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 Par le sang versé (PV Liv)

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MessageSujet: Par le sang versé (PV Liv)   Mar 21 Jan 2014 - 20:56

L’étrave du navire fendait les flots du golfe du Médian, taillant un sillon d’écume dans lequel venait par moment jouer quelques dauphins, pour le plus grand ébaudissement de l’équipage et des passagers. Le cogue ventru, chargé de marchandises à destination du Dharshim, profitait d’un bon vent de noroit pour avaler les milles. Tels des singes, les marins escaladaient le gréement afin de déployer la plus grande surface de toile possible et réduire le temps de trajet jusqu’à Ctholl’rak. Bien que le golfe du Médian ne soit pas aussi dangereux que les côtes de l’océan d’Univan où rôdaient les terribles skeids Aërthes, ces eaux abritaient également nombre de pirates à la recherche d’un marchand à dépouiller. J’aurais préféré embarquer à bord d’un vaisseau de guerre Sombre, mais aucun ne patrouillait sans la zone lors de mon arrivée et je souhaitais rejoindre rapidement le Dharshim.

Comme chaque année, j’avais quitté la capitale impériale de Méridian afin de me rendre dans ma résidence d’Ithilian. Mon… douloureux… passé avec les plus hautes instances du Dharshim rendait ma présence en ces lieux toujours un peu tendue, mais mon rôle d’ambassadeur auprès de l’Empire imposait que je rende compte en personne de l’avancée de certaines négociations. Je repartais toujours de ma cité natale avec un sentiment étrange de dégout et de regret, toutefois je n’arrivais pas à m’en séparer totalement. Sans doute les chaînes affectives que forge notre enfance nous suivent-elles jusqu’à ce que Menhyt accueille notre âme en son sombre royaume. Quoi qu’il en soit, j’avais acheté ce passage à bord du cogue marchand pour moi et ma suite, à un prix quelque peu exagéré je dois le préciser. Le capitaine me faisait mille courbettes et je devais admettre que nous disposions de plus de place que ce que j’aurais cru sur un transport, mais le souvenir de la belle bourse d’or qu’il m’avait fallu débourser me restait en travers de la gorge.

En plus d’une partie des gardes de l’ambassade qui rejoignaient leur garnison d’Ithilian et seraient remplacés par un nouveau contingent, de mes gardes nains et de mes serviteurs, j’étais accompagné lors de ce voyage par une jeune elfe nommée Livyalën. Esclave à mon service, promise à une mort certaine dans l’arène, elle servait désormais dans ma domesticité depuis sa victoire improbable contre l’un des meilleurs gladiateurs de Méridian. Cet exploit, ainsi qu’une troublante intimité entre nous, m’avait décidé à la faire venir. D’un regard, je cherchais Livyalën mais sans réussir à la trouver. Je ne m’en formalisais toutefois pas, lui ayant bien indiqué lors de l’appareillage que je lui donnais quartier libre tant que nous serions en mer. Un peu de liberté ne pourrait que faire le plus grand bien à ma protégée.

Bien abrité sous un auvent installé sur le château arrière, sirotant tranquillement un petit vin de Belpic pas désagréable, je regardais d’un œil amusé ceux des passagers qui n’arrivaient pas à maitriser leur estomac. En plus de mon auguste personne et de ma suite, quelques marchands ou colporteurs faisaient le voyage, probablement pour la première fois parfois. Moins tempétueux que d’autres eaux, le golfe du Médian ballotait malgré tout avec ardeur notre navire, plus taillé pour sa capacité de stockage que pour son confort. Somme toute, pour le moment le voyage se déroulait aussi bien que possible.
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Mer 22 Jan 2014 - 20:09

Une nouvelle fois, Liv se retrouvait à être balladée un peu partout sur Nûmendor... non pas pour changer de maisonnée cette fois-ci mais pour suivre son maître qui devait se rendre au Darshimm, à Ithilian plus précisément, lieu où la vie d'esclave avait commencé pour la jeune elfe. Comme toujours, elle ne parlait ni ne questionnait, sauf si on le lui demandait - et encore cela dépendait de qui, du comment et du quand. Elle savait des regards aller dans sa direction, elle se doutait que des questions devaient se poser dans la tête de certains de par sa façon d'être, mais cela ne changeait rien. Elle suivait parce qu'on lui demandait de suivre, c'était tout.

Depuis son dernier séjour en geôle et surtout depuis la discussion qui s'était ensuivie avec son maître, l'état de l'elfe s'était quelque amélioré : ses plaies lui faisaient de moins en moins mal, grâce à la magie qui avait été appliquée dessus, et le fait de vivre dans un endroit plus sein que le dortoir des esclaves l'avait aidée à reprendre plus rapidement, si bien qu'elle était en état de voyager lorsqu'Haldren l'appela pour le départ. Pendant ces quelques jours où son rôle ressemblait plus à celui d'une domestique qu'à celui d'une esclave, elle avait appris à s'occupper des appartements de son maître et à obéir au chambellan qui, somme toute, avait un caractère beaucoup plus compatible avec le sien que le maître des esclaves. Et lorsqu'elle ne vaquait pas à ses tâches, soit elle restait dans sa petite chambre à jouer avec ses quelques cailloux, baignée par la lumière de la lune traversant la fenêtre et imaginant mille et une histoires à partir du placement de ces petits objets, soit... soit rien, en fait. Elle ne restait que très rarement dans les appartements de son maître, uniquement lorsqu'il la demandait (ce qui n'était arrivé que peu de fois), mais devait toujours être non loin au cas où elle serait appelée. Elle ne bougeait donc pas énormément.

Marchnt sur la grande plache en bois, Livyalën se demandait dans quoi elle embarquait. En effet, si elle avait déjà voyagé dans une cage, elle n'étais jamais montée sur un bateau ! Certes elle avait déjà vu l'océan ainsi qu'un lac, mais de là à voyager par ce biais... Une nouvelle expérience s'offrait à elle et elle ne s'imaginait pas encore qu'elle lui plairait fortement malgré une quelconque monotonie du voyage. Elle alla donc sur le pont et fut surprise de sentir sous ses pieds qui ce n'était pas très stable à cause du ballottement provoqué par les flots. Elle joua avec ce qu'elle ressentait pour garder son équilibre et ne pas se laisser embarquer par un courant qui lui ferait se retourner son estomac et, une fois le vaisseau parti vers le sud, il lui fallut encore quelques petites heures avant de vraiment s'aclimater à ce moyen de transport.

La relative liberté que lui donna Haldren ne fut pas pour lui déplaire : tranquille et presque transparente de par sa façon d'aller à la rencontre des gens ou du moins des différents rôles sur un bateau, elle resta un bon moment assise non loin du gouvernail à regarder le marin faire, ressentant les changements dus à la rotation de ce qui ressemblait à une roue à poignées lorsqu'il fallait aller plus à gauche ou à droite - babord et tribord disent-ils. Cela dura facilement plusieurs heures où rien de spécial ne se passa et, lorsque le gars fut remplacé quelques temps, la jeune elfe en profita pour marcher un peu sur le pont. Certains semblaient ne s'être toujours pas habitués à la mer, appuyés qu'ils étaient contre le bastingage à rendre tout ce que leur estomac pouvait faire sortir par la bouche, d'autres au contraire faisaient limite comme s'ils étaient sur la terre ferme. Peu faisaient vraiment attention à elle dorénavant, comprenant que c'était juste une esclave qui se laissait vivre, ce qu'elle appréciait ; elle détestait être au centre de l'attention d'inconnus, que ce soit à cause de ses oreilles ou bien de ses "exploits". Se demandant un moment ce qu'elle allait faire, elle leva la tête vers le ciel et put admirer sans encombres les voiles gonflées par le vent et tenues par un mât qui lui faisait penser à un grand arbre n'ayant que très peu de branches mais des très grandes feuilles. Ne réfléchissant pas plus et surtout ne se posant pas la question d'un quelconque danger, l'esclave se dirigea vers les cordes formant une grande échelle et commença à grimper, sûre de ses appuis, se permettant d'aller au plus haut tout en gardant de quoi se tenir à cause des vagues.

En haut, la vue était impressionnante ou du moins infinie : si du pont on ne pouvait voir la terre, là de ses yeux d'elfe elle pouvait apercevoir ce qui semblait être la côte, mais ce n'étais qu'une bande noire dans le bleu marine que rendait l'eau salée. Agrippée au cordage, Livyalën se laissait ainsi guetter l'horizon, ses longs cheveux blonds voguant grâce au vent qui venait à plusieurs reprises lui fouetter le visage. C'était une sensation qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de connaître et qui lui faisait du bien et pour laquelle elle serait volontiers restée dans les hauteurs, sauf que...


"Bateau à tribord cap'taine ! Y fonce droit sur nous !"

L'elfe se réveilla de sa léthargie et regarda vers le bas, là où se trouvait le "marin d'en haut". Elle suivit du regard le bras qu'il tendit et vit qu'en effet un navire se présentait à eux à bonne vitesse. En regardant plus en bas elle s'aperçut que ça bougeait sur le pont, que la nouvelle n'avait pas l'air de plaire outre mesure. Elle finit donc par descendre, doucement, et rejoignit son maître dès qu'elle le vit. Entre temps une information capitale était parvenue à ses oreilles ainsi qu'à celles des autres : c'étaient des pirates et ils allaient plus vite qu'eux. Elle regarda Haldren dans les yeux : que fallait-il faire ? Se battre, laisser les marins gérer ça entre eux ? A lui de choisir.
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Ven 24 Jan 2014 - 20:41

Des pirates ? Oubliez le charmant Jack et son regard ténébreux qui fait pâmer toutes les donzelles de l’assistance, nous en sommes bien loin. Les pirates qui hantent le golfe du Médian ne sont que d’infâmes crapules sans foi ni loi et dont il ne faut espérer nulle pitié. M’approchant du bordage, je vis une galère avancer à bonne vitesse en provenance du large vers nous, portée tant par sa voile que par ses rames. Ces loups des mers rôdaient dans le secteur à la recherche de prises marchandes, et Menhyt me faisait un bien mauvais coup en me désignant comme leur cible. Le capitaine ordonna de nous rapprocher de la côte, mais ce faisant notre navire toucha des vents moins favorables. Moins dépendantes que nous de ce mode de propulsion, la galère réduisit rapidement la distance, et déjà je voyais leurs archers se mettre en position à l’avant. Rejoignant le capitaine près du timonier, je lui saisis fermement le bras.

