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 Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]

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Lothiel Nymphedeyl

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MessageSujet: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Dim 16 Fév 2014 - 18:30

Ambiance


La solitude était devenue sa plus grande amie. Avec elle, elle n'avait pas besoin de se cacher. Elle pouvait rester elle-même sans chercher à plaire comme elle en avait l'habitude. Elle l'avait vue dans son plus simple appareil, dévastée par ce chagrin. Chaque minute qui passait, elle l'enveloppait un peu plus dans son drapé douillet. Elle la transportait bien loin de son univers. Elle était plongée dans sa bulle. L'atmosphère était silencieuse ni même la respiration de l'elfe ne venait brouiller cet instant. Plus rien n'avait d'importance que de soulager cette âme perdue. Il était trop tard, la névrose se profilait déjà au fond de son être tel un charognard qui allait lentement s'abreuver de sa chair.

Ce sentiment dévastateur jubilait, il avait réussi à s'imprégner de sa douleur, elle s'accroissait de jour en jour et bientôt, elle ne deviendrait plus rien qu'un pantin. Sa plus grande amie pourrait aisément tirer un à un les fils de sa future marionnette. Oh que c'était jouissif. Elle allait y arriver, et à mesure que l'elfe sanglotait, c'était un grand pas de plus pour la victoire. Elle enlaçait son corps meurtri, secoué par les spasmes d'une lente et longue agonie. Cela faisait des jours qu'elle la réconfortait et pourtant quand elle sentait son corps qui était à deux doigts de lâcher prise, il y avait comme une force invisible qui l'empêchait de sombrer. Elle se rappelait encore quand elle avait soigneusement accompagné l'elfe vers le sentier du "Cimetière des Impurs". Elle était sur le haut de la falaise, les cheveux dans le vent. Elle lui souriait à pleines dents et lui tendait une main. Elle l'avait doucement implorée d'avancer un peu plus. Qu'elle n'avait aucune raison d'avoir peur. Une fois qu'elle sauterait, son cœur serait apaisé. Elle l'avait quelque peu pressée contre elle. Elle attendait avec impatience. Rien ne vint. Elle ne sauta pas. Pourquoi, donc, ne l'avait-elle pas fait ? Il était si simple pourtant de mettre fin à sa vie. Elle ne souffrirait plus. Depuis ce jour, elle avait redoublé d'efforts. Elle désespérait. Elle lui donnait du fil à retordre. Il y avait quelque chose en elle qui semblait ne pas vouloir la quitter. Une force insoupçonnée. Son corps se battait alors qu'en apparence, il ressemblait à une loque. Il n'était pas question que la solitude baisse les bras. Elle attendrait aussi longtemps qu'il fallût avant qu'elle n'aille rejoindre les méandres d'un sommeil profond et éternel. Le souhait qu'elle émit en silence s'échappa de ses doigts au moment où la porte s'ouvrit.

Elle connaissait cette femme, elle l'avait déjà vue au moment où la jeune princesse vint au monde. Elle pestait contre cette intruse qui avait osé les déranger toutes deux. Elles étaient si en harmonie et voilà que la servante venait de la tirer d'un long sommeil. Elle avait tiré les lourds rideaux et les rayons du soleil transpercèrent cette pièce qui baignée dans la pénombre depuis des jours. Elle ouvrit les fenêtres pour ôter l'odeur qui souillait la chambre de la demoiselle. C'était une odeur nauséabonde, comme l'odeur de la charogne pourrissant. Une odeur qui fit grimacer la servante. Elle tira les couvertures et draps du lit où était allongé le corps frêle de la jeune elfe. Elle jeta un œil à la chemise de nuit fripée qu'elle portait. Ses mirettes s'arrêtèrent sur le visage de Lothiel. Un visage d'ange pensa-t-elle. Ses cheveux d'ordinaire brillants, étaient ternes. Elle dégagea les quelques mèches cendrées collées par la sueur. La solitude observa chaque geste de la domestique tapie à l'ombre des regards. Elle ne pouvait pas gâcher le travail qu'elle avait accompli. Elle ne pouvait pas et pourtant... Une violente claque cogna sur l'une des joues de la princesse. La domestique ne pouvait pas la laisser ainsi agonisant sans rien faire. Elle était si jeune et avait encore tant de choses à accomplir. Tout le monde avait été dévasté par cette douloureuse perte, mais il était temps qu'elle affronte ses démons. La servante secoua son corps espérant que celui-ci sorte de sa torpeur. Lothiel ouvrit les yeux lentement. Ses yeux cillèrent un bref instant, s'habituant de nouveau au jour. Celle qui se tenait à côté semblait remercier les Cieux. Aucune des deux ne brisa le silence.

On emmena Lothiel au bain afin qu'elle retrouve une certaine contenance. Il fallait dire que plus tôt dans son lit, elle ressemblait plus à un déchet qu'à une princesse digne de son rang. Son corps sembla apprécier l'eau chaude. C'était une toute autre caresse que celle qu'il avait connue jusqu'à présent. Lothiel était sortie d'un long cauchemar où le réel n'avait plus aucune emprise. Elle avait tant voulu ouvrir les yeux, tant voulu et pourtant chaque fois qu'elle essayait de le faire, on l'empêcha. Elle était lasse. Pourtant, elle s'était toujours retenue au fil invisible qui était non loin d'elle. Parfois dans ses plus sombres cauchemars, il semblait entendre la voix de sa mère qui lui intimait de ne pas flancher. Elle ne devait en aucun cas s'avouer vaincue. Elle devait puiser au plus profond de son être. Cela lui faisait un bien fou de l'entendre, mais pourtant, quand elle se rappela que ce n'était qu'une illusion, que rien n'était vrai, son chagrin se décupler.

Elle chassa ses pensées noires et se regarda dans la glace. Elle se trouva bien plus ravissante que dans ses souvenirs. L'orgueil, on ne l'apprend pas, on le nourrit. Elle regarda tour à tour son immense chambre. Il semblait que les affres s'étaient dissipées. Il régnait une odeur de propre, même sur son corps toute trace de cette tourmente était partie comme si elles n'avaient nullement existé. C'était un peu comme une nouvelle naissance. Elle avait apprécié la solitude et l'a remercia en silence. C'était un peu grâce à elle qu'elle en était là. Elle ne lui en voulait pas non, c'était sa détermination qui lui avait permis de se repaitre de son âme.

Elle observa la longue robe blanche aussi légère qu'un voile qui jonchait les draps frais. Elle la prit précieusement et la fit glisser sur son corps. Elle frissonna sous la caresse du fin tissu. Sa servante la coiffa longuement et tressa une mèche de cheveux qu'elle attacha avec un ruban aussi immaculé que la robe. Sur sa tête, trôna fièrement une couronne. La couronne que portait sa défunte mère. À cette pensée, elle déglutit en silence. Elle pensait que le chagrin ressurgirait, mais il n'en était rien. Elle se fit violence pour ne pas montrer sa faiblesse.

Une fois prête, elle descendit et s'appuya sur la rambarde de l'imposant escalier. Elle inspira longuement et dévala les marches une à une. Une fois dans le salon, on la salua. Cela faisait plaisir de la revoir. Elle ne manqua pas de se courber et finalement, c'était comme si rien n'avait changé. Tout était à sa place. Tout était soigneusement rangé. Les domestiques s'activaient. On lui proposa un déjeuner et dut reconnaître malgré elle qu'elle avait très faim. Son estomac grogna et elle mangea dans un parfait silence. Elle demanda des nouvelles, s'inquiéta aussi sur le sort de ses congénères. Elle était troublée, cela lui était plaisant en fin de compte. Elle se rappelait chaque geste et mot que sa mère ou son père avaient quand ils demandèrent des nouvelles du peuple. Personne n'était épargné. Même si elle convenait que la solitude était agréable, par moment elle avouait qu'un peu de compagnies lui étaient bénéfiques. La journée passa sans encombres. Lothiel passa même une partie de l'après-midi dans son jardin. La chaleur de l'environnement l'enivra. C'était un pur délice qu'elle retrouva peu à peu. Ses souvenirs traversèrent l'espace d'un instant son esprit, lui rappelant combien elle aimait ce jardin. Combien la nature lui était reposante, exaltante.

Il y avait un endroit qu'elle chérissait plus que tout. La cité de Turinar. Cette cité de verre. Elle souhaitait y retourner. Non, c'était plus qu'une envie. C'était même un besoin urgent. Ce n'était pas la plus proche cité qui soit, mais c'était celle qui pouvait la ressourcer. Elle partirait dans la matinée et le temps lui permettrait de voyager à cheval. Elle se souvient souvent des chevauchées qu'elle avait tant de fois exécutées avec son père. On lui avait offert un cheval qu'elle avait nommé "Drayar". Un canasson robuste et à la robe blanche. Il était farouche, mais elle avait réussi à tiser une curieuse complicité avec ce dernier. Il y avait bel et bien longtemps qu'il ne s'était dégourdi les pattes. Elle décida même de se rendre aux écuries.

Comme elle s'en doutait, il ne se laissa pas dans un premier temps approcher. Il recula dans son box quand il la vit. Avait-il peur ? Avait-il pu l'oublier ? Pourtant, elle s'arma de courage et approcha lentement sans chercher à l'effrayer. Elle l'appela d'une voix douce. Quelques minutes passèrent et le cheval se calma. Il s'ébroua la crinière tandis qu'il la regarda avec méfiance au début. Elle lui flatta les flancs et il sembla lui montrer de l'intérêt soudain. Elle ne saurait dire s'il l'avait reconnue, mais en tout cas, il semblait apprécier sa compagnie.

Elle avait hâte que la journée se termine. L'attente lui était interminable. Elle laissa son cheval lui promettant une balade le lendemain à la première heure. Elle ne voyagerait pas seule. Il lui fallait de la compagnie. Cela ne l'enchantait guère, mais elle devait être chaperonnée. Elle choisit avec soin les meilleurs cavaliers. Deux, trois ou quatre. Elle opta pour quatre. Il lui fallait aussi une servante. Organiser un voyage n'était pas de tout repos. Bien sûr, même si l'idée de voyager seule lui effleurait l'esprit, elle ne pouvait songer à le faire. Soit, elle s'encombrerait d'une domestique.

Cette nuit-là, elle mit du temps à trouver le sommeil. Elle était plus qu'excitée à la sensation de mettre les pieds dans la cité. Elle tourna longuement dans son lit et s'assoupit finalement à bout de forces. Elle ne fit aucun cauchemar. Elle se réveilla comme elle se l'était promis. Elle avait enfilé une robe vert pâle qui accentuait la rousseur de ses cheveux. Elle ne les coiffa pas comme à son habitude et préféra les laisser voler au gré du vent. Ah qu'il faisait bon de se sentir libre et seuls les galops des chevaux résonnaient sur les chemins qu'ils avaient tous pris. Il faisait doux en cette matinée.

Leur voyage dura trois jours, mais ce n'était pas une épreuve insurmontable. Au bout de celui-ci, elle allait enfin pouvoir la revoir. Cette cité de glace qui n'avait cessé de la fasciner. Elle se souvint de ses tours de verre. Ses jardins aux allures paradisiaques. Tout était envoûtement. C'était encore plus magique que la magie en elle-même. Elle ne pouvait décrire ce qu'elle voyait se dessiner devant ses yeux. C'était comme si vivre ici l'attirait. Tout était froid et glacial. Un peu comme ce qu'elle était devenue malgré elle. Une part d'elle, ne l'était pas, mais elle était bien dissimulée à l'esprit des regards indiscrets.

Elle s'isola prétextant l'envie de redécouvrir chaque lieu qui faisait de la cité un émerveillement. Elle connaissait chaque endroit, chaque sentier. Chaque mystère qui se camouflait. C'était un peu sa prison de verre. À la seule différence qu'elle n'était pas la prisonnière de sa cité. Elle aurait pu l'être. Le jour où elle avait décidé de revenir au palais, c'est là que tout s'était enchaîné. Elle cessa d'y penser. Il fallait qu'elle enferme ce souvenir à double tour. Il ne devait plus réapparaître. Elle ôterait cet apparat pour enfiler un autre. Peut-être que l'autre était moins agréable, mais au moins il l'avait eu l'audace de la faire renaître.

Elle avait longé en silence le chemin. Quelques elfes la reconnurent et la saluèrent en bonne et due forme. Elle ne cilla pas, ni même ne sourit. Après tout, ils pouvaient comprendre qu'elle n'avait pas le cœur à rire. En tout cas, personne n'osa le faire remarquer. On trouva cela bien dommage. Beaucoup n'avaient pas oublié le visage enjoué et curieux de la jeune princesse. D'autres étaient frappés par son effroyable changement. C'était pardonnable dans un moment comme celui-là. Une fois après s'être assurée d'être seule, elle retira sa cape et la posa négligemment sur un banc qui semblait aussi seul que la pauvre Lothiel. Une chose surprenante se passa. Elle se mit à tourner en rond en levant les bras et tourna sur elle-même en éclatant de rire. Elle virevolta longuement qu'elle avait cru qu'elle en perdrait ses membres qui s'agitaient dans les airs. Elle n'en finissait plus de tourner jusqu'au moment où ses pieds se prirent dans sa longue et fine robe et elle chuta lourdement sur le sol...




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Fineldor Elwëndrion

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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Mer 19 Fév 2014 - 19:38

Le devoir. Une charge des plus pesantes sur bien des épaules. Devoir de protéger les siens. De les mener sur le droit chemin, faire en sorte que chacun puisse vivre comme il se doit. D'assurer la protection et l'équilibre. De gérer sans devenir despote. Car bien des êtres chargés de ce devoir de diriger en perdait la raison, et au lieu de conseiller et de décider pour le bien des leurs, ils prenaient ce qu'ils désiraient de leur main de fer, sans aucune autre considération. Le devoir... un fardeau pour certains, un don pour d'autres. Le fait de respecter les lois édictées ou la morale en vigueur. En tous les cas, le devoir engageait une responsabilité qu'il fallait assumer.

Plusieurs semaines déjà. Cela faisait plusieurs semaines que les étranges événements étaient survenus. Sans aucune explication. Le peuple s'en retrouvait bouleversé. Pourtant, il fallait désormais continuer. Quoique tragique, tout cela devait être dépassé. Pour le bien de chacun. La disparition de ceux qui portaient le devoir sur leurs épaules avait été tellement soudain... Il n'y en avait pas eu qu'un seul, comme à l'accoutumé. Mais tous, sauf le plus puissant de tous, avaient disparus. Désormais, le devoir ne reposait plus sur personne. Et ceux qui avaient conseillés ces êtres de devoir, allait désormais nommer celles et ceux qui reprendraient le flambeau. Choix délicat s'il en fut. Il ne suffisait pas de belles paroles et de vaines promesses. Il ne suffisait pas non plus d'être du sang. Tout cela ne garantissait rien. C'était le mérite et les compétences. Celles de mener les siens dans le bon chemin. De prodiguer tout ce que l'on attendait d'eux. Un exercice certes délicat. Mais c'était ainsi. Et nul ne pouvait s'en dérober.

Dans ce contexte des plus troublés, il cherchait à se frayer un chemin, à tracer son destin. Fils de deux nobles de son peuple. Autrefois étudiant en magie, puis soldat, et officier. Vétéran de Noldoa, quoiqu'il fut fort jeune à l'époque. Et depuis, reversé dans ce que certains appelaient la politique. La gestion de la principauté. Celle qui l'avait vue naitre et grandir. Tout d'abord négligé, il s'éleva rapidement. Membre du conseil princier, seigneur de son peuple et représentant prestigieux de sa famille, c'était désormais ce qu'il était. Il disposait de beaucoup. Pourtant, il ne considérait pas que cela l'aiderait en quoi que ce soit. Il espérait certes pouvoir être celui qui prendrait le devoir. Mais ses richesses n'y seraient pour rien. Ses compétences parleraient. Son passé l'aiderait. Mais cela ne suffisait pas. Il devait montrer de quoi il était capable. Il devait chercher des appuis parmi ceux de son peuple, qu'ils fussent comme lui ou non. Chacun compterait. Car il se désespérait à l'idée qu'un autre puisse prendre ce devoir. Alors il ferait ce qu'il faudrait.

