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 L'enlèvement de Fyléa [Fineldor]

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Elerinna

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MessageSujet: L'enlèvement de Fyléa [Fineldor]   Lun 6 Jan 2014 - 22:14


    Le cœur du Lac de Nellien était derrière moi. J'y avais laissé Mère en sanglots ainsi que mes sœurs et nombres des filles des Eaux bouleversées. Je devais lutter pour ne pas faire demi-tour, je devais lutter pour ravaler mes larmes. L'heure n'était pas aux pleurs mais à la vengeance. J'allais traquer ces humains, j'allais retrouver ma douce, mon innocente Fyléa et je ferais regretter à ces idiots d'avoir osé poser la main sur elle. J'avais demandé à une amie de ma sœur de me raconter précisément ce qu'elle avait vu, mais dans la panique elle n'était pas capable de me dire avec certitude si Fyléa avait été blessé.
    Elle était trop jeune pour utiliser sa magie sans s'épuiser, elle n'avait pas pu repousser ses agresseurs, d'autant que la peur l'avait littéralement figée. J'imaginais le visage ovale de ma jeune sœur, pâle et terrifié, j'imaginais son regard vert lancer des appels désespérés.
    Et où étais-je moi ? Pourquoi n'avais-je pas été là pour la protéger...

    Je me mis à nager plus vite pour chasser ses pensées. Il n'était pas temps de culpabiliser, cela ne faisait que me retarder. Pour l'heure je devais avertir nos voisins et je ne connaissais qu'un seul homme assez influent parmi eux. Si je lui demandais son aide, peut-être me l'accorderait-il... J'osais du moins l'espérer. Mes pieds rencontrèrent bientôt des galets et je remontais lentement à la surface. Je reconnaissais cet endroit, les eaux du lac venaient s'écraser en fine vaguelette sur ce petit rivage. Une toute petite plage de galets fasse à laquelle se trouvait un mur végétal. Mais je savais qu'il y avait un petit trou, suffisamment grand pour laisser passer une personne. Le maître des lieux devait sûrement apprécier la tranquillité et la beauté de cet endroit.
    Par politesse et respect, nous ne venions que rarement de ce côté de Karrelïen. Si nous souhaitions rendre visite aux Hauts-Elfes nous empruntions comme tout le monde les Portes de la Cité. J'avais parfaitement conscience que je pénétrais chez cet homme par son jardin mais je n'avais pas de temps à perdre à courtoisie et aimables palabres.
    Lorsque je quittais les eaux du lac et que mon corps eut retrouvé sa couleur humaine, je m'avançais dans son jardin. L'une des choses qui surprenaient souvent lorsque l'on croisait l'une des miennes c'était cette faculté que nous avions à paraître parfaitement sèches. Je n'étais sortie du lac que depuis quelques secondes pourtant les boucles brunes de mes cheveux reprenaient déjà leur souplesse et ma robe blanche voletait légèrement à chacun de mes pas. J'allais pieds nus sur les dalles de pierre quand une image me revint en mémoire.

    C'était des années auparavant, plus de vingt... Fyléa était encore sous ma responsabilité. Elle avait profité d'un moment d'inattention pour se faufiler hors du lac. Elle était venue dans ce jardin pour admirer disait-elle les plus belles fleurs qu'il lui eut été donné de voir. Lorsque je l'avais enfin retrouvée, je l'avais sermonné sur son impolitesse et sur l'irrespect dont elle faisait preuve en pénétrant chez un inconnu. Et cet inconnu nous avait surpris. Je me souviens encore des joues en feu de Fyléa, de son air contrit et des excuses qu'elle avait bafouillées. Nous n'étions restées que quelques minutes mais je me souvenais encore parfaitement du visage du maître des lieux.

    Par la suite Fyléa était revenue une ou deux fois dans ce jardin et toujours en ce faisant annoncer. Elle avait toujours aimé les fleurs, mais pas celle qu'on pouvait trouver dans les eaux du lac ou au fond des Mers. Celles de ce jardin lui plaisaient tout particulièrement. Cet après-midi-là, je me trouvais de ce même jardin et le souvenir de cette nuit me serrait le cœur. J'avançais dans le jardin jusqu'à me retrouver devant une porte. Je n'avais aucune idée de la conduite à adopter mais je finis par frapper quelques coups rapides. L'attente dura quelques minutes mais on vint enfin m'ouvrir. Un elfe me regardait avec un air surpris. Ce ne devait pas être par ici qu'on entrait habituellement dans la demeure. Je n'aurais su dire quel âge il avait, ni qui il pouvait être, mais j'étais certaine d'une chose, il ne s'agissait pas de l'elfe que j'avais rencontré des années plus tôt.