Cap au large, ils tentent de nous acculer à la côte.
Mais Monseigneur, le temps de retrouver un vent favorable ils nous auront rattrapés.
Veillez sur votre cap, pour le reste je m’en occupe.

Les pirates approchaient à vive allure, mais le capitaine n’ignorait pas mon identité ni les rumeurs qui circulaient sur ma maîtrise des arcanes. Si j’évitais de m’en servir lorsque mes gardes pouvaient se charger du sale travail à ma place, cette attaque ne me laissait guère de choix. L’équipage du cogue ne devait guère le céder en nombre à celui de la galère, mais les pirates ne craignaient pas la mort et ces combattants endurcis risquaient d’avoir le dessus sur nous en combat à la régulière. Toutefois, la présence d’un mage à bord allait changer bien des choses. Me concentrant, je laissais le flux magique courir à travers mes veines et irriguer mon âme. Il y a toujours une sorte d’extase lorsqu’on lance un sortilège, domptant les forces de la nature pour les plier à sa volonté. Comme animées d’une vie propre, mes mains entamèrent un savant ballet tandis que les paroles d’une incantation franchissaient mes lèvres. Je ne pouvais ni n’espérais réussir à détruire la galère, mais si mon idée fonctionnait, elle serait bien en peine de nous rattraper.

Sous les yeux des spectateurs, l’espace à l’extrémité d’une des rames à bâbord de la galère devint distordu, comme sous l’effet d’un mirage tels ceux que connaissent les voyageurs du désert d’Insom. Aussitôt, une panique générale gagna l’ensemble des bancs de rames, les galériens perdant brutalement toute coordination entre eux. Rien d’étonnant, car l’extrémité de la rame venait de devenir un point d’attraction gravitationnel sous l’effet de mon sort. Essayez de maintenir une cadence régulière alors qu’un mage trouble les lois de la gravité autour de vous, et vous comprendrez à quel point les pirates devaient être déboussolés. Les maîtres-chiourmes firent bien claquer leurs fouets pour tenter de forcer les esclaves à ramer en rythme, mais les malheureux l’auraient-ils voulu que ce point gravitationnel mettait à bas tous leurs efforts. L’autre banc de rame, non affecté par le sortilège, gardait lui sa cadence et le résultat attendu s’accomplit : la galère ne put maintenir son cap et commença à tourner sur elle-même.

Je m’autorisais déjà un léger sourire de triomphe qui disparut bien vite lorsqu’un nouveau cri d’alarme retentit :


Alerte, deuxième galère par tribord arrière !

Maudissant ce coup du sort, je compris dans quel traquenard nous venions de tomber. La première galère servait de rabatteur pour nous attirer sur sa complice. Si ma magie nous éviterait de devoir nous battre à un contre deux, le combat semblait maintenant inéluctable. Toujours concentré sur mon sortilège, la sueur coulant sur mon front sous l’effort prolongé, j’entendais derrière moi les marins se préparer à l’abordage, dangereusement conscient de ma vulnérabilité. Mais il me fallait maintenir la première galère immobilisée aussi longtemps que possible avant d’invoquer un bouclier pour me mettre à l’abri. Il me fallait espérer que mes gardes sauraient protéger mes arrières durant les premiers assauts.
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Dim 26 Jan 2014 - 22:01

Il ne la regardait pas... C'était comme si elle était transparente, ou plutôt comme si toute discussion était close. Livyalën se demanda un instant pourquoi la communication lui était ainsi fermée, si son maître faisait exprès de la laisser sans directives alors qu'un combat se profilait. Elle savait d'elle qu'elle prendrait part au combat si les pirates venaient s'en prendre à elle, cependant là elle était complètement désarmée... enfin sauf si on prenait en compte qu'elle avait souvent eu tendance à répondre à la provocation par les points au lieu des lames. Elle sentit sous ses pieds que le bâtiment changeait complétement de direction, allant non plus vers la côte mais vers le large, comme l'avait demandé le sombre Baenfere. L'esclave regarda au loin et vit un phénomène très particulier survenir sur le bateau attaquant : une rame sembla se tordre puis le navire commença à tourner sur lui-même, emporté par ses propres rames. Liv retourna sa tête vers son maître, ses cheveux à moitié décoiffés par le vent - ce qui ne la changeait pas vraiment de d'habitude ; un sourire naquit sur les lèvres de l'adulte... Un mage ? C'était un mage ?! Livyalën eut du mal avec cette nouvelle qui n'était en soit ni bonne ni mauvaise : pour elle le maître était le maître, il s'appelait juste Haldren Baenfere et c'était tout. Voir cet élément s'immiscer dans sa bulle avait du mal à être digéré.

"Alerte, deuxième galère par tribord arrière !

Tous sur le pont se tournèrent vers la direction indiquée et, en effet, tous purent constater qu'ils étaient tombés dans un piège qui était loin d'être illogique. Alors les marins se mirent au branle-bas de combat, leur capitaine gueulant des ordres fort incompréhensibles pour elle, et les nains ainsi que les sombres servant le... le m... le sombre se disposèrent selon d'autres ordres venant de l'un d'entre eux pour sécuriser le navire, un certain nombre restant près de celui qui les payait. L'esclave, elle, resta plantée là, devant normalement obéir à son maître et surtout ne pas faire de bêtises. Elle pourrait prendre des initiatives liées au combat qui s'annonçait, mais en avait-elle seulement le droit ?

-Ca sert à rien de le regarder comme ça, l'elfe, tu vois pas qu'il est occupé ?"

La concernée regarda le petit être à la grande barbe qui venait de lui parler, ne lui répondant aucunement par la parole. Il se passa ainsi quelques secondes puis elle alla ailleurs, là où elle aurait moins de risques de se prendre une flèche au premier assaut.

Des flèches furent tirées, les bateaux se heurtèrent, des vies rejoignirent un monde que Liv ne pouvait pas connaître. L'elfe eut de la chance contrairement au marin sur sa droite, rien ne l'atteignit et une occasion de s'armer se présentait à elle. Elle prit l'arme, la ressentit et s'en fit au mieux un prolongement de son bras tout en fermant les yeux. Il fallait dire que ce n'était pas une arme formidable, elle avait un peu de mal et n'arrivait pas à retrouver la formidable impression de pouvoir ne faire qu'un avec, comme avec celle à la garde en forme de chat-huant. Tant pis, elle ferait donc avec. Elle rouvrit alors les yeux pour voir les bandits des mers monter sur le navire marchand tout en se battant contre un peu tout le monde - pas les marchands, eux étaient partis se cacher - et déjà une ligne de front se faisait sur le pont. Bientôt elle-même eut à se battre et tout ce qu'elle pouvait percevoir dans la bulle qui s'était automatiquement forgée était une joyeuse mêlée où les gens tombaient les uns après les autres. Un, puis deux... cela lui rappelait presque le soir du banquet où elle avait dû se battre contre des gladiateurs parce qu'elle avait soit disant participé à une fuite qu'elle n'aurait de toute façon pas pu faire, étant enfermée dans cette geôle qu'elle ne regrettait aucunement.

Cette impression lui fit tourner les yeux vers le maître qui l'avait sauvée d'une mort certaine face aux gladiateurs, maître qui était aussi à l'origine de ce banquet où le sang des belligérants s'était transformé en vin. Un maître à qui elle devait la vie, s'en rappelait-elle, par deux fois même. Sans s'en rendre vraiment compte, se battant contre les vivants assoiffés d'argent et patogeant dans le sang des cadavres, l'elfe se rapprocha de ce maître qui entrait petit à petit dans la bulle continuelle de la jeune fille et ce sans forcément s'en rendre compte...
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Lun 27 Jan 2014 - 21:24

L’un des principaux problèmes en magie vient de la concentration nécessaire pour maintenir un sort actif, concentration qui oblige le mage à ne plus guère se préoccuper de son environnement. Et croyez moi, créer une attraction gravitationnelle à longue distance sur un objet mobile demande une concentration digne des moines zens adeptes du yaourt au lait de yack. Incantant en boucle, restant fixé sur la galère qui désormais portée par un seul banc de rames dérivait pitoyablement vers la côte, j’avais à peine eu conscience des cris d’alarme dans mon dos. Quelqu’un se tenait près de moi, mais je chassais mentalement sa présence de ma vision pour ne pas perdre le fil de mon sortilège. Trop de jeunes apprentis échouaient souvent aux lancements de leurs sorts du fait d’un esprit dissipé. Je me souvenais encore de mes professeurs m’expliquant que rien d’autre ne devait compter que la prochaine parole et le prochain mouvement de main. Rien de très compliqué dans une salle d’étude bien au calme, mais essayez de faire cela au milieu d’un combat naval et nous en reparlerons ensuite.

Les échos du fracas des lames m’incitèrent à délaisser le premier navire qui allait mettre un bon moment à reprendre son cap pour nous rejoindre. À bord de notre cogue, marins et pirates venaient d’entamer un ballet mortel et il me fallait penser à la sécurité de ma charmante petite personne. Cherchant du regard mes gardes qui se trouvaient tous engagés dans différents combats face aux assaillants, je vis ma jeune esclave s’approcher dans ma direction. Elle avait récupéré une épée, et au vu du sang sur sa tenue, elle venait de sortir victorieuse de plusieurs duels. Rien de bien étonnant au vu de sa prestation à Méridian, mais alors que je m’apprêtais à la rejoindre je vis un pirate la charger dans le dos, sa longue pique déjà prête à embrocher le corps gracile.