Ces derniers temps avaient été étranges pour lui. Comme si tout cela n'avait pas suffi, une curieuse aventure était venue à lui, sous la forme d'une jeune elfe, pauvrement vêtue, qui avait essayé de jouer les voleuses dans sa demeure. Lui l'avait surprise et emprisonnée, non pour la punir, mais pour en savoir davantage sur elle, car il était étonné qu'une des filles de son peuple puisse ainsi lui nuire. C'était là qu'il avait appris qu'elle n'avait pas agi à son gré, mais sous les ordres de son maitre. Un maitre dont il ignorait beaucoup de choses encore, mais il en savait au moins une chose: c’était l'un des représentants du peuple sombre. Il savait les sombres très portés sur l'esclavage, mais l'idée qu'une enfant de son peuple puisse être enchainée par un individu de quelque autre peuple que ce soit l'avait écœuré. Il avait alors mit un point d'honneur à régler cette affaire quand il le pourrait. Quant à l'esclave, qui disait s'appelait Macabre, le surnom que son ancien maitre lui avait donné, le seigneur haut-elfe l'avait prise sous sa responsabilité. Décidant de refaire son éducation, de lui apprendre tout ce qu'il y avait à savoir sur son propre peuple, et oublier les chaines de l'esclavage. Il en ferait une véritable haut-elfe. Cela, il se l'était promis.

Toutefois, pareil événement ne pouvait certes pas le détourner de ses affaires actuelles. Mais l'un n'étant pas incompatible avec l'autre, il savait que de nombreux voyages seraient nécessaires pour se créer des appuis et des liens. Ces voyages, il les mettrait à profit pour montrer les beautés que la forêt recelait. Domaine de son peuple, qu'il protégeait des invasions des peuples barbares de l'extérieur. Car c'était bien ainsi qu'il percevait ceux qui de toutes les autres races tentaient de s'introduire en leur royaume, les humains. Des barbares ignorants, avide de pouvoir et de richesse au delà de la raison, êtres éphémères sans logique ni compassion.

La petite elfe, qui n'avait jusqu'alors connu que la maigre luminosité de sa prison, excepté lorsque son maitre l'envoyait en mission, pouvait désormais contempler librement le paysage qui s'offrait à elle. Ils avaient pris la route depuis plusieurs jours déjà. Une solide escorte d'une vingtaine de personnes, les deux tiers étant des gardes armés veillant à leur sécurité. Non que la forêt fût dangereuse, mais les raids humains n'étaient pas inexistants. Malgré la puissance de sa magie, le seigneur se méfiait des ruses et des perversités dont les éphémères pouvaient faire preuve. Mais le fait de voir ainsi cette jeune enfant observer de droite et de gauche dissipait ses inquiétudes. Il lui avait offert plusieurs tenues pour remplacer ses frusques d'esclave. Elle avait dédaigné les robes, rien de bien surprenant, et avait opté pour un ensemble bleu nuit qui lui allait plutôt bien. Et qui la changeait déjà tellement. Le sourire aux lèvres, le haut-elfe commençait à se dire qu'il avait eu raison dans ses choix. Pour ce voyage, il avait également emmené avec lui Elondar, l’un des proches de son seigneur, grand elfe à la chevelure châtain, vêtu d’une robe grise et aux yeux d’un bleu très clair. Il était expert en art de guérison, mais également de très bon conseil en toutes circonstances.

Ce voyage-ci les menait vers la belle cité de Turinar. Celle que l'on surnommait Ost ivren, Ost Miriel, et bien d'autres noms encore. C'était l'un des joyaux du peuple haut-elfe. Une cité magnifique, qui émerveillait et attirait bien du monde. Lui-même reconnaissait que cette magnifique œuvre des siens était une ode à la gloire de leur déesse et de leur peuple. Karreliën restait sa demeure, son foyer, l'endroit sur cette terre qu'il préférait et considérerait toujours comme le plus cher à son cœur. Mais Turinar n'en était pas moins magnifique.

Lorsqu'ils parvinrent enfin à la belle étincelante, le haut seigneur demanda à sa suite de trouver de quoi se loger. Il ignorait combien de temps durerait leur séjour alors aussi valait-il mieux trouver de quoi dormir. Bien sûr, il n'hésiterait pas à mettre les moyens nécessaires. Il avait d'ailleurs sélectionné ce qu'il fallait pour cette visite. Vêtue superbement, de vert et d'argent, une robe des plus superbes sans être trop attirante au regard. Une sorte de noblesse à la fois discrète et pourtant remarquable. Ses longs cheveux détachés retombaient sur ses épaules, ceints uniquement par un petit diadème d'argent semblable à une couronne. Sous la belle robe, une tenue blanche brodée de motifs discrets. Faisant signe à son escorte, il ne garda avec lui que son conseiller et la petite Macabre, et leur fit signe de l'accompagner. Il souhaitait pouvoir se promener un moment parmi les arbres et les jardins, les hautes flèches scintillantes et les parterres d'un blanc si pur.

C'est en déambulant ainsi, sans but précis, qu'ils finirent par tomber sur une scène bien curieuse. Une elfe, bien jeune d'apparence, et à l'allure pourtant princière. Se croyant manifestement seule, elle tournait rapidement sur elle-même, sa robe blanche si légère ondoyant autour d'elle. Ses longs cheveux roux tournaient au même rythme qu'elle, semblant décrire un anneau enflammé autour de son visage. Et puis, comme une interruption soudaine, comme un coup de tonnerre dans une belle matinée d'été, elle trébucha sur sa robe et chuta à même le sol. Quoique pas très inquiet d'une telle chute, le haut-elfe se porta vers la jeune demoiselle, s'assurant que ses deux compagnons le suivaient, et tendit une main d'un geste empreint de noblesse.

« Jeune demoiselle, je m'excuse de vous déranger ainsi, mais je crains que votre danse n'ait été quelque peu perturbée, ce qui est fort dommageable j'en conviens. Permettez que je vous aide.»



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Macabre

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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Jeu 20 Fév 2014 - 17:17

Les choses pouvaient-elles davantage changer en si peu de temps ? Il fallait croire que oui. Hier encore, pauvre esclave au service du plus ignoble des sombres, silhouette squelettique vêtue de frusques tombant en charpie, être sans espoir, sans avenir et sans vie, aujourd’hui Macabre était libre. Enfin, libre... C'était Fineldor qui le disait. Pour l'heure, elle se contentait de rester dans les parages histoire de s'assurer que Don'dar n'allait pas apparaître et la reprendre. Car c'était bien le risque... Il lui avait répété tant de fois qu'elle lui appartenait, qu'elle était sienne et que seule la mort pour briser leurs liens. Pour l'aspirant-prince, les choses étaient simples : il lui suffisait de ne pas rentrer chez elle pour être libre. Mais ce n'était pas ainsi que la petite elfe voyait les choses. Elle connaissait son maître et savait de quoi il était capable. Ce n'était pas quelques frontières qui allaient l'arrêter. Et elle avait elle-même fini par croire ses mensonges et elle ne concevait pas d’être libre sans en passer par Don’dar. Pour l’heure, elle se considérait toujours comme esclave, en attente de savoir ce que sera demain.

Il fallait reconnaître que Fineldor savait prendre soin d'elle. Elle ne dormait pas dans un taudis, pas même dans les cellules de sa grande demeure qui aurait fait pour elle un habitat plus que convenable. Elle avait une chambre, petite mais bien à elle et les gens n’entraient pas sans lui avoir demandé au préalable. Elle avait un lit avec une armoire juste en face et une table avec une chaise sous une fenêtre. Un pot de fleur et un tapis réchauffaient un peu l’atmosphère de la pièce.
Ses frusques avaient été jetées sous son regard horrifié, effrayée qu’elle était de devoir se présenter prochainement devant son maître sans porter ses haillons. Ils avaient été remplacés par plusieurs tenues toutes belles et toutes propres. Elles étaient rangées dans une armoire qui était le seul meuble dont elle se servait réellement. Même pour manger, elle ne s’installait pas à table et elle avait encore du mal avec la mollesse du matelas. Elle ne s'était pas débarrassée de son habitude de s'asseoir et de dormir à même le sol. Bien sûr, on avait essayé de lui faire essayer son lit, de lui montrer tout le confort que pouvait procurer du mobilier mais la leçon était assez dure à apprendre. Elle était formatée à se rabaisser elle-même, en être misérable qu'elle était.
Fort heureusement, il y avait d'autres us qu'elle intégrait avec bien plus de facilité. C’était le cas de la nourriture. En seulement quelques jours, on lui avait fait découvrir toutes sortes d'aliments nouveaux, toujours cuisinés de façon différente. Même si elle ne pouvait s’empêcher de renifler chaque plat avant d’en avaler la moindre bouchée, elle y prenait goût et essayait sans trop rechigner. Elle reprenait du poids, lentement. Elle ne paraissait plus à la limite de l'anorexie mais juste un peu trop maigre. Elle avait repris des couleurs et le repos dont elle bénéficiait avait réduit ses cernes et ses yeux rouges. Elle semblait déjà en meilleure santé qu'auparavant, même si ce n'était pas encore parfait. Il demeurait quelques traces de son asservissement telles qu’un reste de cernes, quelques petites cicatrices flagrantes sur son visage, les traits encore tirés par la faim et quelques petites quintes de toux.

Macabre regardait le monde qui l'entourait d’un regard froid et vide de toute émotion, restant toujours à une certaine distance. C'était sa façon à elle de l'observer. Ce monde, elle n'en faisait pas partie et, s'il avait été le sien un jour, elle n'en avait aucun souvenir. Elle ne se demandait même pas d'où elle venait et si elle partageait un quelconque lien de sang avec les individus qui l’entouraient. Ceux qu'elle côtoyait désormais étaient de la même race qu'elle mais cela n'avait pas de signification à ses yeux. Le sentiment d'appartenance lui était étranger. Elle avait après tout vécu totalement seule ces dernières années, isolée par son statut, son métier et la volonté de son maître. Dévisager quelqu’un ou le toiser sans même le saluer n’était pas une marque d’irrespect pour elle. Mais Fineldor semblait vouloir lui apprendre tout ce qu'elle ignorait, et il y en avait des choses… Quand ses obligations le lui permettait, il passait du temps avec elle à lui parler, lui expliquer, lui montrer. Macabre était toujours aussi peu loquace et ne posait que peu de questions, certaines étant parfois floues car elles ne suivaient que la logique de l’esprit instable de la jeune elfe qui ne replaçait pas ses phrases dans leur contexte. Le reste du temps, elle se contentait de l’écouter d’une oreille plus ou moins attentive, comme elle l’avait fait ce jour où elle se réchauffait tant bien que mal dans sa cellule pendant que Fineldor lui expliquait en long en large et en travers qu'il n'y avait pas d'esclaves dans sa ville.

A présent, Macabre était là, avec celui qui avait dit vouloir lui venir en aide, dans celle ville toute faite de verre. A peine arrivé, le groupe s'était scindé. Certains avaient pour tâche de trouver un logement pour la durée du séjour et les autres... Eh bien à vrai dire elle ne savait pas ce qu'allaient faire les autres. Son attention s’était alors tournée vers Fineldor qui lui demandait de l'accompagner.

"A plus tard."

C'était un des gardes qui s’adressait à elle. C'était lui qui avait porté Macabre du bord du lac jusque dans sa cellule. Loin de la trouver repoussante, il avait été touché par ce petit être fragile qu’il fallait protéger. Il n’osait pas vraiment lui parler. Tout juste avait-il fait quelques tentatives d’approche afin de prendre contact mais les réactions de la jeune elfe était impossible à traduire. Macabre ne percevait rien. Elle ne comprenait pas ses regards encourageant, pas plus qu'elle ne comprenait cette volonté que montrait Fineldor à passer des heures à lui parler. Encore moins comprenait-elle le sens des yeux qui se détournaient d'elle chaque fois qu'elle posait son regard sur quelqu'un. A la rigueur, elle concevait davantage que l'on puisse la fuir, bien que le sens réel de ce déni lui soit étranger.

Macabre dévisageait les lieux avec une incompréhension visible. Le choix du matériau lui semblait illogique et l'intriguait tout autant. Elle faisait montre d'une certaine curiosité, pour peu qu'elle en soit capable. Elle observait tout avec son détachement habituel mais avec plus d'insistance que d'ordinaire. La populace en faisait tout autant sur elle. Ses faibles origines ne faisaient aucun doute vu sa posture, son attitude, sa silhouette, son visage marqué par les coups et la qualité de son maigre langage. Elle était une fausse note dans la suite de l'aspirant-prince et ne semblait même pas le remarquer. Elle suivait simplement celui auprès duquel elle était en sécurité et ne prenait pas gare aux chuchotements.
Après avoir passé un moment à déambuler dans les rues, tournant ses yeux de tout côté, le petit groupe s'arrêta. Intriguée, Macabre suivi le regard de l'aspirant-prince et eut tout juste le temps de comprendre qu'une elfe dansait avant que celle-ci ne s'affale sur le sol. Fineldor s'avança aussitôt pour l'aider à se relever. La jeune esclave resta immobile une seconde avant de finalement s'avancer à son tour.

J'vois toujours pas l'intérêt des robes...

Lorsqu'il avait fallu lui fournir de nouveaux vêtements, on avait bien évidemment essayé de lui faire mettre une robe. Sa seule réaction avait été de l'enlever aussitôt : Quitte à se sentir nue, autant l'être. Fort heureusement, elle était en train de passer derrière un paravent tandis qu'elle ôtait ses vêtements. La leçon avait toute fois été retenue et son armoire n'était composée que de tenues que l'on pourrait qualifier "d'homme". Chemises, vestes et pantalons, c'était tout ce qu'il y avait. Ce jour-là, Macabre portait un ensemble bleu nuit (qui, soit dit en passant, serait plus joli en robe mais passons...) qui mettait en avant son teint pâle et ses long cheveux blonds encore ternes et mal soignés. Elle ignorait pourquoi cette couleur avait sa préférence et ne s'était pas vraiment interrogée là-dessus. Rien n'avait de sens pour elle. Ni ses choix vestimentaire, ni ses goûts, ni cette fille qui dansait toute seule au milieu de nulle part... Sans plus rien dire, elle resta là, à deux pas de Fineldor, observant celle qui s'était si élégamment vautrée sur le pavé. Elle se tenait droite comme un i, les bras le long du corps, son regard à la fois direct et distant fixé sur la jeune noble. Pas d'inclinaison du haut du corps, pas de salutations ni d'hommages. Son attitude pouvait être traduite comme provocatrice ou irrespectueuse et ne démontrait pourtant que son absence de connaissance en matière de bienséance.
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Lothiel Nymphedeyl

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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Jeu 20 Fév 2014 - 19:37

La chute n'était pas terrible en soit. Elle avait bien compris trop tard qu'elle possédait deux pieds gauches et cela lui avait décroché un petit cri de surprise. Elle pesta contre elle et surtout contre ses deux membres qui étaient bien trop imbéciles. Elle s'assura que sa robe n'était pas déchirée, cela aurait pu arriver vu la délicatesse du vêtement. Fort heureusement, elle était intacte. Elle ne s'était pas faite mal. Elle remit de l'ordre dans ses cheveux.

Elle épousseta sa robe et... Six pieds se tenaient devant elle. N'avait-elle pas demandé qu'on lui fiche la paix ? N'avait-elle pas indiqué à ceux qui la servaient qu'elle avait besoin de se retrouver seule ? Pourquoi fallait-il qu'ils la suivent comme de sages toutous obéissants ? Pourquoi personne ne l'écoutait ? Maintenant, c'était cette main tendue qui attira son regard. Elle leva les yeux sur ce membre qui semblait vouloir l'aider à se relever. À qui était-il ? On lui tendait comme si elle était incapable de se lever seule. À croire que la vie d'une princesse se résumait à cela. Le matin, on l'aidait à se lever, on l'aidait à se laver. On l'aidait même à s'habiller ! Cela en devait étouffant, mais c'était ainsi. Chacun était destiné à rendre sa vie plus belle. On s'inquiétait de son confort. Ne comprenaient-ils donc pas qu'elle en avait de toutes ces simagrées ? Elle était née avec une cuillère en argent dans la bouche, il fallait le reconnaître, mais cela ne faisait pas d'elle une incapable ! Elle fixa la main ? Sa servante ? Un de ses fidèles qui l'avait discrètement suivie ? Elle détailla ce membre qui semblait délicat. Ce geste fut accueilli par des paroles qui finirent par briser le silence. Cette voix qui transperça ses oreilles lui était méconnue. Elle était d'une douceur incomparable. La personne qui possédait cette voix devait sans doute appartenir d'un haut rang. Sa servante ne se serait pas amusée à lui sortir de tels mots et puis, elle n'était pas masculine. Son visage afficha un petit rictus en imaginant sa domestique aux allures masculines. Elle retrouva très vite son aplomb et en dépit d'autre chose, elle concéda à prendre cette main et se leva. Elle se releva avec grâce et se retrouva très vite face à cet inconnu.

