint lui caresser le visage pour qu’il revienne à lui. Alors il se leva puis fit face au cadavre du daim par terre, à vrai dire il ne savait même pas comment s’y prendre avec ce gibier, ni quelle partie prendre ni comment. Alors il improvisa, il découpa et arracha des lambeaux par ci par là, et à force il se rendit compte qu’il avait perdu l’appétit depuis un moment déjà. Après avoir lavé la viande et la laissé un minimum sécher, Aradenn l’entreposa dans sa petit besace. Enfin il remonta sur scelle après avoir remplie sa gourde, puis repartit au galop en laissant la carcasse aux corbeaux et aux loups.

Le soir du troisième jour, tomba sur les terres neutres. Profitant des dernières lueurs du crépuscule, Aradenn alluma un petit feu pour y cuire la viande du daim de la matinée. Ensuite il resta là assis à regarder le foyer devant lui en réfléchissant, jusqu’à que le sommeil veuille bien le prendre. En effet il s’endormit à même le sol et un fois encore il eu une nuit agitée. Cependant cette nuit ce qu’il vu ne ressemblait pas vraiment à cauchemar ni même à un rêve. En effet il voyait et entendait ses parents lui parler, lui dire des mots qu’il lui avait déjà dit de leur vivant. Au moment où il se réveilla la phrase qui résonna dans sa tête était :

« Vie pour nous. »

Il rumina ces mots tout la matinée, la tournant dans tout les sens dans sa tête jusqu’à qu’une larme coula le long de sa joue. Il s’exclama à haute voix cette fois, chose qu’il n’avait faite depuis un moment, avec conviction et une légère pointe de fierté :

« Oui, je vivrai ! Pour vous je vivrai avec l’honneur d’être le fruit de votre union et pour tous ceux qui ont péris de la main de ces assassins. Je vivrai tant qu’eux vivrons. Je vivrai tant que la paix n’aura pas apaisée mon âme. Père, mère je vivrai et ne vous décevrai pas. »

Il n’aurait jamais imaginé à quel point ces paroles auraient allégé son cœur meurtrit par la haine et le chagrin. Sur ce, il partit au triple galop lorsqu’en début d’après midi il aperçut la frontière de Fildor. Il eut quelque frisson en la voyant, d'une part d'excitation et d'autre part de mauvaise appréhension de ce qui allait se passer.
Revenir en haut Aller en bas
 
Vivre sans décevoir [Aradenn]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Mercredi - 18h30] Je peux pas vivre sans lui.
» Vivre sans but, c'est naviguer sans boussole. (Persy)
» Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. Vivre sans espoir c’est cesser de vivre. PV Amy
» (F) Sans toi, je ne saurais pas vivre (bestfriend)
» Les religieux s'unissent

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nûmendor :: Le Sud :: Terres Neutres-
Sauter vers: