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 Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]

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Fineldor Elwëndrion

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MessageSujet: Re: Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]   Lun 31 Mar 2014 - 22:09

Depuis la nouvelle qu'avait rapportée la petite esclave, la compagnie de hauts-elfes n'avaient guère trainée. Partie de la frontière d'Archiadia, elle avait cheminée sans relâche en direction des terres neutres et de Marfort. Le haut-elfe qui menait cette petite troupe avait hâte d'arriver là-bas, et de pouvoir enfin en terminer avec toute cette histoire. Cela faisait maintenant plusieurs semaine, depuis le jour où il avait surpris cette jeune elfe vêtue de haillons, rôdant dans sa bibliothèque, à la recherche d'un ouvrage traitant de la magie sombre. Il lui avait fallu le temps pour comprendre qui elle était, d'où elle venait, et surtout pour acquérir sa confiance. Mais maintenant, il s'estimait responsable d'elle. Et lorsqu'elle lui avait appris qui était son maitre, et où il était, il ne lui avait pas fallu longtemps pour décider de se rendre là-bas, et négocier coûte que coûte la libération de la petite Macabre. Venant d'un elfe un peu fortuné, ce geste n'avait rien de surprenant. Mais celui qui avait décidé de prendre en charge la jeune esclave, et de la libérer, était bien au-dessus de cela. Il était un seigneur, siégeant au conseil princier de Fildor... et potentiellement bientôt à la tête de Fildor.

Ainsi Fineldor Elwëndrion avait pris la route, accompagné de Macabre, la petite esclave en question, dont il ignorait encore le véritable nom. Accompagné de Nandelion, l'un de ses fidèles conseillers, et d'une solide escorte armée, il avait pris la direction de Marfort depuis plusieurs jours. Le voyage se déroulait bien, les humains des terres neutres ayant assez de sagesse pour ne pas s'interposer devant pareil équipage. Et même s'ils l'avaient voulu, ils leur auraient fallu être bien nombreux pour le pouvoir. Car les apparences étant trompeuses, les plus dangereux n'étaient certes pas les soldats, mais bien les trois magiciens qu'étaient Fineldor, Nandelion et Macabre.

Après un long chemin, la petite troupe parvint enfin à Marfort. S'ils n'y trouvèrent pas l'ancien maitre de la petite esclave, il ne leur fut guère compliqué, après quelques questions aux bonnes personnes, de retrouver sa trace. Chose étonnante, les sombres étant d'habitude plutôt discrets sur ce genre de détail, surtout d'après ce que la jeune elfe avait pu dire. Sans doute était-il pressé... voir même paniqué? Avait-il pu apprendre leur présence? Ils ne l'avaient guère cachée, à vrai dire. Mais au fond, qu'est-ce que ça changeait? Il fallut encore questionner quelques individus, et se montrer parfois persuasifs, pour apprendre qu'un sombre influent avait loué une villa, apparemment plutôt bien isolée, pas très éloignée de la ville. La petite troupe étant arrivée en tout début de matinée, ils reprirent donc rapidement la route et arrivèrent sans encombre au lieudit.

Lorsque la demeure fut en vue des elfes, Fineldor fit stopper la petite troupe. Il distribua quelques consignes de prudence. Si les sombres n'étaient pas du genre à tuer sans raison, la seule présence de Macabre pouvait suffire. Aussi demanda-t-il à ses soldats de se tenir prêts, les sens aux aguets. Et lui-même était à même de pouvoir les protéger le plus rapidement possible avec quelques-uns de ses sorts. Pourtant, aucune attaque ni embûche ne vint les arrêter jusqu'à ce qu'ils furent devant la demeure. Un serviteur armé était présent à côté de l'entrée. Mais ayant attentivement observé les alentours, les hauts-elfes devinèrent aisément que la maison était beaucoup plus fortement gardée.

«Manifestement celui qui a loué cette demeure ne souhaite pas être dérangé. La maison semble fortement gardée. Après tout, ce sont des sombres...»

Haussant un sourcil, le seigneur haut-elfe tourna légèrement la tête vers son conseiller.

« Et nous sommes des hauts-elfes. Nous aurions pu être des nains que cela n'aurait rien changé, d'autant que je n'ai guère besoin de cours sur les peuples existants. Maintenant si tu n'as pas d'autre remarque, j'entends mener cette négociation au plus vite.»

Descendant de leur monture, ils se dirigèrent en ordre vers l'entrée, Fineldor à leur tête dans une belle tunique brodée de bleu et d'argent. Lorsqu'il parvint devant le serviteur, celui-ci lui fit comprendre qu'ils ne pouvaient entrer. Le seigneur haut-elfe redressa la tête et toisa de haut l'imprudent.

« Ne dit pas d'idiotie, serviteur! Je suis ici pour rencontrer ton maitre, même si je doute qu'il soit au courant. Cours donc le prévenir, à moins que tu ne préfères essuyer son courroux après avoir subi le mien. Dis-lui bien que Fineldor Elwëndrion, descendant des Elwëndrion, conseiller princier de Fildor et noble seigneur haut-elfe souhaite le rencontrer pour une affaire urgente!»

Déconcerté, le serviteur bredouilla quelques mots incompréhensibles devant une telle assurance. Poussant un soupir, Fineldor passa l'entrée, sans plus tenir compte de l'interdit. Lorsqu'il entra dans la salle, accompagné uniquement de Nandelion et de Macabre, il eut la surprise d'assister à une scène plutôt inattendue. Un sombre, visiblement mal en point et ayant été battu, était étalé sur le sol. Un garde nain, une lame à la main, se tenait au-dessus de lui, dans une position telle qu'on pouvait supposer qu'il allait décapiter sa victime. Assis sur un confortable sofa au fond de la salle, un autre sombre, richement vêtu et à l'attitude ne laissant guère de doute sur son rang, observait la scène. A ses côtés, une elfe apparemment aussi jeune que Macabre se tenait debout, le regard indifférent. C'était d'ailleurs la seule à ne pas avoir vraiment réagi à l'intrusion, les trois autres observant les hauts-elfes de diverses manières, celui sur le sol manifestement focalisé sur la petite esclave. Gardant tout son aplomb, Fineldor esquissa un petit salut rapide avant de reprendre son attitude digne et empreinte de noblesse.