Livyalën, derrière toi !

À toute allure, j’invoquais une dague d’os que je projetais mentalement sur l’assaillant. La lame se ficha en pleine gorge du pirate qui s’effondra dans un geyser de sang. Bon, décidément, le combat devenait trop dangereux et il fallait que je pense à ma sécurité. Me concentrant, j’appelais à moi les ombres, ces alliées si chères à mon cœur et capables d’arrêter aisément des attaques aussi basiques que les sabres dont disposaient les assaillants. Mais un sort de bouclier, pour puissant qu’il soit, reste affublé d’un défaut majeur en de telles circonstances : il est lent à invoquer. Déjà les premières volutes apparaissaient, s’apprêtant à m’entourer d’une barrière qu’aucun pirate ne pourrait percer, lorsque je le vis. L’arbalétrier qui épaulait son arme dans ma direction et qui pressait la détente. Un pas de côté. Le sort qui, faute de maintien de l’invocation, se dissipait en fumée. La douleur lorsque le carreau me frappa en plein dans l’épaule gauche. Le choc lorsque mon dos heurta le pont.

Comme dans un rêve, je vis un pirate se camper au-dessus de moi, un sourire mauvais aux lèvres, désormais assuré que je ne représentais plus aucun danger pour lui. Avec une lucidité et une précision incroyable en un tel moment, je vis le soleil se refléter sur la lame, la sueur coulant sur le front de l’homme, la déchirure sur son veston, la petite cicatrice au coin de l’œil. Face à la mort, chaque détail devenait aussi important que toute une vie et le temps semblait se ralentir, il y avait dans le geste du pirate qui levait sa lame une beauté quasi-insoutenable digne seulement de Menhyt. Aucun de mes gardes ne se trouvait assez proche pour s’interposer, et avec un bras inutilisable je ne pouvais incanter pour me protéger. Juste avant que la lame ne s’abatte, je ressentis malgré tout un sentiment d’injustice : fallait-il donc que ma destinée s’achève ici, lors d’un vulgaire abordage ?
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Lun 27 Jan 2014 - 22:58

"Livyalën, derrière toi !

La jeune elfe n'eut que le temps de se retourner lorsque cette phrase atteint ses fines oreilles, phrase contenant son prénom en entier, avant qu'une arme de plus étranges ne vienne embrocher le pirate prêt à mettre un terme à sa vie d'une façon fort peu ragoûtante : certes la lame se ficha dans le cou de l'individu, et bien, mais le sang qui en jaillit gicla sur le visage de l'enfant qui vit presque sa vision se teinter de rouge à ce moment précis. Puis le corps tomba, vide de vie - et d'au moins une bonne partie de son sang - pour laisser place à une haute-elfe qui n'avait plus qu'à s'essuyer les yeux pour voir correctement. Encore une chance pour elle, personne ne vint essayer de tenter sa chance à cet instant précis. Elle se retourna alors vers la personne qui avait crié son nom pour la préserver d'un funeste sort afin de le regarder dans les yeux si possible et de lui faire un signe de tête en remerciment, comme elle avait appris à le faire. Et il s'avérait que cette personne était son maître, personne qui...

Elle vit le carreau arriver à toute vitesse sur son maître, le prendre dans sa course pour le faire tomber dos contre le plancher de bois. Livyalën en serait généralement restée presque indifférente, cependant... elle devait une nouvelle fois la vie à ce sombre et était loin d'être du genre à laisser une dette non payée, surtout lorsqu'il s'agissait d'une dette envers sa propre personne comme celle de vie. Ce fait la toucha donc sans prévenir, lui intimant sans user de paroles à agir ; ce qu'elle fit. Pas le temps de réfléchir, pas le temps d'hésiter, pas le temps de prendre un quelconque temps, tout simplement... C'est ainsi que ses pieds agiles la dirigèrent vers le sombre alors qu'un autre individu levait son sabre pour la planter dans son corps. Etait-il seulement encore en vie après le carreau qui l'avait frappé ? Elle n'avait pas pris le temps d'y réfléchir non plus, peut-être allait-elle juste aider un cadavre. Enfin ce n'était peut-être pas le cas puisqu'un pirate semblait vouloir le terminer... Chassant ces idées de sa tête, elle refit le grand vide dans lequel elle était habituée à être plongée dans ce genre de situations et se jeta tout bonnement sur l'humain, le faisant tomber sur le pont et empêchant la lame d'atteindre sa cible. Ce fut l'épée de l'elfe qui envoya l'âme du bandit vers d'autres cieux, rapide et tenue fermement, rien d'autre.

Un seul regard vers le corps étendu d'Haldren pour voir s'il était toujours vivant et l'elfe à la face ensanglantée détourna son regard pour repérer la moindre menace. Il y avait un arbalétrier un peu plus tôt... où était-il donc passé ? Seule son intuition la fit se retourner avant que l'individu n'enclenche le départ du projectile mortel dirigé vers elle cette fois. Elle se coucha sur le sol pour éviter le carreau et, une fois la menace passée, elle se releva au plus vite pour s'élancer vers ce prédateur inopportun, le manque de temps étant l'ennemi de ceux qui aimaient manier cette terrible arme qu'était l'arbalète. Il était plutôt bon mais au corps à corps il ne tint pas bien longtemps. Une fois le nouveau cadavre tombé, l'elfe s'approcha de celui qui était son maître. Elle ne ferait pas les choses à moitié, elle lui épargnerait la mort tout le temps du combat, voire même plus. Et puis elle ne savait trop pourquoi, mais elle sentait que sa place était là : pas n'importe où sur le pont à protéger son existence mais bien à régler une dette.




Le combat dura encore quelques temps où rien d'extraordinaire ne survint. C'était un combat où le seul mage ici présent n'était plus en mesure d'utiliser de ses dons et où donc les combats purent se régler "à la loyale". Quoi qu'il en soit ils s'en sortirent vainqueurs contre le premier navire et immédiatement après cet état de fait le capitaine ordonna à ce qu'on le détache pour pouvoir partir au plus vite avant que l'autre bâtiment ne les rattrappe - ce qui se jouait à peine à quelques minutes. Et alors qu'ils repartaient, les corps des blessés furent transportés à l'abris, plus ou moins balottés par le vaisseau qui prenait de la vitesse et des vagues.

Liv resta auprès d'Haldren, souhaitant s'occuper du mal qui lui entravait toujours l'épaule. Pas qu'elle eut beaucoup été hibutée à enlever un projectile du corps d'une personne mais elle avait appris à le faire : connaître la façon dont étaient fabriquée des armes rendait les choses plus faciles parfois. Son maître allongé sur une table se colorant petit à petit de son sang, elle regarda son épaule gauche et eut un petit sourire en constatant que le carreau avait été assez fort pour que sa pointe dépasse de l'épaule. Ce n'était pas une flèche mais comme les pointes étaient faites pour rester plantées dans le sol afin que l'ennemi ne puisse pas les réutiliser, elle allait devoir pouvoir s'enlever... sinon il faudrait une scie, là il n'y aurait pas le choix. Elle s'attela donc à la tâche en essayant de ne pas y aller trop lentement à cause de la douleur que ça provoquerait, le prévenant presque au dernier moment de ce qui l'attendait.


-Vous allez avoir mal..."

Il fallut du temps et de la douleur, mais enfin le carreau fut enlevé de l'épaule et avec l'aide d'un marin cette même épaule fut bandée. Puis, ne sachant pas ce qu'il se passait à l'extérieur, l'esclave prit un tabouret et s'assit auprès de son maître.
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Mer 29 Jan 2014 - 21:25

La douleur. Elle venait par vagues, tel le flux et le reflux de la marée sur une plage. Parfois quasi-supportable, presque oubliée comme si mon bras tout entier s’engourdissait et m’abandonnait, parfois aussi violente qu’une tempête lorsqu’elle me perçait de part en part à chaque mouvement. Dans une semi-conscience, j’avais vu la lame du pirate s’abattre puis dévier de sa course au moment où Livyalën s’était interposée, parant le coup fatal. La suite s’était perdue dans un brouillard dont j’émergeais péniblement, réalisant vaguement que mon esclave se trouvait agenouillée à mes côtés, m’expliquant que cela allait faire mal. Dans son regard, on lisait le regret de devoir me faire souffrir, mais aussi une froide détermination face à l’inévitable. Le peu de lucidité qu’il me restait tentait de me faire comprendre l’importance d’enlever le carreau de ma chair, mais me concentrer paraissait aussi difficile que dompter le vent, mes pensées voguant sans but ni raison.

Je poussai un cri de douleur lorsque, d’une main ferme, la jeune elfe arracha le carreau. Affaibli par le choc et le sang qui coulait encore, je sentis qu’on me portait jusqu’à ma cabine et qu’on me couchait sur mon lit. Livyalën, ou peut être le guérisseur du cogue, découpa ma tunique et nettoya la plaie sanguinolente. Je crus l’espace d’un instant qu’on allait me laisser tranquille, et je voulais juste rester seul avec ma douleur, lorsqu’une lance de glace me transperça l’épaule. A l’aide d’une pince, le guérisseur ôtait de la plaie les morceaux de tissus pour éviter l’infection, mais chacun de ses gestes me donnait l’impression qu’il me fouillait la chair avec une dague acérée. Sentant un bras près de moi, je le saisis de ma main valide, cherchant un réconfort dans cette proximité. Les mâchoires crispées, je trouvais le regard de Livyalën, qui ne m’avait pas quitté.

