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 Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]

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Theodred Justelame

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MessageSujet: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Ven 31 Jan 2014 - 10:03

Nous sommes à la fin du mois de Mereth. Le printemps se termine, l'été approche. Mes compagnons d'arme et moi-même avons monté notre camp aux abords d'une rivière. Et tandis qu'eux palabrent au coin du feu, je reste là, assis sur cercueil de verre et de métal, tentant de démêler toute cette histoire. Des braconniers, un cercueil de verre, et une somme exorbitante… A quoi bon tout-cela peut-il bien rimer ? Comment et pourquoi sommes-nous arrivés jusqu'ici, me direz-vous ? Eh bien, tout a commencé il y a une semaine…

J'étais dans la salle d'arme du château, à perfectionner mon combat à l'épée, lorsqu'Aimerald est venu me trouver. Les patrouilles venaient de rapporter des faits étranges, en corrélation avec quelques rumeurs venant des Terres Neutres. Sur nos terres, un groupe de malfrats avait été arrêté en possession d'une grande boîte de verre dans laquelle ils avaient enfermés une femme. Ils tentaient selon toute vraisemblance de rejoindre les terres impériales, passant par le fleuve Juvien. Bien que singulier, ce fait n'était pas plus étonnant que cela ; Il n'est pas rare en effet que certains marchands d'esclaves inexpérimentés ou mal avertis ne tentent de rallier l'Empire en passant par nos terres. La femme a été libérée et l'arrestation de ces hommes à la cage de verre n'aurait pas donné de suite si nous n'avions pas entendu ces rumeurs venant de l'Ouest. Mais voilà, ces rumeurs, nous les avons entendus.

Nos amis de l'Ouest avaient noté une recrudescence de passages de braconniers récemment, rien de bien alarmant, mais assez intriguant. Car en effet, plusieurs d'entre eux se déplaçaient avec d'étranges boîtes aux panneaux de verre reliés par des plaques de métal. Pourquoi ? Aucun de nos espions n'est parvenu à le découvrir. Fortement intrigué par ces faits étranges, j'ai donc pris sur moi de mener une enquête. J'ai donc réuni quelques membres des Corbeaux d'Albâtre, mes compagnons habituels, et nous avons fait route vers les Terres Neutres.


- Et maintenant, que faisons-nous ? On ne va quand même pas trimballer cette grosse boîte vide jusqu'à là-bas. Peut-être qu'en la couvrant… Demande l'un de mes compagnons d'arme.
- En la couvrant, peut-être… Nous pourrions gagner quelques minutes, mais je doute fort que les gardes ne nous laissent entrer sans y jeter un œil. Répond-je.
Reposons-nous pour l'instant. On dit que la nuit porte conseil, j'aurai peut-être une meilleure idée demain.
Ils acquiescent et reprennent leur occupation habituelle, à savoir se raconter des histoires salaces et des blagues à l'humour gras, noir ou rustre.

~~°~~

Nous avons terminé notre repas et ceux qui ne sont pas de garde se couchent sans attendre. Pour ma part, je me lève de mon siège improvisé, pris d'une envie qui devient pressante.
- Je vais, comment dites-vous à la campagne ? Faire pleurer le blaireau ?
- C'est presque ça ouai, l'aristo. Et si tu tombes sur un serpent plus gros qu'le tient, t'as cas hurler. On viendra te pisser d'sus pour faire partir l'venin ! Hehehe
- C'est ça ouai… allez, t'endors pas.
Et sur ces mots, je m'éloigne du camp, en direction de la rivière.

Ayant trouvé un arbre à ma convenance pour mon affaire, je n'attends pas plus pour me lâcher. Et tandis que j'arrose le tronc de ce pauvre végétal qui n'a rien demandé j'observe d'un œil passif les flots de la rivière. J'ignore pourquoi, le reflet de la Lune sur l'eau clair m'a toujours attiré. C'est comme si à ces moments-là, l'inaccessible devenait accessible. Et tandis que j'observe le cours d'eau, des mouvements attirent mon attention. Ce ne sont pas les clapotis des poissons effleurant la surfaces, non, ni même le sillage d'un quelconque animal qui traverserait un peu plus haut. C'est plus comme une ombre dans l'eau, ou plutôt une silhouette à peine perceptible, bien plus grande que celle d'un poisson ordinaire.

Ayant fini mon affaire contre le tronc d'arbre, j'avance à pas discrets vers le cours d'eau. Etrange, la silhouette ne bouge plus, comme si elle pouvait résister au courant. Ce serait donc un être vivant ? Ou peut-être juste mon imagination qui me joue des tours. Ce ne serait pas la première fois. La fatigue, la faible lumière de la lune en croissant, le poisson douteux que nous avons mangé... Il n'y a peut-être rien au milieu de cette rivière. Et pourtant, je me sens observé. Alors je continue d'avancer, avec prudence, les sourcils froncés et le regard fixé sur cette tache dans l'eau. J'avance, et ma botte glisse sur de la vase.

De la vase ? Je tombe, me cogne contre un rocher, et roule. Je suis sonné une seconde, une seconde à peine, et lorsque je reprends mes réflexes je suis déjà dans l'eau. J'essaie de m'accrocher à quelque chose, une racine, mais elle se brise. Le courant m'attire vers le milieu de la rivière, je n'ai déjà plus pied, je suis mal. Oh bien sûr, je sais nager. Mais cette maudite armure est trop lourde et elle gêne mes mouvements. J'ai de plus en plus de mal à garder la tête hors de l'eau, le poids de l'armure se fait de plus en plus ressentir, et pour ne rien arranger le courant m'emmène de plus en plus loin du campement. Et finalement, je me retrouve complètement immergé, avec cinquante centimètres d'eau au-dessus de la tête, à tenter de rester en apnée malgré l'envie d'ouvrir la bouche. Alors je vois la surface de l'eau s'éloigner, s'éloigner encore, et je n'ai plus d'air. Ma bouche s'ouvre malgré moi, je sens l'eau s'infiltrer dans mes narines et dans ma gorge. Alors je me demande si c'est ainsi que je devais mourir ? Me noyer ridiculement dans cette rivière, loin de chez moi, après cinq ans de solitude… Décidément, les dieux ont un drôle d'humour. Mais si je dois mourir ainsi, me dis-je, je mourrais serein. Enfin je peux la rejoindre.
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Elerinna

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MessageSujet: Re: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Lun 3 Fév 2014 - 13:10


    Bon sang qu’est-ce que c’était que ce coin perdu ? Je devais certainement mettre trompée de chemin…
    Alors que je me tentais de me remémorer la carte que j’avais aperçue dans le hall du Seigneur Fineldor, je remontais lentement une rivière profonde. C’était forcément l’un des grands cours d’eau que j’avais repéré sur la carte, je supposais que les petits ruisseaux adjacents n’avaient aucun intérêt sur une carte décorative. Pourtant j’avais la désagréable impression de ne pas être sur le bon chemin.
    Le soleil se couchait – encore un de trop – et je n’avais toujours pas retrouvé la trace de ma sœur. Seulement des rumeurs entendues alors que je tendais l’oreille sous le pont d’un village ou caché près d’un moulin à blé. On parlait d’un groupe d’homme étrange, de leur colis encore plus étrange, mais personne ne semblait savoir d’où ils venaient, où ils allaient et ce qu’ils transportaient. Il faisait de plus en plus sombre et je songeais qu’il me faudrait bientôt trouver un endroit pour dormir. La rivière était trop agitée, sûrement à cause des fortes pluies des jours précédents. Peut-être qu’en remontant un peu plus loin, si je rejoignais le ruisseau je trouverais un petit coin douillé dans des algues ou sur un fond de vase. Alors que je levais la tête vers la surface, un mouvement attira mon regard.
     
    Un humain se tenait à quelques pas de la rive. Il était seul et j’étais incapable de dire ce qu’il était en train de faire. Son comportement semblait bizarre aussi je restais là à l’observer. Il dût sentir mon regard car bientôt il se tourna vers moi et s’approcha. La lueur diffuse qui émanait de moi semblait l’intriguer. Au lieu de bouger je restais immobile à le détailler. L’armure qu’il portait…. Elle correspondait en tout point à ce que m’avait décrit l’amie de Fyléa. Une fois cette constatation intégrer je sentis mon sang s’échauffer. Mon regard se durcit et je sentis la colère bouillir dans mes veines. Serais-je tombée sur l’un des hommes qui avaient enlevé ma sœur ?
     
    Apparemment très intrigué, l’homme s’avança un peu trop et glissa dans la rivière. Par Uwë, je n’aurais jamais cru que cela puisse être aussi facile ! Légèrement assommé et alourdi par son armure, l’homme coula lentement. Je le regardais descendre sans bouger. Cet homme méritait son sort et je me ferais un plaisir de le regarder mourir…. A moins qu’il me soit plus utile vivant. Il était peut-être le seul à savoir où était ma sœur en ce moment.
    Je m’approchais de lui et du bout des doigts lui fit lever le menton vers moi. Je croisais son regard résigné. Non je ne le laisserai pas mourir. Du moins pas tout de suite.
     
    Sans douceur mes doigts agrippèrent sa gorge et dans un bouillonnement, je nous propulsais hors de l’eau. L’atterrissage ne se fit pas en douceur pour le soldat. Pour ma part je me retrouvais penchée au-dessus de lui, ma main toujours accrochée à sa gorge. Mon corps avait lentement retrouvé son aspect humain et l’homme pouvait à présent voir mon regard noir posé sur lui.

     
    « - Vous et les vôtres avez enlevé une Fille des Rivières il y a huit lunes. Où est-elle ? »
     
    Le ton de ma voix était dur et mes doigts se serrèrent davantage. J’aurais pu invoquer un serpent d’eau pour l’effrayer encore plus et lui faire cracher le morceau mais malgré toute la haine que je pouvais ressentir pour cet homme je ne savais pas ce qu’il savait exactement sur celles de ma race. Autant la jouer discrète pour le moment. Et puis après tout je venais de lui sauver la vie, cela valait largement l’information que j’attendais de lui.
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Theodred Justelame

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MessageSujet: Re: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Jeu 6 Fév 2014 - 9:48

Une forme indéfinie se rapproche de moi à la lueur brouillée de la lune, je sens quelque chose toucher mon visage. Est-ce le messager des dieux qui vient récolter mon âme ? Probablement. La mort n'est pas telle qu'on le décrit, me dis-je alors que sa poigne se resserre sur mon coup. Point de douceur, point de sommeil, la mort par noyade est brusque, douloureuse. C'est du moins ce qui traverse ma pensée, alors que mon souffle se coupe et que mon corps, balloté par le torrent, est projeté contre la rive. Ou peut-être est-ce sur la rive, je ne sais pas très bien.

Et les sensations de mon corps s'en vont, l'eau disparait, tout devient immobile. Seule demeure l'emprise du messager de la mort sur mon cou. J'ouvre les yeux, prêt à découvrir l'autre monde. Et je me dis que le passage vers l'au-delà, bien que brutal, est assez rapide finalement. Ma vision est encore trouble, mais je distingue une forme. Une forme humaine et féminine, quoiqu'un halo lumineux – probablement causé par la lumière de la Lune - l'entoure. Penchée sur moi, elle semble me scruter d'un profond regard. Auriane… Prononce-je avec difficulté et d'une voix à peine perceptible, pensant qu'elle est venue m'accueillir de l'autre côté.

Cette tentative pour parler provoque sur moi de la toux, et tandis que ma cage thoracique émet de brutaux soubresauts je recrache difficilement l'eau qui se frayait un passage jusqu'à mes poumons.
- … Où est-elle ?
La gorge me brûle quand l'air reprend sa place, je bats des paupières pour éclaircir ma vue, et comprends que la vie ne m'a finalement pas encore quittée. Et cela me prend d'ailleurs un léger moment avant que les mots prononcés par la femme qui me surplombe - et qui je le réalise m'a sauvé la vie – ne parviennent à mon esprit :
- Vous et les vôtres avez enlevé une Fille des Rivières il y a huit lunes. Où est-elle ?
Son ton est dur et sa poigne quelque peu serrée. Autant dire qu'elle ne plaisante pas. Et bien que de toute évidence elle se trompe quant à mon identité, au sein de sa question il est une information qui manquait à notre propre enquête : une fille des rivières.

Trois jours avant que je ne me retrouve au bord de la noyade, mon équipe et moi-même avions finalement mis la main sur l'un de ces groupes de braconniers à la cage de verre. Les capturer s'est cependant avéré plus difficile que de les retrouver, et l'affrontement fut inévitable. Nous sommes tout de même parvenus à les maîtriser en en maintenant un en vie assez longtemps pour l'interroger. L'interrogatoire, je n'ai jamais apprécié cette partie de notre travail, mais elle est trop souvent nécessaire…

Quoi qu'il en soit le malfrat nous en a révélé assez pour comprenions, en partie tout du moins, les raisons de cette recrudescence de braconniers. Une très forte somme serait offerte par un homme d'Eroda à qui capturerait une créature particulièrement rare, vivante. Le maraud rendit son dernier souffle avant de nous révéler quelle créature était recherchée par le trafiquant d'Eroda, mais au moins savions-nous comment trouver et reconnaître ce trafiquant. Par ailleurs, il devenait évident que la cage en verre transportée par les braconniers devait servir à transporter cette créature. Je compris donc que ce cercueil de verre s'agissait en réalité d'une verrière, ou d'un aquarium.

Afin d'en découvrir un peu plus, nous mîmes en place un plan somme toute basique : nous faire passer pour des braconniers, et prendre contact avec ce trafiquant. Nous avons donc revêtu les armures des braconniers que nous venions de tuer, et nous nous sommes emparé du chariot contenant le cercueil de verre. Il ne nous restait plus qu'à trouver un moyen de tromper les trafiquants d'Eroda avec une cage vide, faut de savoir ce qu'elle était sensée contenir…


… Jusqu'à ce que je ne manque de me noyer, et qu'on ne me prenne en effet pour l'un de ces braconniers. Ce que recherchent ces hommes est donc "une fille des rivières", une naïade ? Mais pourquoi ? Et surtout, pour qui ? Un simple collectionneur, aussi riche soit-il, n'aurait pas provoqué autant de mouvements d'engouement côté des braconniers. Non, mon instinct me dit qu'il y a autre chose là-dessous, reste à découvrir quoi.

La poigne se resserre, la femme s'impatiente. J'ignore de quoi elle parle, mais je doute fort qu'elle ne me croie si je lui dis la vérité. A sa place, je ne me serai pas cru. Je fais alors mine de ne plus pouvoir respirer, elle desserre légèrement ses doigts.
- Ne me… Ne me tuez pas… Par pitié… Balbutie-je, faignant la peur et l'idiotie. Je… Je vais vous dire ce que vous voulez…
Je détecte un sourire de satisfaction sur son visage, ma tortionnaire n'a visiblement pas l'habitude de ce genre de situation. C'est une bonne chose pour moi.
- Elle est… Elle est au camp… Je vais vous montrer… Mais s'il vous plait me faites pas de mal… Balbutie-je encore, plus convainquant que jamais.

La femme m'observe un instant, comme pour me sonder. Mon air idiot et effrayé fait visiblement son effet car elle desserre encore un peu son emprise sur mon cou pour me permettre de me relever. Sa main recule légèrement mais c'est assez, c'est tout ce dont j'avais besoin. A peine une seconde, à peine le temps d'un souffle, et les rôles s'inversent. Je la bascule en avant, retirant sa main de mon cou pour d'une torsion ramener se bras dans son dos, et elle se retrouve rapidement ventre au sol, la pointe d'une dague à l'arrière du cou.
A côté de nous, l'eau de la rivière commence à avoir des remous étranges. Cette femme est probablement une hydromancienne, ce qui expliquerait comment elle m'a sauvé. Je n'en suis pas certain, mais si j'ai raison la proximité de la rivière me met en désavantage. Je n'ai donc pas d'autre choix.
- Je suis navré de devoir faire cela.. Lui chuchote-je à l'oreille, avant de lui porter un coup à la nuque. Un seul coup, mais bien placé. Et l'eau cesse de bouger, signe qu'elle a bien perdu connaissance.

~~°~~

Je suis à nouveau au camp, en compagnie de mon équipe. Après ma petite mésaventure dans la rivière et après cette brusque rencontre avec l'hydromancienne j'ai ramené cette dernière, alors inconsciente, avec moi. Elle détient apparemment des informations que nous n'avons pas. Et faute de mieux, nous l'avons enfermée dans le cercueil de verre. Cela devrait suffire le temps de l'interroger. Je n'aime pas beaucoup cette méthode mais à ce moment il n'y a pas d'autre idée qui me vienne.
- … Et on en fait quoi, de ta donzelle, si elle ne parle pas ?
- On l'emmène. On pourra toujours la faire passer pour…

Un mouvement m'indique que la femme s'est réveillée. Je m'approche alors de la cage de verre, posée au bord du feu, à bonne distance de la rivière par sécurité.
- Vous voilà réveillée, lui dis-je d'un air calme et d'un ton neutre. Je n'oublie pas ce que vous avez fait, plus tôt, et je vous en remercie. C'est pourquoi nous ne vous feront aucun mal, à moins que vous ne nous laissiez pas le choix naturellement.
Elle semble chercher quelque chose du regard, et je devine de quoi il s'agit.
- Ne tentez rien d'inconscient, nous avons pris nos précaution. Je vous l'ai dit, il ne vous sera fait aucun mal, néanmoins il faudra coopérer. précise-je d'un ton intransigeant. Pour commencer, répondez à ces questions : Qui êtes-vous, et pourquoi m'avez-vous attaqué ?
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Elerinna

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MessageSujet: Re: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Jeu 6 Fév 2014 - 13:36


    L’homme semblait avoir des difficultés à respirer, en même temps il venait de passer à deux doigts d’une noyade, pourtant cela ne me fit que très légèrement desserrer ma prise. Je devais faire un énorme effort pour ne pas abréger sa vie… et cette pensée me figea l’espace de quelques secondes. J’étais troublée… Pouvait-on à ce point changer de personnalité ? Je n’étais pas ce genre de personne, dure et violente. Mais le simple fait de penser au mal qu’on pouvait faire à ma sœur me vriller le cœur. Je ne sentais plus que la rage et la colère bouillir dans mes veines. Je repris rapidement mes esprits et fixais à nouveau mon regard sur le soldat. Son air avait changé, il semblait….terrifié. Il me supplia de ne pas le tuer, qu’il me dirait ce que je voulais savoir et que celle que je cherchais se trouvait non loin de là. Un flot d’émotion se succéda en moi. D’abord un pincement au cœur en pensant que je pouvais provoquer une telle peur chez quelqu’un, suivi par une bouffée d’espoir à l’idée que Fyléa était tout près et que nous serions bientôt en route vers le reste de notre famille.
     
    Je le lâchais lentement, reculant millimètre par millimètre. Je pensais être parfaitement sur mes gardes mais en une fraction de seconde je me retrouvais sur le ventre, le bras douloureusement tordu derrière le dos. Je fus tellement surprise par ce retournement de situation que je pensais trop tard que je pouvais utiliser l’eau pour me sortir de cette situation.
    Il me murmura des excuses et puis tout devint noir.
     
    Je battis des paupières et sentis presque aussitôt une douleur lancinante derrière la tête. Bon sang, il m’avait frappé ! Il avait osé m’assommait ! A mesure que je reprenais connaissance je me rendais compte que j’étais allongée dans une sorte de boite…. La fameuse boite ? Les parois étaient transparentes je pouvais voir un feu crépiter non loin de moi et un groupe d’homme. Ma colère refit surface et je plaçais mes mains contre les murs de ma prison en poussant de toutes mes forces pour tenter de sortir. L’homme qui m’avait enfermé s’approcha, rien que le son de sa voix me donnait envie de le noyer. Pourquoi avait-il fallu que je le sorte de cette rivière ? Le regarder mourir aurait été tellement moins compliqué.
    Il prétexta ne pas vouloir me faire du mal du moment que je me tenais tranquille… Comment pouvait-il me dire une chose pareille alors que j’étais prisonnière d’une boite transparente ? Une simple flaque d’eau aurait suffi pour lui faire ravaler ses paroles, mais je ne sentais nulle part la présence de mon élément.
    Et maintenant voilà qu’il voulait que je coopère ! Je croisais les bras sur ma poitrine et le fixais rageusement. Ce fut sa dernière question qui me fit à nouveau exploser. Je frappais la paroi du poing et lui répondit :

     
    « - Je vous ai posé une question près de la rivière et vous m’avez menti. Pourquoi vous imaginez-vous que je répondrai sagement à vos questions. Laissez-moi sortir de cette boite, je n’ai pas de temps à perdre avec vous et votre groupe, je veux juste la retrouver. Je ne vous ferais aucun mal je vous le promets. »
     
    Il fallait bien tenter la manière douce. Après tout peut-être que l’homme en face de moi avait un minimum de cœur, bien que j’en doutais énormément. Je voyais bien que mes paroles ne l’inquiétaient pas le moins du monde, après tout  c’était moi qui était enfermée dans la boite il devait se sentir en sécurité. Et il fallait bien reconnaître que tant que je me trouvais là-dedans… il avait raison.
    Je posais ma main sur le verre froid, testant une dernière fois la solidité de cette cage, mais je renonçais vite en soupirant. Ce pouvait-il que Fyléa se soit trouvée dans cette boite quelques heures, ou quelques jours avant moi ? Lui avait-il fait du mal ? Etait-elle encore en vie ? …. Cette dernière pensée me frappa en plein cœur et cette fois j’eus toutes les peines du monde à ravaler les larmes qui monter à mes yeux. Si ces hommes étaient ceux qui avaient enlevé ma petite sœur… alors où était-elle ? Il ne me semblait voir nulle part autour du feu une autre boite comme celle-ci. Depuis que j’étais partie à sa recherche je m’étais interdit d’être pessimiste, ou de penser à la souffrance que je pouvais ressentir… Mais là, enfermée dans cette cage, je me sentais vulnérable… Trop vulnérable.