« Toutes mes excuses pour cette interruption dans vos affaires, messire, mais je crains que votre serviteur n'ait été incapable de transmettre la requête que je lui ai faite il y a quelques instants, aussi ai-je pris la liberté d'entrer. Toutefois, l'instant semble mal choisi pour entamer l'affaire qui m'amène en ce lieu, aussi souhaitez-vous que je vous laisse terminer celle-ci?»
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Macabre

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MessageSujet: Re: Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]   Dim 6 Avr 2014 - 0:00

Le trajet s'était déroulé sans encombres. Voyager sans avoir à se cacher était des plus étranges pour Macabre. Habituellement, elle évitait toute population, elle ne s'arrêtait qu'en pleine nature et n'allumait jamais de feu pour ne pas être repérée. C'était pourquoi elle n'avait jamais appris à en faire. De toute manière, elle avait la magie pour cela. Elle avait d'ailleurs une fois surpris le groupe en lançant une petite boule de feu vers le tas de bois qui avait été préparé pour réchauffer le repas. Plusieurs gardes s'étaient relayés pour user de leur briquet mais sans succès et, si elle savait être patiente dans son "métier", elle ne l'était pas vraiment le reste du temps. Ses pouvoirs d'ombre étaient connus mais pas ceux de pyromancie. Ceux de kataramancie non plus d'ailleurs...

Si son apparente froideur rebutait toujours les esprits de la plupart des elfes qui l'accompagnait, cela n'avait pas entamé leur volonté. De plus, chacun y allait de son petit geste d'attention à son égard et poursuivait même si son acte bienveillant ne recueillait qu'un regard de méfiance mêlée d'incompréhension. Malgré les semaines passées, Macabre ne parvenait pas à s'habituer et encore moins à comprendre l'attitude de ses compagnons envers elle. Il faudrait probablement des mois pour que ce que Don'dar lui avait fait ne commence à s'effriter peu à peu. Mais encore fallait-il que quelqu'un ne sache ce qu'il lui avait fait précisément et comment...

Ainsi, le groupe finit par arriver à Marfort sans encombre. A peine arrivé, Fineldor fit encore démonstration de sa détermination sans faille en faisant immédiatement quérir des informations sur l'endroit où trouver l'horrible sombre, tâche qui fut des plus aisées. Visiblement, ce dernier avait commis un certain nombre d'erreurs en chemin, ce qui prouvait l'état de panique dans lequel il était en voyant que son esclave ne revenait pas. Il devait réellement être en fâcheuse posture...
Mais Macabre ne s'inquiétait pas pour lui. Elle redoutait davantage le fait de le revoir, tout simplement. Une chose était sûre, ce n'était pas Don'dar qui avait loué la demeure vers laquelle les trois mages se dirigeaient car il n'en avait tout bonnement pas les moyens. La plupart de ses biens avait été obtenu grâce à son allégeance envers un autre sombre, bien plus important. Assez pour conclure des accords avec un ex-triumvir. Le fait même qu'il se soit rendu à Marfort était le signe que quelque chose -ou quelqu'un- l'avait attiré ici car il ne s'agissait pas de l'une de ses destinations habituelles.

Fineldor força le passage devant le domestique et entra. La jeune elfe le suivit, ainsi que Nandelion. Ils arrivèrent ainsi dans une salle où se trouvait déjà un petit groupe assez hétérogène et Macabre ne manqua pas de vite repérer son maître.
Le regard de Don'dar survola très brièvement les deux elfes avant de se figer sur la femme qui les accompagnait. Propre, bien habillée et quelques kilos en plus, il lui fallut une seconde pour la reconnaître mais, lorsque cela fut fait, il vit rouge.

TOI ?!!!

Le sombre était prêt à lui sauter à la gorge mais fort heureusement le nain veillait et ne manqua pas de le remettre à sa place.
En voyant son maître, Macabre s'était figée et elle resta ainsi prostrée quelques instants. Bien sûr, elle s'était préparée à le voir, mais pas dans cette posture. D'autant qu'il y avait fort à parier que c'était de sa faute. Qu'il meurt lui importait peu mais ses réactions étaient conditionnée par la peur des représailles et l'ascendance que le sombre avait sur son esprit. Ces négociations ne devaient pas échouer sans quoi elle n'était pas sûre de s'en sortir vivante tant la colère de son maître serait terrible et difficile à étancher.
Si Don'dar n'avait pu se lever, il demeurait toutefois dans une rage noire et ne pu s'empêcher de déverser une partie de son venin sur son esclave qui l'avait trahie et ne manquerait pas de le payer.

Sale chienne ! QU'AS-TU FAIS ?!

Là, l'impassibilité de la petite elfe fondit comme neige au soleil. Elle détourna vivement le regard qu'elle avait osé poser sur son maître et se détourna légèrement sur le côté. Pour peu que ses deux compagnons le remarquent, ils pourraient lire sur son visage une peur indescriptible et -dans cette situation- totalement irrationnelle. C'était une chose de voir sa peur de son maître alors qu'il se trouvait à des lieues d'elle et de l'observer en situation réelle. Cela dépassait probablement tout ce qu'ils avaient pu voir jusque là.
Mais, quoi qu'il arrive, tout serait fini pour elle d'ici la fin de la journée. Soit elle repartait libre, soit elle demeurait esclave, avec la possibilité de ne pas voir le prochain soleil se lever.
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Livyalën

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MessageSujet: Re: Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]   Dim 6 Avr 2014 - 19:59

Après une longue et mouvementée descente vers le Darshim, la haute-elfe et son maître remontaient désormais vers le nord, le sombre ayant terminé ses affaires à Ithilian. Encore plusieurs jours de route et Liv retrouverait la salle où elle avait pour la première fois repris les armes depuis cinq ans, sa petite chambre et les appartements de son maître avec sa cheminée. Pas que cela lui manquait, non, mais dans le fond elle préférait cela à la chaleur étouffante du Darshim. Et puis comme ça cela évitait trop de changements, ce qui n'était pas plus mal pour elle qui avait besoin d'avoir son petit monde a portée de cailloux. Ainsi donc, ses cinq petites pierres toujours dans sa poche, l'elfe avait suivi son maître non plus en tant que simple esclave mais en tant que garde du corps jusqu'à Marfort où il avait loué une résidence excentrée de la ville et, en cette journée ensoleillée, se tenait debout auprès de celui qu'elle protégeait. Comme à l'accoutumée ses longs cheveux blonds pendaient librement jusqu'au milieu de son dos, un peu désordonnés, et son visage restait de marbre devant la scène qui se déroulait devant ses yeux.