Quelque chose se passa dans tout son être. Elle ne sut au premier abord si c'était cette prestance qui la troublait ou bien ses deux écrins aux éclats somptueux. Elle resta un moment à le détailler et sa conscience lui rappela à l'ordre. Cela était respectueux à tout haut point, mais elle n'en avait que faire. Elle ne cilla pas, à chaque instant où ses yeux se perdirent sur le visage de cet elfe. Elle ne sut quel âge lui donner. Elle ne chercha pas cependant à lui en attribuer un. Le moment était mal choisi. Elle remarqua une femme non loin de là et la trouva élégante bien que quelque chose la dérangea, mais ne sut dire ce qui provoquait ce sentiment. Peut-être était-ce le fait qu'elle était sans doute la femme de cet elfe ? La veinarde pensa-t-elle injustement. Elle n'était pas du genre envieux, bien sûr, elle possédait tout ce qu'elle désirait. Elle s'attarda sur ses cheveux qui auraient pu mériter un peu de soin. Ils n'avaient aucun éclat et cela lui était désagréable de constater qu'elle était négligeable. Était-ce là une coutume qu'elle ne connaissait pas ? Elle fut intriguée par la blondinette qui se tenait immobile et reconnut malgré elle, qu'elle avait quelque chose de noble dans sa tenue, mais, elle préféra se concentrer sur le troisième étranger. Un homme un peu plus âgé les accompagnait. Il n'avait pas l'apparence d'un domestique, peut-être quelqu'un d'assez important pour ce couple princier ? Le contact de la douce main de celui qui s'était porté volontaire pour la "sauver" lui électrisa un à un ses membres. Elle jeta son dévolu sur cette dernière. Bien que ceci fût agréable sous bien des points, elle la retira vivement. Par jalousie en omettant sans aucun doute qu'elle eût bien pu s'aventurer à de caresses subtiles envers cette jeune elfe qui les accompagnait. Répugnant, c'était le seul mot qui lui venait à l'esprit en y pensant. Elle n'avait jamais connu jusque-là les plaisirs de la chair, elle n'y pensait pas plus que cela. Elle n'était pas non plus sotte et elle s'était rappelé les nombreuses fois où sa mère lui racontait ce que l'on pouvait éprouver dans les bras d'un homme.

Elle l'avait imaginé un nombre incalculable de fois, mais n'avait jamais franchi le pas. Elle aspirait à la liberté et ne voulait en aucun cas s'amouracher de la sorte. Elle avait trouvé sa mère faible dans ces moments, enfin, c'était comme cela qu'elle lui apparaissait dans ses souvenirs. Elle en parlait comme si c'était la seule chose qui pouvait vous transporter, quelque chose qui marquait à jamais le corps. Ni plus, ni rien que des sottises ! Elle replongea ses mirettes dans les yeux émeraude de l'inconnu. On aurait pu très bien rougir à la vue de cette magnificence, mais elle, non, elle ne rougit pas. Elle recula d'un pas cependant recouvrant ses esprits peu à peu (elle sentait bien que le feu à ses joues commençait à l'embraser). Elle se serait volontiers donné une claque. Jamais quelqu'un ne l'avait déstabilisait à ce point, ni même un homme de cette envergure. L'avait-elle déjà rencontré ? Non jamais à moins que sa mémoire lui fasse défaut. Se rappelant qu'elle ne l'avait excusée, chose qu'elle ne ferait pas malgré tout, elle ne l'avait pas forcé à lui venir en aide après tout. Il lui resta malgré tout une certaine courtoisie qu'elle mit à profit en se courbant à l'attention des trois étrangers. Une simple courbette, il n'en fallait pas beaucoup non plus. Après tout, elle ne connaissait rien d'eux.

Je manque cruellement à mes manières, veuillez-m'en excuser, commença-t-elle avec une voix doucereuse. Oui quand même après tout ce n'était pas de leur faute si elle s'était retrouvé le fessier à terre. La prochaine fois, elle posterait deux gardes à l'entrée du jardin, évitant ainsi que ce genre d'événement ne se reproduise. Elle s'excusa surtout pour ce contact grossier. La façon qu'elle avait eue de le jauger aussi intensément sans ciller. Elle espérait vivement qu'il n'ait pas ressenti malgré tout son trouble et le frissonnement de son corps lorsqu'elle lui avait pris cette main. En y repensant, cela la troubla d'avantage.

Je suis Lothiel Nympheydel, continua-t-elle après un bref moment d'interruption. Princesse de Délityth, enchaîna-t-elle. Princesse est un peu présomptueux sachant que je ne le suis pas officiellement...

Elle s'interrompit brusquement. À quoi bon leur raconter ce passage, après tout qu'en avaient-ils à faire ? Tant qu'elle y était, elle n'avait qu'à se faire passer pour une usurpatrice. Sans doute la prenaient-ils pour une folle à lier ? Une dérangée qui se prenait pour ce qu'elle n'était pas ? À vue d'œil, il était évident que c'était une elfe de classe princière. Bien qu'elle aimât jouer et provoquer le trouble dans l'esprit de ses interlocuteurs, elle faisait attention. Elle ne s'amusait pas avec n'importe qui. Là en l'occurrence, ils n'étaient pas le genre de personnes avec lesquelles on pouvait user de charme. Pourtant... Cela lui aurait plu.

Ne vous méprenez pas, reprit-elle, je suis bien l'héritière légitime de la principauté de Délithyth.


"Idiote !! Pourquoi ce besoin de te justifier ?! Après tout, tu n'as rien fait de mal, c'était une malencontreuse chute..."


Sa conscience, heureusement qu'elle était là et qu'elle pouvait compter sur elle. Elle n'avait pas tort toutefois. Elle n'avait jamais compris ce besoin de devoir user de singeries. "Tiens-toi droite !" "Souris !" Tant de fois, on lui tenait ce discours. Chaque courbette était effectuée avec la plus grande perfection. De la pure hypocrisie. On étudiait chacune de vos paroles, on remarquait chaque faux pas et cela était impardonnable. Plus jeune, elle s'était mal conduite auprès de l'un des siens. Elle avait été congédiée dans sa chambre et sa mère l'avait sermonnée. À croire qu'elle n'avait aucunement le droit d'avoir ses propres idéologies. Il ne fallait en aucun cas dire un mot plus haut que l'autre. Il fallait respecter ses semblables et c'était là le plus important. On ne se souciait que très peu de ce qu'elle pouvait penser.

Ses ongles commencèrent à s'enfoncer dans la chair de ses paumes se rappelant brusquement qu'elle n'était pas seule. Non pas que cette compagnie lui était désagréable, mais elle était venue à un moment inconvenant.
Elle était crispée et se sentait de plus en plus mal à l'aise. Elle aurait voulu être une petite souris et pouvoir se cacher dans un petit trou. Qu'on l'oublie ! Pourquoi fallait-il toujours que le destin se mêle de ce qu'il ne le regardait pas ? Il ne pouvait pas la lâcher et aller voir ailleurs si elle y était ? Ne comprenait-il pas qu'elle n'avait pas besoin de cela maintenant, elle qui revenait d'un long et douloureux cauchemar ? Volontiers, elle aurait hurlé tant elle avait mal, tant elle ne supportait plus la vue de cette médiocrité affligeante. Elle en avait assez d'être la gentille fille obéissante qu'on avait façonnée à l'image qu'elle devait être. Pour sûr, ils avaient tous réussi d'une main de maître !

Elle s'en voulait d'avoir laissé sa servante de côté, elle en aurait eu bien besoin à ce moment-là. Elle était la seule à pouvoir la tirer de ce pas, mais elle n'allait pas prendre le risque de lui désobéir. Elle avait beau observer du coin de l'œil l'entrée du jardin, elle ne la verrait pas apparaître. Elle était bien seule. C'était fou à quel point il (le destin) prenait un malin plaisir à jouer avec ses émotions. Était-ce là un subterfuge ? Un test qu'elle devait passer sans qu'elle ne le sache ? Étaient-ceux qui usaient de magie ? Non ce ne pouvait pas être cela, c'était inconcevable. Ils ne pouvaient pas se montrer aussi déloyaux. Après tout, elle était seule. Elle envoya valdinguer ses fichues pensées au loin.

J'ai beau chercher dans les tréfonds de ma mémoire, dit-elle fracassant une fois de plus le silence, il me semble, si je ne m'abuse que nous nous soyons jamais rencontrés.


Un constat rien de plus. Elle ne les connaissait pas. Elle ne venait pas en cet endroit aussi souvent qu'elle le voulait, peut-être demeuraient-ils ici sans qu'elle n'ait eu la chance de les rencontrer ? Elle se promit de revenir ici le plus souvent possible. Pourtant, des personnes de cette trempe ne passaient inaperçues. À chaque endroit où elle allait, elle ne restait pas invisible.


Je ne sais guère où vos pas vos mèneront, mais, c'est une aubaine que vous vous soyez retrouvés ici. Je vous conseille vivement de visiter chaque recoin de la cité, vous en serez époustouflés. Les jardins bien qu'ils paraissent identiques, soient tous différents bien à des égards.


Tandis qu'elle parlait, pour une fois, il semblait qu'il y avait de la profonde sincérité dans sa voix. Il semblait même qu'on ne distinguait plus vraiment son ton quelque peu hautain, comme s'il avait disparu. Sa voix était étonnement douce et il n'y avait aucune agressivité dans celle-ci. Elle semblait apprécier cette cité et c'était peu de le dire. Si sa voix semblait plus douce, plus enjouée, il n'y demeurait sur son visage aucun sourire. Non pas qu'elle n'avait plus rien à rajouter, mais, par bienséance, elle se, tu. Elle ne les questionna pas sur leur visite en ces lieux, cela était tout de même indélicat. Elle laissa le silence reprendre ses droits dans ce petit jardin de glace.




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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Mar 25 Fév 2014 - 18:38

La jeune demoiselle eut pour premier reflexe de vérifier l'état de sa robe. Il fallait avouer que le tissu semblait d'une qualité peu commune. Et en tout objectivité, pareil vêtement seyait véritablement à celle qui le portait. Il eut été des plus fâcheux que cette chute l'ait abimée. Mais ce n'était pas le cas. Derrière lui, il percu la remarque de la petite elfe qui le suivait. Désormais libre, du moins en partie, elle avait pourtant gardé des habitudes tenaces. Rien d'étonnant. Elle s'exprimait peu et seulement avec quelques phrases. Elle refusait tout vêtement féminin ou ostentatoire. Alors une robe... elle ne pouvait voir cela que d'un oeil critique.

Lorsque la belle danseuse leva les yeux vers la main tendue, elle eut un regard presque mécontent. Comme si elle n'appréciait pas vraiment qu'on l'aide. Comme si elle préférait se relever seule, sans avoir à compter sur quelqu'un. Elle consentit malgré tout à se saisir de la main salvatrice, et se releva avec une grâce et une délicatesse peu commune. Ses gestes étaient empreint de cette perfection que seuls les gens de haut lignage semblaient posséder. Et une telle grâce sur une elfe de cette beauté était plus que remarquable. On eut dit qu'il n'aurait pu en être autrement. C'était comme si ces deux faits étaient pareils aux rimes d'un poème. On ne peut prendre l'un sans l'autre, car alors le texte entier en perd son sens.

Dévisageant un moment celui qui l'avait ainsi aidée, l'inconnue semblait ne pas trop savoir comment réagir. Etait ce parce que celui qui l'avait aidée l'avait fait sans la connaitre? En tous les cas, elle l'observa longuement, avant de jeter un regard aux deux personnes qui le suivait. Puis elle reporta les yeux sur lui. Elle semblait toujours aussi... perturbée, et eut un nouveau moment d'absence. Il en profita pour l'observer un peu davantage. Digne représentante de la beauté des hauts-elfes, elle avait une longue chevelure couleur de feu, qui cascadait sur ses épaules et dans son dos. Son visage était d'une douceur et d'une pureté véritable. Quant à ce regard, ces deux yeux d'un bleu profond, ils semblaient sonder les gens et les inviter à s'y perdre. C'était bien là une beauté, l'objectivité forçait à le reconnaitre. Pourtant, il ne s'y laissa pas prendre.

Esquissant une légère révérence, la belle inconnue commenca par s'excuser de son impolitesse, prétextant manquer à ses devoirs. Cela fini de confirmer le fait qu'elle était noble, et même probablement de haute noblesse. Sa voix, pareille à un chant mélodieux, semblait rendre les autres sons discordants et lourds. Comme le chant clair d'un oiseau au sein d'un orage. Répondant à sa révérence, le seigneur haut-elfe s'inclina lui aussi légèrement en avant, ses cheveux retombant devant son visage. Il n'y avait guère à pardonner, mais le protocole exigeait bien des choses parfois inutiles. Elondar en ferait probablement autant. Quant à Macabre, c'était peu probable. Mais pouvait-on lui reprocher? Elle n'avait jamais vécu avec d'autre personne que son ancien maitre, qui ne devait certes pas lui enseigner le protocole. Il espérait juste que la belle inconnue ne le remarque pas, ou tout du moins n'en tienne par rigueur.

Je suis Lothiel Nympheyde. Princesse de Délityth.

Princesse de Délityth? Cela eut pour effet de faire redresser un peu précipitamment le haut-elfe. Princesse? Voilà qu'elle était bien de haut lignage... Même de plus haut qu'il ne l'était lui même! Même si chez les siens, la noblesse n'était pas pretexte à une supériorité absolue sur les auters individus, elle avait malgré tout beaucoup d'importance. Et tout noble devait respect à un prince ou une princesse de principauté. Aussi salua-t-il de nouveau, avec davantage de respect, sans toutefois lui montrait qu'il se considérait largement inférieur à elle. Une façon d'exprimer qu'il savait qui elle était, mais n'entendait pas se jeter à ses pieds pour autant.

Une chose vint alors le perturber. Princesse? Mais les trois princes n'avaient-ils pas récemment disparu avec leurs épouses? Les élections n'avaient pas pu avoir déjà lieu. A moins qu'il n'y eut un héritier, mais même alors le conseil devait l'évaluer...

La belle Lothiel répondit à toutes ces questions. Elle était en réalité future princesse, héritière légitime certes, mais pas encore désignée. Toutefois, elle n'en restait pas moins d'une haute lignée, d'une beauté incomparable et manifestement suffisamment confiante en elle pour assumer sa future tâche. Un petit silence s'installa avant qu'il ne se relève de sa révérence, et qu'elle lui fasse remarquer qu'elle n'avait aucun souvenir d'eux. Guère étonnant, il ne s'était rendu que quelques fois en cette magnifique cité. Mais il était grand temps de pallier à cette inconvenue. La dame s'était présentée la première, il allait devoir en faire autant. Se redressant, il inclina légèrement la tête tout en prenant la parole.

«Veuillez pardonner mon propre manquement aux manières. Je crains en effet que votre détresse ne m'ait fait oublier de me présenter, ainsi que mes compagnons. Je me nomme Fineldor Elwëndrion, conseiller princier de Fildor.» il désigna l'elfe qui le suivait «Voici Elondar Telandar, l'un de mes plus proches conseillerspuis se tourna vers la petite Macabre «Et je vous présente une jeune elfe que j'ai connu il y a peu de temps. Je ne saurais vous donner son nom hélas, car elle même ne s'en souviens pas

C'était certes étrange de la présenter ainsi, mais c'était pure vérité. Comment dire qu'en réalité elle considérait s'appeler Macabre, le nom que son ancien maitre lui avait donnée? Impensable, devant une inconnue. Aussi se contenta-t-il d'en rester là sur ce sujet.

«Il n'est guère étonnant que vous ne me reconnaissiez point. Vous l'avez compris, nous ne sommes pas d'ici. Nous venons de Karreliën. Je n'ai pour ma part visité la cité de cristal qu'une seule fois jusqu'alors. Si toutefois je puis parler de visite... Aussi ne vous ai-je pas davantage reconnu, princesse. Si toutefois vous ne m'en voulez pas de vous appeler ainsi.»

Nouvelle révérence, légère, pour marquer son respect. Pas davantage toutefois.