     
    « - Dites-moi seulement ce que vous avez fait d’elle… » murmurais-je en fermant les yeux une seconde. Et soudain une idée traversa mon esprit. Si ces hommes voulaient une Fille des Rivières … « Prenez moi à sa place si c’est ce que vous voulez mais par pitié laissez là partir…. »
     
    Je préférais mille fois mourir à sa place et je n’hésitais pas un instant en faisant ma proposition à l’homme en face de moi. Je ne savais rien de lui, ni pour le compte de qui il avait enlevé ma sœur mais je savais bien mieux me défendre que Fyléa.
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Theodred Justelame

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MessageSujet: Re: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Ven 7 Fév 2014 - 10:19

La colère, la frustration, et la fierté. Voilà tout ce que je lis sur le visage et dans les réactions de notre prisonnière. Point de peur ni d'angoisse, non, rien de semblable. C'est signe qu'elle a confiance en elle, pour une raison ou pour une autre. N'était-elle pas seule proche de la rivière ? L'idée qu'elle soit accompagnée m'avait effleuré l'esprit, mais je ne pense pas avoir été suivi jusqu'ici. Alors elle pense peut-être pouvoir s'échapper, elle a sans doute quelque compétence ou pouvoir qui pourrait le lui permettre, nous devons donc rester prudents.

En tout cas, coopérer gentiment n'est visiblement pas le choix qu'elle a pris. Cela aurait été surprenant, dans de telles circonstances.
- Je vous ai posé une question près de la rivière et vous m’avez menti. Pourquoi vous imaginez-vous que je répondrai sagement à vos questions. Laissez-moi sortir de cette boite, je n’ai pas de temps à perdre avec vous et votre groupe, je veux juste la retrouver. Je ne vous ferais aucun mal je vous le promets. Déclare-t-elle, presque renfrognée, les bras croisés.
Je ne puis donner foi à sa promesse sur de simples paroles, et elle sait probablement. Après tout, elle-même ne me fait pas confiance. Néanmoins, elle revient sur cette personne qu'elle recherche, et qu'elle a cru – ou croit toujours – que l'on détient. Je tourne la tête vers mes compagnons, aucun ne montre le moindre signe ou sentiment. Ils se contentent simplement d'écouter notre conversation, attendant sans doute de connaître ma décision quant à l'avenir de cette inconnue.

Lorsque que je retourne mon regard vers la femme enfermée dans le cercueil de verre, c'est pour y voir un autre air. Son air fier s'est quelque peu effacé, la crainte commence à la toucher, et il me semble même déceler une larme au coin de son œil.
- Dites-moi seulement ce que vous avez fait d’elle… Murmure-t-elle, gagnant un air résigné. Prenez-moi à sa place si c’est ce que vous voulez mais par pitié laissez-la partir…
Mon regard se tourne à nouveau vers mes compagnons, interrogateur. Eux aussi sont quelque-peux surpris de ce soudain retournement de comportement. Tente-t-elle ne nous jouer un tour tel que celui que je lui ai joué au bord de la rivière ? C'est possible…

Néanmoins, c'est surtout la teneur de sa phrase qui pique ma curiosité. Cette insistance qu'elle a de parler d'elle, elle veut parler la fille des rivières, je présume. Elle souhaiterait prendre sa place, signe que cette "Fille des Rivières" est importante à ses yeux. Et si mon raisonnement se tient, cela signifierait que…
- Etes-vous une naïade ? Lui demande-je, en confirmation de mes doutes.
Sa réponse, cependant, m'importe peu. Là n'est pas le plus important, bien que cela puisse résoudre l'un des mystères de notre enquête. Les braconniers, les boîtes de verre, la femme enlevée, les naïades, la récompense exorbitante… Peu à peu, tout se recoupe. Mais qui et pourquoi ? Ces questions demeurent.
- Je vais y penser. Réponds-je d'un air distrait, m'éloignant de la prison de verre.

Rejoignant mes compagnons, je leur fais part de mes sentiments et de mon idée, parlant bas pour ne pas être entendu par l'intéressée. J'ignore pourquoi, mais j'ai le sentiment de pouvoir lui faire confiance. Eux ne sont pas tous d'accord, certains pensant qu'elle est là pour nous espionner ou nous piéger. En revanche, ma théorie selon laquelle quelqu'un d'influent et d'aisé cherche à obtenir une naïade vivante pour quelque obscure raison leur est viable, et nous partons là-dessus pour la suite de notre enquête. Il nous reste à retrouver le trafiquant d'Eroda, et à présent nous savons ce qu'il cherche. L'un de mes compagnons émet alors l'idée de nous servir de la prisonnière pour entrer en contact avec le fameux trafiquant, mais cela ne me plait guère. C'est une entreprise dangereuse, et bien que nous ignorions qui elle est je ne voudrais pas la mêler à cela. Elle m'a tout de même sauvé la vie, même si ses motivations ne sont pas tout à fait louables. La discussion se prolonge ainsi quelques minutes, toujours en chuchotements, et finalement je retourne auprès du cercueil de verre.

- J'ai une proposition à vous faire, lui dis-je, mais pour cela il vous faudra faire confiance à ce que je vous dis, et m'écouter jusqu'au bout. J'ignore qui est celle que vous recherchez, ni même quel est le groupe qui la détient. A vrai dire, nous ne savions même pas ce que cette boîte était censée contenir. J'ai dû vous mentir pour me libérer, et parce que j'ignorais si vous alliez ou non me tuer. Cela dit vous avez sauvé ma vie, et il ne sera pas dit que je n'ai aucune gratitude. Aussi, j'ai décidé de croire en votre promesse de ne rien tenter, et je vais vous libérer. En échange, vous ne parlerez à personne de notre présence ici, et vous oublierez nous avoir vus moi et mes hommes.
En guise de bonne foi je déverrouille les trois cadenas qui sécurisent le couvercle de la boite, sans toutefois les retirer. Ainsi si la femme tente de se libérer en forçant nous aurons le temps de réagir, et si elle ne tente rien cela prouvera sa bonne foi.
- La Fille des Rivières que vous recherchez… Reprend-je sur un ton moins sévère, m'arrêtant avant de retirer les cadenas. Elle vous est chère, n'est-ce pas ? Il n'y a qu'à voir la façon dont vous vous en êtes pris à moi quand vous pensiez que nous étions ceux qui l'ont capturée pour le comprendre. Nous ignorons où elle se trouve en ce moment, mais nous savons où elle pourrait se trouver, du moins nous savons où ses ravisseurs doivent se rendre. Et par chance, nous comptions justement nous y rendre. Voici donc ma proposition : Vous restez avec nous, dans cette boite, comme si vous étiez notre prisonnière. Et lorsque nous n'aurons plus besoin de vous, vous serez libre d'aller chercher votre amie où bon vous semble. Vous avez ma parole, et je veillerai personnellement à ce que vous soyez bien traitée durant le voyage. Qu'en dites-vous ?
J'attends alors sa réponse, la main sur l'un des cadenas, prêt à le refermer ou le retirer selon sa réponse.
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Elerinna

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MessageSujet: Re: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Ven 7 Fév 2014 - 13:45

    L’humain fut visiblement surpris par mes dernières paroles. Il eut un temps de réflexion avant de me demander si j’étais une naïade. Ce fut à mon tour de le regarder avec un air ahuri. Que croyait-il que j’étais ? Il m’avait observé lorsqu’il était sur la berge de la rivière avant de tomber à l’eau et il savait que c’était moi qui l’avais sauvé de la noyade. Je ne pris même pas la peine de lui répondre et de toute façon il tourna brusquement les talons et s’éloigna de ma prison de verre. Je le regardais, incrédule, alors qu’il rejoignait son groupe d’homme. Je ne parvenais pas à entendre leur conversation mais je profitais de l’absence de leur chef pour regarder plus attentivement tout ce qui se trouvait autour de moi. La boite transparente était posée non loin du feu, je ne distinguais rien dans la pénombre à part l’ombre des arbres. J’entendais le chant de la rivière mais il était trop loin… Me savoir priver de son contact me noua le ventre. C’était toujours une torture de ne plus avoir cette liberté de retrouver mon élément. Je poussais un profond soupir pour tenter de calmer l’angoisse qui montait.

    L’inconnu revint bientôt vers moi et je croisais aussitôt son regard. Quelque chose semblait différent, d’ailleurs les premières paroles me le confirmèrent. Ils voulaient me proposer quelque chose et n’étant pas en position de force, je l’écoutais sans l’interrompre. Je le vis déverrouiller les cadenas un par un, sur le moment je dus me retenir de pousser la paroi et de partir en courant mais je levais à nouveau mes yeux et en croisant les siens je compris que c’était autant une preuve de sa bonne foi qu’une sorte de test. La suite de ses paroles me laissa perplexe. S’il disait vrai, il ne savait pas où pouvait se trouver Fyléa, mais plus grave encore il sous-entendait que d’autres gens se promenait avec ces boites pour enfermer d’autres naïades. Qui pouvait bien vouloir sans prendre à mon peuple aussi violemment ? Nous étions toutes des êtres pacifiques, nous n’avions jamais pris parti pour un peuple plutôt qu’un autre… J’écoutais enfin sa proposition et écarquillais légèrement les yeux. Il voulait que je reste enfermée dans cette boite ? S’il voulait savoir ce que cachait le mystère de ses boites il fallait forcément qu’il retourne auprès de l’instigateur et donc qu’il me livre… Donc soit il me mentait une nouvelle fois et qu’il était vraiment celui que j’avais d’abord cru qu’il était, soit il disait la vérité et dans ce cas-là il était probablement la seule personne pouvant m’aider à remonter jusqu’à ma Sœur.


    « Si votre but est de trouver qui s’en prend aux miennes et pourquoi alors je vous aiderai vous avez ma parole. Et je tiendrai promesse …. Je ne m’en prendrai pas à vous, tant que je ne me sentirai pas menacée par l’un des vôtres. »

    Il y eut encore une seconde de flottement, nos regards semblaient se jauger. Nous devions certainement nous demander si nous pouvions nous faire mutuellement confiance. Ce fut lui qui fit le premier pas en retirant les cadenas. Je poussais lentement la paroi de verre et je me relevais. Cette position couchée était parfaitement inconfortable et l’idée de rester enfermée là-dedans durant le voyage ne m’enchantait guère mais si c’était la seule façon de comprendre, ce qu’il se passait… Alors soit, pour Fyléa j’aurais fait n’importe quoi.

    Je mis un pied en dehors de la boite, puis un deuxième. Les hommes autour du feu semblaient attendre le moment où je bondirai dans l’obscurité pour leur fausser compagnie. Et il fallait reconnaitre que j’en avais très envie. Aucun des regards que je croisais semblait un brin amical, certains semblaient craintifs, d’autres plus sévères comme s’ils désapprouvaient la décision de leur chef. Je me tournais d’ailleurs vers lui et le contemplais pour la première fois correctement. La lumière du feu me permettait maintenant de le voir plus en détail.
    S’il semblait tout aussi fermé que ces compagnons, quelque chose dans son regard me mettait en confiance, me rassurait presque.

    Le silence régnait sur le camp, je comprenais la gêne des hommes face à ma liberté retrouvée mais il s’était le cadet de mes soucis.


    « - Si nous devons faire la route ensemble puis-je espérer que vous répondrez honnêtement à mes questions ? » Le seul regard qui me lança me suffit à croire que cela était tout à fait envisageable. « Vous me dites qu’une fois devenue inutile à votre quête vous me laisserez partir, mais pour atteindre votre but il vous faudra me livrer à la personne qui fait enlever les miennes. Vous ne pouvez donc nullement me garantir que je repartirai libre… Mais vous avez de la chance, la vie de ma sœur est bien plus importante à mes yeux que ma liberté. »

    Je marquais une pause, ne sachant pas trop comment me comporter au milieu de ce groupe pas franchement amical. Une fois de plus ce fut le regard de leur chef qui me rassura.

    « - Elerinna. Je m’appelle Elerrina. »
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MessageSujet: Re: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Dim 9 Fév 2014 - 16:30

La naïade – car c'en est une, j'en suis convaincu – prends le temps de réfléchir à ma proposition, ou plutôt elle prend le temps de décider au niveau de confiance qu'elle m'accordera. Je reste donc immobile, attendant, sans la presser, sa réponse.
- Si votre but est de trouver qui s’en prend aux miennes et pourquoi alors je vous aiderai, vous avez ma parole. Et je tiendrai promesse …. Je ne m’en prendrai pas à vous, tant que je ne me sentirai pas menacée par l’un des vôtres.
Sur cette dernière condition, je ne m'en fais pas. Bien que mes compagnons ne soient pas tous d'une très bonne morale, je sais qu'aucun d'entre eux n'ira à l'encontre de mes directives. C'est d'ailleurs le critère premier sur lequel je les ai choisis, sans quoi il n'y aurait pas eu de confiance.

Nos regards se fixent un moment, chacun jugeant l'autre. Et finalement, je retire les cadenas qui verrouillaient le cercueil, décidant de faire confiance à cette femme. A bien la jauger, elle me semble bien plus furieuse que dangereuse, et puis je n'ai jamais entendu parler d'une naïade hostile. Mère nous les présentait toujours comme de paisibles et neutres filles de l'eau, sans armée ni position quant à nos conflits d'humains. Les cadenas retirés, je recule lentement, afin de lui mettre en confiance. Je l'observe ainsi se relever et sortir de cette boîte de verre, et je ne manque pas de remarquer la grâce de ses mouvements. Elle parcoure le camp du regard, et pose ses yeux sur moi. Je force alors un sourire qui se fait malgré tout discret et maladroit, dans le but de la mettre en confiance, mais je doute fort que mon air soit convainquant. Quoi qu'il en soit la naïade ne prend pas ses jambes à son cou, ce qui est bon signe. Son envie de retrouver son amie est sans doute plus forte que celle de garder sa liberté de mouvements.

- Si nous devons faire la route ensemble puis-je espérer que vous répondrez honnêtement à mes questions ?
Aussi honnêtement que possible, car je ne puis tout de même pas lui révéler qui nous sommes. Cette information serait bien trop dangereuse. Je n'ai cependant pas le temps de répondre car elle continue :
- Vous me dites qu’une fois devenue inutile à votre quête vous me laisserez partir, mais pour atteindre votre but il vous faudra me livrer à la personne qui fait enlever les miennes. Vous ne pouvez donc nullement me garantir que je repartirai libre… Mais vous avez de la chance, la vie de ma sœur est bien plus importante à mes yeux que ma liberté.
Je tourne mon regard vers mes compagnons, incrédules, et je retiens un rire intérieur. La livrer n'était réellement prévu dans notre plan. Je retourne mon regard vers elle, allant lui répondre, quand une fois de plus elle me devance dans la parole.
- Elerinna. Je m’appelle Elerrina, e présente-t-elle.
Elerinna, un drôle de nom que je n'ai jamais entendu auparavant.
- Eh bien Elerinna, réponds-je, soyez rassurée. Nous n'avons nullement l'intention de vous livrer à qui que ce soit, ceci n'est qu'une manœuvre pour atteindre l'instigateur de ces enlèvements. Naturellement, vous n'avez que ma parole comme preuve, et il faudra bien me faire confiance. Néanmoins vous constaterez bien par la suite la valeur de ma parole. Que les choses soient claires, cependant : nous ne sommes pas certains que votre amie se trouve là-bas, et notre tâche n'est pas de la retrouver. Notre tâche est de savoir pour qui et pourquoi ces hommes capturent les vôtres, rien de plus.
Je lui laisse le temps d'assimiler ces données, qu'elle ne se méprenne pas sur les termes de notre accord. Puis, je me présente à mon tour.
- Vous pouvez m'appeler Valérian, si vous le souhaitez. Quant à eux… Je montre mes compagnons de voyage d'un signe de la main. Qui ils sont n'a aucune importance. Venez, prenez place.
Je lui indique alors une pierre lisse auprès du feu, légèrement en retrait du groupe mais proche de ma propre place, avant de m'asseoir à mon tour.
- Vous mangez du poisson ?

~~°~~

Le soleil se lève, et nous avons déjà rangé le camp. Il ne reste plus que la naïade, allongée au coin de ce qui avait été un feu, que je n'ai pas osé réveiller tant elle m'avait l'air épuisée. Sans doute ne s'était-elle pas accordée de repos depuis un long moment avant de sombrer, hier soir, dans un sommeil profond. Le repas s'étant déroulé dans le silence, je n'en sais pas plus ni sur elle, ni sur ses motivations. Cependant elle n'a pas profité de la nuit pour nous fausser compagnie, aussi j'en déduis qu'elle n'a pas changé d'avis. En attendant son réveil, j'ai demandé à mes compagnons de prendre un peu d'avance sur nous. Il y a un gué qui traverse la rivière, non loin, et je leur ai demandé d'y remplir l'aquarium, puisque le cercueil de verre en est vraisemblablement un. En effet j'ignore si cette rumeur est justifiée mais j'ai ouïe dire que les naïades avaient besoin d'eau pour survivre, alors cette solution m'a semblé évidente.

En attendant son réveil, je l'observe en silence. A la lumière du jour la naïade à tout de l'apparence d'une femme. Une femme au corps élancé, au visage fin et aux longs cheveux bruns. Si ce n'était sa tenue, et encore celle-ci n'a rien de véritablement flagrant, il m'aurait été impossible de deviner qu'elle est en fait une naïade. Peut-être la souillon libérée dans le comté en était-elle une.

La naïade se réveille, et je fais mine d'être occupé ailleurs. J'attends quelques secondes, le temps de la laisser émerger, puis la salue.
- Bon matin à vous, Elerinna. Mes compagnons on prit un peu d'avance, j'ai pris la liberté de leur demander de remplir d'eau votre… carrosse. Je me suis dit que vous seriez plus confortable ainsi, j'ignore si cela changera quelque chose pour vous. Quoi qu'il en soit, nous partons dès que vous êtes prête.
Mon ton n'était ni chaleureux, ni mauvais, juste neutre.
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MessageSujet: Re: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Lun 10 Fév 2014 - 13:33

    Malgré les présentations échangées, l’ambiance ne se détendit que très légèrement. Le dénommé Valérian me fit m’asseoir sur une pierre non loin de lui. J’étais persuadée que ce genre de réunion – autour d’un feu de bois – devait être bien plus agréable habituellement et savoir que ma présence était la seule raison de cet atmosphère glaciale refroidit un peu plus ma colère. Jusqu’à présent je n’avais tenu que grâce à elle, j’avais parcouru rivières et torrents en si peu de temps… Je ne ressentais la fatigue que maintenant. On me proposa du poisson et je fronçais le nez en sentant l’odeur de la chose brûlée que l’on me présenta. Je fis non de la tête et détournais le regard.
    Lorsque tout le monde se prépara pour la nuit je les regardais s’envelopper dans des couvertures et se coucher à même le sol. Cette image me surpris et je restais un moment à les observer jusqu’à ce que l’un d’eux me tende une couverture. Je fis donc pareil mais j’eus toutes les peines du monde à trouver le sommeil. C’était tellement étrange de dormir comme ça par terre… Je n’avais jamais dormi ailleurs que dans l’eau, cette sensation était toute nouvelle pour moi, mais je n’avais guère la possibilité de m’en réjouir car tout autour de moi ce n’était pas mes sœurs qui dormaient, mais des hommes qui n’étaient pas tous ravis que je sois hors de la boite en verre.

    Lorsque je parvins enfin à m’endormir la nuit était déjà très avancée. Le réveil fut tout aussi compliqué…. J’avais mal partout, et j’étais frigorifiée… Je me redressais tant bien que mal en me demandant comment les humains pouvaient dormir ainsi quand je croisais le regard de Valérian, assis sur une pierre à quelques pas de moi. Un seul coup d’œil me suffit pour constater que nous étions seuls. J’étais en train de me demander ce qui avait bien pu se passer pendant mon sommeil quand mon « geôlier » se décida à m’expliquer la situation. Visiblement tout le groupe n’attendait que moi et je me doutais que cela ne les rendrait pas plus aimable avec moi. Je me dépêchais donc de me lever et plier – de mon mieux – la couverture que l’on m’avait prêtée. Ce n’était pas un exercice pour lequel j’étais douée, après tout je n’avais jamais vécu avec des humains. Les naïades quittant les rivières pour trouver un mâle vivait généralement près de lui jusqu’à l’arrivée de l’enfant. Elles apprenaient donc certaines coutumes humaines.