Haldren n'était pas content, c'était le cas de le dire. Son visage était plus crispé qu'ordinairement et le ton de sa voix était loin d'être aussi doux et posé que lorsqu'il se laissait à lui raconter des histoires, son histoire parfois même, ou bien comme la fois où il lui avait fait découvrir une façon de "savourer la vie". Une façon qu'elle trouverait certainement toujours assez étrange mais qui avait soudé un lien encore plus fort que les deux elfes ne l'avaient tout d'abord pensé. Elle ne savait pas encore à quoi cela correspondait exactement mais elle ne pouvait nier ce fait, ce qui était déjà une chose. Quoi qu'il en soit, à cette heure-ci son esprit n'était pas à l'imaginaire, son cœur ne pensait aucunement à de la tendresse et sa face ne laissait aucunement montrer ce qu'elle ressentait concernant cette colère qui prenait son maître ; elle ne l'aimait pas. N'étant là que pour assurer la sécurité du sombre, ce qui revenait en fort peu de choses pour l'occasion, Livyalën regardait le dénommé Don'dar se faire battre pour avouer une vérité déplaisante tout en servant de temps à autres un verre de vin à l'ambassadeur.

Haldren la regarda un instant, comme pour essayer de savoir si cette situation la dérangeait. Il ne fut visiblement pas surpris de ne pas pouvoir lire grand chose en elle et, reposant son verre, il retourna s'asseoir. Comme si ce geste signifiait toujours la même chose, le nain qui quelques instants auparavant avait fait crier le fameux Don'dar s'avança vers lui, arme à la main, prêt à accomplir une besogne que la jeune elfe aurait peut-être eu du mal à accomplir, voire même aurait refusé de le faire, elle n'en savait trop rien elle-même.

C'est alors qu'entra dans la salle un trio aux oreilles pointues fort inattendu : un haut-elfe encore assez jeune adulte, un haut-elfe plus vieux et... une haute-elfe devant être de la même tranche d'âge qu'elle. Tout de suite dans la pièce les faits et gestes s'arrêtèrent, démontrant l'étonnement qu'engendrait l'arrivée. Enfin, pour les autres... Liv elle restait de marbre, le seul qu'elle daigna esquisser étant de porter la main à la garde de son épée.


"Toutes mes excuses pour cette interruption dans vos affaires, messire, mais je crains que votre serviteur n'ait été incapable de transmettre la requête que je lui ai faite il y a quelques instants, aussi ai-je pris la liberté d'entrer. Toutefois, l'instant semble mal choisi pour entamer l'affaire qui m'amène en ce lieu, aussi souhaitez-vous que je vous laisse terminer celle-ci ?

La première réponse que l'elfe aux habits soyeux et à l'air tout aussi "normal" pour un haut-elfe que faire se pouvait ne vint pas d'Haldren mais du sombre étendu sur le sol qui, si ses yeux ne la trompaient guère, avait viré au rouge. Enfin, pour parler dune réponse... Disons plutôt qu'il s'était mis à hurler sur l'étrangère comme un goret, ce qui n'était nullement propice à toute discussion. Parce que son maître se devait de répondre à la question, en son sens, même si ce n'était pas forcément ce qui allait se produire. Alors, quoiqu'elle aurait certainement dû demander une quelconque permission avant, elle lança de sa voix chantante mais tout aussi implacable, sans pour autant quitter son impassibilité apparente et le haut-elfe des yeux :

-Ce n'est pas à toi qu'il parlait."

Liv n'ayant aucunement pris la parole depuis l'arrivée de Don'dar, celui-ci fut fort surpris d'entendre ce qui ressemblait bien à un ordre déguisé. Surtout de la part d'une jeune fille... Enfant qui ne souciait que de peu de choses, à vrai dire, même si après coup elle se demandait si son maître n'avait pas mal pris sa prise de parole... Elle n'aimait pas le voir en colère.
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MessageSujet: Re: Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]   Mar 8 Avr 2014 - 15:32

Dire que je fus mécontent d’être interrompu est un doux euphémisme, mais moins que de dire que mon mécontentement s’aggravait à l’idée d’être vu en compagnie de Don’dar. Décidemment, on ne peut pas se fier aux truands de petite envergure qui sortent des cloaques de Ctholl’rak. Non content d’échouer dans sa mission, voilà qu’il avait réussi à se faire suivre jusqu’ici, car je voyais mal sinon comment ces elfes auraient bien pu trouver cette villa isolée. Et si j’avais eu le moindre doute sur le lien entre eux et le Menhvär, l’exclamation de fureur de ce dernier à leur vue aurait suffit à me les ôter. Point de doute, il connaissait la jeune elfe qui tentait de se cacher dans un trou de souris, bien que la nature de leur lien ne m’apparaissait pas encore clairement. Quoi qu’il en soit, mieux valait donner le change le temps d’en apprendre plus.

Au Dharshim, il est d’usage de se faire annoncer au lieu de forcer la porte des honnêtes gens. D’abord ce voleur qui tente de s’introduire chez moi par effraction, et maintenant vous. Dois-je attendre pour la suite une horde d’Aërthes ?

Mon regard était fixé sur l’elfe qui menait la délégation, un elfe dont j’avais déjà entendu parler et dont je connaissais fort bien l’importance. Sa présence dans les terres neutres ne laissait pas de me surprendre de la part d’un grand seigneur comme Fineldor Elwëndrion. Inutile en tout cas de jouer au plus fin avec lui et de nier mon identité, ce serait un jeu aussi stupide que vain, car celui là faisait partie des « sachant ».

Concernant les informations politiques, je classais les gens en trois catégories. La première, celle des « ne sachant pas » regroupait la masse de la plèbe, les vils croquants qui grouillaient en bas de l’échelle sociale et qui ne comprendraient jamais rien à ceux qui, de leur palais, décidaient de leur vie ou leur mort. Ces pitoyables insectes comptaient pour rien à mes yeux, les forces armées et l’autorité suffisant à les tenir en laisse. Certes, on trouvait aussi parmi cette catégorie des gens plus aisés, artisans ou commerçants, mais qui ne s’intéressaient tout simplement pas à la politique. Livyalën, à titre d’exemple, désormais esclave personnelle et amante d’un ambassadeur, ne pouvait plus être comparée à la masse grouillante des esclaves. Pour autant, elle ne m’avait jamais interrogé sur ma carrière ni cherché à en savoir plus, se contentant de notre relation. Elle faisait toujours partie des « ne sachant pas » mais par choix personnel, et non plus par contrainte. Différence subtile pour le philosophe, d’aucune importance pour le politique.