Je ne sais guère où vos pas vos mèneront, mais, c'est une aubaine que vous vous soyez retrouvés ici. Je vous conseille vivement de visiter chaque recoin de la cité, vous en serez époustouflés. Les jardins bien qu'ils paraissent identiques, soient tous différents bien à des égards.

Une aubaine? Vraiment? Elle parlait comme si elle les avaient attendus. Mais qu'importait. Lorsqu'elle parla des jardins, la curiosité de Fineldor fut alors piquée au vif. Il tenta de le cacher, mais un légère éclat dans ses yeux n'était probablement pas passé inaperçu. La voix de la belle demoiselle, défaite de ce ton un peu hautain si propre aux nobles, avait été empreinte d'une pureté supérieure à ce qu'elle avait pu être jusqu'alors. Comme si elle s'était faite plus sincère. Comme si elle aussi était sensibles aux beautés de la nature.

Charmé de cette rencontre pour le moins... imprévue, Fineldor eut un sourire franc, qui traduisait davantage que tout autre remerciement.

«J'avoue ne pas être insensible aux beautés de la nature telles que l'on en trouve dans les multiples jardins des cités de notre peuple. J'ai beau en posséder un moi même, j'estime que la nature est comme le savoir: nous ne savons jamais tout à son sujet, nous n'avons jamais tout vu, et si les années nous apportent davantage, une vie n'y suffit pourtant pas. Si notre visite ne sera pas des plus longues, quelques jours tout au plus, nous pourrions toutefois profiter quelques instants au moins de la beauté dont cette cité pourrait nous faire profiter. Mais peut être votre temps est-il trop précieux, je ne voudrais certes pas vous retarder d'une quelconque manière, ma dame.»

C'était là une invitation déguisée. Si elle avait réellement à faire, elle se retirerait, et les laisseraient visiter à leur gré. Autrement... il pouvait espérer qu'elle les accompagne dans leur visite. Ainsi le haut-elfe pourrait profiter des beautés que la belle cité pouvait offrir. Avec l'une de ses beautés à ses côtés.
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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Lun 24 Mar 2014 - 12:48

Il s'inclina et les présenta à elle. Un conseiller princier, il était de toute somme de sa trempe. Cela ne trompait guère vu les allures qui le distinguaient. Elle se perdit une fois de plus dans ses prunelles et ne faisait guère attention quand il présenta le plus vieux d'entre eux. Par contre quand vint le tour de la femme, elle s'y attarda plus que de coutume. À sa place Lothiel en aurait pu frissonner ou même rougir. Se faire étudier de la sorte, c'était quelque chose qui l'insupportait bien plus que toute autre chose. Un petit sourire ourla ses lèvres. De la satisfaction ? De l'envie ? On aurait su le dire ce qu'il représentait réellement. En tout cas en son fort intérieurement, elle jubilait. Il ne fallait se fier aux apparences et elle aurait pu sortir une pique blessante à l'encontre de la jeune femme amnésique. Mais elle se contenta de hausser les épaules. Cela s'apparentait plus à un geste de compassion, mais il n'en était rien quand on connaissait la jeune Lothiel. Du vivant de ses parents, elle aurait pu ressentir de la peine, cela était vain à présent. Ressentir ce genre de chose, c'était comme s'apitoyer sur le sort de quelqu'un. Elle ne supporterait pas que l'on en vienne à ressentir de la pitié pour elle. La pitié, ce n'était que pour les faibles. Au contraire, sa douleur était devenue une force. Avait-il eu de la miséricorde pour cette jeune elfe ? Elle ne se risqua pas à lui demander. Cela n'était guère délicat et puis, ce qu'il faisait ne la regardait pas.

Elle revint vers le prince quand celui-ci effectua une courbette à son encontre et remarqua qu'il se contenta de ne pas trop en faire. Elle apprécia toutefois. C'était d'un barbant toutes ces minauderies. Elle se rappela d'une fois où ses parents avaient convié des amis de longue date à un repas. Tous avaient du passer une bonne partie à se saluer et toutes sortes de choses. À cet instant, elle les avait trouvés pathétique autant qu'ils étaient. Les coutumes étaient faites depuis longtemps et mieux valait les respecter. Lothiel toute fois, inclina la tête en réponse à la révérence offerte, mais un sourire d'avantage plus franc se dessina sur ses lèvres. Elle dut se faire violence. Il ne fallait pas se montrer désagréable, surtout pas devant une telle magnificence. Elle aimait sa façon de parler, chaque son était doux à son oreille. Il parlait avec une telle grâce. Était-il comme cela où était-ce une façade ? Après tout bon nombre de personnes ne dévoilaient sa véritable personnalité. C'était un fait, et hélas, Lothiel en faisait partie. Ce n'était pas un réel but, car au fond, elle n'était pas réellement méchante. Il fallait juste savoir la prendre comme il le fallait. Ni être trop hautain ni même être trop faible. Il est tellement plus facile d'abuser de la gentillesse et de la naïveté des autres quand on connaissait leurs faiblesses. La mort elle-même l'avait trahie quand elle lui arracha ses parents. Elle qui vivait jusque-là dans un cocon doucereux. Son visage se durcit et elle détourna la tête ravalant les sanglots qui faisaient trembler ses lèvres. Elle se les pinça fortement avec les dents tandis qu'elle se dirigea vers le banc où trônait sa cape qu'elle avait délaissée à son arrivée. Elle l'enfila avec hâte et retourna vers les trois autres. Elle ne couvrit pas son visage ceci dit et laissa sa chevelure tomber réellement sur ses épaules. Une légère brise caressa son visage et elle frissonna malgré elle.

Elle repensa à ce qu'il avait dit. Ils ne resteraient que quelques jours tout au plus et cela la rendait quelque peu désireuse d'en savoir un peu plus sur lui. Elle déchanta un peu vite quand sa conscience lui rappela que des partis comme il était ne restaient pas seuls trop longtemps. Son visage se ferma quelque peu et son sourire s'effaça aussi vite qu'il était venu. Elle soupira et eut envie de l'envoyer paitre, mais s'y refusa. L'elfe qui les accompagnait était pour elle sa femme, pourtant, il n'en était rien. Elle préféra envoyer valser sa conscience qui de toute évidence n'en faisait qu'à sa tête pour la malmener.

Il y a bien longtemps que mon temps n'est plus aussi précieux, dit-elle cassant ainsi le silence qui s'était installé. Je serais ravie de vous présenter chaque recoin de la cité. Il y a même des lieux insolites comme cette cascade d'eau qui pourtant figée par la glace, continue de danser au gré du vent. Je trouve cet endroit magique et je pense qu'il devrait vous plaire. Nous pourrions faire une halte et nous pourrions y convier votre épouse...

La curiosité est un vilain défaut et pour preuve. Surtout quand celle-ci était mal placée. Aussitôt, des scénarios s'écrivaient devant elle. Une femme alitée pendant sa grossesse ? Une femme restée à la demeure pour veiller sur l'éducation des futurs princes ? Une femme enlaidit par le poids des grossesses ? A cette évocation elle pouffa mais se reprit très vite et se confondit en excuses à l'attention des trois elfes.
Cela était très déplacé, pardonnez-moi. Pour sûr que mon précepteur s'en serait étouffé de mon comportement. Ne faites pas attention à ma maladresse, nous mettrons cela sur le compte de ma jeunesse fougueuse.
Belle excuse que voilà, la sermonna sa conscience. Elle ricanait qu'il lui semblait qu'on la prendrait pour une folle si on savait son esprit si dérangé. Lothiel n'en avait que faire de ce que l'on pensait d'elle. Au contraire, tant qu'on parlait d'elle. Le reste lui était égal.

Acceptez-vous que je vous montre cette cascade magique ? Demanda-t-elle avec un sourire qui illumina son visage. L'endroit est assez reculé, mais nous pourrions y aller à pied sans trop d'efforts ou si vous y tenez, je peux demander à ce que l'on nous y conduise en calèche. Cela m'est égal, bien que j'apprécie nettement me balader à pied. Je trouve cela plus agréable que de rester enfermée. Je ferai malgré tout comme bon, vous souhaitez.

Elle regarda tour à tour les elfes et s'attarda sur le prince tandis qu'elle devait se forcer de montrer bonne figure. Fallait dire qu'il l'impressionnait autant qu'il l'attirait...




[HRP : *Se vautre aux pieds de Fin et Macabre* Toutes mes excuses pour la médiocrité de mon RP et surtout pour le temps d'attente ;x]
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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Lun 21 Avr 2014 - 11:23

Macabre regarda les deux nobles elfes se saluer avec plein de politesses et de manières à la façon d'une étrangère. Pour elle, c'était beaucoup de mots pour ne pas se dire grand chose. Elle les laissa d'ailleurs bien vite à leurs platitudes pour scruter les environs, cherchant à détecter la présence de quelqu'un qui ne devrait pas y être ou qui portait un peu trop d'attention au petit groupe. Il s'agissait bien d'une manœuvre de protection, semblable à celle d'un garde du corps à part qu'ici la petite esclave cherchait sa propre sécurité. Il y avait pourtant fort à parier qu'elle ne laisserait pas quelqu'un s'en prendre à ceux qui l'accompagnaient. Non pas qu'elle ce soit attachée à eux mais les laisser se faire attaquer n'était pas dans son intérêt. Et puis, dans le fond, la petite assassin n'avait rien de malveillant. On pouvait même la qualifier de gentille sous ses airs insipides et sombres. Macabre savait pourtant pertinemment qu'il était trop tôt pour que Don'dar ait réagit à son absence. Il devait à peine être arrivé à Meridian... Mais c'était plus fort qu'elle.
Vint le moment où Fineldor la présenta. Son regard inexpressif se porta alors à nouveau sur la princesse. Le fait de ne pas avoir de nom ne semblait pas la déranger ou la perturber. Elle vivait ainsi depuis si longtemps que cela n'avait rien d'anormal pour elle, bien qu'elle ait tout à fait conscience que tout humanoïde avait un nom. Cela avait d'ailleurs quelques inconvénients quand il s'agissait de l’interpeller. La plupart du temps, ça commençait par un "euh" un peu longuet sur les bords. Puis on essayait avec un "hep", à la manière de celui qui a oublié le prénom de la personne dont il veut attirer l'attention. Certains s'étaient mis à utiliser "Mademoiselle" auquel la jeune elfe commençait à réagir après le deuxième appel. D'autres, dans la précipitation ou la prenant au premier abord pour une enfant, l'appelaient "Petite". Ils se retrouvaient d'ailleurs souvent ennuyés lorsqu'ils se rendaient compte de leur erreur.

Enfin bref, pour le nombre de fois où on l'appelait... Il n'y avait guère que Fineldor -et ceux à qui il le demandait- pour se préoccuper d'elle. Dans l'ensemble, les autres l'évitait soigneusement, ce qui ne la perturbait pas le moins du monde pour le moment.

Lorsque la princesse commença à détailler la petite elfe, celle-ci ne rougit pas. Elle ne détourna même pas les yeux. En fait, cela ne semblait pas la déranger le moins du monde. Comment pouvait-elle se préoccuper de la façon dont on la regardait en méconnaissant les bonnes manières ? D'ailleurs, Macabre dévisageait tout autant la dame elfe, la parcourant de son regard impénétrable, la tête légèrement penchée sur le côté. Les traits de son visage étaient pareils à ceux d'une sculpture, tout aussi figés et blanchâtres. La sensation devait être semblable à celle -dérangeante- d'être observé par une statue, un être au trait "humain" et pourtant inanimé et au regard vide.
Enfin, lorsque la princesse reporta son attention sur Fineldor, elle retourna à son inspection des lieux, comme si son intérêt pour la créature qui se tenait devant elle s'était arrêté au moment même où elle s'était détournée d'elle. Occupée à tout autre chose, Macabre suivait malgré tout la conversation et ne manqua pas de se demander pourquoi la noble elfe parla de l'épouse d'Elwëndrion avant même de savoir s'il en avait une. La jeune esclave aurait d'ailleurs été bien incapable de répondre. Elle n'avait certes jamais entendu parler d'une "Madame" mais ne s'était jamais posé la question non plus. Et puis il aimait tellement ses livres qu'elle se demandait s'il avait encore de la place pour une femme.
Questions surréalistes mais légitimes dans la tête de celle qui ignorait jusqu'au sens du mot "amour". Quant à en connaître la sensation...
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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Ven 2 Mai 2014 - 15:56

La princesse écouta les présentations avec calme, un sourire sur les lèvres. Il semblait que cette compagnie imprévue s'avérait à ses yeux plus agréable qu'elle ne l'avait cru au premiers instants. Lorsque le haut-elfe évoqua l'ancienne petite esclave, la belle Lothiel l'observa un moment. Malgré les nouveaux vêtements, il était vrai que cette jeune enfant continuait à dénoter. Fineldor remarqua à ce moment qu'elle avait observé dans toutes les directions. Le souvenir de son maitre semblait encore la hanter, au point qu'elle se sente traquée même en ce beau lieu. Comprenant qu'elle était centre d'attention, elle tourna le visage vers celle qui l'observait, et la dévisagea de la même manière. Gênant certes, mais que pouvait-il dire? Et une fois cette attention passée et reportée sur lui, la petite elfe se remit à scruter de droite et de gauche. Il faudrait bien du temps avant qu'elle ne se libère des chaines de son esprit.

Le salut léger de Fineldor envers Lothiel ne sembla pas la perturber, bien au contraire. Certains nobles tenaient à un respect tellement strict du protocole que lorsqu'une révérence n'était pas assez appuyée, qu'on ne les appelaient pas par leur titre exact ou tout autre signe infime de non respect avait le don de les faire entrer dans une colère noire. Mais la belle demoiselle n'était pas de ceux là. Elle eut un sourire d'autant plus sincère, avant que ses lèvres ne se pincent. Faisant demi-tour, elle s'en alla ramasser la belle cape qu'elle avait laissée sur le banc, et s'en vêtit. Le frisson qui la parcouru sembla montrer que cela n'était pas vain.

Lorsqu'il déclara n'être là que pour quelques jours, la future princesse laissa échapper un soupir. Quelle en était la signification? Il était aussi compliqué de déchiffrer les sentiments d'une noble haut-elfe que de convaincre les humains du bien fondé de la paix. Mais Fineldor ne s'offusqua pas. Noble ou simple artisan, tout être était pourvu de sentiment. Et contrairement à ce que beaucoup croyaient, ce n'était pas le fait de les cacher qui vous rendaient des plus nobles, mais bien de les montrer à bon escient.

Rompant le silence qui s'était installé, elle l'invita à visiter la cité, son temps n'étant manifestement pas si précieux d'après ce qu'elle avançait. Turinar était certes une cité magnifique, que l'aspirant princier n'avait jamais pu connaitre totalement. Visiter certains de ses recoins enchanteurs était une idée plaisante. La cascade de glace évoquée par la douce demoiselle semblait un lieu agréable. Toutefois, lorsqu'elle évoqua l'épouse du seigneur haut-elfe, celui ci eut un petit rire léger. Ce à quoi la princesse répondit par un rire elle aussi. Etrange, elle ignorait la raison du sien. Etait-ce là un rire en simple réaction?

Acceptez-vous que je vous montre cette cascade magique ? Demanda-t-elle avec un sourire qui illumina son visage. L'endroit est assez reculé, mais nous pourrions y aller à pied sans trop d'efforts ou si vous y tenez, je peux demander à ce que l'on nous y conduise en calèche. Cela m'est égal, bien que j'apprécie nettement me balader à pied. Je trouve cela plus agréable que de rester enfermée. Je ferai malgré tout comme bon, vous souhaitez.

Adressant un léger signe de la tête, Fineldor entreprit de lui répondre.

«J'accepte bien volontiers votre invitation ma dame. Cette cascade semble être un lieu magnifique, et il m'est difficile d'imaginer que j'ai pu venir en cette cité sans pouvoir l'admirer. Il semble d'ailleurs que la cité elle même recèle bien des beautés. Mais vous semblez en savoir bien davantage que moi-même, ce qui n'est guère étonnant. Grandir dans un si beau lieu doit être un enchantement. Aussi, puisque vous me le proposez, je préférerais effectuer le chemin à pied. Je doute que mes deux amis y soient opposés, et c'est là le meilleur moyen de pouvoir profiter de ce lieu, n'est ce pas?»