    Je suivis Valérian sans dire un mot et cet arrangement sembla lui convenir. A mesure que l’on s’approchait de la rivière je sentais ce besoin viscéral de plonger dedans me nouer l’estomac mais je m’obligeais au calme. Nous rejoignîmes bientôt le groupe d’homme et je remarquais aussitôt que la cage transparente était remplie d’eau. Un instant je fixais la rivière. Il m’aurait suffi de bouger un doigt pour tous les faire disparaître mais il semblait me prendre pour une naïade sans défense, peut-être me croyaient-ils très jeune et je ne comptais pas les détromper pour le moment. Cette décharge familière que je ressentais en approchant de l’eau me parcourut et un instant je retrouvais le sourire. Je savais sans le voir que mes yeux étaient devenus plus clairs et que les quelques mèches bleus foncés qui parcouraient ma chevelure s’étaient mise à miroiter comme les reflets du soleil à la surface de l’eau. Mon regard glissa vers ma cage et mon léger sourire s’effaça…


    « - Combien de temps nous faudra-t-il pour rejoindre celui dont vous parliez hier ? »

    Je doutais de pouvoir supporter cet enfermement forcé trop longtemps.
    Je vis deux hommes s’approcher du cercueil et ouvrir le couvercle. C’était là une invitation à coopérer sans faire d’histoire. Je m’avançais et grimpais à l’intérieur. Presque aussitôt mes pieds prirent leurs teintes habituelles et on ne les distingua plus que par l’étrange lumière qui semblait marquer leurs contours.
    Après m’être assise à l’intérieur je me tournais à nouveau vers la seule personne qui me rassurait un minimum. Je croisais son regard une nouvelle fois et cette fois je le détaillais un peu plus que lors de mon réveil. Il était jeune mais son regard était marqué, comme s’il avait vécu trop de chose.


    « - Une dernière chose… Hier soir j’avais une sacoche avec moi…. Il y a à l’intérieur un objet très précieux à mes yeux. Accepteriez-vous que je le garde avec moi durant le trajet ? »

    Si l’homme avait fouillé le contenu de mon sac il savait qu’il n’y avait pas grand-chose à l’intérieur. Une dague offerte par mon père avant mon départ et une fiole en cristal contenant les larmes de ma mère. C’était ce dernier objet que je voulais tenir contre moi pour me donner du courage durant la journée qui allait s’écouler.
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MessageSujet: Re: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Jeu 13 Fév 2014 - 9:49

Le soleil s'est déjà levé lorsque nous retrouvons mes compagnons, bien qu'il soit encore bas dans le ciel. Ils nous attendent avec une pointe d'impatience pour certains, j'en déduis que les préparatifs sont prêts. Comme je le leur ai demandé, je constate que le cercueil a été rempli d'eau, ce qui semble ravir la naïade. A moins que ce ne soit la proximité de la rivière qui nous vaille ce charmant sourire, je ne sais pas. Quoi qu'il en soit nous allons pouvoir reprendre la route. Mes compagnons se préparent, l'un prenant les rênes du chariot transportant la cage de la naïade, les autres montant sur leurs montures. J'ai moi-même la mienne qui m'attend, une belle jument apaloosa, forte et rapide, qu'ils ont pris soin de sceller pour moi.

Je me tourne vers la naïade pour l'inviter à entrer dans ce qui sera son moyen de transport pour le trajet, et remarque un changement dans son apparence. Ou n'avais-je pas remarqué plus tôt ces reflets bleutés dans sa longue chevelure brune ? Je ne crois pas, non, il n'y en avait pas. Même ses yeux se sont éclaircis, sans doute à cause de la luminosité. Un sentiment de tristesse traverse mon regard, elle aussi avait l'iris qui changeait de couleur selon le climat, et j'aimais à observer ces teintes changeantes.

- Combien de temps nous faudra-t-il pour rejoindre celui dont vous parliez hier ? Me demande la naïade, me tirant du même coup de mes souvenirs mélancoliques.
Je me tourne alors vers l'un de mes compagnons, un rôdeur d'aspect à l'air nonchalant. De nous tous il est celui qui connait le mieux les Terres Neutres, de la frontière Sud jouxtant la jungle du Dharshim aux Fjords du nord.
- 'ne dizaine de jours, pt'tet six en traînant pas. Répond-t-il avec son accent des steppes.
Cette réponse semble quelque peu contrarier la naïade, et je la comprends. Rester enfermé dans une boîte pendant tout ce temps, sous les regards insistants d'une bande d'hommes à l'aspect rustre, ne doit pas être une perspective très réjouissante. Toutefois nous n'avons pas vraiment le choix si nous voulons nous faire passer pour des braconniers, et bien que je n'en montre rien j'ai de la considération pour le courage dont elle fait preuve en acceptant cette contrainte.

Comme pour nous pousser à nous dépêcher deux de mes compagnons se rapprochent de la cage de verre pour l'ouvrir. Ils ont raison, moins nous traînerons et plus vite cette affaire sera réglée. La naïade… Elerinna le comprend certainement car sans plus d'histoire elle s'y hisse. C'est alors que ses pieds se fondent dans l'eau, disparaissant devant nos yeux ébahis, pour n'être plus repérables que par une forme de lumière bleutée semblable à celle que j'avais cru voir dans la rivière hier. Serais-ce donc elle que j'avais aperçu ? Elle qui m'avait attiré dans les flots ? A cette idée, je trouve la situation ironique. Qui donc de nous deux se sert de l'autre, en réalité ?

Elle tourne alors son regard vers moi, assise dans cet aquarium à naïade, comme cherchant quelque chose.
Une dernière chose… Hier soir j’avais une sacoche avec moi…. Il y a à l’intérieur un objet très précieux à mes yeux. Accepteriez-vous que je le garde avec moi durant le trajet ?
Sa sacoche, elle veut sa sacoche. Mais qu'ai-je donc fait de sa sacoche ? Je me souviens qu'il n'y avait pas grand-chose à l'intérieur, seulement une dague étrange et une fiole de… D'un liquide incolore. Je n'ai aucune idée de ce que ça peut-être. Je ne l'ai pas ouverte parce que la naïade (dont j'ignorais alors la nature) ne m'avait pas semblé suspecte.
- Votre sacoche… Dis-je lentement, pour me remémorer où je l'ai mise avant qu'elle ne sorte de sa torpeur hier.
C'est l'Ours, un homme à la carrure imposante et à l'air austère, qui me la donne.
- Vous comprendrez que je ne puis vous la laisser, une prisonnière avec une arme n'est pas très crédible. Je peux seulement vous laisser cette fiole, lui dis-je en lui tendant ledit contenant. Je vous laisserai le reste ici, à côté de la… A côté de vous.
Terminant ma phrase je pose la sacoche et ce quelle contient près du cercueil de verre, enroulant la bandoulière à un clou mal enfoncé pour éviter qu'elle ne glisse durant le trajet.

Visiblement cela suffit à la naïade car elle consent à s'allonger, tenant contre elle sa fiole comme un enfant tiendrait son jouet préféré en s'endormant. Je peux alors refermer le couvercle et installer les cadenas, non sans lui expliquer que cela est fait pour la crédibilité de notre couverture et non pas par manque de confiance. La confiance, elle comprendra bien durant le voyage que je lui ai en partie accordé la mienne, et peut-être finira-t-elle par avoir confiance en ma promesse, faut de faire confiance à mes compagnons.

~~°~~

Trois jours que nous voyageons au travers ces plaines désolées depuis que la naïade – Elerinna - a accepté de se faire passer pour notre prisonnière. Je les dis désolées non pas par la nature, car la végétation y est bien présente, mais par la civilisation. Connaître le chaos qui règne dans les Terres Neutres depuis que l'Empire n'y a plus d'emprise me désole et m'indigne, plus encore à l'approche du centenaire du Royaume d'Archiadia. Toutes ces terres sans aucune stabilité politique… Ils auraient pu faire partie de cette belle patrie qu'est Archiadia, ils auraient pu être des nôtres, mais non. Les terres humaines de l'Ouest ont voulu l'indépendance totale, il y a cent ans, et voilà ce qu'elles ont récolté. Des conflits incessants, internes et externes. Des souverains qui ne gouvernent guère plus d'une dizaine d'année. Des Pays qui se font et se défont. Et seulement quelques cités qui se démarquent et qui résistent, mais pour combien de temps ? Ils ne savent pas la chance de faire partie d'une patrie unie.

Trois jours donc que nous traversons ces plaines, n'ouvrant le cercueil de verre que le soir, et nous n'avons rencontré que peu de désagrément. Les paysans et les voyageurs qui nous voient venir de loin nous évitent, nous prenant effectivement pour des malfrats sans scrupule. Quant aux bandits de grands chemins peu ont tenté de nous détrousser. Quant à ceux qui l'ont tenté ils ne sont plus là pour en parler, ou alors ils se sont enfuis. Nous ne poursuivons pas les fuyards qui n'ont aucun intérêt pour nous, de toute façon, et ne tuons que ceux qui persistent. Enfin nous, moi surtout. Mes compagnons c'est autre chose, mais j'ai pris l'habitude de fermer les yeux parfois. Il faut bien, après tout je ne les ai pas choisis pour leur vertu. Leur loyauté suffit, pour les tâches que nous avons à faire.

Le soleil est presque à son zénith, nous atteignons enfin un lieu propice à un arrêt. Il s'agit d'un renfoncement dans la montagne, un lieu connu seulement des meilleurs rôdeurs où coule une cascade un lieu parfait pour nous. Nous pourrons ainsi laisser se reposer nos chevaux, nous sustenter, peut-être prendre un bain, et aussi changer l'eau du cercueil qui doit être trop chaude malgré le toit improvisé que nous avons installé sur le chariot afin de donner un peu d'ombre à Elerinna. Heureusement que nous ne sommes qu'en Mereth, en été la chaleur aurait été bien trop grande.