Venait ensuite les « croyant savoir », où je classais les marchands, courtisans, et autres parasites se targuant de comprendre les arcanes du pouvoir. Du tavernier écoutant les racontars au barbier méditant sur les luttes du palais, j’avais trouvé là mes plus fermes soutiens durant mes années à la tête du Dharshim. Riant de ces imbéciles utiles qui se gargarisaient de la plus petite information récoltée sans jamais voir le tableau d’ensemble, je me servais d’eux, leur lâchant suffisamment de grain pour qu’ils me croient ralliés à leurs intérêts. De fait, rares se trouvaient être les personnes que je méprisais plus que ces courtisans faisant antichambre, s’accrochant à l’aura des nobles dans l’espoir de briller un peu eux-mêmes. Des ratés ! Des perdants, juste bon à jouer le rôle de suiveur. Mais quelle dictature pourrait perdurer sans cette masse fanatique prête à croire la parole du chef ? Pas celle que j’avais institué, en tout cas…

Enfin, les « sachant », autrement dit le petit cercle de ceux qui non seulement voyaient la réalité du pouvoir mais en comprenaient les ressorts cachés. Du secrétaire confident d’un noble au maître de guilde ou au prince, ces gens là influençaient réellement le monde et ne s’en laissaient pas aisément compter. Et au contraire des deux autres catégories, les « sachant » n’ignoraient pas, pour la plupart, mon passé et mon rôle de Triumvir durant le septième siècle. Dès lors, il m’aurait fortement étonné que le prėtendant au trône de Fildor ne sache pas exactement à qui il avait affaire, bien que les raisons de sa venue restaient pour moi un mystère. S’il souhaitait me rencontrer, un émissaire à Méridian aurait amplement suffit, et je ne pensais qu’il soit venu animé de mauvaises intentions. Outre qu’un prince elfe ne joue pas les assassins, des intentions belliqueuses ne s’embarrassent habituellement pas de paroles préliminaires. Sans doute allais-je en apprendre plus dans les prochaines minutes.


Quelle affaire peut-elle bien se révéler suffisamment importante pour amener le futur prince de Fildor à s’aventurer aussi loin de chez lui ?
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Fineldor Elwëndrion

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MessageSujet: Re: Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]   Mar 22 Avr 2014 - 10:30

L'entrée quelque peu inattendue et fracassante de la délégation elfe avait générée des réactions variées. Le sombre étalé sur le sol observa leur petit groupe un instant. Il ne prit guère le temps de détailler Fineldor ou Nandelion. En revanche, lorsqu'il vit Macabre, il eut quelques secondes d'hésitation stupéfaite, avant de rugir sur celle-ci. La manière dont il s'adressait à elle ne laissait guère de doute. Si ce n'était pas son maitre, c'en était là quelque très proche acolyte. Mais il y avait plus fort à parier sur la première solution. Alors que le nain le maintenait fermement pour l'éviter de bondir, l'elfe qui se tenait aux côtés de l'autre sombre lui intima d'une voix très ferme de se taire. Quoiqu'intrigué, le seigneur haut-elfe n'en laissa rien paraitre. Il n'était pas là pour s'occuper de toutes celles de son peuple. Pour le moment, l'objectif était bien clair. Il remarqua alors que Macabre semblait bien mal encaisser tout cela. Elle avait détourné le regard, et était en proie à une peur intérieure, un combat qui recommençait, qu'elle pensait avoir gagné, mais les dernières semaines devaient probablement voler en éclats à cet instant. Après un petit signe de son seigneur, Nandelion attira la jeune elfe à lui pour la rassurer, murmurant à voix basse que tout irait bien, et qu'ils ne la laisseraient pas tomber, devraient-ils affronter le sombre et sa garde entière.

Le dernier protagoniste de cette étrange scène, quelque peu contrarié de cette irruption dans ce qui semblait être sa demeure, avait une attitude qui ne laissait guère de doute. Du moins, pour quelqu'un rompu aux usages des grands de ce monde, sachant déchiffrer le moindre petit signe. Les gens moyens pensaient que les nobles, les rois et autres personnes d'importance savaient garder leur impassibilité en toute situation. Ce qui était bien sûr faux. Disons qu'ils savaient la dissimuler au mieux. Mais ceux qui avaient l'habitude de les côtoyer savaient distinguer l'état d'esprit global d'une personne de son rang. Et lui était manifestement contrarié, sans être aussi colérique que son confrère étalé sur le sol. Bien qu'il eut pris soin de se renseigner quelque peu avant son arrivée, il n'avaient que très peu d'informations sur celui qui lui faisait face. Haldren Baenfere de son nom, ancien dirigeant des siens, les Triumvir comme on les nommait, et désormais... Désormais quoi? Il n'en savait pas grand-chose.

Au Dharshim, il est d’usage de se faire annoncer au lieu de forcer la porte des honnêtes gens. D’abord ce voleur qui tente de s’introduire chez moi par effraction, et maintenant vous. Dois-je attendre pour la suite une horde d’Aërthes ?

Voilà bien la phrase qui confirmait ses soupçons. Une rencontre inattendue dans un lieu inattendue, suffisamment pour blâmer les méthodes utilisées. Surtout que ce n'étaient pas celle que le haut-elfe avait l'habitude d'employer. Mais enfin, à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Constatant qu'il n'y avait guère de siège pour lui et ceux qui l'accompagnait, il dut se résoudre à rester debout pour le moment.

« Je comprends bien votre contrariété, et m'en excuse. Mais je crains de n'avoir pu faire autrement. Ce "voleur" comme vous dites, semble travailler pour vous d'après mes informations. Et étant donné qu'il n'était guère enclin à se faire contacter lui-même, j'ai hélas dû remonter jusqu'à vous, sans savoir jusqu'alors qu'il s'agirait d'une personne de votre importance. Toutefois, je doute que nous ayons été suivis, j'ai pris mes précautions pour cela.»

Jetant un œil rapide à Nandelion, toujours occupé avec Macabre, il prit conscience qu'une personne de cette importance aurait probablement mieux à faire que de discuter du simple prix d'une esclave. Pourtant, il en possédait lui-même une qui se tenait à ses côtés. Que devait-il en penser? Le seigneur Baenfre ne pouvait l'éconduire comme un simple domestique, mais rien ne l'empêchait de refuser toute discussion sur cette affaire. Fineldor savait qu'il avait en quelque sorte joué le tout pour le tout. Légalement, si toutefois le terme était approprié pour une esclave des sombres enlevée sur le territoire haut-elfe, Macabre appartenait à l'ex-Triumvir. Lorsque ce dernier chercha à connaitre la raison de tout ce chamboulement, le haut-elfe prit le temps de peser ses mots.

« Je crains ne pas pouvoir être désigné comme futur prince pour le moment. Mais votre manifeste confiance en cela me fait honneur, seigneur Baenfre. Quant à l'affaire qui m'amène ici, vous aurez compris qu'elle concerne le voleur qui se tient à vos pieds, ainsi que celle qui fut la cible de sa fureur il y a quelques instants. Toutefois, pardonnez ma hardiesse, mais je souhaiterais que nous en discutions à l'abri de certaines personnes, notre affaire devant prendre quelques temps et, je pense, pouvant vous intéresser plus que vous ne vous y attendez.»