Il était évident qu'il n'y aurait aucune protestation quant au fait de marcher. Elondar, quoique plus âgé, était encore un bel elfe et pouvait sans peine les suivre. Quant à Macabre, c'était à se demander si elle ressentait la fatigue. La jeune enfant, malgré sa maigreur, était toujours éveillée, et capable d'efforts qui auraient épuisés un autre. Puis le seigneur haut-elfe se souvint que la belle demoiselle avait évoqué son épouse. Un sourire amusé se dessina à nouveau sur ses lèvres.

«Je crains que nous ne devions attendre bien des années si vous souhaitez convier mon épouse. C'est là le résultat du simple fait que je n'en ai point. Je n'ai jusqu'alors eut ni l'envie, ni le temps, ni l'occasion d'en avoir, et je doute que cela ne se produise avant longtemps. A vrai dire, ma charge occupe la plupart de mon temps, et ce qui me reste est dévolu à des tâches essentielles à mes yeux. Aussi ferais-je un bien piètre époux, ne pouvant me consacrer à la douce qui partagera un jour ma vie. Je pense qu'il vaut ainsi mieux patienter pour pouvoir au mieux combler son cœur. D'autant que je ne choisirai pas une épouse par arrangement d'aucune sorte. La plupart estiment que les puissants doivent s'unir pour le bien de leur peuple et de leurs terres. Je pense qu'une telle union forcée n'entraine que des dissensions. Le cœur doit parler autant que la raison, sans quoi l'idée même d'union devient caduque.»

Ce petite discours sur son point de vue de l'union entre deux êtres était certes empli de bonnes intentions, mais au fond, qui était-il pour juger de la pertinence de l'union entre deux êtres, lui qui n'avait jamais connu l'amour, et avait déjà plusieurs fois côtoyé la mort? La future princesse en savait probablement davantage en la matière, et elle avait là toute matière à rire de tant de naïveté. Mais c'était ainsi qu'il concevait les choses, et il était peu probable qu'il change cette conception.


HRP: à mon tour de présenter mes plus plates excuses pour ce retard inacceptable et honteux sur notre rp. Je ne sais comment me faire pardonner.
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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Ven 2 Mai 2014 - 17:38

Lothiel semblait de plus en plus à l'aise face à son partenaire. D'ailleurs, ils n'étaient pas seuls, mais la compagnie des autres lui était égale, non pas inintéressante, mais elle avait la chance de pouvoir jargonner avec une personne de sa trempe. Il y avait quelque chose de doux en lui et de ferme. Sa façon de s'adresser à elle n'était pas empreinte à de l'hostilité ou à du mépris, non, cela semblait sincère. Elle se sentait sotte de s'être montrée un peu désinvolte à leur égard. Elle l'écouta silencieusement et pour la première fois, elle était intéressée par ce que l'on disait. Elle avait des yeux lumineux, avides de savoir, mais aussi un petit sourire agréable. Son visage d'ordinaire froid et impénétrable, n'était plus que chaleureux. On aurait pu penser qu'ils se trouvaient face à une autre personne. Elle fut ravie d'entendre que marcher lui convenait à lui aussi.

Je n'ai eu la chance de venir ici occasionnellement. De là à dire que je connais tous les petits recoins serait présomptueux de ma part. Je suis d'avis à penser que l'on ne connait jamais bien assez les choses. C'est comme pour une personne, il faudra toute une vie pour la découvrir à sa juste valeur. Ici, c'est de même. J'ai l'impression que chaque recoin m'est familier, et pourtant, quand je m'y attarde, il y a souvent des choses que j'ai omises.

Elle lui présenta son bras et un rire franc sortit des tréfonds de sa fine bouche. C'était assez comique, car il était de bonne foi que ce soit l'homme qui présente son bras, mais ils n'étaient pas "intimes". Lothiel, n'en aie que faire. À quoi bon passer sa vie sous les conventions. Après tout, un peu de fantaisies ne faisait pas de mal. Elle lui proposa sans toutefois insister. Elle marcha à ses côtés, suivant une allure modérée. Elle était si proche de lui qu'elle aurait pu sentir les effluves de son parfum à mesure que la brise soufflait. Il ne faisait pas froid cependant et quand bien même, on s'habituait très vite à cette température. Il abordait un sujet délicat, mais elle fut surprise de constater qu'il tenait à vivre le grand amour. Son cœur battait la chamade quand il déclara qu'il n'avait aucune épouse qui l'attendait.

Elle s'était peu à peu perdue dans le fil de ses pensées. Elle repensait à ces moments qu'elle avait partagés avec sa mère parlant à s'en étouffer de l'amour. Pour sûre, on ne l'avait promis à aucun parti, ils étaient partis bien trop tôt pour aborder ce sujet avec elle. De toute façon Lothiel leur avait scrupuleusement avoué qu'elle tenait à choisir celui pour qui son organe battrait.

C'était en vain. Personne n'avait su attirer ses bonnes grâces. Elle avait aimé, mais jamais de cette manière. Jamais elle n'avait vibré ni même entendu son cœur marteler à sa poitrine comme s'il allait s'échapper de sa cage thoracique. Elle haussa les épaules et semblait acquiescer en silence ce qu'il disait.

Je me sens si confuse d'avoir abordé cet aspect-là. Je ne voulais pas me montrer indiscrète.

Elle tourna la tête en sa direction, et sourit timidement.

Je ne crois pas forcément à l'amour et tout ce qui en découle. J'ai eu la chance de croiser le grand amour avec mes parents. Ils s'aimaient profondément et...

Elle s'interrompit un instant ravalant le sanglot qui était prêt à sortir sans crier gare. Son corps s'était raidi l'espace d'un instant.

Pardonnez-moi, parler de mes parents est encore un brin douloureux. Leur perte m'a été fatale et j'ai encore un peu de mal quand je les évoque. L'amour se construit jour après jour j'imagine. Je rejoins votre avis, je ne tiens pas à ce que l'on me force à épouser quelqu'un qui m'est inconnu, ou inintéressant... Je veux pouvoir sentir toutes ces vibrations dans le corps et dans l'âme. Je suppose que j'ai encore le temps. Ma foi, ce n'est pas comme si j'errai à la recherche d'un prétendant. Il faut que le cœur le décide et non pas qu'il se contente d'un acquis. L'amour facile, l'amour décidé n'est pas fait pour moi. Je suis certainement une éternelle rêveuse...

Elle s'arrêta et laissa le silence retomber. Ils marchaient depuis quelques minutes mais cela lui paraissait long. Elle ne s'ennuyait pas et ne se sentait pas obligée. D'ordinaire le simple fait de parler lui était impensable. Parler pour ne rien dire n'étaient que des broutilles sans fin. Là, en plus de l'intéresser, il avait beaucoup d'esprit. Il était beau-parleur mais ce n'était pas péjoratif. Elle aimait sa voix et elle résonnait à ses oreilles comme une douce mélodie. Elle se serait bien giflée si elle n'était pas seule.

Plus loin, un groupe d'elfes marchait en leur direction et elle se détacha du Prince. Elle garda une distance raisonnable quand elle reconnut elle-même, qu'elle était bien trop proche. Elle se souciait de l'opinion des autres et était très touchée aux ragots qui pouvaient blesser autrui. Elle ne le fit pas que pour elle mais plutôt pour éviter un malentendu. Surtout que celle qui se tenait face à elle, était du genre un peu trop bavard à son goût.

Quel plaisir de vous voir si bien accompagnée très chère. Je constate avec effroi que vous vous êtes remise avec facilité de la perte de vos parents... (elle décocha un regard langoureux au Prince et un sourire plus qu'enjoliver.)

Le "très chère" sonna à son oreille comme une raillerie déplacée. Elle se contenta de fixer la blondinette pas plus grande que Lothiel et à la silhouette élancée, avec froideur. Un visage dur qui contrastait avec celui qu'elle arborait il y a un instant. C'était le genre de personne qui était bonne à se donner en spectacle. Bien que relativement aisée, elle n'avait su gravir les échelons et jalousait beaucoup la jeune Lothiel. Elle se pavanait sans cesse, ce qui avait le don d'agacer la jeune princesse. Par plusieurs fois elle avait su trouver le bon ton pour la remettre à sa place mais là... Que faire ? Elle ne pouvait nullement se montrer grossière et pourtant c'était un jeu qu'elle appréciait jouer. Depuis fort longtemps Lothiel en avait essuyé des moqueries de sa part, souvent elle avait ravalé les mots. Parfois, malgré tout, ils se faisaient plus durs qu'elle ne le voulait. L'autre continuait, c'était pour mieux la renverser puisque qu'elle convoitait son titre.

Tu ne nous présentes pas ?

Lothiel ne sourcilla pas. Cette familiarité l'irritait plus que tout. Déjà, l'autre avait tendu sa main espérant qu'il lui donne un baise-main. Pour sûre, elle irait s'en vanter à qui voudrait l'entendre. La Princesse, observa le manège de la blonde avec dégoût. Elle se contenta de garder le silence, car elle savait de source sûre qu'elle risquerait de regretter son comportement si elle ouvrait la bouche...
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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Mar 13 Mai 2014 - 20:04

La jeune demoiselle, qui avait été tout d'abord méfiante, puis intriguée, semblait désormais plus à son aise. Le haut-elfe aurait presque cru qu'elle partageait son aversion pour le protocole formel et les manières superflues. Mais il n'aurait pu en être sûr, aussi préférait-il garder quelque précautions à ce sujet.

La future princesse affirmait que malgré ses nombreuses visites, elle n'avait encore pas tout découvert de cette cité. Et qu'il en était de même pour chaque chose. Il fallait infiniment plus de temps qu'une existence pour découvrir tous les secrets d'un lieu, tous les savoirs d'un peuple, ou tout ce qu'est une personne. Même lorsqu'il serait âgé de plusieurs siècles, il ne pourrait affirmer tout connaitre sur aucun sujet. Là-dessus, elle faisait preuve d'une sagesse et d'une prudence exemplaire. Sans pour autant nier la beauté de la cité, évidemment. Lui-même devait avouer qu'il n'aurait pu décrire Karreliën avec une exactitude sans faille, ni prétendre tout en connaitre. Pourtant, c'est la cité où il a toujours vécu. Il y est né, a grandi, a appris, et est désormais en passe de peut-être la gouverner. L'un comme l'autre, ils seront peut-être bientôt à la tête d'une principauté, dont ils ne peuvent seulement comprendre l'intégralité de la cité majeure. La preuve que tout existence, aussi importante fût-elle, reste un grain de sable dans l'immensité du temps et du monde. Soupirant, il acquiesça vaguement de la tête.

«Vous avez bien raison en ce fait. Il serait orgueilleux et surtout faux de prétendre tout savoir. Et pourtant, le savoir, je fais tant et plus pour l'acquérir en partie, savoir autant que cela m'est possible, plus par curiosité que par vanité. Le savoir m'intrigue et m'attire, et pourtant j'ai conscience que jamais je ne pourrais tout connaitre sur un seul des sujets de ce monde. Pas plus que je ne connaitrais la magnifique cité qui m'a vu naitre avec perfection. Il est des choses qu'il faut accepter, et celle d'une ignorance que l'on ne fait que diminuer sans jamais combler est l'une d'entre elle, qu'on le veuille ou non. Mais enfin, cela n'empêche que je suis toujours enthousiasmé par cette visite.»

Lorsque la belle demoiselle lui présenta son bras, il fut à la fois étonné et conforté. Il était d'usage que ce fut l'homme qui présente son bras à sa compagne et non l'inverse. Preuve donc que le protocole n'était pas si important à ses yeux également. Le rire clair et amusé qui résonna dans l'air entraina un large sourire au seigneur haut-elfe, qui prit le bras de la jeune princesse, puis ils se mirent à cheminer, Elondar et Macabre les suivant. Elle resta un moment silencieuse, et Fineldor jugea bon de garder le silence, la laissant songer. Après tout, il était parfois agréable de profiter de quelque silence pour apprécier ce qui entoure. Elle finit finalement par reprendre la parole, s'excusant de son indiscrétion quant à son épouse. Si elle affirma ne pas croire en l'amour dans un premier temps, le sanglot qui s'ensuivit lorsqu'elle évoqua ses parents semblait dire l'inverse. Serrant délicatement le bras de la belle, le haut-elfe voulu la rassurer. Il n'était certes pas en mesure de lui faire une telle douleur, mais au moins pouvait-il tenter de l'apaiser. Elle s'exprima alors de nouveau, mais ce fut-là davantage son cœur que son esprit qui parla. Elle aussi disait vouloir chercher l'amour, vouloir connaitre ce sentiment unique, ce frisson qui rend l'existence si différente. Elle prétendait être une éternelle rêveuse. Moins un défaut qu'une qualité. S'ils gardèrent le silence un moment, il ne put finalement s'empêcher de répondre.

«Rêver n'est point un défaut. C'est une nécessité. Et aspirer à vivre avec un amour véritable est un rêve réaliste et je pense atteignable, si l'on s'en donne les moyens. Il ne faut pas se presser et apprendre à connaitre, voilà tout. Mon existence, quoiqu'encore courte, m'a appris que les personnes pouvaient apparaitre bien différemment de la première impression lorsque l'on essayait d'en savoir davantage sur eux.»

Ces phrases avaient été prononcées sans arrière-pensée. Un simple constat, en quelque sorte.

Lorsqu'un groupe de leurs compatriotes s'apprêta à les croiser, la jeune dame s'éloigna presque brusquement de lui. Comme si cette proximité la gênait. Il comprit que si elle se fichait des apparences et du protocole, les autres nobles étaient promptes à saisir la moindre occasion pour une rumeur qui aurait pu lui couter chère. Aussi n'insista-t-il pas, même s'il fut désolé de ces faux semblants lassants.

Quel plaisir de vous voir si bien accompagnée très chère. Je constate avec effroi que vous vous êtes remise avec facilité de la perte de vos parents...

Se stoppant aussi net que la princesse, Fineldor tourna le regard vers celle qui avait prononcé ces quelques mots. Une noble à la chevelure blonde, manifestement aussi jeune que Lothiel, quoique pas aussi riche probablement. A en juger par le regard qu'elles s'échangèrent, ce n'était pas une grande amitié qui les liait là. Toutefois, le choix fut bien vite fait lorsqu'il s'agit de se demander laquelle il devrait soutenir. Mais pour le moment, il se contenta de se tenir droit, observant la scène.
Lorsque la jeune dame blonde, après une remarque provocatrice, tendit la main vers le conseiller princier, il sentit la future princesse se raidir. Manifestement, elle n'appréciait pas tellement la situation, mais se devait de s'en tenir aux apparences et au protocole. Chose qu'il exécrait autant qu'elle. Mais que les années lui avaient appris à manier.

S'inclinant, il saisit la main de la jeune dame et exécuta un baisemain, qui quoique non parfait, était très respectueux. La jeune blonde eut un sourire moqueur à l'encontre de Lothiel, laquelle devait désespérer devant la situation qui lui échappait.

«Ma dame, c'est un plaisir de vous rencontrer.»

Se redressant, il prit soin de garder un comportement et un ton respectueux.

«Je crains que dame Lothiel ne soit plus touchée que vous ne le pensez par le destin tragique ayant frappé ses parents, aussi vais-je entreprendre de me présenter moi-même. Je me nomme Fineldor Elwëndrion, conseiller princier de Karreliën. Je suis actuellement ici pour affaire, aussi profitais-je de la cité en compagnie de dame Lothiel.»

Il marqua un court silence avant de continuer.

«Si je ne m'abuse, le conseil n'a toujours pas décidé qui sera voter dirigeant ici, pas plus que dans ma cité. J'ose espérer que le bon choix sera fait. Et qui sait, peut-être serait je bientôt amené à diriger la principauté qui m'a vu naitre.»

Il adressa une courte révérence. Puis un haussement de sourcil.

«Mais si je ne m'abuse, nos lois conviennent qu'en attendant l'élection d'un nouveau prince ou d'une nouvelle princesse, c'est l'héritier le plus proche, quel que soit son sexe, des anciens régnants qui assure la régence, est-ce exact? Et toujours selon ces mêmes lois, un manquement au devoir envers le dirigeant d'une principauté peut être lourdement puni. Peut-être pourriez-vous me conforter dans ces dires, mes connaissances des lois sont quelques peu approximatives...»