Nous nous arrêtons donc au bord du lac récoltant l'eau de la cascade, et après avoir vérifié que nous somme seuls je libère la naïade de sa prison de verre.
- L'endroit est sûr, personne ne nous verra ici. Vous pouvez sortir, profitez-en vous dégourdir, pour nager ou... Enfin… Pour vous détendre comme le font ceux de votre peuple. Nous ne repartons que demain, à l'aube. Si vous n'êtes pas là, nous continuerons sans vous. Lui dis-je, avant de m'en retourner desseller mon cheval.
Je lui laissant ainsi une totale liberté, preuve évidente de confiance, tandis que mes compagnons montent le camp, eux ne se préoccupant plus de celle qui nous accompagne que si c'est moi qui le leur demande.
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MessageSujet: Re: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Lun 17 Fév 2014 - 23:30

    Le premier jour dans la cage de verre me parut durer une éternité. Je serais contre moi le flacon de cristal en priant mon père qu’il m’aide à retrouver Fyléa. Chaque seconde je pensais au calvaire qu’elle devait endurer et cela m’aidait à supporter mon propre enfermement. A la différence que chaque soir je retrouvais un semblant de liberté…
    Je quittais ma cage sous les regards indifférents des hommes du dénommé Valérian. S’ils se montraient distants et renfrognés, je sentais toujours leurs regards me surveiller. Je m’installais chaque soir non loin du feu, m’enroulais dans la couverture que l’on me prêtait et me réveillais tous les matins frigorifiés. Aucun d’eux ne semblait avoir froid, j’en conclus que c’était un état qui ne m’affectait qu’à moi. Après tout je n’avais jamais dormi hors de l’eau, peut-être qu’en dehors de notre élément nous étions vulnérable au changement de température.
    Ma présence était toujours source de gêne autour du feu, je le sentais bien, mais personne n’en fit la remarque. Je tentais de me faire toute petite, de ne poser aucune question même si certains de leur geste m’intriguaient, je ne mangeais quasiment rien, à part les fruits que ramassait l’un des hommes. Ce devait être le plus jeune, du moins c’est ce que je pensais puisque je ne connaissais pas son âge. Je me fiais juste aux traits de son visage et à l’attitude des autres hommes. Il était toujours de corvée de chasse ou de pêche selon l’endroit, il s’occupait des chevaux le soir et il était souvent la source des rares moqueries (notamment lorsqu’il m’apportait à manger), c’était même lui qui s’occupait le plus souvent d’ouvrir et de fermer ma cage, matin et soir.
    Nous n’avions jamais échangé le moindre mot, à peine quelques sourires crispés. Je ne savais même pas son prénom pourtant, chaque soir il venait m’apporter sa cueillette du jour.
    Le soir du troisième jour, ce fut Valérian qui vint ouvrir ma prison de verre. A peine avais-je mis le pied dehors que je ressentis avec force l’attraction de l’eau. Mes yeux glissèrent vers l’eau sombre du lac à quelques mètres de nous, et je me sentis une fois de plus électrisée. J’avais plus que tout envie de me jeter dedans et de me blottir au fond pour ne plus jamais en sortir. Mais quelque chose me retint dans la voix de Valérian. La menace était à peine voilée, avec ou sans moi le groupe repartirait à l’aube. J’acquiesçais d’un signe de tête et m’approchais lentement du lac. Une quinzaine de pas, peut-être vingt, séparés le camp de la rive du lac. Bizarrement une fois la distance franchie, je me retins d’aller plus loin. Il me fallait éviter toute tentation trop forte. Plus je résisterai à mon désir de retourner à mon élément, et plus se serait facile plus tard de me concentrer uniquement sur ma quête et pas sur mon mal-être. Je m’assis donc sur les galets, l’eau recouvrant simplement mes jambes. Je sentis un sourire étirer mes lèvres, un vrai sourire. Même si toute joie semblait m’avoir quitté depuis l’enlèvement de Fyléa, j’éprouvais un réel bonheur au contact de mon élément.
    Je sentais par moment le regard de mes « compagnons » de route dans mon dos mais je ne leur prêtais guère attention, trop occupée que j’étais à sonder les profondeurs de ce lac.

    Je sentis le danger avant même de le voir surgir de l’eau. A plusieurs pas de moi, le jeune homme qui m’apportait à manger était à nouveau de corvée de pêche. Il se tenait dans le lac, de l’eau jusqu’à la taille, un bâton aiguisé dans la main droite, fixant l’eau intensément. Mais le poisson qu’il espérait était bien différent de ce qu’il imaginait. Je sentais ses tentacules remontaient lentement sous la surface de l’eau, zigzaguant entre les algues et les branches de bois mort.
    Un instant figée, je bondis la seconde d’après et courus m’interposer, bras en l’air, au moment ou une sorte de gros calamar visqueux d’au moins deux mètres perçait la surface lisse du lac. Sa gueule pleine de dent pointue s’ouvrit sur un grognement terrifiant. Ces tentacules flottaient devant moi, menaçantes et prêtes à enserrer la première chose d’appétissante. Et malheureusement le jeune homme semblait parfaitement à son goût.


    « - Écarte-toi Fille des Eaux. Je l’ai vu avant toi. »

    Alors que la créature prononçait cette phrase les humains ne pouvaient entendre que des grognements. Un tentacule s’éleva comme pour me signifier que la discussion était close. D’un geste de la main, je fis jaillir un tube d’eau qui s’enroula autour du membre visqueux pour le retenir.

    « - Tu ne le toucheras pas. Il est sous ma protection. Retourne au fond du lac et nous te laisserons tranquille. »

    « - Sous ta protection ? Ha ! Je suis sûr que c’est là ton seul tour de passe-passe. Il est à moi. »

    Deux autres tentacules glissèrent sur la surface du lac et je les stoppais comme la première. La créature tenta une nouvelle fois, jusqu'à se retrouver entièrement paralyser. Je foudroyais l’animal du regard, bouillonnante de colère.

    « - Je suis Elerinna, Fille d’Üwe. Je pourrais broyer tes tentacules d’un simple geste. Fais ce que je te dis. Regagne les profondeurs du lac et laisse cet humain tranquille. Nous ne te dérangerons plus je t’en fais la promesse. »

    La créature tenta de se débattre vainement, mes chaînes d’eau se resserrant toujours un peu plus sur elle. Finalement elle cessa de lutter et se laissa glisser au fond du lac. Je restais plusieurs secondes à fixer l’endroit où il avait disparu. Lorsque je le sentis s’éloigner définitivement je poussais un soupir. Je détestais contraindre des êtres aquatiques mais il était hors de question que je laisse l’humain mourir. Après Valérian, s’était le seul à accepter de m’approcher.
    Quand je me tournais, je vis qu’il avait fait demi-tour et qu’il était sur la berge, entourait des hommes du groupe, la plupart l’épée au clair.


    « - Il ne reviendra plus si personne ne met le pied dans le lac » déclarais-je, retrouvant cette gêne que j’éprouvais lorsque je m’adressais à eux.

    L’un d’eux murmura que pour le poisson ce soir c’était raté. Je sortis de l’eau légèrement à l’écart du groupe. Retrouvant par la même occasion mes jambes humaines. Je me tournais vers le lac et levais la main vers les eaux redevenues calmes. Une vague vint s’échouer à mes pieds et avec elle une dizaine de poissons de toutes tailles. Sans un mot de plus je retournais vers le feu et m’installais sur un rocher en espérant que ma petite démonstration inattendue ne ferait pas trop de vague…
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Theodred Justelame

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MessageSujet: Re: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Mer 19 Fév 2014 - 10:36

Ma jument dessellée et laissée en compagnie des autres chevaux, je dépose tout l'équipement au camp, non loin du chariot. Puis le m'assieds, dos contre le tronc d'un arbre, de manière à garder discrètement la naïade dans mon champ de vision. Non pas que je craigne qu'elle prenne fuite, mais parce qu'elle m'intrigue. Mère nous a conté tant d'histoire au sujet des mystérieuses créatures que sont les dryades, les naïades et les fées. Et j'ai entendu tant de rumeurs à leur propos. En rencontrer une, en chair et en os… Ou peut-être en chair et en arrêtes, je ne sais pas. En rencontrer une en tout cas, autrefois je ne l'aurai jamais cru. J'aurai tant de question à lui poser, sur les siens, sur son peuple, sur elle. Mais dans ces circonstances, elle ne serait sans doute pas disposée à y répondre.

Ne bougeant pas de mon point de vue j'observe mes compagnons qui s'activent, cherchant du bois mort pour le feu, montant les tentes, ou entretenant les armes et les armures. Je me remémore les quelques aventures que nous avons eu ces cinq dernières années, le peu que nous avons accomplis depuis la création des Corbeaux, et je me dis que c'est une bien drôle d'équipe que j'ai réunie là.

Il y a l'Ours d'abord, cet imposant guerrier qui m'accompagne depuis le début. Ancien capitaine de la garde Picvaucienne, du temps de mon père, il a pris sa retraite de l'armée à la mort de ce dernier. Et depuis, il semble s'être donné pour mission de me protéger, ou devrais-je dire de me surveiller. Je ne serai pas surpris que ce soit mon frère qui le lui ait demandé, à croire qu'il craigne que je ne me jette du haut d'une tour un de ces jours. Avoir constamment cette montagne sur le dos est parfois lassant, mais je ne vais pas m'en plaindre. Sa loyauté et sa force ne sont plus à prouver, aussi je sais que tant qu'il est là ma vie est en sécurité. Ce qui en fait sans doute celui du groupe en qui j'ai le plus confiance.

Vient ensuite Archer, notre guide. Je n'en sais pas beaucoup sur lui. Seulement qu'il est originaire des steppes, comme l'indiquent ses yeux clairs et sa chevelure d'argent. La raison pour laquelle il a quitté son clan reste encore un mystère, mais qu'importe. Il s'avère être un rôdeur hors-pair et un archer d'exceptions. Il connaît les Terres Neutres mieux que nous tous réunis, et les steppes d'Akulaha encore plus. Sans lui, nous nous serions probablement perdus plus d'une fois.

Ah, le dernier venu… Rüben. Je me demande encore pourquoi je l'ai pris avec nous, dans cette mission, ce gamin. Enfin si, je penses le savoir. J'ai eu pitié de lui, lorsque j'ai vu ce pauvre galopin, condamné au pilori en plein hiver pour avoir seulement volé quelques miches de pain et des pommes. Un orphelin débrouillard et au cœur bon, voilà ce que j'ai vu. Et c'est peut-être pour cela que je l'ai pris avec nous, parce qu'en un sens son innocence et sa bonté me rappellent celui que j'étais autrefois. Quelle pensée ridicule.

Mais n'oublions pas les frères Joshua et David, nos deux lames à tout faire, qu'une mésaventure en terres impériales a rapproché des corbeaux voilà maintenant trois ans. Ils sont sans doute un peu pénibles de prime abord, assurément rustres, mais j'ai appris à m'y faire. Et puis, il n'y a pas meilleur homme que ces deux-là pour dénicher une informateur ou pour tirer les vers du nez à un maraud un peu réticent.

Nous étions donc six au départ de cette mission qui semblait être simple, et voici qu'une nouvelle pièce s'était ajoutée. Une bien mystérieuse naïade, et pour le moins atypique, si je la compare aux histoires que j'en ai entendu. Naïade qui, d'ailleurs, ne s'est toujours pas immergée plus haut qu'à la cuisse. Surprenant, de mon point de vue. Je pensais qu'elle aurait profité de sa provisoire liberté pour s'en aller nager. Mais non, au lieu de cela, elle se contente de rester au bord de l'eau, les jambes à l'intérieur et le reste au-dehors, et cela semble lui suffire.

Le cri de Rüben me fait sortir de mon observation. Non pas un cri de terreur, mais un cri de stupeur, peut-être avec un peu d'inquiétude, et surtout destiné à nous alerter. Et d'un même réflexe nous tournons tous la tête en sa direction, pour y découvrir l'une de ces créatures que l'on ne voit que dans les mythes. Plus exactement, nous ne découvrons dans un premier temps que ses tentacules visqueux sortant de l'eau, dans le but fort probable d'attirer notre pêcheur au fond du lac. D'un geste presque synchrone mes compagnons tirent leurs lames des fourreaux, prêts à se lancer dans les flots pour venir en aide au jeune aigrefin. Toutefois je les arrête d'un signe de la main, voyant la naïade bondir pour s'interposer entre les tentacules et leur cible. J'ignore ce qu'il va se passer, mais j'ai le pressentiment que cela sera intéressant.