Souhaitant ne pas froisser son homologue sombre ni être mal compris, il désigna d'un regard presque appuyé le sombre et le nain qui se tenaient entre eux.
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MessageSujet: Re: Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]   Lun 28 Avr 2014 - 12:41

Les apparentes excuses de l’elfe ne manquaient toutefois pas de petites piques bien senties quant au fait que Don’dar travaillait pour moi. Fondamentalement, tel n’était d’ailleurs pas le cas, dans le sens où Don’dar ne faisait pas partie de ma domesticité ni de ma garde. Il fallait plutôt le voir comme un sous-traitant, une relation d’affaire temporaire apte à régler certains problèmes qui pouvaient se poser sans pour autant se mêler réellement de mes affaires. Bon, admettons… oui, il travaillait pour moi, mais ce n’était pas pour autant une raison pour l’admettre en public.

Je ne sais d’où viennent vos informations, mais je pense que vous vous méprenez.

Bien que je tournais le problème dans ma tête depuis l’irruption des elfes, je voyais mal comment expliquer leur présence. Oh, certes, que Don’dar se soit attiré les foudres de Fineldor et des siens pouvait se comprendre, le pendard étant peu recommandable et devant mener des larcins aptes à fortement agacer les propriétaires du butin visé. Mais de là à ce qu’un seigneur d’un rang aussi élevé se déplace aussi loin de chez lui, avec tous les risques que cela entrainait, il y avait un pas. S’il souhaitait mettre la main sur Don’dar, des mercenaires ou autres chasseurs de primes auraient amplement suffit. Décidemment, l’affaire devait être plus compliquée qu’il n’y semblait et l’absence de témoins pour la suite semblait préférable.

Me levant, je fis signe tant à mes gens qu’aux elfes de sortir.


Laissez-nous. Je dois parler seul à seul avec le seigneur Elwëndrion.

Croisant le regard du nain, je regardais ensuite Don’dar, qui marmonnait à voix basse des injures contre la jeune elfe. Comprenant mon intention, le garde traina sa proie comme un vulgaire sac de patates en direction de la pièce où l’attendaient ses frères d’armes. Tant que je ne comprenais pas les dessous de cette affaire, je ne comptais pas permettre aux elfes de mettre la main sur le prisonnier. Un autre regard fut pour Livyalën, mais dans l’immédiat ses talents n’étaient pas requis. Elle sortit donc avec les elfes, sans doute pour les garder à l’œil. Détournant mes pensées d’elle, je revins à mon « invité », qui seul demeurait dans la pièce avec moi.

Bien, et si vous m’expliquiez maintenant les raisons de votre venue et de l’intérêt que vous portez à ce Sombre ?

Ne souhaitant pas paraître malpoli, je servis deux verres du vin que je dégustais avant le début de cette affaire et en tendit un à l’elfe. Me rasseyant dans mon fauteuil, je laissais Fineldor poser ses augustes fesses princières sur un sofa douillet. Car oui, des fesses princières sont beaucoup plus fragiles qu'un derrière prolétaire, noblesse oblige !
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Fineldor Elwëndrion

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MessageSujet: Re: Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]   Lun 2 Juin 2014 - 11:31

Réfutant encore une fois les dires concernant la possible association avec le "voleur" étalé sur le sol, le sombre semblait désormais un peu perplexe. Sans doute se demandait-il pourquoi une personne comme lui s'était déplacée en personne? En premier lieu, parce qu'il aimait régler les affaires importantes lui-même. Certes, il pouvait envoyer des femmes et hommes tout aussi compétents que lui mais, au final, il aimait superviser lui-même certaines affaires. Son principal défaut, disaient certains. Lui voyait cela comme une garanti de bien faire, et le fait qu'il ne pouvait se retourner que contre lui-même en cas d'échec. Car s'il était désormais noble (et avait toujours appartenu à cette classe-là), il n'en oubliait pas pour autant son passé, où il avait appris à agir rapidement et efficacement. Une décision hâtive pouvait avoir de très mauvaises conséquences; une décision tardive pouvait parfois être pire.

Se levant, le seigneur Baenfere demanda à chacun de sortir et de le laisser seul avec son invité imprévu. Hochant de la tête à l'encontre de Nandelion, Fineldor lui fit comprendre qu'il pouvait lui aussi quitter la salle. Il lui glissa malgré tout quelques mots en lui demandant de veiller sur Macabre quoiqu'il arrive, et faire en sorte qu'elle ne retombe pas. Du côté de l'entourage du sombre, le nain, après un regard de son maitre, traina le "voleur" sans ménagement. Le haut-elfe eut d'ailleurs un regard presque satisfait: s'il s'agissait bien là de l'ancien maitre de Macabre, il ne faisait que récolter ce qu'il avait semé. Quant à la jeune elfe qui n'avait guère bougée jusqu'alors, elle sortit elle aussi, sans un mot. Elle avait décidément quelques points communs avec la petite Macabre. Mais semblait bien mieux traitée, malgré tout. Enfin, le sujet n'était point là pour le moment.

Bien, et si vous m’expliquiez maintenant les raisons de votre venue et de l’intérêt que vous portez à ce Sombre ?

Offrant à l'elfe de s'asseoir sur un sofa confortable, le sombre reprit sa place et versa deux verres de vin, dont il tendit l'un vers son invité. Acceptant le présent, Fineldor resta tout de même méfiant. Si celui qui lui faisait face n'avait à priori aucun intérêt à lui nuire, il n'en restait pas moins un ancien dirigeant de son peuple. Et ces individus, les Triumvir, étaient réputés pour se débarrasser de toute contrariété. S'installant confortablement, le verre à la main, Fineldor laissa le silence planer un instant avant d'envisager une réponse. Il fallait peser ses mots.

« A dire tout à fait vrai, mon intérêt n'est pas réellement porté sur ce sombre. L'affaire qui m'amène ici concerne une autre personne dont cet individu se désignait jusqu'alors comme le propriétaire. Une esclave, en somme. Vous n'êtes pas sans savoir que si nous ne pratiquons guère l'esclavage, ce que font les peuples comme le vôtre ne nous regarde pas. Chacun est libre de faire ce que bon lui semble, tant qu'il ne nuit pas à son voisin, n'est ce pas?»

S'enfonçant un peu dans le fauteuil, le haut-elfe marqua une pause. Les paroles suivantes risquaient fort de déplaire.

« Malheureusement, concernant l'affaire qui m'amène, il se trouve justement qu'une nuisance s'est présentée à moi. Vous avez dû, je n'en doute pas, remarquer la jeune elfe qui m'accompagnait. Celle-ci était, jusqu'à il y a peu, la propriété du "voleur" que vous avez "capturé". Il se trouve que son esclave s'est introduite chez moi, sur ordre de son maitre, pour y dérober un ouvrage plutôt particulier. Bien évidemment, j'ai pu apprendre que cet ouvrage n'était pas destiné directement à son maitre mais à un client bien plus fortuné, et qui surtout pouvait avoir un quelconque intérêt dans un tel ouvrage. Le hasard fait que j'ai donc suivi le dénommé Don'dar jusqu'à cette demeure, où il s'est rendu précipitamment semble-t-il...»