    « - Je dois voir le Seigneur Fineldor Elwendrïon. Dites-lui qu'Elerinna, Fille d'Uwë, Princesse des Eaux demande à le voir de toute urgence. »

    Le ton n'était pas réellement autoritaire, mais l'étalage de mes titres fut tout à fait efficace. Après une seconde d'hésitation, l'homme ouvrit la porte et me fit patienter pendant qu'il allait prévenir l'elfe que je désirais rencontrer.
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Fineldor Elwëndrion

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MessageSujet: Re: L'enlèvement de Fyléa [Fineldor]   Mar 7 Jan 2014 - 17:27

Il était bien tôt en cette belle journée. L'elfe se hâtait d'un pas rapide dans les couloirs dont les murs étaient ornés de gravures entremêlées. Il prit sur sa droite, et après quelques pas se retrouva devant une immense double porte ferrée. Le bois épais et clair était gravé de motifs, et de diverses écritures en langue haut-elfe. La plus visible notait l'utilité de la pièce qui se trouvait derrière. C'était la grande bibliothèque. L'elfe n'hésita pas et entra.

Assis dans l'une des nombreuses alcôves, le seigneur de la demeure lisait un ouvrage plutôt épais et manifestement ancien. Digne représentant du peuple haut-elfe, il était vêtu d'une de ses superbes robes, celle-ci d'un bleu profond, décorée de motifs d'argents entrelacés et complexes. Ses cheveux bruns retombaient sur ses épaules, et ses yeux d'un vert d’émeraude parcouraient les pages sans se lasser. Il avait été, depuis son tout jeune âge, très intéressé par le savoir et les connaissances. Depuis la construction de sa vaste demeure, il avait choisi cette salle, l'une des plus grandes, comme sa bibliothèque. De nombreux rayonnages étaient encore à moitié vide, et on pouvait encore en ajouter d'autres. Pourtant, le nombre d'écrits déjà présents étaient impressionnant. Et si certaines parties étaient strictement réservées à lui seul et ceux qu'il autorisait, la majeure partie était ouverte à qui le désirait parmi les siens, pour peu que l'on respecte les œuvres. Une bonne partie de son temps libre s'écoulait ici, lisant et relisant les ouvrages, alimentant son savoir. Une pile de plusieurs livres était posée sur la petite table à côté de lui. S'il acceptait les visiteurs, il préférait largement le silence. En cette douce matinée, nul n'était présent hormis lui-même. Profitant de cette quiétude, il laissait son esprit aller au gré des phrases, des pages et des mots. Si sa charge pouvait parfois peser sur ses épaules, c'était là l'un des rares lieux où il ne s'en souciait plus guère. Une sorte de paix intérieure.

L'une des deux grandes portes s'ouvrit en grinçant très légèrement. Mais l'ouïe si affinée des hauts-elfes (du moins pour les autres peuples) était bien suffisante pour percevoir ce bruit. Pourtant, le lecteur ne bougea point, continuant à parcourir les lignes. L'elfe qui avait accueilli la naïade quelques instants plus tôt entra. Grand et élancé, vêtu d'une tunique brodée d'un blanc pur aux motifs dorés, il s’avançait avec hâte. Ses cheveux blonds et courts laissaient paraitre son visage à la jeunesse apparente. Nul autre qu'un haut-elfe n'aurait pu dire qu'en réalité, il était âgé de plus de trois ans années. Intendant et aide du seigneur de ces lieux, ayant toujours était proche des Elwëndrion, il aidait maintenant le fils dans la gestion de sa demeure et de ses tâches. Chez les humains ou la majorité des autres peuples, on l'aurait pris pour un simple domestique, et considéré comme inférieur. Mais c'était ignorer les hauts-elfes: chez eux, le statut n'était pas plus important que l'âge, l'expérience ou le mérite. Et celui ci était certes respectable. S'il servait le seigneur de la demeure, c'était de son propre gré, et parce que ce dernier avait une grande importance pour lui comme pour le reste de son peuple.
L'elfe blond se présenta devant celui qui était assis, son livre toujours à la main, et le salua légèrement avant de s'adresser à lui.