Il y avait dans son regard un calme, une force que je n’y avais jamais vu auparavant, ou tout du moins dont je n’avais pas soupçonné l’importance. Un regard si pénétrant, si profond, si intense. Un regard où se mêlaient tant de sentiments, tant de richesse, que je réussis à m’y perdre. Comme si je pouvais m’isoler dans une bulle loin de tout, juste en compagnie de ce regard, j’oubliais les soins qui, pour nécessaires qu’ils soient, n’en demeuraient pas moins douloureux. Il ne restait dans mon monde que moi et Livyalën, ou plutôt nos deux regard se croisant, se jaugeant peut être, tels deux duellistes tentant d’en deviner un peu plus sur leur adversaire. Combien de temps sommes-nous restés ainsi, les yeux dans les yeux ? Je l’ignore, seul le bandage dont on m’entourait l’épaule et le torse me rappela à la réalité. M’expliquant qu’il reviendrait plus tard et qu’il allait s’occuper des autres blessés, le guérisseur sortit. Livyalën parut, du regard, me demander si elle devait également me laisser me reposer.


Reste.

Je n’avais pas lâché sa main, y puisant un réconfort. Lentement, mes paupières se fermèrent. Vaincu par la faiblesse et l’engourdissement qui m’envahissaient, je m’endormis.

La nuit était tombée lorsque je me réveillais, la jeune elfe toujours à mes côtés, sa main toujours dans la mienne. Avait-elle dormi ? M’avait-elle veillé, patiemment et sans prendre de repos ? Nous devions désormais approcher de Ctholl’rak, et je comprenais avec une grande lucidité que ma relation avec Livyalën venait de changer. Rien ne l’obligeait, la veille, à agir ainsi, car ma mort aurait même pu lui être profitable. Dans la confusion de mon trépas, les quelques gardes et serviteurs qui m’accompagnaient auraient eu bien du mal à empêcher une esclave décidée de s’enfuir sitôt à terre. Surtout préoccupés par leurs propres situations, ils ne se seraient guère donnés de mal pour la retrouver. Et de Ctholl’rak, toutes les portes s’ouvraient à qui cherchait bien. Plongeant de nouveau mon regard dans la jeune elfe, je tentais d’y lire des réponses. Pourquoi ? Pourquoi avait-elle pris un tel risque en parant le coup du pirate ? Pourquoi avait-elle accepté de me sauver, fusse au prix de sa liberté ?
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Jeu 30 Jan 2014 - 22:28

Finalement la douleur d'Haldren ne s'en arrêta pas là : le marin, qui semblait s'y connaître un minimum en médecine, revint rapidement et demanda à l'elfe assise sur son tabouret de l'aider à déplacer le corps de l'elfe de la nuit. Ils l'emmenèrent donc jusqu'à son lit et le marin s'occupa de terminer de nettoyer la plaie. Ne pouvant rien faire d'utile pendant ce temps, la haute-elfe s'assit auprès de son maître en faisant attention à ne pas trop toucher le bras blessé. Ce geste sembla provoquer celui du sombre dont la main droite vint chercher la gauche de l'elfe pour la serrer, comme si cela apaiserait la douleur à laquelle il ne pouvait pas échapper à cause du carreau qui s'était enfoncé dans son épaule. Son regard se porta automatiquement sur celui de son maître et, étrangement, put voir que les yeux du sombre s'étaient braqués sur les siens, pour une raison qu'elle ne connaissait pas. Peut-être à cause de la douleur, c'était possible... même si elle l'encaissait plutôt bien elle l'avait connue à de forts degrés, ayant déjà été malade de par le passé. Alors, sans pour autant faire l'effort de montrer quoi que ce soit de ce qu'elle pensait ou ressentait, elle tint la main d'Haldren tout en le regardant dans les yeux et ce jusqu'à ce que ce soit terminé, que le guérisseur reparte. Elle le regarda partir et posa une nouvelle fois les yeux sur son maître, demandant clairement si elle devait rester ou partir.

"Reste.

Sa voix était faible et elle pouvait ressentir la douleur qu'il venait de connaître à travers. Puis, vaincu par cette épreuve, ses yeux se clorent pour le laisser dormir le temps qu'il récupère des forces. Liv s'était relevée, toujours au même endroit, la main dans la sienne. Que devait-elle faire maintenant ? Rien de spécial ; elle attendrait juste, ne s'offusquant aucunement du temps qui passait et des quelques cris des blessés qu'elle pouvait entendre à travers la porte. Elle se retourna pour regarda la pièce en profondeur et remarqua quelques éléments intéressants : un tabouret, une petite bassine d'eau à moitié vide et un torchon. Elle enleva alors doucement sa main de celle du sombre et, sans faire de bruit, elle se dirigea vers la petite bassine. L'eau y était claire et le reflet de son visage laissait voir un visage non elfique, complètement couvert de sang séchant rapidement et sentant surtout mauvais. Elle s'apergea le visage puis trempa le morceau de tissu pour après le frotter sur son visage et ainsi enlever le liquide rouge qui en plus de puer avait mauvais goût. S'essuyant le visage désormais propre, elle alla prendre le tabouret et le placer à côté du lit, s'assayant dessus et reprenant la main du blessé. Elle n'aimait pas vraiment voir les gens ainsi, d'où le fait qu'elle trouvait les nobles qui s'extasiaient devant un combat à mort complètement débiles et immatures. Alors elle se mit à chanter, calmement et peu fort, quelque chant haut-elfe généralement utilisés pour calmer les enfants ou pour les endormir, comme le faisait sa mère qui disait qu'en faisant cela elle aidait à ce que le mal passe - enfin de ce qu'elle avait cru comprendre, elle n'était pas bien douée pour ce genre de choses. Sa mère...


Bien plus tard, alors que la nuit régnait en maître sur le monde, la jeune esclave se réveilla à cause d'un mouvement du bras qu'elle tenait encore. Son maître se réveillait. A savoir pourquoi, il chercha rapidement son regard et pour une fois ce fut l'elfe qui put y lire nombre de questions. Mais quelles étaient-elles exactement ? A savoir, mais en tout cas elle pouvait comprendre un "pourquoi ?" dans ses yeux. Pourquoi était-elle restée, pourquoi l'avait-elle sauvé ? Elle se leva de son tabouret, enleva une nouvelle fois sa main de celle d'Haldren et fit deux pas pour être à hauteur de son visage. Et tout en continuant à le regarder elle décala d'une main douce une mêche rebelle qui devait gêner quelque peu la vue du blessé avant de répondre à la question silencieuse.


-Par deux fois vous avez fait un geste envers moi, permettant ainsi que je reste en vie. Par deux fois donc je vous la devais et c'est la raison pour laquelle je vous ai promis de rester auprès de vous. Une nouvelle fois vous m'avez sauvée lors du combat, il était normal qu'à mon tour j'empêche votre âme de partir au loin.

Elle s'efforça à faire un petit sourire, pensant qu'il était peut-être bon de réconforter son interlocuteur. Mais à bien le regarder, elle avait l'impression que celui qu'elle considérait comme "le Maître" n'était pas que cette appellation, qu'il y avait autre chose dans sa façon de se comporter... mais quoi ? Elle n'arrivait pas à comprendre ce que c'était. Alors elle se retourna pour tirer à elle le tabouret et se rassit près de lui, une voire même plusieurs questions l'envahissant d'un coup.

-Comment me voyez-vous ? Ou comme quoi ? Je veux dire... les... les maîtres ne se comportent pas comme vous l'avez fait avec moi envers les esclaves, de ce que j'ai entendu. Pourquoi ?"

La question était loin d'être simple... mais elle valait la peine d'être prononcée avec des mots, ce pour quoi elle fit un effort que ne lui était pas des plus habituels.
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Lun 3 Fév 2014 - 10:46

Une esclave ? Oui, de fait, Livyalën en était une, mais la voyais-je encore comme telle ? Vaste débat que de savoir si la condition sociale reflète l’être profond ou sa simple acceptation aux yeux des autres, débat qui soit dit en passant ne m’intéressait guère dans l’immédiat. Mais je m’égare. Au Dharshim, où l’esclavage était une pratique non seulement tolérée mais bien souvent encouragée, il existait toute une hiérarchie au sein de cette caste dont la liberté et la vie dépendait du bon vouloir des seigneurs Sombres. Si la majeure partie d’entre eux vivaient une existence de misère, quelques-uns réussissaient à s’en extirper et à acquérir une sorte de statut de serviteur. Je n’avais jamais prêté suffisamment attention à mes esclaves pour imaginer confier des responsabilités aussi importantes que veiller sur ma personne à l’un d’entre eux, mais Livyalën sortait décidemment de l’ordinaire.

Parler de confiance serait-il exagéré ? Pas forcément. Je m’interrogeais, car la confiance n’est pas une notion qui se retrouve fréquemment chez les Elfes de la Nuit. Oh, bien entendu, elle existait, mais les miens ne l’accordent pas aisément. Dans une société où l’ambition se révèle un moteur fondamental et le pragmatisme cynique un facteur de succès, l’erreur n’est pas permise. J’avais moi-même écarté par des moyens souvent brutaux suffisamment d’adversaires pour savoir à quel point le jeu politique se révélait dangereux. Toutefois, sous-estimer une loyauté potentielle pouvait se révéler tout aussi désastreux. Comme souvent, le bon équilibre se trouvait entre les deux extrêmes, et refuser la main tendue d’un allié pouvait amener autant de problèmes que tourner le dos à un adversaire.

Dès lors, que devais-je penser de la jeune elfe ? Son acte courageux lors de l’abordage semblait avoir obéit à une sorte de sens de l’honneur. Estimant me devoir la vie pour mes interventions en sa faveur à Méridian, Livyalën se voyait comme redevable envers moi et me protéger lui permettait de me montrer cette reconnaissance. Je ne pouvais nier l’importance de tels sentiments, qui ne peuvent s’acheter avec de l’or et se révèlent de ce fait fort précieux. Peut-être même y avait-il entre nous un peu plus que de la simple reconnaissance. Lorsque nos regards se croisaient, lorsque nous nous isolions dans ces bulles mentales, je voyais en elle un peu plus que de la simple reconnaissance. Ou bien me faisais-je des idées ? Je ressentais des hésitations sur mes propres sentiments, peut être tout s’emmêlait-il ?