L'accusation était à peine voilée. Et la conclusion facile. Pourtant, il ne l'avait pas clairement énoncée pour le moment. Simplement parce qu'il ne pouvait l'affirmer avec certitude. face à un individu comme Haldren Baenfere, mieux valait être sûr de ce que l'on avance. Tout comme il n'aimait pas lui-même qu'on le dérange avec des suppositions.

« Mais qu'importe au final la raison de la présence de cette esclave chez moi. Le fait est qu'elle est responsable d'une nuisance à mon encontre que je n'aurais su laisser passer. Toutefois, et si ma mémoire est bonne, je sais qu'il est possible de pouvoir acheter les esclaves au sein de votre peuple. Je suis donc ici pour négocier l'acquisition de la jeune esclave elfe qui m'accompagne. Il va sans dire que je ne partirai pas les mains vides après un si long chemin. Il semble que le dénommé Don'dar ne soit pas en mesure de mener l'affaire. Puis-je donc envisager de m'en occuper avec vous?»

L'affaire était énoncée. La question était la suivante: Le puissant sombre qui lui faisait face allait-il mener l'affaire lui-même? Fineldor avait pris soin d’emporter de quoi négocier mais... Cela suffirait-il?
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MessageSujet: Re: Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]   Jeu 5 Juin 2014 - 12:06

Décidemment, la tentative de vol ne passait dans le gosier de l’elfe qui remettait à nouveau le sujet sur le tapis. A moins que cela ne vienne de l’impossibilité pour lui de châtier les coupables, auquel cas je le comprenais mieux. Laisser un crime impuni à son endroit demandait une discipline mentale d’acier et une mansuétude dont personnellement je m’estimais dépourvu. A la place du seigneur elfe, j’aurais tout mis en œuvre pour retrouver et écorcher personnellement les voleurs, me montrant en cela digne des préceptes de Menhyt qui prônait de ne jamais laisser passer une insulte sans réagir.

Certains parmi les miens s’offusqueraient de vos accusations voilées, seigneur Fineldor, mais j’espère que nous sommes tous les deux assez pragmatiques pour passer là-dessus.

Je ne niais donc plus être le véritable instigateur du vol, la présence de Don’dar en fâcheuse posture dans ma demeure ne laissait d’ailleurs guère de place au doute. L’elfe le savait, je le savais, et il savait que je savais qu’il savait (vous suivez ?). Toutefois, que pouvait-il en faire ? Porter une accusation contre moi auprès des Triumvirs ? Ces derniers se seraient esclaffés. Et je doutais que mon interlocuteur cherche à rendre justice lui-même dans l’immédiat. En cas de combat, mes mercenaires nains sauraient faire face à ses propres guerriers, bien malin dès lors celui qui aurait pu dire quel camp en sortirait vainqueur. Un livre, aussi précieux soit-il, ne valait pas de mettre sa propre vie dans la balance.

Vous avez assez bien analysé la situation. L’esclavage est une coutume solidement ancrée au Dharshim, au point que nos esclaves eux-mêmes en acceptent le système. Cette jeune elfe ne s’estimera libérée de Don’dar que le jour où il la revendra.

Pour avoir moi-même été marchand d’esclaves dans ma jeunesse, je connaissais parfaitement la façon dont les Sombres annihilaient la volonté de liberté de leurs marchandises, les broyant mentalement pour les placer sous leur joug. Livyalën elle-même, malgré notre relation, continuait à agir comme mon esclave et ne cherchait pas à changer d’état social. Macabre devait avoir beaucoup souffert entre les mains de Don’dar, dont je connaissais la cruauté et le sadisme. De telles chaînes ne se brisent jamais totalement, le seigneur Fineldor s’en était rendu compte sans quoi il n’aurait pas entrepris un voyage aussi périlleux loin de chez lui.

Je peux forcer Don’dar à vous reconnaître la propriété de son esclave, il ne sait que trop le sort que je réserve à ceux qui me contrarient. Il vous faudra surement du temps ensuite pour faire comprendre à votre nouvelle protégée qu’elle est définitivement et totalement libre, mais je suis sûr que vous y arriverez. Toutefois…

Un point restait malheureusement peu clair dans mon esprit : que représentait Macabre pour Fineldor ? Pourquoi un elfe de son envergure politique prenait-il de tels risques pour une simple esclave ? Fallait-il y voir un sens exacerbé de la justice ? Une relation charnelle entre eux ? Toutefois, sa seule présence avec moi indiquait la nécessité de mon aide, aide dont je ne comptais pas faire don gratuitement. Tout à un prix dans ce bas-monde, la liberté d’une esclave comme le reste.

…pourquoi devrais-je utiliser mon influence sur Don’dar en votre faveur ?
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MessageSujet: Re: Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]   Mer 18 Juin 2014 - 10:53

Les allusions du haut-elfe étaient évidentes. Il avait bien fait comprendre qu'il ne partageait pas l'engouement pour les méthodes sombres concernant les esclaves, et qu'il n'était pas dupe sur la présence du "voleur" en ces lieux. L'ancien Triumvir lui fit comprendre que ces déclarations auraient pu provoquer la colère de plus d'un parmi les siens, mais que lui passerait outre. Un fin sourire se dessina sur les lèvres de Fineldor: enfin un sombre raisonnable, chose plutôt rare lorsqu'on remettait en cause leur manière d'être, de penser ou de faire. Ou pire, lorsqu'on les accusait, même à mot couvert, de mensonge.

Après avoir donc plus ou moins reconnu ne pas être étranger à tout cela sans pour autant révéler la moindre information supplémentaire, le sombre acquiesça aux dires concernant l'esclavage. Ainsi, leurs esclaves acceptaient le système... logique, si on présumait des traitements physiques mais aussi psychologiques qu'ils devaient subir une fois "acquis". De quoi briser la plus forte des volontés, probablement. Après cela, il était facile de dire que l'esclave acceptait sa condition, son esprit brisé n'ayant plus la force de se révolter d'une quelconque manière. C'était très probablement ce qui était arrivé à Macabre, au point que celle-ci ne se souvienne plus du moindre détail de sa vie avant: plus de nom, de lieu de naissance, de famille. Rien si ce n'est une cellule froide et humide.