« Je m’excuse de vous déranger, monseigneur mais… »

D’un mouvement sec, l’elfe assit ferma son livre, et sans lever le regard, lui répondit sur un ton des plus neutres.

« A quoi bon t’excuser, mon bon Thanenrïl. Le simple fait de t’excuser dérange n’importe quel lecteur, puisque la parole est synonyme de perturbation à la concentration, n’est-ce pas ? »

Celui qui venait ainsi d’être nommé eut une moue quelque peu contrarié. L’autre posa délicatement son livre sur la table, et se leva lentement, afin de se retrouver en face de son congénère. Puis il le dévisagea.

« Eh bien, t’ai-je contrarié à ce point ? Allons, ne le prends pas ainsi, mon ami. Je ne te reprochais rien, si tel est ce que tu as compris. Je ne faisais qu'énoncer les faits. Je pensais que tu me connaissais, après tant d'années. Dis-moi plutôt pour quelle raison ma lecture a-t-elle été interrompue ? »

Sachant parfaitement que le seigneur entendait par là qu’il était inutile de tourner en rond, Thanenrïl répondit immédiatement.

« Il y a à votre porte une jeune femme. Elle souhaite vous voir. Et a dit se nommer Elerinna, Fille d'Uwë et Princesse des Eaux. J’en déduis qu’il s’agit d’une des naïades vivant dans le lac Neniell. J’ai donc jugé bon de ne pas trainer, seigneur Elwëndrion. »

Le maitre des lieux acquiesça d’un hochement de tête, et faisant signe à Thanenrïl de le suivre, se dirigea vers la porte. Une fois devant celle-ci, il ne put en effet que constater qu’il s’agissait là d’une naïade, qu’il avait jadis rencontré plus d’une fois. C’était lorsque sa jeune sœur s’était introduite dans ses jardins, grâce à l’accès du lac. Celle qui se nomme Elerinna l’avait alors réprimandée, et forcée à venir présenter ses excuses. L’elfe n’en avait guère tenu rigueur. Il avait toujours tenu des relations courtoise, voir même amicale, avec les naïades. Aussi longtemps qu’aucune ne viendrait perturber ou nuire à son jardin, elles y seraient les bienvenues. La jeune sœur avait manifestement retenue la leçon, s’étant depuis faites à chaque fois annoncée et venant par la porte. Il était donc étrange que la plus âgée, celle qui semblait la plus raisonnable, ait usée des mêmes méthodes. Feignant d’ignorer ce détail, le haut-elfe eut un petit salut de la tête.

« Bienvenue en ma demeure, Elerinna, fille d’Uwë. Je suis Fineldor Elwëndrion, mais vous vous rappelez probablement de moi je présume. Que me vaut la surprise de votre visite de si bon matin ? »


Dernière édition par Fineldor Elwëndrion le Mer 29 Jan 2014 - 13:41, édité 1 fois
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Elerinna

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MessageSujet: Re: L'enlèvement de Fyléa [Fineldor]   Sam 25 Jan 2014 - 15:59


    Je n’eus guère longtemps à patienter, une poignée de minutes tout au plus pourtant je ne pouvais m’empêcher de faire quelques pas. J’étais pressée par le temps, il me fallait partir rapidement, je ne pouvais pas leur laisser une avance trop considérable sinon je ne retrouverais jamais Fyléa. Je ne savais pas exactement depuis combien de temps elle avait été enlevé et chaque minute me semblait précieuse.
    Le Seigneur des lieux se présenta enfin, accompagné par l’elfe qui m’avait ouvert la porte plus tôt. Je le reconnus aussitôt, il n’avait pas changé depuis la dernière fois que je l’avais vu. Autrefois je lui aurais adressé un grand sourire, je me serais montrer cordiale et amicale, mais aujourd’hui je m’en sentais incapable. Le serai-je à nouveaux s’il arrivait malheur à ma sœur ?
    Je chassais cette pensée de mon esprit et rendis son salut à Fineldor, en le saluant d’un signe de tête. Il semblait intrigué par ma visite mais pas dérangé. J’en fus soulagée, cela rendait ma demande plus facile à formuler.

     
    « - Il est en effet fort tôt pour une visite, j’en conviens et je m’en excuse. Je ne me serais jamais permise de venir vous déranger si tôt si l’objet de ma visite n’avait pas été si…. Urgent. »
     
    Nul sourire, nulle trace d’humour dans ma voix. J’étais tendue, je sentais la colère couler dans mes veines et bouillir en moi. Je n’avais qu’une hâte, me mettre en chasse. Car c’était exactement ce à quoi je me préparais. J’allais les traquer, j’allais retrouver ma sœur et j’allais la venger. Un battement de cil et je revins au présent, mon regard fixé dans celui du Seigneur Elfe.
     