Je ne te vois plus comme une esclave, Livyalën. Pas en tout cas dans le sens habituel que les miens donnent à ce mot. Après ce qui s’est passé hier, tu es plus désormais à mes yeux une garde du corps.

En tout état de cause, je savais que je ne la laisserais plus sous l’autorité du maître des esclaves, ni même sous celle de mon chambellan. L’idée de la garder près de moi, de l’armer et de l’affecter à ma sécurité m’attirait décidemment de plus en plus. J’y trouvais même une ironie qui ne déplaisait pas au grand cynique que j’étais. Depuis l’époque où je dirigeais le Dharshim comme Triumvir, je m’étais fait connaître pour ma garde naine, estimant que les fiers guerriers barbus seraient moins corruptibles que des Sombres, toujours suspects de loyauté partisane. A l’inverse, les nains qui me protégeaient savaient que je renchérirais sur toute tentative de corruption… mais Livyalën pourrait m’apporter une caution encore supérieure.

Et j’aimerais aussi te voir comme une amie.
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Jeu 6 Fév 2014 - 22:32

Leurs regards se croisant, enfermés dans une même bulle qu'était celle de la haute-elfe, Liv regardait son maître réfléchir, ne se rendant pas encore compte du chemin parcouru par Haldren la concernant. Pas qu'il était vraiment entré dans cet univers peuplé d'imagination, de raisonnements pouvant parraître illogiques ainsi que d'émotions et de valeurs n'étant pas tout à fait celles que l'on attendrait d'une jeune fille de son âge, non, mais il était présent, plus qu'une personne ordinaire. Comme quoi le considérait-elle ? Elle n'en savait encore rien, elle cherchait : il n'était pas uniquement le Maître, pas juste quelqu'un dont elle ne se demanderait jamais quel est le nom ou encore quelle est son histoire. Il y avait quelque chose en plus, mais quoi ? Alors qu'il réfléchissait encore à sa réponse, l'elfe recherchait dans sa mémoire quel lien elle avait pu avoir avec ceux auquels elle avait pu tenir comme sa mère, son cousin ou encore - à moindre mesure - Isarian.

"Je ne te vois plus comme une esclave, Livyalën. Pas en tout cas dans le sens habituel que les miens donnent à ce mot. Après ce qui s’est passé hier, tu es plus désormais à mes yeux une garde du corps.

La réponse entra brutalement dans la petite bulle transparente de Liv, lui frappant le visage comme un coup de poing tant elle ne s'attendait pas à ces dires. Mais ce n'était pas pour la même raison que beaucoup d'esclaves entendant de tels mots de la part de leur maître ; eux n'imaginaient pas arriver à ce "prestige" alors qu'elle ne voyait pas comment on pouvait considérait quelqu'un autrement que par ce qu'il était et passer d'esclave à garde du corps tout en restant une esclave était une subtilité avec laquelle elle avait du mal, non habituée à cela. Tout ce qu'elle pouvait se dire était que sa fonction auprès d'Haldren allait changer pour devenir quelque chose de plus particulier encore que de rester non loin de ses appartements au cas où il l'appellerait lorsqu'elle ne s'occupait pas de les nettoyer.

-Et j’aimerais aussi te voir comme une amie.

Non vraiment, les choses tournaient d'une drôle de façon et Livyalën, douée qu'elle était avec tout ce qui était relationnel, elle ne savait pas trop sur quel pied dancer. Il aimerait la voir comme une amie ? C'est à dire ? Comme quelqu'un sur qui il peut compter si elle en croit ce qu'elle a appris sur le sujet, mais compter par rapport à quoi exactement ? A garder un secret ? A discuter ? C'était compliqué cette notion d'amitié, ce n'était pas matériel et en plus elle ne l'avait pas vraiment connue, peut-être avec Kenegan seulement... Alors la question se posa d'elle-même, traversant les lèvres de l'esclave.

-Comme une amie ? Comment ça ?


Elle écouta la réponse, laissant à son maître tout le temps dont il avait besoin pour éclaircir ses dires.

-Si je peux vous considérer comme tel aussi, d'accord. Mais dans ce cas, ne devrions-nous pas mieux nous connaître ? Enfin les amis se connaissent bien, normalement."

Elle eut un fin sourire seulement à moitié forcé : elle appréciait cette demande même si elle ne savait pas vraiment comment cela pourrait bien advenir. Par contre, était-elle prête à laisser entrer dans sa bulle toutes ces choses ?
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Sam 8 Fév 2014 - 15:54

L’amitié, quel terme vague. Et vaste. On n’aurait pas assez de cent pages pour en faire le tour, et malgré cela le décrire échappe à l’auteur comme l’eau qui coule au creux des mains. Trop souvent, les humains croient que les Sombres sont incapables de comprendre ou même d’appréhender l’amitié. La dureté de la société du Dharshim, l’aspect souvent impitoyable de la promotion sociale à Ithilian font croire que le mal est ancré dans notre cœur et nous empêche toute notion d’empathie. Grossière erreur, les enfants de Menhyt comprennent et acceptent l’amitié, savent l’apprécier à sa juste valeur et jauger si la briser en vaut la peine. Me trouvez-vous cynique de parler de prix pour l’amitié ? Mais parmi les humains, combien ont trahis leur propre famille pour gagner pouvoir et reconnaissance ? Nous autres Sombres ne sommes en rien différents, tout au plus acceptons nous plus ouvertement le fait qu’en dernier recours, c’est l’égoïsme qui fait marcher ce monde. Allez-vous nous reprocher cette franchise que vous vous refusez ?

Durant mes siècles d’existence, j’avais eu bien des amis, j’en avais trahis certains et pour d’autres je conservais une loyauté solide. Comme mes frères, j’avais souvent aidé en espérant un retour, mais également par pure amitié envers quelqu’un. Même après ma chute suite à la sanglante bataille de Noldoa, j’avais su et pu conserver des liens étroits avec certains de ceux qui autrefois m’aidèrent à conquérir le pouvoir suprême. Je n’étais plus le maître d’Ithilian, je savais que je ne pourrais plus le redevenir, et malgré cela ils ne m’avaient pas tourné le dos. Après cela, oserez-vous encore affirmer sans rougir de honte que les Sombres sont maléfiques ?

Livyalën semblait quelque peu troublée par ma main tendue, et me répondit que des amis devaient se connaître. Paroles marquées du sceau du bon sens.


Tu as raison, et nous nous connaissons encore bien mal. Alors installe-toi plus confortablement et apprenons à nous connaître.

La jeune elfe n’allait tout de même pas restée assise sur ce petit tabouret inconfortable. N’étant guère adepte des minuscules couchettes que l’on trouvait habituellement sur les cogues marchands, j’avais fais amener un lit de voyage suffisamment large pour que deux personnes y tiennent sans devoir se tasser. Savoir conserver son douillet petit confort en voyage constituait à mes yeux l’une des différences entre la plèbe et la véritable élite… inutile de vous préciser bien entendu dans quelles catégories je me classais. S’asseyant en tailleur sur le lit, Livyalën me regarda de nouveau, comme pour maintenir ce lien visuel tandis que nous parlions.

Que souhaites-tu savoir sur moi ?
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Mar 11 Fév 2014 - 22:08

"Tu as raison, et nous nous connaissons encore bien mal. Alors installe-toi plus confortablement et apprenons à nous connaître.

Puis Haldren lui fit signe de s'asseoir sur le lit au lieu de rester sur son simple tabouret, ce à quoi elle obéit sans rien dire, détachant son regard du sien juste le temps de se mettre en tailleur sur le matelas sans cogner sur le bras blessé de son maître. Il sembla réfléchir un court instant et, ayant l'intension d'aller dans le même sens qu'elle et donc de la laisser en apprendre sur lui, il lui posa une question des plus simples en apparence et pourtant des plus complexes dans le fond.

-Que souhaites-tu savoir sur moi ?

Livyalën pencha instinctivement sa tête vers son épaule gauche, ses yeux se faisant alors plus durs ; ils ne reflétaient non pas une colère mais au contraire un étonnement mélangé à du sérieux. Que pouvait-elle vouloir savoir sur lui ? Bonne question... Normalement, si elle ne se trompait, quand on souhaite se lier d'amitié avec une personne on voit d'abord à connaître son nom, son âge, ses goûts, ce qu'il fait dans la vie... Pour son nom c'était déjà fait, pour ce qu'il faisait c'était à peu près pareil... enfin... pas vraiment non. Mais que voulait-elle, elle ? Peut-être savoir toutes ces choses, quoi que... non, elle trouvait cela superficiel, pas forcément important. Elle leva donc les yeux vers le plafond et laissa son esprit divaguer dans les méandres de son passé, à la recherche de la réponse à sa question...

Elle se souvenait... La vie dans la forêt, avec Isarian comme maître chasseur, encore avant ce que lui disait sa mère lorsqu'elle avait arrêté de suivre l'enseignement du prêtre plus inintéressant qu'autre chose et encore avant... Eldoriane, la prêtresse qui avait réussi à avoir assez de patience avec elle - selon les dires de beaucoup - pour ne pas la mettre à la porte à cause du désintérêt qu'elle portait à nombre de ses enseignements et donc de ses heures où elle refusait d'apprendre et où elle cultivait son imagination grâce à ses petits cailloux aux couleurs plus ou moins claires. Une fois, elle leur avait parlé d'une chose qui lui avait paru très intéressant et poétique, une profondeur qu'elle avait apprécié et dont la remarque qu'avait la prêtresse la concernant l'avait un instant laissée à réfléchir.


-La couleur de votre âme. C'est ce que j'aimerais savoir.