Affirmant qu'il était en mesure d'influencer le dénommé Don'dar sur la "négociation" de son esclave, il se présentait comme quelqu'un qu'il ne fallait pas contrarier. A n'en point douter, c'était là pure vérité. Au fond, les deux seigneurs qui se faisaient face n'étaient guère personnes à contrarier. Si l'un était plus jeune que l'autre, le second ayant occupé le poste le plus élevé parmi les siens alors que l'autre aspirait à l'atteindre, chacun était redoutable à sa manière. Et du genre à ne pas tellement accepter les refus venus "d'en bas". Haldren Baenfere se disait donc en mesure d'influencer le maitre, même s'il ajouta à l'encontre du haut-elfe que Macabre ne serait probablement jamais libre. Cela restait à voir: Fineldor entendait bien tout mettre en œuvre pour changer cela. Et dans le genre obstiné, il était bien placé. La preuve évidente était ce voyage qu'il avait fait en personne.

…pourquoi devrais-je utiliser mon influence sur Don’dar en votre faveur ?

Question pertinente s'il en est. Le sombre n'entendait pas agir par pure charité. Logique implacable d'un peuple d'âpres négociateurs. Il avait offert sa part du marché, il attendait la sienne en retour. Le haut-elfe laissa planer un court silence, comme s'il réfléchissait aux mots qu'il allait employer.

« Les raisons sont diverses à vrai dire, mais l'une d'entre elle est sans doute plus importante à vos yeux. Vous avez parlé d'accusations voilées. Mais je pense que vous et moi savons ce qu'il en est, et je n'entendais pas vous provoquer d'une quelconque manière, simplement énoncer les conclusions auxquelles j'étais parvenu. Il se trouve donc que la jeune elfe dont je vous parle s'est introduite chez moi et a cherché à me dérober un objet des plus précieux à mes yeux. Toutefois, étant donné les risques de l'opérations, je ne doute pas un seul instant qu'il devait également l'être aux yeux du commanditaire.»

Remarque qui ne laissait guère de doute sur l'identité du commanditaire. Mais là encore le ton n'était pas accusateur, mais simplement là pour évoquer des faits et des conclusions évidentes. Inutile de provoquer celui avec qui on négocie. Et inutile de faire trainer l'affaire en longueur. Il décida donc d'être franc et direct.

« Supposons donc que l'objet en question puisse revenir audit commanditaire. Je pense que celui-ci serait enclin à interagir en faveur de la personne lui ayant fourni cet objet, n'est-ce pas? Peut-être même que cela pourrait être considéré comme un paiement suffisant pour acquérir une esclave? Après tout, tout objet possède une valeur, et celui-ci n'est pas parmi les moins chers, je pense. N'allez pas croire que je fasse monter les enchères. Je désire quelque chose que vous possédez, ou êtes en mesure de posséder, et moins quelque chose que vous désirez. Je pense qu'il y a matière à nous entendre...»

Se séparer d'un tel objet n'était pas dans les habitudes du haut-elfe. Mais laisser l'une des siennes souffrir de la sorte ne valait pas cela. Et lui était encore plus insupportable.
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MessageSujet: Re: Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]   Sam 21 Juin 2014 - 14:56

Lorsque le haut-elfe se tût, je nous resservis un verre de vin, afin de me donner une contenance tandis que je réfléchissais à son offre. Assez étonnamment, l’affaire se présentait bien et mon « invité », si tant est-ce que je puisse l’appeler ainsi, semblait du genre pragmatique. Je tenais habituellement les elfes pour des imbéciles pétris de hauts et beaux sentiments, des idéalistes persuadés que le monde ne pourrait qu’évoluer en suivant leur exemple parfait. Trouver un représentant de cette race prêt à faire passer l’efficacité avant les convictions ne pouvait que me plaire.

Je crois que je vous apprécie, seigneur Fineldor, et je n’ai pas du dire cela à beaucoup d’Elfes au cours de ma vie. Ni d’ailleurs à beaucoup de Sombres, pour être franc.

Un petit sourire apparut un cours instant au coin de ma bouche. Au fond, je ne haïssais pas les Elfes, quand bien même j’avais mené l’armée du Dharshim à Noldoa pour en massacrer le plus possible. Mais il s’agissait alors de politique, pas de sentiments, et la politique ne se base que sur des rapports de forces.

Oublions cette malencontreuse histoire de vol, voulez-vous ? Nous sommes tous les deux au-delà de ça, pourquoi gâcher notre amitié naissante par des accusations ? Car nous sommes désormais amis, n’est-ce pas ?

Amis ? Le terme était un peu fort, bien que nous ayons évité jusque là de nous entretuer en répandant de la tripaille sur les murs. Nombre des miens, et probablement nombre d’Elfes également, auraient déjà dégainé leurs armes ou leurs sorts en criant justice et en exigeant réparation. Mais celui qui un jour serait peut être le prince de Fildor ne tombait pas dans cette facilité qui n’aurait d’ailleurs abouti à rien. Tout en me disant qu’il devait en effet y avoir moyen de s’entendre, je me promis de faire un rapport circonstancié à son sujet aux Triumvirs d’Ithilian, leur conseillant de surveiller ce fameux Fineldor de près… car je commençais à l’estimer réellement redoutable sur un plan purement politique.

Et entre amis, il est d’usage de se faire des présents. Je ne peux nier qu’un objet tel celui que ce méprisable Don’dar a tenté de vous dérober me plairait au plus haut point. Le savoir est la plus noble des quêtes, agrémenter ma bibliothèque d’un nouvel ouvrage me réjouirait.

Dans le genre hypocrite, je mettais la barre assez haut. Encore que je devrais peut être tout simplement parler de diplomatie, non ? Après tout, l’art de la diplomatie ne consiste-t-il pas à enrober dans de belles paroles et de grandes envolées lyriques des négociations bassement matérielles ? Le premier devoir du diplomate est bien de camoufler les intérêts purement partisans de ses maîtres sous des apparences de noblesse et de justice. Au fond, en proposant au seigneur elfe de placer notre négociation sous le faux-semblant de l’amitié, je jouais exactement au même jeu.

Mon ami, je puis vous assurer que je ne laisserai pas Don’dar vous contrarier. Il a bien assez martyrisé la pauvre jeune fille qui vous accompagne, vous pouvez compter sur mon soutien pour obtenir qu’il vous la revende.

Par Menhyt, ce que j’appréciais l’hypocrisie !
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MessageSujet: Re: Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]   Mer 16 Juil 2014 - 20:37

L’offre à peine masquée sembla donner matière à réfléchir au puissant sombre. Resservant deux verres de vin, il ne faisait nul doute qu’il réfléchissait à cette offre à laquelle il n’avait pas dû s’attendre le moins du monde. Et pour cause, Fineldor avait évoqué cette tractation avec bien peu de monde. Et il était le seul à connaitre le prix qu’il proposait pour la jeune elfe. Certes, cela lui coûtait. Certes, la valeur d’un bien comme celui-ci dépassait de loin la valeur de la plupart de ceux qu’il possédait. Mais au fond, quelle était l’importance de quelques pages face à une vie qu’il pouvait sauver ?