    « - Je vais être honnête avec vous, si je viens si tôt c’est pour implorer votre aide…. Un groupe d’humain venant de l’Empire a enlevé ma petite sœur Fyléa sur les rives nord du lac. Vous devez certainement vous souvenir d’elle, elle s’était introduite dans vos jardins un soir et elle m’avait raconté qu’elle venait parfois vous rendre visite. »
     
    Je marquais une pause autant pour laisser à Fineldor le temps de comprendre le sens de ma demande, que pour retenir les nouvelles larmes que je sentais poindre aux coins de mes yeux. Je ne comprenais toujours pas comment on avait pu s’attaquer à elle. Si douce et si gentille…
     
    « - Je pars sur l’heure pour tenter de les retrouver… Mais avec votre aide peut-être qu’ils ne pourront pas quitter les frontières de Fildor…. Et si par malheur s’était déjà trop tard… je vous serai plus que reconnaissante si vous acceptiez de veiller sur mes Sœurs et sur ma Mère… Je les ai suppliées de rester au fond du lac mais si vous pouviez… je ne sais pas…. »
     
    Je commençais à m’emballer, je sentais que j’étais à deux doigts de craquer, il fallait que je me reprenne. Mes sœurs et ma Mère ne risquaient rien tant qu’elles restaient dans le lac, mais après les pleurs et la peine, l’instinct maternel ne serait-il pas capable de changer ma mère en grande vengeresse ? Je ne pouvais imaginer qu’il lui arrive quelque chose à elle aussi.
     
    « Je ne comprends pas… comment c’est possible. Ils ont surgi d’un sous-bois, se sont jeter sur elle et…. Vous savez elle est encore très jeune, elle ne sait pas se défendre. Apparemment ils l’ont enfermé dans une sorte de… boite en verre. »
     
    Je rapportais aussi fidèlement que possible la description qui m’avait été faite de l’agression de Fyléa. J’avais énormément voyagé, mais j’avais vécu trop peu à proximité des hommes pour connaître l’étendue de la cruauté dont ils étaient capables. Je savais seulement que ceux de l’Empire était plus noir et plus vils que les autres.
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Fineldor Elwëndrion

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MessageSujet: Re: L'enlèvement de Fyléa [Fineldor]   Mer 29 Jan 2014 - 14:13

La naïade semblait... agitée. A en juger par sa posture, et le fait qu'elle avait manifestement errait devant la porte durant les quelques minutes que son attente avait durée. Quelque chose la perturbait. Toutefois, elle n'oublia pas de saluer l'elfe à son tour. La première phrase fut une confirmation de ce qu'il pensait. Elle s'excusait de venir ainsi, à l'improviste et de si bonne heure, mais prétextait quelque chose d'urgent. Qu'est ce qui pouvait donc être si urgent pour qu'une naïade comme elle se dérange ainsi? Soit il s'agissait d'une affaire de la plus haute importance, soit d'une simple fantaisie. Dans les deux cas, il semblait bizarre qu'elle soit venue à lui. Il avait certes de l'influence sur les siens, mais c'était au prince de traiter les hautes affaires...
Sauf qu'il n'y avait plus de prince. Fineldor mit quelques secondes à s'en souvenir. Le savait-elle seulement, ou était-elle venue là en premier, sachant qu'elle y trouverait bon accueil? Il n'avait jamais fermé sa porte aux autres peuples de la nature comme les dryades ou les naïades. Les gnomes étaient peut être la seule exception, car il se méfiait quelque peu de ceux-là.

Observant sans sourciller son interlocutrice, il sentit une tension palpable chez elle. Point de sourire ou de gaieté. Le corps entier était tendu, comme si elle était prête à exploser de colère. Lui se contentait d'arborer un visage des plus neutres.