Elle avait reposé son regard sur celui de son maître, ses yeux exprimant le petit sourire qu'une autre personne aurait pu avoir. La couleur de l'âme, oui. Elle résumait bien des choses en seulement un mot, tout un caractère ! Pour expliquer ce à quoi elle voulait en venir, elle prit son exemple - qui n'était pas le plus simple par contre.

-La prêtresse qui nous faisait cours disait que pour moi c'était le bleu associé à l'eau : souvent clair, parfois foncé, il parrait que je suis comme l'eau, calme et secrète mais pouvant parfois être tempête. Et quand on prend de l'eau dans ses mains, alors elle devient transparente... Je suppose qu'elle devait comprendre qu'il était possible de me parler autrement qu'avec des gestes et des paroles. Je trouve que ça résume bien mon caractère. Et vous ?"

Elle se demandait ce qu'il répondrait, qu'est-ce qui le caractériserait au point de lui donner une couleur ou bien un élément si sa couleur pouvait être changeante. Oui, c'était vraiment ce qu'elle souhaitait savoir, pas ce qu'elle devait savoir par normalisation.
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Dim 16 Fév 2014 - 21:44

La couleur de mon âme ?

Voilà bien une question à laquelle je ne m’attendais vraiment pas en lui proposant de mieux nous connaître. Lier une âme au spectre coloré pouvait sans doute plaire aux mystiques et autres prêtresses telle celle qu’évoquait Livyalën, mais le politique matérialiste que j’étais ne réfléchissait habituellement pas ainsi. Caractériser un caractère, un comportement ou tout autre sentiment aussi intime ne m’intéressait guère, mais je tentais de briser la glace entre la jeune elfe et moi, j’avais promis de lui répondre, je ne pouvais désormais faire machine arrière sous prétexte que la question me laissait perplexe. Me renfermant temporairement dans mon esprit, je visualisais différentes couleurs afin de choisir celle qui me conviendrait le mieux.

Une couleur. Le noir peut être, comme la couleur de ma peau ? Certes, certaines de mes actions peu reluisantes pourraient ainsi se décrire, car nombre de mes opposants avaient fini mystérieusement dans les ombres, mais j’appréciais trop la lumière et me retrouver à la vue de tous pour que cela puisse me définir. Pas le bleu non plus, rien en moi ne correspondait à l’océan ou au ciel. Les grandes idées nébuleuses qui flirtaient avec les nuages me laissaient de marbre, et les envies de liberté des marins ne correspondaient pas à mes propres attentes. Vert ? Brun ? De telles couleurs se retrouvaient au sein du Dharshim, mais à nouveau mon environnement ne résumait pas mon existence. Brusquement, je compris ce que Livyalën entendait par la couleur de l’âme, et je trouvais ma réponse.


Le rouge. Le rouge du soleil couchant, celle d’un astre autrefois grandiose et qui désormais a sombré vers l’horizon.

Oui, le rouge, cette couleur devenait une évidence à mes yeux comme étant exactement celle dans laquelle je pouvais me draper. La métaphore du crépuscule me plaisait, ou plutôt son humour cynique qui réveillait de vieilles douleurs et de vieilles haines enfouit depuis tant d’années mais jamais oubliées. On dit que les Sombre n’effacent jamais une injure, et sans doute est-ce vrai.

Triumvir, maître de guerre, seigneur tout-puissant du Dharshim, autrefois tels étaient mes titres. Des courtisans et des nobles se pressaient autour de moi, avides de me plaire et de recueillir mes faveurs. D’un simple geste, je pouvais les élever au sommet ou les jeter dans les abîmes de l’oubli. J’étais alors un soleil à son zénith, alors qu’aujourd’hui… regardes moi. Un simple diplomate, qui voyage sur un navire marchand, un blessé avec pour seule compagnie celle d’une esclave.

Par les cendres de mes ancêtres, pourquoi lui racontais-je cela ? Depuis des décennies, rares se trouvaient être ceux qui connaissaient mon ancienne identité, et voilà que je me retrouvais à tout déballer comme un colporteur qui expose ses produits à la curiosité des villageois. Fallait-il y voir une conséquence de ma faiblesse, le choc de ma blessure ? Ou bien tout simplement cette antique digue derrière laquelle je cachais mes rancœurs se brisait-elle sous l’action de la jeune elfe ? Menhyt seule le savait, mais je ne pouvais m’arrêter désormais, quand bien même je l’aurais voulu. Il fallait que tout sorte, tel le pus d’une plaie.

Et le rouge du sang, aussi. J’ai tué, Livyalën. Mon propre frère, fut le premier à tomber, mais tant d’autres ont suivi. Des centaines, des milliers d’êtres ont péri par ma faute. Rarement de ma main, mais par mes actions j’ai fais partie de ceux qui ont jeté le monde dans ce conflit destructeur qui s’est achevé voilà un siècle à Noldoa. La nuit, j’entends encore parfois les hurlements des mourants sur cet épouvantable charnier où notre folie nous avait amené. Et tout ça pourquoi ? Pour le pouvoir, pour accumuler encore et toujours plus de ce pouvoir dont je m’enivrais comme d’un divin nectar.

Replongeant mon regard dans celui de mon esclave, je lui demandais :

Me méprises-tu, Livyalën ? Me hais-tu pour ce que j’ai fais ?
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Lun 17 Fév 2014 - 23:38

La jeune elfe regardait le blessé, le visage toujours aussi impassible alors que ses yeux reflétaient toute l'attention qu'elle accordait aux dires du sombre qui ne devraient pas tarder à être énoncés. Quoique... La question semblait rendre perplexe son maître, ne s'attendant peut-être pas à ce qu'elle cherche à savoir quelle était la couleur de son âme, aussi lui fallut-il le temps de chercher quelle serait la meilleure réponse le concernant. Pendant tout ce temps, elle ne quitta pas son visage du regard, cherchant pour une raison qui lui était propre à le voir autrement que d'habitude, autrement que par les yeux ; elle remarqua alors qu'il avait des traits fins et qu'il commençait déjà à faire un certain âge, même si elle n'aurait su lui en donner un exact. Elle se devait de mieux le connaître aussi n'était-il pas "normal" qu'elle essaie de le faire entrer dans son monde, que ce soit par sa présence physique ou bien par les quelques informations qu'il donnerait sur celui qu'il était ? Et encore une fois, elle avait de quoi se poser la question de la normalité, elle qui visiblement n'en faisait pas partie pour les Hauts-Elfes.

"Le rouge. Le rouge du soleil couchant, celle d’un astre autrefois grandiose et qui désormais a sombré vers l’horizon.

Le rouge... Pour elle cela représentait la force, la puissance et la combativité, donc il devait certainement avoir du caractère et une certaine force de décision. Le rouge pouvait être lié à d'autres choses moins belles mais elle ne vit pas l'intérêt d'y penser ; le sang, la haine... ce n'était pas ce qui l'intéressait. Elle préférait s'attarder de loin au fait qu'il ait précisé que le soleil était couchant, qu'il arrivait donc à ce moment de la journée où, si près de la mer, il se laissait être entouré d'un rose orangé que même elle trouvait parfois splendide, elle qui préférait de loin l'éclat de la lune. Si elle devait se fier à ce en quoi elle croyait donc, il était comme un astre brut mais pouvant montrer de la douceur ? Ou peut-être avait-elle mal compris ? Voulait-il bien mettre de la beauté et de la poésie dans sa description ?

Alors que ces pensées faisaient travailler son esprit, le laissant voir à travers son regard, Haldren reprit la parole. Si elle l'écouta, la première partie de ses dires, relatant qui il était au Darshim, ne lui fit strictement rien. Il était ce qu'il était et elle trouvait les nobles se pressant là où se trouvait le pouvoir bien bêtes et se comportant inutilement. Cependant, la deuxième partie de son discours... A savoir quoi exactement, les faits qu'il énonçait et surtout le fait qu'il en était le préconisateur la choquèrent. Il put le voir à tavers elle, la surprise faisant que son sentiment midifia quelque peu les traits de son visage. Mais sa bouche ne s'ouvrit pas d'un seul centimètre, rien de plus que ce choc ne vint s'exprimer, si bien qu'il aurait été bien dur d'essayer de le traduire.


-Me méprises-tu, Livyalën ? Me hais-tu pour ce que j’ai fait ?

Liv se ressaisit alors, remettant dans l'ordre les mots pour pouvoir répondre correctement. La question était directe et la jeune elfe n'avait pas envie de se retrouver face à un quiproquo comme cela avait été le cas de nombreuses fois pendant son enfance et qu'à chaque fois elle ne s'en était rendue compte que bien plus tard après. Haldren put remarquer une lueur de tristesse passer dans son regard lorsqu'elle pensa à son père mort dans le cadre de la guerre puis la lueur disparut bien vite pour laisser place à un sérieux bien plus grand qu'elle n'en avait fait montre jusque là.

-Ce n'est pas parce que la mer est calme et douce que jamais elle ne peut entrer en colère et prendre des centaines de vies, y compris celles de ceux qu'on dit innocents.

Elle rassembla ses genoux au niveau de sa poitrine et les entoura de ses bras pour s'appuyer dessus, son regard planté dans celui de son maître, ne reflétant aucune colère envers lui.

-Le soleil est un astre qui, à son zénith, ne fait que brûler les yeux et empêcher de voir. Alors qu'il n'est pas aussi utile que la lune qui permet de voir au travers des ombres, elle, il domine tout au point de rendre la vie difficile l'été. Et pourtant, alors qu'il décline vers le bas monde, il se fait plus doux, moins agressif et, surtout, il s'enveloppe d'une beauté qui lui est propre, comme s'il avait compris quelle était son erreur... mais il recommence encore et encore, oubliant tout de la veille, n'apprenant pas de ses erreurs. Ne croyez pas que parce qu'il est bas dans le ciel qu'il ne pourra jamais remonter, Haldren... chaque nuit apporte son renouveau au petit matin.