Le sombre fini enfin par s’exprimer, affirmant apprécier le seigneur haut-elfe. Apprécier… Il est aisé d’apprécier quelqu’un venant vous offrir un objet très convoité, en échange d’un bien qui n’est même pas vôtre. Si l’esclave pouvait aisément devenir la propriété de l’ancien Triumvir, elle ne représentait presque rien pour lui. Tout juste une main d’œuvre sacrifiable. Ce  qu’il appréciait était plus probablement la tournure des événements que l’elfe lui-même. Le petit sourire sur ses lèvres en disait long.

Il fut encore plus difficile de croire qu’il évoqua une amitié, souhaitant oublier toute accusation de vol jusqu’alors prononcée. Amitié, vraiment ? Avec un sombre comme lui, ce mot exprimait au mieux l’idée d’un partenaire politique ou commercial, au pire la prochaine cible à éliminer sous prétexte d’une lutte de pouvoir. Ceci étant, il fallait nuancer la chose en reconnaissance que chez les hauts-elfes, ces pratiques existaient également, quoique moins répandues. Mais une véritable amitié entre un sombre et un haut-elfe, tous deux hauts-placés dans leur société, ayant acquis le pouvoir par la force ou la sournoiserie, était difficile sinon impossible à concevoir. Le jour où l’amitié les lierait, Méridian accueillerait tous les peuples avec fraternité, et les lutins seront plus grands que les dryades… Toutefois, Fineldor n’en laissa rien paraitre, se contentant d’acquiescer mollement à ces dires, sans trop les appuyer

La suite de la conversation confirma les soupçons du haut-elfe. Enfin, pouvait-on encore parler de soupçons ? La chose était évidente jusqu’au bout, et la déclaration de circonstance n’était là que pour brouiller les pistes et se donner contenance. Une méthode connues des politiciens les plus fourbes comme les plus novices, et qu’il exécrait au plus haut point. S’il avait été en présence du conseil princier, il ne se serait guère privé de dire ce qu’il pensait. En cette circonstance, il était malvenu de s’emporter. Ce qui ne l’empêcha guère de le faire remarquer.

« S’il est vrai que votre réputation en matière de négociation et de politique est grande, seigneur Baenfre, je crains que vous ne vous mépreniez sur moi. Je ne serais pas du genre à maintenir une quelconque accusation, cela va de soit, si c’est nécessaire à un quelconque accord entre nous. Cela pourrait faire de nous au mieux des partenaires, mais n’allons pas plus vite en besogne voulez-vous. Et si j’accepte d’oublier les événements passés, j’avoue ne guère goûter aux revers de discours qui prétextent tout oublier si facilement. Je suis entouré à longueur de journée de conseillers usant de paroles mielleuses pour tenter convaincre sur divers sujets. Puisque nous sommes loin de ces cours et conseils, jouons franc jeu.»

Voilà qui était dit. Il était là pour négocier et repartir avec la jeune elfe, pas pour s’entendre des discours faussement emplis d’excuses.

« Vous parlez de soutien. Je pensais que vous aviez davantage d’influence sur ce… Don’dar. A vrai dire, j’entends bien repartir avec la jeune fille qui m’accompagne, si toutefois vous tenez vous-même à acquérir ce que j’ai évoqué. Si je suis prêt à vous faire confiance au moins sur cette affaire, je ne le ferais jamais à cet individu qui m’apparait des plus méprisables. Soyons clairs : êtes-vous en mesure de me revendre la jeune Macabre ? Si tel est le cas, je pense que nous pourrons parler d’un accord.»

Franc et direct. Voilà bien ce qu’il aimait. Bien davantage que l’hypocrisie.
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MessageSujet: Re: Conférence internationale pour… une esclave ? [Fin, Liv, Mac]   Ven 8 Aoû 2014 - 13:33

Décidemment, le seigneur elfe n’appréciait pas l’art sournois mais si amusant de la mauvaise foi diplomatique. Je trouvais regrettable qu’il ait ainsi ce défaut de l’honnêteté et de la franchise… mais personne n’est parfait, n’est-ce pas ? Surprenant toutefois qu’un politique aspirant à un tel niveau de responsabilité ne comprenne pas immédiatement les sous-entendus dans mes propos et se refuse à entrer dans le jeu au cours duquel nous ne pouvions que tomber d’accord. Erreur de jeunesse, fatigue du voyage ou volonté de jouer carte sur table pour gagner du temps ? Il me faudrait y réfléchir à tête reposée.

Très bien, seigneur Fineldor, parlons sans détour puisque tel est votre désir. Si vous m’offrez ce fameux livre que Macabre tenta en vain de vous voler, je vous offre en échange l’acte de revente de Macabre signé par Don’dar.

Allant chercher de quoi écrire, je m’installais à une petite table. Autant régler cette affaire rapidement, la présence de tous ces elfes allait finir par m’agacer. Je n’avais pas prévu autre chose ce jour-là que de la détente en compagnie de Livyalën, nous en étions désormais loin. Trempant la plume d’oie dans un encrier, je commençais à rédiger tout en marmonnant à voix basse.

Acte de vente… le lieu et la date… établi en présence des parties prenantes… évitons de mettre que c’est sous le regard de Menhyt, ça ferait un peu gag… bref… hmm… moi, Don’dar, présentement marchand installé dans la cité de Ctholl’rak, indique et confirme avoir en propriété exclusive l’elfe de sexe féminin dénommée couramment Macabre. J’indique et confirme que cette elfe est saine et sans maladie vénérienne… désolé seigneur Fineldor, c’est la formulation habituelle des actes de vente, Macabre s’attendra à l’y voir… bon, avançons… j’indique et confirme avoir reçu en paiement de cette esclave une somme de… de… de… bon sang, ça vaut combien déjà une jeune elfe guerrière au taux actuel ? Hmm, mettons cinquante Sengers, ne soyons pas radins pour une somme que Don’dar ne touchera même pas. Cette somme m’a été versée de gré à gré par le sieur Fineldor Elwëndrion, originaire de Fildor, qui est d’ors en avant le seul et légitime propriétaire de l’elfe Macabre précédemment citée… l’emplacement pour les signatures et les sceaux avec vos noms… voilà qui est bien.

Satisfait, je relevais la tête et tendis le parchemin à mon interlocuteur.

Signez et apposez votre sceau, prince, puis j’irais forcer Don’dar à faire de même. Macabre sera ensuite à vous… en échange du livre, bien évidemment.
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