Le sourire plein de respect qu'il adressa fut alors plus celui d'une victoire. A jouer aux malins, on apprenait vite que nul n'était imbattable.
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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Ven 23 Mai 2014 - 21:02

Macabre s'était contenté de suivre le groupe sans un mot. Son regard allait de coin de ruelle en angle sombre, cherchant à détecter le moindre mouvement. Les personnes qu'ils croisaient n'étaient laissées de côté et faisait l'objet d'une étude minutieuse afin de détecter tout comportement suspect. Bien sûr, il n'y avait aucun signe qu'elle soit exposée au moindre danger mais elle ne pouvait s'en empêcher. Cela devenait presque un TOC...
Pour autant, les oreilles de la petite elfe parvenait à trainer encore sur la conversation des deux nobles qui marchaient en tête. Leurs propos n'avaient pas vraiment de sens pour elle. Ils parlaient beaucoup pour ne pas se dire grand chose. C'était tout le contraire d'elle qui parlait peu et en résumant sa pensée en quelques mots. Même si le message manquait très souvent de clarté... Et puis leur pseudo petit jeu de séduction ne lui plaisait pas du tout. Très loin de comprendre le sentiment amoureux et le principe de l'art noble de la séduction, elle connaissait toutefois ce qu'était le sexe. Loin de l'avoir déjà pratiqué, elle avait néanmoins pu l'observer au hasard de ses missions et savait son maître très féru de l'activité. Aussi, les compliments semi cachés étaient pour elle d'un ennui mortel et elle ne retint absolument pas un long soupir mêlant à la fois la saturation et le dédain. L'elfe qui marchait à ses côtés se tourna alors très brièvement vers elle et lui lança un petit "chut" accompagné d'un regard un peu sévère. Devant l'incompréhension de la jeune esclave, il appuya son geste par un signe réclamant le silence.

Mais quoi ?!

Tu es là pour écouter et apprendre.

Mais j'suis vraiment obligé d'écouter ces niaiseries ?


La petite dispute avait eu lieu de manière discrète dans le dos des deux nobles qui, peut-être, auraient pu entendre leurs messes basses en y prêtant attention. Mais le désaccord s'arrêta-là, l'attention des deux elfes se reportant finalement sur le petit groupe qui venait de les rejoindre.
Macabre observa à nouveau la scène après avoir jeter un rapide coup d’œil sur les alentours. Elle examina ensuite chaque nouveau venu, inspectant chaque pli de tissu et détaillant leur visage jusqu'à la moindre imperfection. Si elle en avait été capable, elle aurait pu les dessiner tant sa mémoire en la matière était efficace. Mais, elle n'aurait su dire pourquoi, elle ne les aimait pas vraiment. Si elle ne comprenait pas le sens de leurs mots, elle savait interpréter les attitudes, les comportements et le ton de la voie. Ces gens-là n'étaient pas pleins de bonnes intentions. Cela se sentait. Certes, Macabre avait fait bien pire que bousculer quelqu'un dans un couloir mais elle connaissait la différence entre le bien et le mal, même si la limite entre les deux étaient parfois floue.
A l'intervention de Fineldor, la petite elfe observa le groupe d'en face, curieuse de voir leur réaction. Elle avait grosso-modo compris qu'il les avait rappelé à l'ordre du point de vue du respect qu'ils devaient à la Dame qui les accompagnait.

Elle devait bien reconnaître que son "protecteur" était doué d'éloquence, même si cela n'avait aucune utilité à ses yeux.
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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Mar 27 Mai 2014 - 10:57

Elle attendait de voir comment allait être la réaction du conseiller princier. Comme elle l'espérait, il s'en tenait au protocole exemplaire. Il devait sans doute avoir un peu plus d'expérience qu'elle a ce niveau. Elle ne sourcilla pas ni même ne montra un signe de jalousie quand il lui prit la main et qu'il y déposa un baisemain. Elle ne sourit pas quand il prit quelque peu sa défense, mais il y avait cependant un brin de reconnaissance dans son regard et très vite, elle s'empressa de regarder la réaction de l'autre. La blondinette lui décocha une espèce de grimace et très vite sourit au prince quand ce dernier se présenta à elle. Elle semblait ravit de l'avoir rencontré. Elle prit soin de sortir son opulente poitrine et de jouer de cet atout pour se faire remarquer comme à son habitude. C'était un peu le genre de femme à jouer de séduction, mais parfois cela en devenait tellement grotesque, que Lothiel parfois était désespérée de faire partie de la gent féminine. C'était désolant !

Je me nomme Hiraliel et je suis également heureuse de vous rencontrer. Vous auriez pu profiter d'une meilleure compagnie que cette princesse de pacotille, dit-elle en désignant de la tête Lothiel avec un sourire sarcastique. Ne vous méprenez pas très cher mais, vous l'avez sûrement remarqué mais elle ne ressemble en rien à nous. Certains viennent même à en dire qu'elle n'est pas de sang royal vu l'incarnation de sa chevelure. On dit même que sa mère était voilage, si vous voyez ce que je veux dire...

Elle pouffa et savait très bien qu'elle l'avait poignardée de plein fouet et elle fut très enjouée. Lothiel voulait ouvrir la bouche mais le prince continua dans sa lancée. Hiraliel avait gagné cette bataille en somme puisque la princesse avait gardé le silence. En son intérieur la rouquine bouillonnait. Son visage était de marbre et malgré l'émotion qui la submergeait, elle ne montra rien. Elle se pinça les lèvres et les dindes qui l'accompagnaient la foudroyaient moqueuses. Hiraliel les arrêta avec un signe de la main. De vrais bons toutous qu'elle avait réussi à dresser au doigt et à l'œil. La blondinette, cependant, se troubla quand Fineldor résuma en quelques mots ce qui faisait les us et coutumes de leur peuple. Elle acquiesça et s'empourpra.

Je connais nos us et coutumes, ne vous méprenez pas envers mes intentions qui ne sont pas mauvaises mais Lothiel et moi nous nous connaissons depuis longtemps et nous aimons nous taquiner. Je suis même sûre qu'elle n'en pense pas moins à mon sujet. Ne vous laissez pas charmer par son joli minois, elle sait se montrer bien plus cruelle qu'il n'y parait. Cependant, je devais me joindre à un déjeuner de grande pompe, peut-être pourriez-vous nous accompagner si vous le désirez je vous ôterai une bien belle épine du pied ?

Elle décocha un clin d'œil à Lothiel qui était passé du blanc au rouge.

J'imagine que tu sais comment bien t'y prendre pour faire passer de bons moments aux hommes. Je n'en ai aucun doute là-dessus.

Lothiel sourit en coin. Elle faisait allusion à tous ses déboires sentimentaux et cela Hilariel l'avait très bien compris. Elle leva les yeux au ciel et revint sur le prince.

Vous voyez bien ? Nous ne pouvons laisser ce poste à une personne si hautaine et orgueilleuse.


Qu'elle était agaçante. Le genre de personne à chercher les ennuis et à laisser les autres prendre à sa place. Lothiel ne regardait même plus quiconque et préféra prendre congé tout en continuant son chemin sans même s'excuser auprés de ses compagnons. Elle les laissa, après tout, si le Prince souhaitait passer du bon temps en la compagnie de l'autre, c'était son choix. Elle n'avait pas à lui dicter sa conduite après tout. Elle était persuadée qu'il refuserait poliment l'invitation mais Hilariel avait de très bons arguments. Elle avait séduit un nombre incalculable d'hommes de toute appartenance. Elle les aimait à sa façon mais était-ce suffisant ? Non. Il lui en fallait toujours plus.

D'ailleurs, elle avait même été jusqu'à séduire l'un de ses anciens compagnons. Ce n'était qu'une amourette mais elle avait brisé les plus minces espoirs de la princesse. Depuis ce jour, elle nourrissait de la rancœur envers elle. C'était légitime mais son départ pouvait faire penser à un caprice mais elle s'en fichait éperdument. Elle ne pouvait supporter plus longtemps les mesquineries de la blondinette. Cela ne l'amusait plus. Faut dire, qu'avec ce prince elle avait gagné le gros lot et qu'elle ne s'en priverait pas de lui piquer par tous les moyens !

Pauvre enfant ! Pouvons-nous compter sur votre présence ? Vous feriez une entrée remarquable. Je suis persuadée que je gravirai un à un les échelons à vos côtés.

Elle insista tout en retirant une saleté sur la tunique du prince. Au loin Lohiel s'était retournée et remarqua son geste qu'elle trouva malgré tout déplacé. C'était comme cela avec elle. Le moindre prétexte pour sauter sur tout ce qui bougeait. Finalement, Lothiel continua sa route en se maudissant de les avoir rencontrés les uns et les autres. Au départ, cela aurait pu être une journée agréable. Au final, elle devenait très mauvaise. Qu'elle idiote d'avoir pu penser faire la causette avec une personne de son rang et d'oublier pour un temps son sinistre quotidien...
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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Mer 11 Juin 2014 - 15:10

La réaction courtoise et respectueuse du protocole sembla charmer l'elfe à la chevelure blonde, qui eut une grimace à l'encontre de la future princesse, puis un sourire charmeur pour l'aspirant princier. Elle en profita pour mettre en avant ses atouts physiques dont elle pensait, à n'en point douter, qu'ils seraient un point de plus à son encontre. Sans sourciller ni paraitre désobligeant, Fineldor se contenta d'observer. Observer celle qui se pavanait devant lui, cherchant à montrer sa valeur par de belles paroles et à force de courbettes et de révérences. Il observa Lothiel, qui même s'il était incontestable qu'elle bouillait de rage intérieurement, se retenait du mieux qu'elle pu d'intervenir. Terrible lutte entre deux jeunes représentantes du peuple haut-elfe. Mais qui ne se comportaient guère comme tel...

Je me nomme Hiraliel et je suis également heureuse de vous rencontrer. Vous auriez pu profiter d'une meilleure compagnie que cette princesse de pacotille, dit-elle en désignant de la tête Lothiel avec un sourire sarcastique. Ne vous méprenez pas très cher mais, vous l'avez sûrement remarqué mais elle ne ressemble en rien à nous. Certains viennent même à en dire qu'elle n'est pas de sang royal vu l'incarnation de sa chevelure. On dit même que sa mère était voilage, si vous voyez ce que je veux dire...

Fineldor ne répondit pas. Celle qui s'était présentée sous le nom d'Hiraliel ignorait qui il était autrement elle l'aurait reconnu du premier coup d'oeil. Elle pensait qu'en ce lieu, Lothiel était la moins à même de revendiquer le titre de noble, de par son passé et ses attitudes. Si elle avait seulement connu le passé de celui qu'elle courtisait de la sorte, elle aurait bien vite révisé son jugement. Mais il se retint, pour le moment, de se laisser tenter en cette voie. De plus, l'insulte à peine voilée envers sa future princesse, et la réaction des courtisanes qui l'accompagnait la désignait bien comme la représentante parfaite de cette nouvelle noblesse de son peuple. Il lui arrivait parfois de les comparer aux cours des royaumes humains. Peuple qu'il tenait en si haute estime. Cela en disait long sur ses pensées.

Lorsque les remarques quant aux risques de telles allégations furent énoncées, la jeune femme blonde perdit un peu de sa contenance, mais se ravisa bien vite, prétextant qu'il ne s'agissait là que de taquineries. Il fit croire qu'il comprenait, mais n'était pas vraiment dupe. Elle cherchait à déstabiliser la future princesse, et nul doute qu'en cas de chute, elle rattraperait davantage le trône que celle qui en était tombée. Elle devait figurer parmi les meilleures prétendantes, Lothiel constituant l'un de ses seuls obstacles. Un obstacle à éliminer, bien sûr. Elle proposa au conseiller de Fildor de se joindre à un déjeuner organisé auquel elle était conviée. Nul doute qu'il s'agissait là d'un de ces diners où les convives étaient tous issus de la haute noblesse, discutant de qualité de vin, de nourriture, de nouveaux vêtements coûtants des sommes improbables. Certes, Fineldor était lui-même vêtu impeccablement, et appréciait la bonne nourriture, mais c'était là des sujets bien secondaires à ses yeux, et il n'y investissait temps et argent que lorsqu'il l'estimait nécessaire. Un tel repas, il connaissait l'expérience, et avait ses préférences.

Ce fut à ce moment que Lothiel explosa, du moins en partie, en lancant une remarque peu raffinée à l'encontre de sa rivale et de ses relations aux hommes. Voilà bien quelque chose qui ne l'étonnait pas. L'eut-elle caché qu'il s'en serait douté. Les nobles faisaient tout pour assurer leur rang et leur richesse, et s'il fallait pour cela user d'atouts quels qu'ils furent, ils n'hésitaient pas. Hiraliel se contenta de répondre par une phrase cinglante et méprisante. Ce à quoi la jeune princesse ne tint pas. Baissant la tête, elle continua sa route, et sembla à peine percevoir la fausse invitation qui lui fut lancée avec dédain. Mais le geste qu'elle fit pour épousseter légèrement la tunique du conseiller princier ne lui échappa pas, et à en juger par son regard, elle était partagé entre haine, tristesse et amertume.

Fineldor avait jusque là écouté sans esquisser le moindre geste. Mais lorsque la femme à la chevelure blonde chercha à nettoyer sa tunique, il se contenta de reculer d'un pas, tout en levant le menton d'un air de défi. Elle avait assez joué, et lui aussi. Les mondanités n'étaient pas son fort, et à la cours de Fildor, il avait réputation d'être franc et de ne pas toujours s'encombrer de belles phrases. L'exercice l'avait assez fatigué.

«Je crains que vous ne fassiez grande erreur me concernant. Je vous remercie pour votre invitation mais je ne suis guère de ce à fréquenter ces repas. Si je suis né parmi les nobles et les dirigeants, je n'ai pas toujours vécu parmi ceux là et je crains que ce genre de manifestation ne soit plus un fardeau à mes yeux qu'autre chose. Les paroles s'y prononce sans que sens n'y soit donné, et les sujets sont aussi frivoles que certaines personnes présentes.»

Après cette petite tirade dépeignant clairement sa vision des "repas mondains", il se tourna vers Lothiel qui s'éloignait lentement.

«Quant à l'épine si cruelle et orgueilleuse dont vous parlez, elle me semble bien à même de mener son peuple si elle est telle que vous la désignez, et n'a aucunement cherché à me charmer jusqu'ici. Croyez-vous que pour diriger, il suffit d'être née de sang noble, de savoir organiser des banquets et jouer les yeux doux? Un prince ou une princesse s'entoure certes de conseillers en bien des domaines. Mais il se doit d'être capable d'en connaitre un minimum sur tous ces sujets. Commerce, relations extérieures, navigation, armée, administration, lois... Et il doit savoir trancher et se montrer ferme, sans pour autant être tyrannique. Si vous pensez qu'il suffit de charmer votre interlocuteur pour le rallier à votre avis, vous seriez bien étonnée de faire face à un officier de notre armée, à un marchand qu'il fut de notre peuple ou d'un autre, à un ambassadeur décidé et à bien d'autres individus. Je ne prétends pas tout savoir, mais au moins ai-je déjà tenu une épée, lutté pour les nôtres, côtoyé les marchands et négocié des traités. Les méthodes s'apprennent. Le savoir être se possède.»

Exécutant une petite courbette à peine prononcée, il adressa un regard et un sourire qui en disait long sur la personne évoquée derrière ses pensées.

«Dame Hiraliel, je crains que vous ne vous soyez trompé d'invité. Ce n'est point moi qu'il faut rallier à voter cause, mais celle qui sera bientôt votre dirigeante. Prenez garde à bien veiller sur vous une fois que le conseil aura émis son avis. Je vous souhaite une bonne journée.»

S'éloignant à son tour d'un pas tranquille, il ne réagit à aucune des paroles de l'elfe blonde, se contentant de rejoindre Lothiel. Il ne la reprit pas par le bras, mais se contenta de lui adresser un sourire complice. Il observa Elondar et Macabre, et adressa un léger hochement de tête à cette dernière. Puis il revint à la future princesse.

«Laissons derrière nous celles qui veulent tant se pavaner à leur fadesse. Je crains que la noblesse de notre peuple n'ait encore beaucoup à apprendre de la manière de mener les nôtres. Ne devions nous pas nous rendre à un certains endroit? J'ai de plus bien des sujets dont je souhaite soudainement vous parler...»
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Lothiel Nymphedeyl

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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Dim 29 Juin 2014 - 17:27

Au bout de quelques instants, Lothiel était de nouveau accompagnée et rendit son sourire au prince. Chose bien étrange, elle se mit à pouffer et ne put contenir son rire nerveux. Malgré tout, elle reprit très vite son aplomb.