Le haïssait-elle ? Elle ne répondait pas à la question, du moins pas du premier point de vue. Elle exprimait juste ce qu'elle pensait de cet astre que tant adoraient et, de par la description qu'il avait fait de lui-même, répondait à son interrogation : non elle ne le haïssait pas pour son passé, ce qui était fait était fait et ils en étaient là tous les deux, c'était tout. Elle-même avait tué, emportant dans son sillage des âmes comme de grandes vagues peuvent emporter dans leurs danses des bâteaux plus ou moins perdus. C'était ainsi et elle faisait avec, rien de plus rien de moins.

Quelqu'un frappa à la porte à ce moment-là et ouvrit la porte, timidement. C'était un marin assez jeune portant dans ses mains deux bols remplis d'une substance acqueuse d'où dégageait une odeur plutôt agréable. S'inclinant à moitié en voyant le sombre réveillé, il balbutilla que le capitaine avait demandé à ce qu'il lui apporte de la soupe ainsi qu'à l'elfe. L'adolescente sortit alors du lit et alla prendre les deux bols puis l'humain partit rapidement, refermant avec attention la porte derrière lui. L'elfe resta là un instant, perdue dans ses pensées, avant d'aller poser les bols sur la table. Sans poser de question, elle chercha de quoi relever un peu son maître et une fois une sorte de coussin trouvé, elle revint et lui fit comprendre d'un signe ce qu'elle pensait faire. Elle essaya d'y aller avec douceur, comme on avait pu lui conseiller, mais cela n'empêcha pas l'elfe de la nuit d'avoir mal à cause de son épaule. Une fois installé, elle se rassit sur le lit, les jambes à l'extérieur et un bol plein dans la main. Fallait-il qu'elle le laisse se débrouiller tout seul ou pas ? Elle se posait la question... Tout en essayant de prendre une décision "convenable" quant à cette situation, elle fit passer le temps en posant une question qui pouvait ne pas être intéressante du tout, le bol toujours en main.


-Si je me souviens bien, vous aimez la lune, que vous appelez Menhyt. Pourquoi elle et non pas le soleil, à qui vous vous comparez ?"
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Mar 18 Fév 2014 - 16:48

Assez étonnamment, la réponse de l’elfe m’apaisa plus que je ne l’aurais cru au demeurant. Sans véritablement me juger ni répondre à ma dernière question, Liyalën me comprenait, ou tout du moins tel était mon sentiment à l’écouter. En un sens, elle m’expliqua que les choses ne sont pas aussi simples que la vie ou la mort, et qu’analyser mes actes uniquement sur leurs résultats ne couvrait qu’une partie du spectre de la réalité. Presque aussi surpris par la longueur de son discours pour une esclave aussi peu bavarde que par le soulagement qu’elle m’apportait, je retombais dans mon mutisme qui fut interrompu par un marin nous apportant de la soupe. Me changer de position m’arracha un cri de douleur, ma blessure de la veille n’étant pas encore cicatrisée et l’absence de prêtre à bord m’empêchant de recourir à l’art magique de la guérison. Sitôt à Ithilian, me promis-je, j’en ferais venir un pour apaiser mes tourments.

Avec un bras, manger s’avérait un art difficile, et il me fallut l’aide de Livyalën pour tenir l’assiette de soupe. Je détestais me sentir ainsi vulnérable et incapable de me débrouiller seul pour des tâches aussi basiques. L’espace d’un instant, je frémis en pensant à l’idée de me laver dans cet état, et je repoussais temporairement l’arbitrage entre un bain avec un bras en charpie et rester dans ces vieux vêtements. Pour un elfe de la nuit aussi élégant et pointilleux sur l’hygiène que moi, c’était un comble ! Pour me changer les idées, à défaut de changer de vêtements, je répondis à la question de Livyalën sur Menhyt.


De même que les Hauts-Elfes, les Sombres sont monothéistes et croient en la déesse-mère. Mais nous professons que la Mère, Menhyt si tu préfères, s’incarne en ce monde sous l’apparence de la Lune. Pour nous, l’astre nocturne est bien plus qu’une jolie vision dans le ciel étoilé, il s’agit de celle qui nous a guidé et nous guidera encore à travers les ténèbres.

Sans être fanatiquement religieux, je rendais régulièrement grâce à Menhyt, lui offrant prières et sacrifices. Aurais-je du implorer sa protection par quelques offrande avant de quitter Méridian ? Au vu du résultat et de mon état, je commençais à me dire que cela aurait été une bonne idée.

Menhyt est une déesse exigeante. Contrairement aux autres races, nous savons qu’elle ne nous donnera rien que nous n’ayons réellement mérité. Un dieu d’amour penché tendrement sur nous ? À d’autres ! Ce monde est cruel et froid, à l’image de la Mère, mais c’est ainsi qu’elle nous renforce et nous permet de survivre. Parmi ceux qui s’enfuirent autrefois des forêts elfiques, nombreux furent ceux qui moururent en chemin. Seuls les meilleurs arrivèrent au Dharshim, ce pays dont la Mère nous faisait le don. Aurions-nous trouvé des terres et des climats aisés ailleurs, aurions-nous été bien accueillis, qu’aujourd’hui les Sombres seraient dispersés et affaiblis à travers le monde.

Oui, de même qu’un parent se montre parfois sévère avec son enfant, Menhyt ne nous faisait pas de cadeau. Sans les principes qu’elle nous inculquait depuis des siècles, je n’aurais jamais pu assassiner mon frère ainé pour hériter de la fortune familliale, et peut être aurait-il alors réussi à se hisser dans les hautes sphères dirigeantes de l’État. Alors que grâce à ce meurtre, c’est un Triumvir aussi brillant que moi qui s’était élevé au-dessus de tous, avant que la traitrise des moins doués ne l’abatte. Conscient que je me perdais dans mon labyrinthe de vieilles haines mille fois recuites, je changeais de sujet et posais une question qui me taraudait depuis un bon moment.

Comment t’es-tu retrouvé esclave, Livyalën ?
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Ven 21 Fév 2014 - 17:12

Haldren finit par mettre fin aux questions tournant sans cesse en rond dans la tête de sa jeune esclave, lui faisant comprendre par des gestes qu'il n'arriverait pas à manger convenablement avec un seul bras, elle essaya donc de l'aider en tenant d'une main le bol, de l'autre en aidant son maître à tenir sa tête en équilibre malgré son épaule. Visiblement c'était bien cela qu'il fallait faire puisqu'il ne lui dit rien à l'encontre de ce qu'elle faisait. Elle le fit donc boire le liquide chaud et le laissa parler lorsqu'il le voulait, ne le coupant aucunement, comme avant qu'ils ne parlent du soleil, cet astre qu'elle n'aimerait jamais tout à fait... Elle écouta donc l'elfe de la nuit, aussi muette qu'une personne pouvait l'être, et se permis de garder toutes ces informations qui sortaient de sa bouche dans son cerveau : elle voulait le connaître, elle essayait donc de le cerner par ses paroles.

La lune était bien plus qu'un simple astre nocturne, en cela elle était d'accord : elle éclaire aux moments où seules les ombres semblent vouloir danser contrairement au soleil. Malgré le fait qu'elle le pensait sincèrement elle ne le laissa transparaître, se concentrant plutôt sur le maintient du bol que sur ce qu'elle pourrait dire. Par contre, elle ne voyait pas vraiment l'intérêt de déifier cette source de lumière ou, dans un autre sens, de créer un astre spécialement pour montrer qu'elle était là uniquement la nuit. Avant qu'il ne lui demande comment était-elle devenue ce qu'elle était maintenant, elle souligna à voix basse, si basse que c'était à se demander si la remarque était pour elle-même ou bien pour lui.


"Les dieux ont leur propre monde, s'ils existent ; nous nous avons le nôtre. Venir prendre forme ici est soit être conquérant, soit se mettre bien bas.

Il n'avait pas dû entendre, sinon peut-être en fit-il fi. Quoi qu'il en soit, il lui demanda comment elle était devenue esclave. Comprenant qu'elle allait devoir parler, Liv fit boire une dernière gorgée du breuvage, posa le bol sur la table non loin et se leva afin de prendre l'autre coupe qui l'attendait, en train de se refroidir. Elle y trempa ses lèvres à plusieurs reprises, laissant en même temps son esprit retourner dans son passé, ervoyant la scène où son maître Isarian tombait, le combat contre plusieurs sombres... la musique, surtout. La musique qui lui avait fait complètement perdre possession de son corps, revenant encore dans son esprit, inlassable et lancinante qu'elle puisse être, même plusieurs années après. Sa capture se résumait à cette musique, en fait.

Sans s'en rendre compte, la coupelle à quelques centimètre de ses lèvres, la haute-elfe avait commencé à fredonner l'air qui lui revenait régulièrement en tête depuis cinq années, le regard figé sur quelque chose d'invisible appartenant à son passé. Il lui fallut un bon moment avant de revenir au présent, se rendant alors compte que l'air avait traversé ses lèvres sans rien lui demander. Elle retourna alors auprès d'Haldren, s'assit, but une dernière gorgée et lui répondit.


-J'apprenais avec mon maître, des Elfes de la Nuit nous ont attaqués à l'est de la forêt et leur musicien m'a prise dans sa musique. Après j'ai été achetée dans votre capitale. Je voulais devenir un chasseur."

Adieu les belles et longues phrases poétiques, l'elfe revenait à ses habitudes en n'en disant que peu - ou plutôt le stricte minimum. Sa dernière phrase avait été pour donner le bon sens du mot "maître", clarifier qu'elle n'était pas l'esclave d'un autre avant d'arriver au sud. Puis, sans rien dire de plus, elle se renferma dans sa bulle hérmétique. Maintenant qu'il lui y avait fait repenser, elle ne la quittait plus, cette musique résonnant dans sa tête. Ses lèvres s'entre-ouvrirent et à nouveau l'air s'échappa de sa bouche, sans qu'elle ne cherche à le contrôler.