Le "propriétaire" des tentacules se montre alors, sortant sa tête poisseuse de l'eau troublée du lac, grognant et montrant une gueule aux dents pointues et dont les relents nauséabonds parviennent jusqu'à nous. J'avais déjà entendu parler de calamars géants, par des marins de Merlongues, mais je croyais ces histoires extravagantes. En tout cas elles sont grandement exagérées, car je doute fort que cette créature soit capable de faire sombrer une caravelle ou même de la couper en deux. Il doit mesurer, quoi ? Deux mètres, six ou sept tout au plus avec les tentacules tendus. A moins que celui-là ne soit qu'un spécimen réduit, égaré dans ce lac qui l'empêche de plus se développer.

Néanmoins le moment n'est pas à l'étude zoologique, mais à l'observation de celle qui fait face à la bête aquatique.
- C'est bon, c'est bon… Dit le pêcheur d'un air agacé en nous rejoignant sur la rive, conscient des railleries qu'il ne manquera pas de recevoir après avoir été sauvé par une femme.
Je ne fais cas de mes compagnons et leurs bêtises, observant toujours la naïade qui est, vraisemblablement, à l'origine du tube aquatique enroulant le tentacule de l'hostile créature.
- Tu ne le toucheras pas. Il est sous ma protection. Retourne au fond du lac et nous te laisserons tranquille. Dit-elle, comme si elle parlait au calamar du lac.
Et ce dernier grogne en retour. Est-il possible que les naïades puissent réellement communiquer avec les créatures aquatiques ? Les légendes seraient donc fondées. Ou peut-être n'est-ce qu'une coïncidence.

En tout cas, le comportement de la "fille des rivières" semble avoir grandement contrarié la bête car cette dernière tente à nouveau de l'attaquer. A nouveau des tubes aquatiques s'enroulent autour des tentacules, et cette fois je remarque les mouvements de la naïade. Je la pensais hydromancienne lors de notre rencontre, mais elle est bien plus que cela. Je réalise alors que j'aurais été bien mal si je ne l'avais pas assommé, et l'éloigner de la rivière a été une idée plus judicieuse que je ne le pensais.

- Je suis Elerinna, Fille d’Üwe. Je pourrais broyer tes tentacules d’un simple geste. Fais ce que je te dis. Regagne les profondeurs du lac et laisse cet humain tranquille. Nous ne te dérangerons plus je t’en fais la promesse. déclare la femme, s'adressant toujours à l'animal.
La bête tente à nouveau de se débattre, puis retourne lentement dans les profondeurs, rendant au lac son calme d'origine.
- Il ne reviendra plus si personne ne met le pied dans le lac Ajoute-t-elle après un moment, à notre adresse cette fois-ci.
- J'crois qu'c'est foutu pour la poiscaille a soir, commente l'un des frères à voix basse.
Et pour le bain aussi, me dis-je.
C'est alors qu'Elerinna, sortie du lac, fait montre d'un autre de ses pouvoirs. Qu'une vague s'échoue alors qu'il n'y a ni vent ni courant, c'est déjà surprenant. Mais qu'avec elle une dizaine de poissons ne se laissent échouer sur la rive, c'est autre chose. Sans un mot la naïade s'en va s’asseoir auprès du feu, à l'écart des couches de mes compagnons comme à son habitude. Eux se lancent des regards ahuris entre eux, certains gagnant plus de méfiance encore envers la naïade. Quant à moi, je reste perplexe.

"Je suis Elerina, fille d'Üwe" a-t-elle dit. Si je ne me trompe, Üwe est une divinité populaire, nous l'avions étudié un jour avec maître Casteran. Maître des eaux, Roi des océans, dans notre peuple il est surtout prié par les marins. Mais il n'est rien d'autre qu'une divinité, inférieure aux trois qui plus est, et les divinités se sont toutes retirées du monde des vivants. Pour être sa fille, cette Elerinna doit être très vieille. Les naïades gardent-elles toujours une apparence si jeune ? Ou peut-être se disent-elles toutes filles d'Üwe, de par leur nature. Cette question, je le sens, ne cessera de me tourmenter tant que je n'aurai obtenu de réponse.

Tandis que mes compagnons préparent le poisson si aisément obtenu, raillant le plus jeune sur son sauvetage et jetant parfois de discrets regards méfiants à la naïade, je prends place au côté de cette dernière.
- Impressionnant, ce que vous avez-fait tantôt. Dis-je, pour engager la conversation. Elerinna, fille d'Üwe. Puis-je vous poser une question ?
Cette demande n'est que rhétorique, je poserai ma question de toute manière. Pourtant j'attends sa réponse avant de continuer.
- Vous l'aurez compris, je ne sais que peu de choses à propos de votre peuple. Pour nous, vous n'êtes que des légendes, des contes pour enfants, des histoires de marins avinés. Alors pardonnez-moi si mes questions vous semblent ridicules. Néanmoins… Êtes-vous l'une de celles que l'on dit princesses des naïades ?
Elle hésite, ne sachant probablement pas si me répondre est une bonne chose. Elle fait tout de même, et je vois dans son regard qu'il s'agit de la vérité.
- Et celle que vous cherchez à retrouver, votre sœur. Est-elle véritablement votre sœur, ou l'est-elle comme mes compagnons sont mes frères d'armes ?
Une fois encore, sa réponse m'indique que mon intuition ne s'est pas trompée.
- Ce qui fait d'elle une princesse. Conclue-je sur le ton de la réflexion. Surtout, n'en parlez à personne d'autre, pas même à mes compagnons. Cela vous mettrait plus en danger encore que votre quête ne l'implique.

Rüben nous apporte alors nos repas respectifs, à savoir du poisson et du pain pour moi et un assortiment de baies sauvages pour la Naïade. Il en profite pour remercier cette dernière, et se retire à ma demande pour rejoindre le groupe de joyeux lurons un peu plus loin.Je reprends alors la conversation, parlant trop bas pour que les autres ne nous entendent.
- J'ignore si c'est la première fois que vous côtoyez les Hommes, dame… Princesse ? Me reprend-je, d'un ton amusé. Mais si c'est le cas, nous devons vous semblez bien horribles. Le sang que nous versons, nos manières, cette boîte de verre… Peu confortable, j'imagine ? Ce doit être différent de votre palais. J'imagine comme ce doit être dur pour vous, de voyager si loin dans les terres. Et la douleur que vous devez ressentir alors que votre sœur est en danger, quelque part. Si cela avait été moi…
Ma voix est calme et sincère, mon ton triste et mélancolique. Savoir la situation de cette princesse des eaux me fait penser à mon propre frère, là-bas, au comté. Je réalise le sang d'encre qu'il doit se faire chaque fois que je quitte le château avec les Corbeaux, le mouron qu'il doit se faire en sachant les dangers qui me menacent. Ce doit être terrible. S'il m'arrivait quelque chose, j'imagine que lui aussi quitterait le comté pour me retrouver, quitte à s'en aller seul dans une contrée hostile et inconnue. Ce que je ferais si les rôles étaient inversés, ce qu'a fait cette Elerinna. Jamais depuis l'incident je n'y avait songé, jamais en cinq ans je ne m'étais mis à la place d'Aimerald, jamais je ne m'étais demandé ce qu'il pouvait ressentir de voir son frère devenir ce que je suis devenu. Jamais avant ce soir…

Mon regard se trouble, ma voix s'éteint. J'ignore pourquoi je me laisse aller ainsi, à ce genre de sentiments, en cette nuit sans lune, devant cette inconnue. Pourquoi cet instant de faiblesse, pourquoi aujourd'hui ? Sans doute la présence de cette femme est-elle rassurante, sans doute me parait-elle plus prompte à écouter et plus susceptible de me comprendre que tous ceux qui me côtoient chaque jour. Les corbeaux, ils se fichent bien de ces choses-là. Les domestiques, les serfs, ils n'ont que faire des sentiments d'un comte endeuillé. Et mes pairs, ils tenteraient probablement de s'en servir contre moi, s'ils me pensaient faible. Quant à mon frère, je n'ai pas la force d'en parler avec lui. Alors pourquoi cette femme ? Pourquoi ici ? Pourquoi ce soir ? Je ne sais pas. Peut-être simplement parce cela fait trop longtemps que je me retiens. Ou peut-être, justement, parce qu'elle ne sait rien de celui que je suis.
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MessageSujet: Re: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Mer 19 Fév 2014 - 22:07

    Assise sur mon rocher, je fixais les flammes devant moi. Je ne vis pas immédiatement que Valérian m’avait rejoint. Il s’asseyait chaque soir à côté de moi mais nous n’échangions quasiment aucun mot. Je pensais donc qu’il allait en être de même ce soir. C’était juste une présence à mes côtés, qui me rassurait et me surveillait à la fois. J’avais la mine sombre, profondément chamboulée par ce qu’il venait de se passer. J’avais usé de la force contre cette créature pour protéger un humain. Humain qui n’aurait pas hésité une seconde à tuer l’animal s’il en avait eu l’occasion. Je ne parvenais pourtant pas à regretter mon geste car le jeune homme en question était presque le seul à se soucier de mes conditions de voyage. Le seul à s’inquiéter de me voir manger quelque chose chaque soir.
    Les premiers mots de Valérian furent pour ma petite démonstration et aussitôt je fermais les yeux. Juste quelques secondes pour me préparer à l’interrogatoire qui ne manquerait pas de suivre. Il m’appela alors par mon nom complet et j’en éprouvais une certaine gêne. Presque aucun humain ne connaissait mon ascendance et c’était très bien ainsi, maintenant j’étais certaine qu’il me faudrait éclaircir ce point. Je tournais mon regard vers lui et l’invitais d’un mouvement de tête à me poser cette fameuse question. Je sentais bien qu’il me le demandait plus pour la forme, peut-être pour s’assurer une réponse de ma part, car après tout rien ne pouvait m’empêcher de rester muette. Je l’écoutais patiemment, notant dans mon esprit tout ce qu’il disait concernant mon peuple et les légendes populaires nous concernant. J’étais surprise d’entendre ce genre de paroles, et je me rassurais en pensant qu’il n’avait probablement jamais croisé l’une des miennes. Depuis les quelques jours passés dans ma cage de verre, je ne pouvais m’empêcher de croire qu’il nous fallait à tout prix éviter ce peuple égoïste et cruel. Pourtant chaque soir lorsque je m’installais à côté de Valérian, je ne pouvais m’empêcher de regretter ces pensées. Il n’était pas comme eux, du moins j’en avais l’impression.
    J’hésitais un instant, pas vraiment certaine de vouloir lui dire exactement qui j’étais. Visiblement les légendes humaines parlaient de ma famille, mais que disaient-elles à notre sujet, sur nos dons ou à propos de notre ascendance directe ?
    C’était la première fois depuis mon enfermement que j’avais l’occasion d’engager une conversation avec mes « geôliers », allais-je laisser passer cette chance d’en apprendre plus sur les humains ? Sur ce groupe ? Sur cet homme surprenant qui se tenait à mes côtés ?