« - Je vais être honnête avec vous, si je viens si tôt c’est pour implorer votre aide…. Un groupe d’humains venant de l’Empire a enlevé ma petite sœur Fyléa sur les rives nord du lac. Vous devez certainement vous souvenir d’elle, elle s’était introduite dans vos jardins un soir et elle m’avait raconté qu’elle venait parfois vous rendre visite. »

Fyléa... La jeune naïade qui en effet lui avait rendu si souvent visite. Il appréciait cette compagnie. Jeune et insouciante, elle était l'exemple même de la gaieté de vivre de la plupart des naïades. Même si au fond de lui cette nouvelle l'attristait un peu, ce ne fut pas le sentiment prédominant. Ni même les mots qu'il retint. Seule une expression capta toute son attention. Un groupe d'humains venu de l'Empire. L'Empire de Méridian. Cruels adversaires des hauts-elfes à Noldoa. Infâmes tortionnaires bafouant tant de principes qui lui étaient chers. A l'époque où il était encore parmi les défenseurs de Fildor, il avait pris plaisir à en massacrer plusieurs. Aujourd'hui, même s'il possédait un peu plus de sagesse, punir ces humains ne le dérangeait guère. Son visage arbora un court instant un rictus de colère, avant de se ressaisir. Des impériaux avaient pénétrés en Fildor jusqu'au bord du lac Nelienn. Inacceptable.

Elle parlait de partir sur l'heure, ce qui tira le haut-elfe de ses réflexions. Silencieusement, il écouta. Elle implorait son aide pour arrêter ces humains. Et si cela venait à échouer, elle lui demandait de veiller sur sa mère et ses sœurs. Son discours devint alors une suite incohérente. Il ne put en tirer que quelques informations. C'était une embuscade, et les humains avaient emportés la naïade dans une "boite en verre". Étrange. Toutefois, même sans penser aux seuls intérêts de la naïade, des humains libres en Fildor et capable d'enlever ainsi quelqu'un étaient dangereux. Il allait donc falloir agir.

Prenant la princesse par les épaules, je l'invitais à venir s'asseoir sur un banc non loin de l'entrée. Même si l'heure était matinale, l'air était déjà légèrement réchauffé depuis la nuit. Lui se tint debout devant elle. Bien droit, il semblait réfléchir.

« Je ne puis dire que votre démarche n'est pas des plus cavalière. Je ne vous cacherai pas non plus que beaucoup des miens auraient simplement répondu que ce n'était pas leur affaire. Après tout, nous ne pouvons être responsables de tout ce qui se passe... »

Le ton n'avait pas été dur ni froid. Simplement, il évoquait ce qu'il pensait, dans la plus stricte neutralité. Après une courte pause, il reprit.

« Toutefois, je ne peux pas laisser un tel événement ignoré, et encore moins impuni. J'ai en effet croisé à plusieurs reprises votre sœur, dont la compagnie m'a été assez agréable. Mais même sans cela, c'est un fait grave que vous me reportez. Des... humains de l'Empire... ces bouchers sans foi ni loi, ont franchi la frontière que les miens sont censés garder. Pire, ils sont arrivés jusqu'ici et ont enlevé quelqu'un sans que personne ne le sache. Je ne peux pas garantir de les arrêter à temps. Je ne suis plus un soldat, et il me faudra du temps pour que les miens acceptent de réellement réagir en conséquence.»

Fineldor s'arrêta. Savait-elle seulement ce qu'était un soldat ? Les naïades n'avait pas d'armée, ni d'arme. Et puis, le fait d'être si long à réagir devait lui semblait si absurde... La politique leur était totalement étrangère. Alors comment leur faire comprendre cela.

« Je ne peux promettre qu'une seule chose, c'est de veiller à ce que cela ne se reproduise pas. Je ferais en sorte que plus personne hormis ceux qui le doivent n'approchent d'ici. Mais je ne peux garantir de protéger les vôtres si elles souhaitent elles aussi se lancer à la recherche de votre sœur. Je n'ai pas d'autorité sur votre mère, ou vos sœurs, ou aucune autre naïade. Au mieux puis je donner des conseils. Je pourrais user de force pour les arrêter, mais je n'en ai ni l'envie, ni le pouvoir concernant la reine et ses filles. Vous pouvez probablement comprendre cela.»

C'était dit. Le ton était encore une fois resté neutre. Pas d'émotion, pas d'animosité. Rien. Adressant un signe à Thanenrïl, il lui fit comprendre qu'il pouvait entrer. Lui resterait là avec la naïade.

« Vous désirez partir à la poursuite de ces humains, mais vous ne connaissez rien du chemin et de ses dangers. Comme je l'ai dit, je ne peux pas vous retenir. En revanche je peux vous aider... Du moins, si vous l'acceptez. Une aide n'est utile que lorsqu'on veut bien la recevoir. Sans quoi elle devient un fardeau.»
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