Dernière édition par Livyalën le Jeu 27 Fév 2014 - 19:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Lun 24 Fév 2014 - 14:16

De la musique ? L’espace d’un instant, je restais interdit, ne comprenant pas ce que l’adolescente me racontait. Quel rapport pouvait-il donc y avoir entre un combat contre des Elfes de la Nuit et de la musique ? À ma connaissance, aucun groupe d’esclavagiste n’employait de bardes dans ses rangs, barde dont l’utilité n’aurait d’ailleurs pas été très importante. Me giflant mentalement, je compris d’un coup ce que Livyalën tentait de me dire.

Oh, je vois, un sortilège de sommeil ou de paralysie je suppose ?

Un petit hochement de tête me confirma que je voyais juste. Bien que ne maitrisant pas exactement ce type d’attaque, j’en connaissais les effets et cela ressemblait souvent pour la cible à une musique apaisante qui l’engourdissait peu à peu. Le sentiment d’impuissance qui en résultait pouvait rendre quasiment fou, ne plus posséder le contrôle de son propre corps en plein combat entrainant une intense frustration pour un authentique guerrier. Dans tous les cas, les victimes de telles attaques en gardaient une profonde rancœur envers le mage, et Livyalën ne devait pas échapper à la règle. Encore heureux qu’elle n’ait pas étendu cette rancœur à l’ensemble des professions magiques.

Il existe des moyens de dresser des barrières mentales pour mieux résister à ce type de sorts. Peut-être un jour t’entrainerai-je dans ce domaine.

Je laissais la phrase en suspens. Les projets que j’avais pour la jeune elfe commençaient à se préciser et dans cette optique, l’aider à résister à la magie pourrait également me servir par ricochet. Depuis sa victoire dans l’arène, je réfléchissais à la meilleure façon d’utiliser ses compétences martiales à mon profit. Ayant tout d’abord pensé à en faire une gladiatrice, j’avais cependant rejeté cette idée. Certes, voire combattre une jeune femme, plutôt mignonne qui plus est, aurait sans aucun doute plu aux sénateurs et autres nobles impériaux que j’invitais régulièrement, mais je doutais que Livyalën accepte de jouer un tel rôle.
Par contre, elle venait de me démontrer la veille même son aptitude à réagir rapidement face au danger et à placer ma sécurité en tête de sa liste de priorité. Il existait un terme pour décrire les personnes possédant ce talent : les gardes du corps. Si je faisais depuis des décennies appel à des mercenaires nains, cela venait en bonne partie de leur non-alignement politique au Dharshim et de leur certitude que je renchérirais sur toute tentative de corruption. Toutefois, ma longue carrière m’avait appris à ne jamais jouer qu’une seule carte, et je venais d’en trouver une toute neuve. Refusant de repousser plus longtemps ma décision, je fis signe à mon esclave de m’aider à me lever, ce que j’allais lui dire ne pouvant se contenter de la faible solennité de la station couchée. Bien que voyant que chaque mouvement m’arrachait une grimace de douleur, la jeune femme m’aida à me redresser. Après être resté silencieux quelques secondes, je pris la parole :


Livyalën, tu m’as sauvé la vie au péril de la tienne en faisant montre d’une loyauté rare. De ce jour, tu t’occuperas exclusivement de ma sécurité personnelle. Nul dans ma maisonnée ne pourra plus te donner d’ordre et tu ne rendras compte de tes actions qu’à moi seul.

D’un pas encore mal assuré, j’allais ouvrir l’un des coffres qui se trouvait dans la cabine et qui contenait une partie de mes affaires de voyages. Enfin… affaires… le terme est léger pour désigner le fourbi assez monumental qui me suivait lors de mes déplacements car je détestais qu’il me manque quoi que ce soit. Cela rendait fou mes serviteurs bien sûr, mais le confort du maître prime sur toute autre considération. Écartant quelques vêtements, je me saisis d’une lame à l’aide ma main valide. Le fourreau damasquiné valait déjà un bon prix en lui-même, mais le coût du pommeau le dépassait amplement. Livyalën le connaissait fort bien, pour l’avoir vu de près quelques semaines plus tôt : un chat-huant dont les yeux étaient incrustés de deux rubis. Conscient que ma relation avec l’adolescente venait de changer, je lui tendis solennellement l’arme.

Cette épée appartenait à l’un de mes plus valeureux capitaines qui est tombé lors de la bataille de Noldoa. Porte là fièrement.
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MessageSujet: Re: Par le sang versé (PV Liv)   Jeu 27 Fév 2014 - 19:38

"Oh, je vois, un sortilège de sommeil ou de paralysie je suppose ?

L'esclave réfléchit, n'ayant jamais vraiment pensé à ce que cette musique soit un effet d'un sort et non pas un sort en lui-même. Elle se souvenait de l'angoisse qui l'avait habitée lors de la perte de contrôle dûe à cette musique et, à y repenser, la ressentait encore. Mais le résultat était bien le même que si on lui avait lancé un sort de sommeil, elle avait perdu connaissance pour se retrouver à son réveil dans une cage. Aussi hocha-t-elle doucement de la tête pour montrer à son maître qu'il devait avoir raison - après tout elle n'y connaissait rien dans ce domaine. Il lui parla alors qu'il existait un moyen de contrer ce type de sorts et que peut-être lui enseignerait-il cet art, n'attendant aucune réponse de la jeune elfe. Ou s'il en attendait une, elle ne vint jamais : Liv n'aimait pas ces choses-là, aussi faisait-elle la muette quand à ses pensées sur la question.

Essayant alors de se relever, il lui fit signe de l'aider, ce à quoi l'adolescente obéit. Elle voyait bien que le fait de se relever faisait naître d'horribles grimaces sur le visage d'Haldren mais cela ne lui causa aucun remord : il avait voulu se relever, il allait le faire, point barre. L'elfe de la nuit réussit à se lever et, comme si la douleur lui en faisait tourner la tête, il ferma les yeux quelques secondes avant de reprendre la parole. Liv se tenait devant lui lorsqu'il prononça avec solennité les mots faisant désormais d'elle sa garde du corps, ce qui la surpris quelque peu. Mais soit, qu'il en soit ainsi. Liv n'avait aucune envie de refuser et voyait bien qu'il s'agissait là d'un rang que bien peu d'esclaves avaient et qui relevait la confiance que son maître avait en elle, même si elle ne voyait pas en quoi le fait d'avoir abaisser la dette de vie qu'elle avait envers lui avait pu augmenter cette confiance. Alors elle se contenta de le regarder avancer sans grande conviction d'équilibre et fouiller dans l'une des malles qui l'accompagnaient dans son voyage. Il en ressortit une épée que la haute-elfe put reconnaître sans problèmes et la lui tendit.

Le monde de Livyalën se restreint alors à sa petite bulle personnelle, l'épée n'ayant aucun mal à s'y inclure. La prenant dans ses fines mains, l'observant comme si elle avait du mal à se rendre compte que cette oeuvre lui appartenait désormais, Liv soupesa l'arme et ce ne fut qu'une bonne minute plus tard qu'elle releva ses yeux vers son maître. Alors elle comprenait. Elle comprenait par cette arme l'importance de ce geste ainsi que cette confiance qui la liait à lui dorénavant. Il décidait de lui faire confiance... elle ne voyait pas pourquoi elle n'en ferait pas de même. A la fois chamboulée et pas du tout, elle dit d'une voix faible après qu'Haldren ne lui ait parlé de l'ancien propriétaire de la lame :


-Puis-je... ?"

Ayant alors l'autorisation, elle se retourna et sortit de la chambre, laissant entrouverte la porte derrière elle. Elle avait besoin de se retrouver seule avec l'épée, de la prendre en main, de voir ce qu'elle pourrait faire, de... enfin de ne pas rester dans un lieu assez restreint avec un blessé non loin d'elle. Elle marcha à travers les différentes salles qu'il pouvait y avoir dans un bateau, l'arme toujours lovée dans le creux de ses mains, puis monta le petit escalier menant sur le pont. Au-dehors il faisait frais mais surtout, on pouvait admirer Dame la Lune ainsi que ses nombreux enfants les petites étoiles. Il n'y avait pratiquement personne sur le pont, aussi se laissa-t-elle à l'envie qui la dévorait de plus en plus : essayer. Elle dégaina alors l'épée, refit les mêmes gestes que deux semaines plus tôt dans les appartements de son maître pour trouver l'équilibre de l'arme, commençaensuite à faire quelques passes plus ou moins réussies - selon elle - avec. Elle n'avait que trop peu touché à ce type d'armes en cinq ans et cela se faisait ressentir, même si elle avait pu garder un savoir-faire qui restait tout de même assez bon pour qu'elle en arrive là. A force de pas et de tours, une musique finit par venir dans son esprit, une autre complètement différente de celle qui avait causé sa capture. Et elle dansait cette danse mortelle que de nombreux épéistes connaissaient, chacun avec leurs versions différentes, n'ayant aucun ennemi en face d'elle.

Combien de temps cela dura-t-il ? Elle n'en savait rien mais elle finit par s'arrêter, essoufflée. Elle avait trouvé quel prolongement de son corps cette arme au chat-huant allait être et ne s'était jamais sentie aussi bien, aussi libre depuis des temps qui lui paraissaient immémoriaux. C'est alors qu'elle le vit, le sombre qui lui avait fait si cher cadeau, et le regarda sans s'efforcer à cacher quoi que ce soit, restant naturelle. Haldren put voir que son geste n'était pas vain, ne serait-ce qu'en regardant les yeux de la haute-elfe qui exprimaient sérénité et, en quelque sorte, de la gratitude. Mais ce n'était pas le plus important... elle souriait.
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