Je suis vraiment désolée pour cette mésaventure. Je vantais les richesses et beautés de notre cité et au final, vous avez pu découvrir un autre visage de ce que cette cité abrite.

Elle fut cependant assez enthousiaste que le prince soit toujours désireux de découvrir l'endroit qu'elle lui avait parlé. Elle l'écouta tout en laissant derrière elle la tempête qui s'était abattue. Finalement, il n'y avait pas tant de pots cassés, cela aurait pu être pire si elle était sortie de ses gonds.

Quels genres de sujets souhaiteriez-vous converser ? Je ne pensais pas qu'après cette rencontre, vous aspireriez encore à découvrir cette cascade. Il faut dire, que je n'ai pas eu un comportement exemplaire à la vue de ma congénère. Vous savez, il y a tellement de rancœurs entre elle et moi. Cela ne date pas d'hier...

Elle s'interrompit quelques minutes et l'observa, tentant de savoir s'il était à même de l'écouter sans jugement certain. Elle chercha comment amener cette discussion sans montrer qu'elle se lamentait sur son triste sort. Elle lui devait bien cela avec l'attitude peu flamboyante qu'elle avait eue.

Le réel problème n'est pas tant que je devienne la principale gouvernante de ma principauté. Le problème, c'est qu'elle a tout fait pour me prendre ce que je possédais. Dès notre plus jeune âge, elle a tout fait pour me rabaisser, feignant que c'était pour mon bien. Elle n'a cessé de m'humilier tout au long de mon apprentissage. Elle ne se doutait pas qu'au fond, malgré que cela me détruisait, que j'avais cette volonté de me battre. Je n'ai jamais faibli devant elle ou ne serait-ce devant personne. J'ai affronté mes pires cauchemars. Vous savez, je ne suis pas idiote et ces choses qu'elle a proférées à mon égard, je les ai entendues maintes fois. Je me suis toujours demandée pourquoi fallait-il se soucier de l'apparence ? Est-ce que l'apparence fait de nous ce que nous sommes ? Oui, il est vrai que je ne ressemble en rien à ceux de ma race.

Elle déglutit en silence tout en essayant de ne pas se laisser aller à toutes ces mauvaises choses qui avaient fait de sa vie un enfer.

Une fois, j'ai eu la chance de le rencontrer. Il ne me voyait pas comme tous ces hypocrites. Il ne courait pas après ma fortune ni après ma gloire. Pour une fois, j'avais la chance de pouvoir être vue sous un autre regard que celui de ma famille. Cela me faisait un bien fou et je dois dire que c'est grâce à lui que je me suis battue. Au fil des jours où je l'ai rencontrée, ma vie me semblait moins douloureuse. (elle se surprit à sourire). Hiraliel, comprenant ce qu'il était en train de se tramer en a profité pour m'arracher ce petit bonheur qu'il m'était donné. Sans aucun scrupule, elle s'est amourachée de lui. Elle le savait ce que je ressentais vis-à-vis de cet énergumène, mais il lui fallait tout. Elle ne supportait pas que je réussisse. À mes dépens, elle m'a fait souffrir, mais une sorte de souffrance indéfinissable. De jour en jour j'avais l'intime conviction de n'être que l'ombre de moi-même. Où que j'aille, j'étais quelque peu devenue la risée de mon peuple. Au grand dam de mes parents qui ne cessaient de me réconforter, mais rien de ce qu'ils faisaient ne pouvait enlever ce que je ressentais au fond de mon être. Elle m'a tout pris, l'amour, la dignité qui faisait ce que j'étais. Ma confiance, mais le plus dur dans tout cela, c'est qu'elle a volé la vie de ceux qui m'étaient importants.

Elle comprit qu'elle avait beaucoup trop parlé, mais c'était comme si cette libération lui faisait le plus grand bien. Elle n'avait jamais parlé de cela à quiconque. Le moment était sans doute mal choisit, il était trop tard pour faire marche arrière. Elle s'était rapprochée un peu du prince comme pour se confesser d'une horrible chose.

Je sais qui est l'auteur du meurtre de mes parents. Cette femme que vous avez vue, est l'investigatrice de leur meurtre. Bien sûr, je n'ai aucune preuve concrète mais quelques jours après leur mort, j'ai reçu un billet. C'était une écriture qui m'était inconnue, mais les mots ont pris tout leur sens. Sur le billet, il y avait ces mots :"Quelle jouissance d'avoir pu prendre la dernière petite chose qui était tienne !" Je sais que cela ne constitue en rien une preuve, je suis désemparée, je ne sais pas vers qui me tourner. Ce sera ma parole contre la sienne. Elle a toujours su attirer avantage de nos rencontres. La preuve, elle s'arrange toujours pour me faire sortir de mes gonds. Alors oui, le simple fait de la voir se pavaner ou bien m'humilier pour attirer toutes les bonnes grâces ne font pas d'elle une meurtrière. Je ne sais pas s'il faille que je tire un trait sur tout ceci ou bien que je me batte pour ce qui est bon. Pensez-vous que je puisse en parler à des personnes de confiance ? Pas des personnes de mon entourage, mais des personnages neutres. Je sais bien que je vous demande sûrement l'impossible, mais pensez-vous pouvoir m'aider dans cette quête ? Pouvez-vous m'indiquer des personnes susceptibles de pouvoir m'écouter ? Ici, je ne peux en parler, on ne retiendra que ma rancœur vis-à-vis de ce grossier personnage. Je sais que je ne vous connais pas et que cela est très culotté de vous demander cela.

Elle se pointa devant lui et aussi surprenant que cela pouvait être, elle mit ses mains sur les bras du prince. Elle les retira aussitôt car son geste bien que sincère était quelque peu déplacé.

Je suis désolée, je n'aurai pas dû vous parler de tout cela. Vous avez sûrement d'autres préoccupations. Je suis confuse de vous avoir révélé tout ce que je sais, mais je souhaitais vous exposer ce qui n'allait pas avec elle. Elle a été très dure, mais je vous promets que mon comportement n'était en rien à un caprice de petite fille gâtée. Nous ne sommes pas là pour déblatérer, sur ce, sujet, si vous souhaitez que l'on continue et que vous me fassiez part de ces sujets dont vous vouliez me parler ?

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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Ven 18 Juil 2014 - 21:05

Lorsque la demoiselle Lothiel vit l’aspirant princier revenir à sa hauteur, la mélancolie et la détresse du jeune visage se mua peu à peu en un joli sourire, avant de finir par un rire qui aurait pu paraitre déplacé, mais qui au fond fut accueilli favorablement. Malgré tout, elle reprit rapidement contenance. Elle savait qu’elle venait de déroger plusieurs fois au protocole, et si elle voulait éviter de donner davantage de grain à moudre à ses adversaires, elle devait se contenir, mais si cela lui en pesait. Elle s’excusa pour la rencontre pour le moins gênante et dérangeante, alors qu’elle venait auparavant de lui vanter les beautés de la cité. Il balaya ces excuses d’un revers de main, non qu’il les dédaignait, mais plutôt qu’il les jugeaient inutiles.

«Ne vous excusez point. Toute cité, aussi belle soit elle, n’est pas nécessairement habitée par les plus belles personnes. Et par beauté, je n’entends point robes et bijoux, mais bien ce que renferme l’être.»

Apparemment ravie que le conseiller souhaite toujours se rendre auprès de la fameuse cascade, la jeune femme chercha à connaitre les fameux sujets dont il voulait traiter avec elle. Mais bien vite, elle replongea dans la critique de son comportement. Marquant un moment de silence, comme pour juger celui qui l’accompagnait, savoir si elle pouvait parler, elle l’observa un court moment. Il se contenta de hocher la tête, comme s’il comprenait et acceptait le sujet.

C’est alors qu’elle aborda son passé pour le moins mouvementé et bien fourni avec celle qu’ils avaient rencontré et qui s’était présentée sous le nom de Hiraliel. A en juger par les dires de Lothiel, elle avait toujours jalousée la future princesse, avait toujours cherché à lui dérober ce qu’elle possédait. Elle était même allée jusqu’à lui ravir l’un des hommes qui avait pu faire battre son cœur, s’il saisissait bien son discours. Chose atroce s’il en est, qui montrait bien combien les agissements politiques mais aussi parmi les nobles pouvaient être détestables. Fineldor l’avait appris depuis plusieurs années, et avait su composer avec, d’autant plus qu’il n’avait guère de possession autres que celle de sa famille, presque intouchables à moins qu’il ne commette un vrai faux pas. Lothiel semblait plus vulnérable, d’autant plus qu’elle était légitime héritière par le sang de l’ancien couple princier. Elle avait perdu ses parents, et une telle tragédie était un point d’appui terrible pour ses ennemis. Lui n’avait pas de tel point faible. Elle poursuivi son récit, décrivant les douleurs qu’elle avait ressenti suite aux nombreux forfaits de sa rivale, qui lui enleva tout ce qu’elle possédait, jusqu’à ses proches. A ces mots, Fineldor cru comprendre qu’elle évoquait l’homme qu’elle avait convoité. Mais les paroles suivantes lui montrèrent que c’était plus important, que cela allait bien au-delà. Lothiel pensait, sans pour autant affirmer de source sûre, que Hiraliel était à l’origine du meurtre de ses parents, du décès du couple princier. A ses mots, il s’arrêta, et observa la jeune femme à la chevelure de feu. Elle lui demandait conseil, lui demandait s’il y avait quelqu’un à qui elle pouvait en parler, se confier, voir l’aider dans sa quête pour prouver la culpabilité de sa rivale. Elle savait que le simple billet qu’elle avait reçu peu après le décès n’était pas preuve suffisante aux yeux des autres, mais pour les siens cela suffisait amplement.

Se plantant devant le conseiller, elle plaça ses mains sur les bras de celui qui l’avait écouté, avant de se raviser. Geste de détresse ? Probablement. Elle venait  de livrer quelque chose qui lui avait manifestement pesé bien des années. Et là encore elle cherchait qu’on la guide, savoir ce qui était juste vis-à-vis de celle qui l’avait humiliée toute son existence. Prenant un air grave, Fineldor commença par répondre aux accusations.

«Avant toute chose, vous savez sans doute qu’accuser l’un ou l’une des nôtres de meurtres est grave, d’autant plus grave qu’il s’agit de l’ancien couple princier. Même s’ils étaient vos parents, personne ne la jugera sans preuve valable. Et le billet que vous avez évoqué, vous l’avez dit vous-même, n’est certainement pas suffisant.»

Il n’avait pas prononcé son nom, mais il était évident de savoir à qui il faisait référence. Après cette déclaration, son ton se fit plus doux, plus rassurant. Comme si, après avoir évoqué la loi, il faisait place à son propre ressenti.

«Cela n’est bien sûr pas une raison pour laquelle vous devriez abandonner vos recherches. Toutefois, je pense que le moment est mal choisi. Bientôt, vous serez nommée à la tête de cette principauté. Se jeter à corps perdu dans une enquête comme celle-là pourrait se révéler dangereux. Si tant est que vos parents soient morts assassinés, imaginez quelle sera la réaction du coupable lorsqu’il vous sentira sur sa piste ?»

Il ne cherchait pas à l’apeurer. Davantage à l’avertir, à la prémunir d’une décision hâtive.

«Vous vous êtes confiée à moi. En cela, j’ignore si c’est parce que vous ne me connaissez que peu et me jugez extérieur à l’affaire, ou parce que le peu de temps depuis notre rencontre vous a permis de me juger de confiance. Peut-être est-ce les deux. En tous les cas, ne vous en voulez pas, ni de m’en avoir parlé, ni de mon comportement. Vous avez bien réagi, et je peux affirmer qu’à votre place je n’aurais pas fait preuve d’autant de calme. Toutefois, souhaitez-vous réellement parlez en cet instant d’un tel sujet ? Si tel est le cas, attendons au moins d’arriver au lieu dont vous m’avez parlé. Cela apaisera quelque peu votre cœur et votre esprit.»
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Lothiel Nymphedeyl

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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Dim 10 Aoû 2014 - 18:06

Lothiel écouta silencieusement le prince. Elle acquiesça ses dires, en un sens, il n'avait pas tort et compris qu'il faisait preuve de sagesse et qu'il avait de bons conseils. Elle appréciait son comportement et compris assez vite que sa tache serait très complexe à mener. Elle n'avait pas réalisé que cela serait si dur à entreprendre et avait réagit avec impulsivité sans se soucier des conséquences qu'il pourrait substituer. Elle ne pouvait pas se jeter corps et âme dans la gueule du dragon, c'était impossible. Elle sourit d'avantage quand il évoqua l'endroit où ils devaient se rendre. C'est avec un certain enthousiasme qu'elle enveloppa le bras du prince et le conduisit audit lieu. Ils n'étaient pas très loin et avant qu'ils ne le franchissent, Lothiel s'interposa et se placa face à ses trois compagnons.

C'est un endroit sacré pour notre communauté. Je vous demanderai avant d'y accéder de vous déchausser si vous le voulez bien. N'ayez crainte, bien que nous soyons sur la glace, elle n'est pas si froide. Nous respectons ce lieu car il est fait de magie. Nous ne souhaitons en aucun cas qu'il ne soit souillé. Je ne vous insulte pas en dévoilant nos coutumes. Je pourrai faire une exception et vous autoriser à ne pas vous déchausser, mais ce serait, comment dire ? Enfreindre une règle particulière qui me tient à cœur.

En disant cela, la jeune princesse se déchaussa (pour montrer l'exemple) et soupira d'aise en sentant le sol sous ses pieds nus. C'était une sensation particulière qui parcourut son corps. Elle tendit la main vers le prince pour lui montrer la cascade qui semblait unique en son genre. Elle n'avait jamais vu de lieu aussi magnifique et aussi mystique que ce dernier.

Allons-y !

Elle l'emmena en silence vers la cascade. L'eau semblait figer par la glace et pourtant à vue d'œil, il semblait qu'elle était vivante et que l'on pouvait entendre le ruissellement de l'eau qui s'échoua dans l'espèce de petit ruisseau. Son chemin ne s'arrêtait pas là. L'eau continuait de s'écouler sous leurs pieds tout en formant des petits cercles et venait s'échouer de nouveau dans le petit ruisseau. Et ainsi de suite... Certains elfes venaient se recueillir, priant parfois leur déesse. Il arrivait même que les plus audacieux d'entre eux viennent se baigner dans le petit ruisseau. Chose que Lothiel n'avait jamais osé essayer. Il fallait beaucoup de sang froid pour se baigner. La mère de la princesse l'avait osé une fois et avait même poussé un cri d'effroi que son mari avait cru qu'elle s'était blessée. Lothiel emmena son compagnon vers un banc isolé en face de cette jolie cascade. Elle invita les autres à en faire de même dans un signe de la main.

Admirez cet endroit comme il est splendide ! N'avez-vous jamais vu d'aussi belle merveille ? Même après tant d'années, il reste incroyable comme si le temps ne semblait vouloir s'interposer et le dégrader. Si je me suis confiée à vous tout à l'heure, c'est surtout parce que je pense que vous êtes une personne juste. Je ne sais pas pourquoi vous me donnez cette impression. Peut-être simplement, que vous m'inspirez confiance. Assez de bavardages à mon sujet, parlez-moi un peu de vous. Je serai intéressée que vous me parliez de cette jeune elfe qui vous accompagne. Est-ce une esclave ?


À ses mots elle rougit honteusement. Les hauts elfes ne pouvaient pas concevoir d'avoir à faire à des esclaves, mais certains, les autres elfes en possédaient. On ne lui avait guère parlé de ceux-ci, car ils s'avéraient que les siens n'avaient pas trouvé cela utile. Lors de son éducation, ce sujet avait été vite laissé de côté.
Pardonnez-moi, je ne devrai pas, mais je me suis demandée ce qu'elle pût représenter pour vous.

Pardonnez-moi, je ne devrai pas, mais je me suis demandée ce qu'elle pouvait représenter pour vous. Ma curiosité est déplacée, je le conçois. J'ai l'impression d'être une vraie idiote, j'ai le don de poser des questions sans intérêt. Ne m'en veuillez pas et ce n'était nullement pour manquer de respect à votre égard. Oublions ceci si vous me le permettez. Je n'ai encore eu la chance de pouvoir rencontrer des personnes de même rang que moi, autre que ma famille, donc j'en oublie parfois que je ne peux m'exprimer librement comme je le ferai avec ma nourrice.