    « - En effet, je fais partie de celles que l’on nomme Princesse au sein de mon peuple. » murmurais-je à mon tour.
    Je n’allais pas plus loin pour l’instant et il profita du fait que mon silence s’éternise pour me poser une autre question, sur ma sœur cette fois. Je détournais le regard, fermant les yeux alors qu’un sentiment douloureux m’étreignait le cœur.


    « - Fyléa est ma plus jeune sœur, elle est encore jeune et de fait, ne sais pas se défendre comme il se doit… »

    Je m’arrêtais avant d’ajouter que j’étais sûrement la cause de cet état de fait. Mes absences répétées m’avaient trop éloigné d’elle et j’avais négligé cette partie de son éducation alors que je savais qu’elle était la plus téméraire d’entre nous. Elle n’avait jamais eu la même conception du danger et j’aurais dû m’en méfier davantage.
    Une fois de plus mon silence lui fit reprendre le fil de notre conversation. Il conclut sur le statut de ma sœur et je le lui confirmais d’un bref acquiescement de la tête. Il me conseilla alors de taire cette information, même à ses hommes. J’en fronçais les sourcils, surprise par ce manque évident de confiance dans les gens de son groupe mais je ne fis aucun commentaire. Après tout je ne comprenais peut-être pas tous les comportements étranges que pouvaient parfois adopter les humains.
    Nous fûmes alors interrompus par le jeune homme qui vint nous apporter notre repas. Il resta quelques secondes près de moi pour me remercier de l’avoir sauvé dans le lac. Je ne fus capable que de lui adresser un sourire gêné jusqu’à ce qu’il retourne avec le reste des hommes.
    Valérian reprit alors la parole, me donnant un titre que je n’entendais habituellement que dans la bouche de mes sœurs et qui le fit sourire d’amusement. Il semblait avoir besoin de parler, ou du moins d’être écouté et je le laissais faire sans l’interrompre jusqu’à ce que le silence nous enveloppe à nouveau. Il essayait de me comprendre, de comprendre mon sentiment fasse à cette situation et je lui en étais reconnaissante. J’avais souris lorsqu’il exposait son idée qu’il se faisait de moi. Une princesse vivant dans un palais, visiblement habituée à son petit confort et jamais en voyage. Cette image était bien différente de ce que j’étais et je ne pus m’empêcher de me demander si les Princesses humaines étaient ainsi.
    Je pris la décision silencieuse de lui faire oublier cette vision qu’il avait de mes sœurs et moi. J’étais prête à lui parler un peu de moi et même d’aborder la situation de Fyléa malgré le mal que je pouvais éprouver en pensant à elle. S’il éprouvait le besoin de parler pour soulager sa conscience ou tout simplement faire un point sans crainte d’être jugé, je devais reconnaître que j’en avais sûrement besoin moi aussi.


    « - Ce n’est pas la première fois que je côtoie les humains. En fait j’en ai rencontré bon nombre avant vous mais je n’avais jamais…. Voyagé en leur compagnie ! » J’évitais de parler des fameuses conditions de mon voyage mais le sourire amusé que je lui adressais était suffisamment éloquent.

    « - Il semble en effet que vous nous connaissez bien mal et je me ferais un plaisir, si vous le souhaitez, d’éclaircir ces fameuses légendes qui entourent mon peuple. Tout d’abord, il n’y a à ma connaissance, que ma sœur Sylvannia qui aime qu’on la nomme Princesse à longueur de journée. Pour ma part je préfère que l’on m’appelle par mon prénom. Ensuite, nous n’avons pas de palais, du moins pas comme vous l’entendez. Nous avons un lieu de rassemblement, une capitale comme vous l’appelleriez mais rien qui ressemble à vos construction. Un simple point d’eau peut suffire à notre bonheur et nous pouvons y vivre plusieurs années avant de choisir d’aller ailleurs. Moi par exemple, je n’ai jamais cessé de voyager à travers tout Nûmendor et à côté de ça, ma sœur aînée n’a jamais quitté le lac où elle est née ! »

    Penser à mes sœurs me serra à nouveau le cœur. Je poussais un soupir en pensant pour la millième fois au calvaire que devait endurer Fyléa, enfermée dans cette cage de verre nuits et jours. Je tournais mon visage vers Valérian et croisais son regard voilé de tristesse. Il devait sûrement être le parfait écho du mien. Un instant j’eus même la sensation que nous étions plus proche à cause de cette même tristesse qui semblait nous habitait.

    « - Les humains ne m’avaient jamais paru horribles avant qu’ils ne s’en prennent à Fyléa… Elle est… elle m’est tellement chère que je ne supporterais pas qu’elle soit blessée… Lorsque j’ai quitté la Reine, j’éprouvais pour votre peuple une haine indicible, j’ai même failli vous laisser mourir parce que je vous prenais pour l’un deux… Aujourd’hui je ne regrette pas de vous avoir sorti de cette rivière. Vous n’êtes pas comme eux. A vrai dire vous n’êtes même pas comme vos hommes ici. »

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MessageSujet: Re: Le cercueil de verre et la fille de l'eau [PV Elerinna]   Sam 1 Mar 2014 - 17:10

- Ce n’est pas la première fois que je côtoie les humains. Me détrompe-t-elle, alors que le silence étaait revenu. En fait j’en ai rencontré bon nombre avant vous mais je n’avais jamais…. Voyagé en leur compagnie !
Intrigué et surpris, autant par la teneur de sa réponse que par le fait même qu'elle maintienne la conversation, je l'écoute en silence. Elle prétend que l'idée que je me fais de son peuple est erronée, et de cela je veux bien le croire. C'est alors que, sans même que j'en formule la demande, elle se propose pour éclaircir quelques-uns des mystères qui entourent les siens. Je vois cela comme une chance, une chance qui arrive peut-être cinq ans trop tard. Elle était s fascinée par les peuples mystique, que ne donnerai-je pour qu'elle soit là, à ma place, pour en apprendre plus sur eux ? C'est peut-être un peu en sa mémoire que je porte tant déintérêt à cette naïade et à ce qu'elle est en train de me conter.

Ainsi donc, et à l'en croire, Elerinna est bel et bien une princesse des eaux. Et elles sont au moins trois, en ajoutant ses sœurs Fyléa et Sylvannia. J'ai toujours pensé, depuis mon enfance, que les princesses vivaient dans des châteaux, dans des palais. Et c'est presque toujours le cas, au Royaume d'Archiadia. Néanmoins, il semble que les naïades ne vivent pas de cette manière. Certes, les contes disent qu'il n'y a chez eux aucune notion de noblesse de cour ni de vassalité, mais penser qu'il n'existe pas non plus de palais pour leur royauté… Cela a quelque chose d'étrange, et je me surprends à penser que j'aimerai bien découvrir cette "capitale", comme elle l'a elle-même nommée. Cependant je présume qu'il faille s'en montrer digne, avant de peut-être avoir la chance d'être accueilli dans cet endroit. Elle aurait certainement voulu découvrir cet endroit, et elle aurait probablement insisté jusqu'à ce que je l'y mène.

Elerinna termine son discourt, et il me semble croiser son regard derrière le voile mélancolique qui brouille ma vue. Son regard, il parait si profond et triste. Ou peut-être n'est-ce que le reflet du mien que je vois dans ses yeux.
- Les humains ne m’avaient jamais paru horribles avant qu’ils ne s’en prennent à Fyléa… Reprend-t-elle. Elle est… Elle m’est tellement chère que je ne supporterais pas qu’elle soit blessée… Lorsque j’ai quitté la Reine, j’éprouvais pour votre peuple une haine indicible, j’ai même failli vous laisser mourir parce que je vous prenais pour l’un deux… Aujourd’hui je ne regrette pas de vous avoir sorti de cette rivière. Vous n’êtes pas comme eux. A vrai dire vous n’êtes même pas comme vos hommes ici.
- Je vous en suis gré, répond-je, de ne point m'avoir laissé mourir.
Nul besoin de lui dire qu'en réalité j'étais prêt à me laisser mourir ce soir-là, à laisser la rivière m'emporter, à rejoindre mes parents, ma bien-aimée partie trop tôt. Mon regard se tourne à nouveau vers elle, et ma bouche reste muette. J'en ai déjà beaucoup dit, trop peut-être. Bien assez en tout cas pour un soir tel que celui-là.
- Bonne nuit, Elerinna. Conclue-je calmement, avant de gagner ma couche pour tenter de gagner le sommeil.

~~°~~

Le soleil se lève, et notre camp avec lui. J'ignore si Elerinna a profité de la nuit pour faire trempette ou si elle est restée sur la rive, mais en tout cas elle est là lorsque nous rangeons nos affaires et sellons les chevaux. Comme à chaque matin, je l'invite à regagner son "carrosse", dont la porte est retenue par Rüben, et attends patiemment qu'elle y prenne place. Cependant, avant d'y ajouter les cadenas, je lui explique une chose à laquelle j'ai pensé dans la nuit, après qu'elle ait prouvé sa valeur hier.
- Quand nous nous sommes rencontrés j'ignorais ce dont vous étiez capable, et je pensais que cette boîte vous protègerait d'éventuels bandits. Néanmoins, après votre démonstration, j'ai compris que vous n'êtes pas aussi inoffensive que je ne l'avais pensé. Aussi, j'ai opéré quelque petit changement quant à votre condition. Regardez, les cadenas qui verrouillent votre… cage… ont étés trafiqués.
Prouvant mes paroles, je lui montre comme il est possible de retirer les cadenas sans clé. Cette idée n'a évidemment pas fait l'unanimité de mes compagnons, certains craignant qu'elle n'use de ses pouvoirs contre nous, mais je prends la responsabilité de mes décisions et ils le respectent.
Ainsi, si le besoin s'en fait sentir, vous n'aurez qu'à pousser assez fort sur le couvercle et il s'ouvrira. Evitez-le au possible, néanmoins jusqu'à ce que nous arrivions à nos fins.
L'explication terminée je mets les cadenas en place, ces derniers n'ayant à présent qu'une utilité d'artifice, pour que ce que nous croiserons pensent qu'elle est bien notre prisonnière. Alors nous reprenons la route vers Eroda, contournant Moilinfier pour éviter de s'y faire repérer.
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