Un grognement se fit entendre et elle maudissait intérieurement son estomac. Elle ne souhaitait en aucun cas mettre fin à cette rencontre plaisante.
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Macabre

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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Mar 12 Aoû 2014 - 21:18

Macabre était resté à proximité de Fineldor durant tout ce temps. Elle le suivait plus par obligation que réelle motivation. Elle ne voulait pas perdre de vue celui qui lui avait promis de lui rendre la liberté. De plus, si elle était douée dans son domaine, il était un mage bien plus puissant qu’elle et elle se sentait davantage en sécurité en sa présence que seule…

Macabre ne disait rien et suivait la conversation d’une oreille distraite. Enfin… la plupart du temps. Tout était loin de l’intéresser, les tristes préoccupations des Hauts-elfes étant loin d’être les siennes. Cela était d’autant plus vrai qu’il s’agissait là d’une noble évoquant les tourments provoqués par l’une de ses consœurs. Dans le monde de Macabre, cela ferait longtemps que ladite Hiraliel aurait cessé de l’importuner… D’une manière ou d’une autre. En effet, elle était difficilement impressionnable et, si on lui montrait les crocs, elle savait montrer les siens !

Mais il était impossible pour la petite elfe de parvenir à suivre toute la conversation. Il y avait beaucoup trop de mots, dont certains qu’elle ne comprenait pas. Ce flot de paroles était comme un bruit répétitif et assourdissant. Si elle n’était pas obligée de rester près de Fineldor, elle se serait bien isolée dans un lieu retiré de la foule et de l’agitation. A la cime d’un arbre pourquoi pas… Elle aimait bien les arbres. On avait vu sur tout et personne ne fait attention à vous. C’était l’idéal pour elle.

Et puis, Macabre guettait encore et toujours les environs et la concentration que cette opération lui demandait ne lui permettait absolument pas de suivre la conversation dans son ensemble. Elle restait à l’affût et tournait la tête au moindre bruit. Son attention restait alors portée vers l’interprétation de ce qu’elle avait pu entendre jusqu’à sa résolution. Et, à ses yeux, il y avait beaucoup de bruits suspects. Elondar regardait parfois dans la même direction qu’elle pour se rendre compte de ce qui l’inquiétait. Tantôt il lui donnait quelques explications, tantôt il lui adressait quelques mots qui se voulaient rassurants.
Bref, Macabre ne suivait donc la conversation que par épisode…

Lorsque le groupe reprit sa route, elle le suivit jusqu’à ce que la Dame les stoppe en plein élan. Elle leur expliqua alors que le lieu était sacré et qu’ils devaient retirer leurs chaussures. La petite elfe eut un moment de blanc et Elondar ne manqua pas d’insister pour qu’elle se mette en action, essayant de lui faire comprendre la nécessité de cette opération. Pour toute réponse, Macabre leva la main afin de l’interrompre.

Même au Darshim le mot sacré existe. Je sais c’que ça veut dire…

Elle entreprit alors de retirer ses bottes. Mais les pieds de l’esclave étaient bien loin de ressembler à ceux de ses compagnons. Enfin, pour ce qui était de la plante en tout cas. Aussi Macabre se mit-elle à marcher en soulevant à peine les talons de telle sorte que l’on ne puisse pas voir ses brûlures, et ainsi garder un minimum de discrétion.
Une fois près de la cascade, l’attention de la jeune elfe se détourna complètement du « danger qui la guettait ». Telle une enfant, elle voulait comprendre ce qu’elle voyait. Fascinée, elle s’approcha de la petite chute d’eau puis resta à une distance respectueuse pour observer le phénomène. Parfois, elle se déplaçait sur le côté pour voir les reflets changeaient de forme et de couleur. Ensuite, elle entreprit de suivre le fil de l’eau et constata qu’il passait sous ses pieds. Elle recula pour pouvoir continuer, puis recula encore, ses pieds lui masquant toujours le trajet emprunté par le liquide transparent. Après plusieurs répétitions de ce mouvement, Macabre finit par se décaler du trajet de l’eau afin de pouvoir l’observer à loisir.

Mais elle avait beau être fascinée, la petite entendit à merveille la conversation qui se tenait sur un banc à quelques dizaines de mètres d’elle et elle releva la tête dès que l’on se mit à parler de son statut. La tête sur le côté, elle observa la scène. Fineldor se chargerait bien de répondre pour elle. Mais elle était curieuse de savoir ce qu'il allait dire. Après tout, il était toujours en phase d'observation pour Macabre...
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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Mer 5 Nov 2014 - 17:44

Apparemment, les dernières paroles du conseiller eurent un effet réparateur, à en juger par le sourire de la future princesse, qui enveloppa son bras et le conduisit, non sans un certain entrain, au lieu tant évoqué. Mais peu avant leur destination, la jeune femme lâcha le bras de son compagnon de route, fit volte-face et leur barra la route. Elle expliqua que le lieu, sacré pour la cité, ne saurait tolérer quelque souillure, d’après ses termes. Et la coutume voulait que l’on s’y déchausse. Manifestement gênée par cette obligation, Lothiel proposa bien de faire une exception pour eux, même si pas de gaieté de cœur, mais Fineldor mit fin à tout débat à ce sujet d’un geste de la main.

«Inutile de se justifier, ou d’évoquer une quelconque exception. Les coutumes ont leur importance, et font partie intégrante de ce que nous sommes. Je m’en voudrais davantage d’y déroger que de devoir me déchausser, qui plus est lorsque je suis en votre compagnie, vous qui vous devez de montrer l’exemple. Nous avons-nous même nos coutumes en Karreliën et nous veillons à ce qu’elles soient respectées, aussi ne vous inquiétez pas à ce sujet.»

Joignant le geste à la parole, il entreprit d’enlever les courtes bottes de ses pieds. Le contact du sol à même la peau n’était pas des plus déplaisants, mais il était certes inhabituel, d’autant que lorsqu’il lui arrivait d’agir ainsi en Karreliën, c’était davantage aux abords du lac, sur l’herbe fraiche. Il observa Elondar, qui s’exécuta lui aussi, et eut la surprise d’entendre Macabre interrompre son conseiller pour lui affirmer qu’elle avait elle aussi comprit, avant de se déchausser à son tour. Après tant d’années dans sa condition, elle avait gardé quelques réactions qui laissaient beaucoup d’espoir, et le conseiller princier ne put retenir un sourire des plus sincères.

Le petit groupe chemina jusqu’à la cascade. Et lorsqu’ils y arrivèrent, Fineldor ne put que comprendre pourquoi Lothiel lui avait tant vanté cet endroit. L’eau semblait tout à la fois figée et en mouvement, comme si elle était en deux états différents en un même endroit. Les rayons de lumière venaient miroiter sur le lieu, le rendant encore plus magnifique. Ce lieu magique semblait créé pour apaiser les cœurs et les esprits, et nul ne pouvait se targuer de rester indifférent en sa présence. Cette affirmation était d’autant plus vrai lorsque l’on observait la réaction de la petite elfe qui était par habitude si renfermée et peu expressive. La fascination se lisait sur son visage, alors qu’elle se déplaçait régulièrement, comme pour chercher à comprendre le phénomène. Amusé et surtout ravi d’une telle réaction, Fineldor suivi sa guide jusqu’à un banc situé juste en face de la cascade, où ils s’installèrent.

Admirez cet endroit comme il est splendide ! N'avez-vous jamais vu d'aussi belle merveille ? Même après tant d'années, il reste incroyable comme si le temps ne semblait vouloir s'interposer et le dégrader. Si je me suis confiée à vous tout à l'heure, c'est surtout parce que je pense que vous êtes une personne juste. Je ne sais pas pourquoi vous me donnez cette impression. Peut-être simplement, que vous m'inspirez confiance.

Paroles bienveillantes, mais que le haut-elfe tenait à nuancer.

«Ce lieu est effectivement enchanteur, et j’avoue que je m’y sent apaisé. J’imagine qu’il doit être des plus magnifiques dans des moments tels que l’aurore, mais sa beauté n’en est pas moins perceptible en cet instant.»

Il marqua une pause avant de continuer.

«Vous estimez que je suis une personne juste. Je pense pour ma part que nul n’est totalement juste. Si vous pouvez me faire confiance, dans le sens où je ne cherche pas à vous nuire d’aucune manière, j’estime que nul ne peut être juste, car les sentiments interfèrent systématiquement avec un jugement impartial. Et nul être vivant sur cette terre ne pourrait se dire dénué de sentiments, qu’ils soient bons ou mauvais. Mais ce que vous m’avez confié restera en lieu sûr avec moi, car si je ne suis pas la justice incarnée, je saurais me montrer digne de confiance.»

Leur discussion se poursuivi, puis Lothiel voulu en connaitre davantage sur lui. Ce n’était que légitime au final. Elle le questionna sur Macabre, souhaitant savoir si elle était esclave. Le protecteur comme la protégée, toujours sur l’eau figée, eurent tous deux un tressaillement. La notion d’esclavage n’avait pas vraiment cours chez les hauts-elfes, et le simple fait de l’évoquer pouvait être froissant. Il se doutait que tel n’était pas le but. Quant à Macabre, il y avait fort à parier qu’elle attendait de connaitre la réponse. Rougissant à ses dires, la future princesse s’étala en plates excuses, sur son oubli du protocole, de la notion de rang et du manque de respect. Fineldor ne put retenir un rire amusé.

«La notion de rang n’a de cours que lorsque deux personnes s’entretiennent d’un sujet ayant attrait audit rang. Il serait vexant que deux personnes se côtoyant en dehors des relations politiques ou autres doivent conserver systématiquement un discours pareil. Si je ne conçois pas qu’un roturier puisse m’insulter, je ne m’offusquerai pas si une personne que j’apprécie venait à me poser des questions sur celui que je suis. Ne vous excusez pas sur la question elle-même voyons.»

Son rire cessa, alors qu’il réfléchissait à la réponse qu’il allait donner. Il devait bien peser ses mots.

«Pour vous répondre… vous n’êtes pas sans savoir que nous ne pratiquons pas l’esclavage, le terme n’a donc de cours que chez les autres peuples. La jeune elfe qui m’accompagne est davantage ma protégée. Je l’ai recueillie alors qu’elle était en pleine tourmente, si je puis dire, et j’ai entrepris de rendre sa vie meilleure, de lui réapprendre à vivre. Contrairement à une esclave, elle est libre de faire ce qu’elle désire, tant que cela ne nuit pas aux autres. Elle n’est aucunement à mes ordres, mais m’accompagner car je suis garant de sa sécurité et de ses actes. Cela répond-t-il à vos questions ?»
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Lothiel Nymphedeyl

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MessageSujet: Re: Rencontre entre aspirants princiers [Fin et Macabre]   Dim 17 Jan 2016 - 20:26

Petit à petit, Lothiel se sentait à l'aise aux côtés de ce Prince, bien qu'il demeurait à ses yeux un parfait inconnu. Elle ne s'était jamais sentit aussi bien depuis des lustres. Elle buvait ses paroles et chaque mot, chaque son résonnait à ses oreilles, comme une douceur exquise. Il y avait tant de sagesse en lui. Elle était persuadée que si le destin l'avait placé sur sa route, ce n'était pas par hasard. Elle était persuadée même, qu'il ferait un très bon allié. Il parlait de la jeune elfe comme de sa protégée et sourit à cette évocation. Elle en avait de la chance d'avoir la protection du Prince. Un soupçon de jalousie luit dans ses yeux, mais s'effaça rapidement. Ce n'était pas tant de la jalousie, mais elle aurait aimé qu'une personne puisse faire de même pour elle. Hormis sa nourrice, personne ne s'était souciée d'elle comme elle aurait voulu. Un homme aurait pu le faire, mais els choses ne se passaient pas toujours comme on le voulait.

Lothiel ?!

La Princesse se leva brusquement en reconnaissant la voix de sa nourrice. Cette dernière arriva à leur hauteur affolée ainsi que certains de la garde royale. Elle observait la jeune Lothiel ainsi que ceux qui l'accompagnaient. Elle attrapa vivement la main de la Princesse un peu trop violemment à son goût. Elle avait même lâché un cri de surprise face au comportement de sa nourrice.

Que faites-vous nourrice ?!

Avant même qu'elle puisse lui répondre, la nourrice ordonna aux gardes d'encercler les trois inconnus. Ils s'exécutèrent tous en silence et commencèrent à toiser le Prince ainsi que ses deux compagnons.

Je suis heureuse de vous trouver ici saine et sauve !

Lothiel était quelque peu perdue. Elle ne comprenait pas la situation qui se jouait devant ses yeux. Sa nourrice semblait regarder le Prince avec tellement d'animosité que ça lui glaçait l'échine. Elle le fixait avec un tel regard noir qu'il lui semblait qu'elle allait se jeter dessus. Elle passa ses mains sur ses bras et la força à détacher ses yeux de l'héritier.

Je vais très bien, je vous assure. Il s'est passé quelque chose pour que vous vous soyez mise dans un tel état ?

Himariel est venue au palais nous avertir qu'un malheur vous étiez arrivé... Que contre votre gré, nous vous avions "kidnappée" selon ses dires. Nous étions tous affolés d'apprendre ceci...

Lothiel à son grand étonnement éclata de rire. Elle jeta un regard au Prince qui devait certainement trouver son peuple très "étrange". Elle fit signe à la garde que tout allait bien et celle-ci se replia. Elle ne les sermonna point du tout. La Princesse garda le silence tout en réfléchissant à la manière d'aborder la chose.

Nourrice, je vous présente Fineldor Elwëndrion, conseiller princier de Fildor. Cher conseiller, je vous présente ma nourrice ainsi que ma garde royale. Je suis vraiment navrée pour cette bavure, je vous promets à l'avenir que vous serez respecté comme vous le méritez et comme il se doit. Je m'excuse auprès de vos compagnons. J'espère que cette petite incartade n'altérera pas nos relations dans un futur proche.

Elle exécuta une révérence aussi sincère possible et semblait sincèrement regretter cette altercation. Elle congédia par la suite sa nourrice (qui s'était elle aussi excusée après coup) et sa garde.

Elle posa des yeux plaintifs sur Fineldor et sourit timidement malgré tout. Elle retourna à l'entrée de l'endroit qui n'avait plus rien de mystique après cet affront qu'ils avaient subit. Elle maudit Himariel à cet instant et récupéra ses sandales tout en les empoignant avec une telle férocité qui la surprit. Elle secoua les épaules pour relâcher cette soudaine pression qui s'était abattue sur elle. Elle essuya, après s'être chaussée, quelques larmes qui s'étaient aventurées contre son gré sur son minois.

Je suis désolée, tout ceci a perdu de son charme après cette humiliation dont vous avez été victime. Je pourrais vous inviter à vous joindre à moi au palais, histoire de laisser cette histoire derrière vous. Cela n'aura pas la même saveur vu les circonstances. Croyez bien que ce n'est pas un acte intéressé et que je suis profondément touchée par la tournure des événements. Vous n'aviez pas à payer cette animosité qui me lie à Himariel. J'ai apprécié votre compagnie, soyez-en sûr.

Bien que ces mots pouvaient s'adresser aux trois, ils touchaient avant tout le prince. Ses éternelles querelles commençaient à la fatiguer. Pourquoi fallait-il que la blonde agisse comme telle ? Ne pouvait-elle pas se réjouir pour elle du peu de bonheur qu'on pouvait lui offrir ? Était-ce la jalousie qui l'habitait ? Ce n'était pas elle qui l'avait repoussée. C'était le prince et pourtant il l'avait fait avec tant de respect. Elle tenait vraiment à lui rendre la vie infernale et le pire, c'est qu'elle y arrivait avec une facilité déconcertante.

Avant de vous rendre votre liberté, je tenais à vous remercier. J'ai été heureuse de faire votre connaissance.

Elle s'inclina de nouveau et gratifia la jeune elfe d'un sourire amical. Elle n'oublia pas de saluer l'autre compagnon.
Elle tourna les talons les laissant seuls là, leur propre destin. Elle jeta un coup d’œil aux alentours et après un dernier coup d’œil au Prince, elle prit la direction du palais. Elle se ravisa et décida de se rendre à la fête organisée par sa plus fidèle ennemie. Après tout, pourquoi devait-elle s'en tirer aussi facilement ? Ce n'était pas la meilleure décision prise aujourd'hui, mais elle lui en voulait à un tel point qui lui était difficile de se résonner. Même sa propre conscience n'arrivait pas à lui faire entendre raison...






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